Entretien avec Kevin Thozet, Membre du comité d'investissement de Carmignac
Pas de bulle sur les valorisations et encore des opportunités sur les actions... Mais ce constat incite cependant à la prudence!
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: Les indices américains sont sur des plus hauts historiques tirés par les valeurs IA, les valorisations sont-elles trop élevées à vos yeux?Les multiples de valorisations sont en léger retrait et la hausse se concrétise avant tout via les progressions des résultats par actions, ce qui est sain.... Mais à ce sujet, les attentes sont particulièrement optimistes aux Etats-Unis avec plus de 15% de croissance annuelle anticipés pour les trois prochaines années pour le MSCI US, ce qui apparait particulièrement exigeant. Il s'agit de niveaux historiquement élevés, habituellement constatés lors de rebonds des bénéfices après des périodes de récession. Au final, il n'y a pas de bulle sur les valorisations et il y a encore des opportunités sur les actions. Ce constat incite cependant à la prudence, étant donné que le régime de croissance se maintient grâce au levier de l'IA, très concentré, et également très sensible à un retour de l'inflation et la hausse des taux longs.
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: La hausse du prix du baril de pétrole ne doit-elle pas justement modérer l'enthousiasme sur les actions ?Les effets négatifs, sur la consommation, de la hausse du prix du baril de pétrole, sont compensés par un taux d'épargne des ménages en baisse car soutenu par l'effet richesse lié à la progression des actions mais aussi par les gigantesques dépenses d'investissements des hyperscalers. Le choc inflationniste lié au blocage du détroit d'Ormuz ne s'est pas immédiatement matérialisé par une hausse des prix, du fait du prélèvement dans les stocks. Si le problème persiste ou s'amplifie, la hausse des prix du baril parait inévitable, la suite de la séquence serait une destruction de la demande induite par les hausses de prix.
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: Sur la chaine de l'IA, vers quels acteurs vont vos préférences?Nous misons sur le hardware (20% de nos fonds), autrement dit sur les fournisseurs de mémoires, de câbles, de semi-conducteurs, (NVidia, Samsung, Micron, TSMC) qui sont jusqu'à présent les gagnants de l'IA grâce aux dépenses d'investissement des Hyperscalers (15% de nos fonds, avec Microsoft, Google, Meta...). Cette chaîne de l'IA dépend, en aval, des générateurs de modèles IA, comme Anthropic, Open AI dont les validations ou non des anticipations de revenus seront déterminantes pour tous les acteurs. Un des risques réside dans une surcapacité dans la fourniture d'électricité, mais un acteur comme TSMC concentre les goulets d'étranglements en début de chaine de production avec une croissance des capacités encadrée à +10% par an, ce qui est rassurant.
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: Les hausses de taux des banques centrales ne vont-elles pas mettre un coup d'arrêt à la hausse des marchés actions?Les trajectoires attendues des politiques monétaires de la Banque Centrale Européenne et de la Reserve Fédérale se sont rapidement ajustées. Les deux hausses de taux anticipées en Europe sont déjà reflétées dans les marchés. Coté américain, c'est moins le cas, les marchés sont parfaitement partagés entre la probabilité d'une hausse de taux et un scénario de baisse des taux de la FED, les marchés tablent donc sur