Wall Street reste fébrile, avant l'intervention de Trump à Davos
Netflix et Johnson & Johnson sous pression
Wall Street s'affiche incertain, légèrement dans le rouge avant bourse ce mercredi, le DJIA et le Nasdaq abandonnant désormais 0,3%, contre une baisse de 0,1% sur le S&P 500. La place américaine tente de se stabiliser après une purge brutale hier, provoquée par l'agitation commerciale et géopolitique de Trump, et dans une moindre mesure par l'envolée des taux obligataires japonais. Cependant, les dernières publications d'entreprises sont froidement accueillies, Netflix et Johnson & Johnson en faisant les frais... Sur le Nymex, le baril de brut WTI grappille 0,1% à 60,4$. L'once d'or fin gagne encore 2,3% à 4.873$. L'indice dollar fléchit de 0,2% face à un panier de devises. Le bitcoin se tasse sous les 89.000$.
Donald Trump ne semble pas encore vouloir baisser le ton, bien au contraire, au sujet du Groenland qu'il entend en quelque sorte annexer. Cette affaire place l'Amérique dans un certain isolement, et le fait de relancer les menaces commerciales, levier préféré du locataire de la Maison Blanche, n'arrange pas les choses et rappelle aux investisseurs l'éprouvant mois d'avril boursier consécutif aux tarifs douaniers du Jour de la Libération.
Donald Trump s'est dit confiant quant au fait que l'Union européenne continuerait d'investir aux États-Unis, même s'il imposait de nouveaux droits de douane liés à son projet de prise de contrôle du Groenland. Plus tôt hier, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a déclaré que les menaces de Trump étaient une "erreur" qui enfreindrait l'accord commercial conclu l'année dernière avec l'UE. Les responsables européens ont commencé à élaborer des plans de représailles, ce qui pourrait déclencher une escalade de mesures susceptibles de faire capoter l'accord, note Bloomberg. Mais le président américain n'en démord donc pas et minimise le risque d'une réplique européenne forte. "J'en doute", a asséné Trump lors d'une conférence de presse à la Maison Blanche hier, à propos de la possibilité que l'imposition de droits de douane liés au Groenland incite l'UE à revenir sur ses engagements d'investissement. "Ils ont absolument besoin de cet accord avec nous. Vraiment, ils se sont battus avec acharnement pour l'obtenir", a ajouté Trump. "L'Union européenne et les États-Unis ont conclu un accord commercial en juillet dernier (...). En politique comme en affaires, un accord est un accord. Et quand des amis se serrent la main, cela doit avoir une signification", s'était précédemment émue la présidente de la Commission européenne.
Dans une interview accordée à NewsNation, Trump a indiqué que cet accord expliquait pourquoi l'Europe ne mettrait pas sa menace à exécution. "Je ne pense pas qu'ils sachent vraiment ce qu'est un bazooka", a déclaré Trump. "Et vous savez, quoi qu'ils fassent contre nous, je riposterai. Il me suffit de riposter, et leurs attaques se retourneront contre eux". Trump a également réitéré sa frustration face aux amendes infligées par l'Europe aux entreprises technologiques américaines, dont Apple.
Bloomberg explique que la position de Trump sur le Groenland a incité les responsables bruxellois à reconsidérer l'accord commercial UE-États-Unis annoncé en juillet dernier. S'exprimant sur Bloomberg Television depuis Davos ce mercredi, avant l'arrivée de Trump, le représentant américain au commerce, Jamieson Greer, a déclaré qu'il "venait de sortir d'une réunion" avec Maros Sefcovic, le commissaire européen au commerce. Le président américain doit intervenir aujourd'hui dans le cadre du Forum.
Trump a donc confirmé cette semaine sa volonté d'une prise de contrôle du Groenland. Le président américain maintient quoi qu'il en soit que l'île est essentielle à la sécurité nationale américaine et mondiale. Les exigences de Trump sont montées d'un cran ces derniers jours. Le président américain a rappelons-le annoncé son intention d'imposer des droits de douane à huit pays européens jusqu'à ce qu'un accord sur la souveraineté américaine sur le Groenland soit conclu. Dans un message publié samedi sur Truth Social, Trump a annoncé que les droits de douane américains sur les produits des pays concernés (Royaume-Uni, France, Danemark, Norvège, Suède, Allemagne, Pays-Bas et Finlande) débuteraient à 10% le 1er février et atteindraient 25% le 1er juin en l'absence d'accord. Les responsables européens ont rapidement condamné cette menace, la qualifiant d'inacceptable, et prépareraient notamment des tarifs douaniers de représailles frappant 108 milliards de dollars de produits américains. L'Europe pourrait également déployer un instrument anti-coercition susceptible d'alimenter les ventes d'actifs américains, avec des retombées potentielles bien plus importantes...
Trump a aussi menacé plus spécifiquement la France avant-hier, affirmant qu'il pourrait contraindre Emmanuel Macron à rejoindre le Conseil de paix en utilisant les tarifs douaniers : "S'ils se sentent hostiles, j'imposerai une taxe de 200% sur ses vins et champagnes, et il se joindra à nous". Le Conseil de la paix proposé par Trump a donc connu, comme l'indique Bloomberg, des débuts difficiles : remis en question par l'Europe, critiqué par Israël et salué par les alliés du Kremlin. Le président français Emmanuel Macron a immédiatement décliné l'invitation, qui avait également été adressée, note l'agence, à des dirigeants autoritaires comme Alexandre Loukachenko, le dirigeant biélorusse. Plusieurs démocraties libérales étaient mal à l'aise, ne sachant comment réagir et soucieuses de ne pas froisser Trump. Irrité par le refus du président français, Trump a donc menacé d'imposer une taxe de 200% sur les vins et champagnes.
D'après des sources de Bloomberg proches du dossier, Trump souhaite que la constitution et le mandat complets du comité soient signés à Davos jeudi. Mais certains points du texte auraient suscité l'inquiétude de plusieurs invités. Le Royaume-Uni, la Suède, les Pays-Bas, l'Allemagne et le Canada devraient rejoindre la France en refusant de prendre part à la cérémonie, selon des sources de Bloomberg proches du dossier. Trump exige des pays le versement d'un milliard de dollars pour un siège permanent au conseil. "Cette annonce a pris de court les dirigeants mondiaux et en a laissé plus d'un perplexe", toujours selon des sources de Bloomberg proches du dossier.
Trump a confirmé quoi qu'il en soit avoir invité le président russe Vladimir Poutine à rejoindre le Conseil de paix pour Gaza. Le président argentin Javier Milei et le Premier ministre canadien Mark Carney devraient devenir des membres fondateurs du comité. Parmi les autres invités figurent le président turc Erdogan et le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva. Une grande partie des inquiétudes porte sur la formulation de la charte du conseil, consultée par Bloomberg, qui semble conférer le pouvoir de décision ultime à Trump. "Cela soulève de nombreuses questions, notamment quant à la destination des indemnités versées pour les membres de longue durée", ont indiqué les sources de l'agence.
Par ailleurs, l'opposition européenne au projet de Trump concernant le Groenland et ce projet de Conseil de la Paix pour Gaza perturberaient aussi selon Reuters les efforts pour trouver un accord concernant l'Ukraine. Le Financial Times, citant des responsables, précise qu'un plan de prospérité de 800 milliards de dollars à convenir entre Ukraine, Europe et USA devait être annoncé cette semaine lors du Forum, mais que sa signature aurait été retardée.
Trump doit donc intervenir à Davos aujourd'hui et pense encore pouvoir parvenir à un accord "qui satisfera l'OTAN et les États-Unis" concernant le Groenland. Interrogé sur les moyens qu'il pourrait employer pour acquérir le Groenland, il a simplement répondu : "Vous verrez bien". Des sources de Reuters jugent que l'obsession de Trump pour le Groenland serait liée à sa volonté de rester dans l'Histoire comme le président qui a le plus agrandi le territoire des États-Unis depuis que l'Alaska et Hawaï en sont devenus les 49e et 50e États en 1959 sous Eisenhower.
Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a déclaré que Trump ne renoncerait pas à l'acquisition du Groenland, arguant que l'Europe est trop faible pour assurer sa propre sécurité et ne devrait pas résister. Dans une interview accordée à l'émission Meet the Press de NBC, Bessent a balayé d'un revers de main les menaces de l'UE concernant les droits de douane et a affirmé que Trump utilisait les pouvoirs d'urgence comme moyen de pression stratégique. Bessent a déclaré que la volonté de Trump était motivée par la concurrence dans l'Arctique, les projets de défense antimissile et la dépendance passée de l'Europe à l'égard de l'énergie russe. Il a rejeté les affirmations selon lesquelles cela nuirait à l'OTAN, affirmant que les dirigeants européens finiraient par accepter le leadership américain en matière de sécurité...
Dans une intervention encore plus récente hier, Scott Bessent a minimisé l'importance de la vente de bons du Trésor américain par le Danemark et a déclaré n'être "absolument pas inquiet". "Il s'agit de moins de 100 millions de dollars", a-t-il noté.
Bessent a estimé par ailleurs qu'il était peu probable que la Cour suprême annule les droits de douane imposés par le président Trump, les qualifiant de politique économique fondamentale. Il a déclaré que la Cour suprême éviterait de provoquer un chaos économique et a comparé la situation à des décisions antérieures ayant validé des lois importantes. Il a ajouté que l'Europe était inondée de produits chinois et qu'elle finirait par adopter la politique commerciale des États-Unis.
La Cour suprême doit se prononcer sur l'utilisation par Trump de l'IEEPA pour imposer ces droits de douane avant la fin de son mandat. Alors qu'une décision pouvait être rendue dès cette semaine, par la Cour, cette dernière s'est encore abstenue de trancher hier, ne statuant donc pas sur la contestation de la légalité des droits de douane mondiaux de Trump. C'est la troisième fois consécutive que la décision n'est pas publiée comme prévu.
La prochaine réunion monétaire de la Fed, celle des 27 et 28 janvier, approche par ailleurs, et il est bien possible que soit annoncé auparavant le nom du successeur du patron de la banque centrale américaine, Jerome Powell, dont le mandat expire en mai. Une annonce du nom de l'heureux élu aurait lieu dans un timing pour le moins surprenant, entre le forum et la décision monétaire de la Fed, tout cela alors que la question de l'indépendance de la Fed préoccupe de plus en plus suite aux récentes attaques contre Powell, menacé de poursuites pénales par le ministère de la Justice suite aux dépassements de coûts liés à rénovation du siège de la banque centrale...
Kevin Warsh, ancien haut responsable de la Fed, fait désormais figure de favori pour cette nomination à la tête de la Fed, suite aux déclarations de Trump à Kevin Hassett, directeur du Conseil économique national du président et autre candidat sérieux à la nomination, lors d'un événement vendredi, où il a indiqué préférer ce dernier à son poste actuel. Les candidats retenus sont, rappelons-le, Kevin Hassett, l'ancien membre du conseil des gouverneurs Kevin Warsh, le directeur des investissements 'fixed income' de BlackRock, Rick Rieder, et le gouverneur Christopher Waller... Notons également que Trump a relancé les attaques sur Truth Social contre la gouverneure Lisa Cook, accusée de fraude sur des dossiers d'emprunts. Powell pourrait assister à l'audience de la Cour suprême concernant la tentative de limogeage par Trump de la gouverneure...
La Cour suprême américaine entendra par ailleurs ce jour les plaidoiries concernant la tentative de Donald Trump pour limoger la gouverneure de la Fed, Lisa Cook. Bloomberg rappelle que l'affaire met à l'épreuve l'indépendance de la banque centrale et pourrait créer un précédent. En août dernier, par le biais d'un message publié sur les réseaux sociaux, Trump avait tenté de destituer Cook, l'accusant de fraude hypothécaire. Cook, nommée par Biden, nie toute malversation et a porté plainte contre le président, arguant que la loi n'autorisait la révocation des membres que pour un "juste motif". Les avocats de Cook ont ??plaidé pour un contre-pouvoir véritable limitant le pouvoir du président de la révoquer, soulignant qu'à défaut, "n'importe quel président pourrait destituer n'importe quel gouverneur sur la base de n'importe quelle accusation de malversation, aussi infondée soit-elle", cite Bloomberg. Depuis la création de la Fed en 1913, aucun président n'a jamais révoqué un de ses membres.
La bataille judiciaire devant la Cour suprême fait suite à la décision de la juge de district Jia Cobb, en septembre dernier, de bloquer la révocation de Cook par Trump. La juge avait alors estimé que les allégations de fraude hypothécaire ne justifiaient pas la clause de "motif valable" prévue par la loi sur la Réserve fédérale pour révoquer un responsable de banque centrale. Bloomberg rappelle que la Maison Blanche a interjeté appel de cette décision devant la Cour d'appel des États-Unis pour le circuit du district de Columbia. Mais, par un arrêt rendu le 15 septembre par deux voix contre une, cette requête avait également été rejetée. L'audience de la Cour suprême ce jour porte sur la question technique de savoir s'il convient de suspendre la décision du juge Cobb, permettant ainsi au licenciement de Cook de prendre effet, ou de la maintenir en vigueur pendant la durée de la procédure au fond.
Plus tôt ce mois, le Département américain de Justice a émis par ailleurs des citations à comparaître devant un grand jury à l'encontre de la Fed et a ouvert une enquête pénale contre Jerome Powell suite à son témoignage devant la commission bancaire du Sénat en juin dernier concernant les rénovations - de plusieurs milliards de dollars - du siège de la banque centrale à Washington. Powell a indiqué qu'il prévoit d'assister aux plaidoiries concernant Cook ce mercredi.
Il n'y aura, quoi qu'il en soit, sans doute pas de surprise le 28 janvier à l'issue de la réunion FOMC. L'outil CME FedWatch fait ressortir une probabilité de statu quo monétaire de 95%, soit un maintien du taux des fed funds entre 3,50 et 3,75%. Le même outil penche pour l'hypothèse d'une reprise de la baisse des taux en juin.
Sur le front économique cette semaine à Wall Street, les opérateurs suivront ce jour les dépenses de construction ainsi que l'indice des promesses de ventes de logements, puis demain les chiffres finaux du PIB du 3e trimestre, les inscriptions au chômage, les revenus et dépenses des ménages, ainsi que le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers domestiques ou encore que l'indice manufacturier de la Fed de Dallas. Le PMI composite américain, l'indice des indicateurs avancés et l'indice du sentiment des consommateurs de l'Université du Michigan, seront dévoilés vendredi.
Dans l'actualité des entreprises, Netflix, United Airlines et Interactive Brokers ont publié hier soir leurs résultats trimestriels. Johnson & Johnson, Prologis, Charles Schwab, Halliburton, Truist Financial ou The Travelers Companies, annonceront aujourd'hui. Procter & Gamble, GE Aerospace, Abbott, Intel, Intuitive Surgical ou Capital One Financial, dévoileront leurs derniers chiffres jeudi. SLB (ex-Schlumberger) sera de la partie vendredi.
Les valeurs
Netflix, qui vient de formuler une offre entièrement en cash pour l'acquisition des studios et des activités de streaming de Warner Bros. Discovery, décrochait hier de plus de 5% après bourse, suite à la publication de résultats trimestriels très légèrement supérieurs aux attentes. Le bénéfice ajusté par action s'est établi à 56 cents (+30%) contre un consensus de 55 cents, tandis que les revenus ont totalisé 12,05 milliards de dollars (+18%) contre un peu moins de 12 milliards de consensus de marché. Les prévisions sont également mitigées, le groupe envisageant pour le premier trimestre juste entamé des revenus de 12,157 milliards et un bénéfice par action de 76 cents - deux mesures inférieures aux attentes. Pour l'exercice 2026, les revenus sont anticipés entre 50,7 et 51,7 milliards (+12 à +14%), fourchette entourant le consensus, pour une marge opérationnelle de 31,5% et un free cash flow d'environ 11 milliards de dollars. Le groupe vise un doublement des revenus publicitaires et un bénéfice opérationnel en plus forte croissance au 2e semestre.
Sur l'exercice clos, les revenus ont augmenté de 16% à 45,2 milliards de dollars, pour une marge opérationnelle de 29,5% en hausse de 3 points et des revenus publicitaires multipliés par plus de 2,5, à 1,5 milliard de dollars. Au 4e trimestre, le groupe a franchi le seuil des 325 millions d'abonnés payants et le bénéfice opérationnel a grimpé de 30% en glissement annuel à 2,96 milliards de dollars, pour un bénéfice net de 2,42 milliards de dollars. Le free cash flow du dernier trimestre 2025 s'est établi à 1,87 milliard de dollars.
United Airlines, la compagnie aérienne américaine, réagissait positivement hier soir après bourse suite à sa publication trimestrielle à Wall Street. Le groupe de Chicago a publié pour son 4e trimestre fiscal des revenus opérationnels record de 15,4 milliards de dollars, très marginalement au-dessus du consensus de place et en hausse de 5% en glissement annuel, pour un bénéfice ajusté par action de 3,10$ quant à lui largement supérieur aux anticipations des analystes et un bénéfice net de plus d'un milliard de dollars. Sur l'exercice, le bénéfice net a atteint 3,4 milliards de dollars environ et le bénéfice net ajusté 3,5 milliards de dollars, soit 10,62$ par titre. Le groupe a généré sur l'exercice 8,4 milliards de dollars de cash flow opérationnel et 2,7 milliards de free cash flow. United envisage maintenant, pour l'exercice 2026, un bénéfice ajusté par action allant de 12 à 14$, guidance entourant le consensus.
Interactive Brokers, le courtier en ligne américain, a battu le consensus de profits sur le trimestre clos avec la forte activité des clients. Le groupe a publié pour son 4e trimestre un bénéfice dilué GAAP de 63 cents, un bénéfice ajusté par action de 65 cents et des revenus de 1,64 milliard de dollars, ainsi que des revenus ajustés de 1,67 milliard de dollars. Sur ce trimestre clos fin décembre, le groupe dépasse donc nettement ses performances de l'an dernier. Il avait réalisé au T4 de l'exercice antérieur un bpa ajusté de 51 cents et des revenus ajustés de 1,42 milliard de dollars. Les comptes clients ont progressé de 32% à 4,4 millions.
Johnson & Johnson, le géant pharmaceutique et médical américain, a publié pour son quatrième trimestre 2025 un chiffre d'affaires en progression de 9,1% à 24,6 milliards de dollars, avec une croissance opérationnelle de 7,1% et une croissance opérationnelle ajustée de 6,1%. Le bénéfice par action s'est établi à 2,10$ et le bpa ajusté à 2,46$ pour le quatrième trimestre, incluant une perte de 0,10$ liée à l'acquisition de Halda Therapeutics. Le consensus des analystes de la place était logé à 2,46$ de bénéfice ajusté par action pour 24,2 milliards de dollars de revenus.
Pour l'exercice 2025, le chiffre d'affaires a progressé de 6% pour atteindre 94,2 milliards de dollars, avec une croissance opérationnelle de 5,3% et une croissance opérationnelle ajustée de 4,2%. Le bénéfice par action ressort à 11,03$ et le bpa ajusté à 10,79$. Des avancées majeures ont été réalisées, notamment l'approbation de Caplyta pour le traitement du trouble dépressif majeur et de Rybrevant Faspro associé à Lazcluze pour le traitement du cancer du poumon non à petites cellules, des données marquantes concernant Tecvayli associé à Darzalex Faspro - qui pourrait constituer un traitement de référence dès la deuxième ligne pour les patients atteints de myélome multiple en rechute ou réfractaire -, ainsi que l'acquisition de Halda Therapeutics et la soumission du système chirurgical robotisé Ottava. J&J publie également ses prévisions pour 2026, tablant sur un chiffre d'affaires prévisionnel de 100,5 milliards de dollars (représentant une croissance de 6,7% au point médian) et un bpa ajusté de 11,53$.
Truist Financial, la banque régionale américaine, a publié ce mercredi pour son 4e trimestre 2025 un bénéfice net de 1,3 milliard de dollars et un bénéfice par action de 1$, pour des revenus de 5,3 milliards de dollars en augmentation séquentielle de 1%. Le revenu net d'intérêt a atteint 3,7 milliards de dollars, contre 3,63 milliards un trimestre auparavant et 3,59 milliards sur la période correspondante de l'an dernier. Le consensus était de 1,09$ de bpa ajusté trimestriel pour 5,32 milliards de dollars de revenus.
The Travelers Companies, l'un des principaux groupes d'assurance aux États-Unis, a publié pour son 4e trimestre un bénéfice ajusté par action de 11,13$ (+22%), très nettement supérieur au consensus (8,5$), pour des revenus de 12,43 milliards de dollars et des revenus ajustés de 12,45 milliards, en ligne avec les attentes. Le bénéfice net consolidé a représenté 2,5 milliards de dollars et le bénéfice net ajusté 2,51 milliards de dollars (+18%). Sur l'exercice, l'assureur a réalisé un bénéfice net de près de 6,3 milliards de dollars pour des revenus de 48,9 milliards de dollars. Le groupe évoque d'"excellents" résultats sur le trimestre et l'exercice. Le ratio combiné consolidé s'est amélioré de 3 points à 80,2%, ou de 1,8 point à 82,2% pour le ratio sous-jacent. Le conseil d'administration a autorisé un montant additionnel de 5 milliards de dollars de rachats d'actions.
Prologis, géant américain de la gestion d'entrepôts et de bâtiments logistiques, a affiché pour son 4e trimestre 2025 un bénéfice par action de 1,49$ largement supérieur aux attentes de marché, pour des revenus de 2,1 milliards de dollars également meilleurs que prévu. "2025 a été une année record en termes de signatures de contrats de location, ce qui place l'entreprise sur une excellente dynamique pour 2026", a déclaré Daniel S. Letter, directeur général de Prologis.
Halliburton, géant des services pétroliers, a publié pour son 4e trimestre un bénéfice par action de 69 cents sur une base ajustée, des revenus de 5,66 milliards de dollars et un bénéfice net de 589 millions de dollars. Ces résultats dépassent nettement le consensus des spécialistes de la place. La marge opérationnelle atteint 13% sur la période, et même 15% sur une base ajustée. Le cash flow des opérations se monte à 1,2 milliard de dollars et le free cash flow à 875 millions de dollars. Sur l'exercice clos, les revenus s'affichent en repli à 22,2 milliards de dollars, pour un bénéfice opérationnel ajusté de 3,1 milliards de dollars.
Charles Schwab, la firme financière américaine, a annoncé pour son 4e trimestre fiscal des revenus en croissance de 19%, atteignant un record de 6,3 milliards de dollars, pour un bénéfice ajusté par action en vive hausse de 38% à 1,39$. Ainsi, le bénéfice ressort en ligne avec le consensus de marché, pour des revenus un peu courts. "Schwab a enregistré une croissance sur tous les fronts en 2025. Le nombre total de comptes clients a progressé de 6% par rapport à l'année précédente, pour atteindre 46,5 millions. Les nouveaux clients et les clients existants nous ont confié 519 milliards de dollars d'actifs nets, soit une croissance organique de 5,1%, portant le total des actifs clients à un niveau record de 11.900 milliards de dollars", ajoute Rick Wurster, directeur général du groupe. "Les clients gèrent une part croissante de leurs finances chez Schwab, avec un engagement record dans la gestion de patrimoine, le trading et les services bancaires. Les flux nets vers nos solutions de gestion de placements ont progressé de 36% par rapport à 2024, tandis que l'octroi de prêts bancaires a atteint un nouveau record", précise encore le dirigeant.
Kraft Heinz plonge avant bourse à Wall Street, sous haute pression alors que les investisseurs craignent une cession de la participation de Berkshire Hathaway suite au départ de Warren Buffett. La compagnie a indiqué en effet dans une déclaration réglementaire que son plus gros actionnaire institutionnel, le groupe d'Omaha Berkshire, pourrait céder la quasi-totalité de sa participation, soit jusqu'à 325,4 millions de titres. Historiquement, c'est Buffett et la firme brésilienne 3G Capital qui étaient à l'origine il y a plus de dix ans du rapprochement de Kraft et Heinz qui avait donné naissance à l'actuelle société. Mais le successeur de Buffett, Greg Abel, pourrait donc choisir sous peu de se délester de cette participation...
Nvidia. Le fondateur et DG du groupe, Jensen Huang, prévoit selon Bloomberg de se rendre en Chine fin janvier afin de relancer un marché crucial pour les puces d'intelligence artificielle de son entreprise. Selon une source de l'agence proche du dossier, M. Huang sera dans le pays pour assister à des réceptions organisées par l'entreprise avant les fêtes du Nouvel An lunaire. Il devrait également se rendre à Pékin, mais la source de Bloomberg ignore s'il rencontrera de hauts responsables chinois. Son itinéraire pourrait encore évoluer en fonction de la tenue de ces rencontres.
La visite de Huang en Chine, un déplacement qu'il effectue régulièrement à cette période de l'année, intervient à un moment crucial pour l'entreprise. Les États-Unis assouplissent en effet leurs restrictions à l'exportation de processeurs d'IA, autorisant ainsi Nvidia à commercialiser son modèle H200 en Chine. Du côté chinois, les autorités examinent les quantités de puces qui seront autorisées à entrer sur le marché. Pékin prévoit d'approuver les importations de ces produits dès ce trimestre pour certains usages, selon Bloomberg News. Pour l'instant, cependant, les producteurs locaux ne peuvent rivaliser avec les performances des processeurs Nvidia. Bien que le H200 soit d'une génération antérieure aux puces Nvidia disponibles aux États-Unis, il reste considéré comme plus puissant que les solutions chinoises. Pékin interdira l'utilisation de la puce H200 aux forces armées, aux agences gouvernementales sensibles, aux infrastructures critiques et aux entreprises d'État, selon des sources de Bloomberg. Cela fait écho à des mesures similaires adoptées par le gouvernement chinois pour les produits étrangers tels que les appareils d'Apple et les puces de Micron.
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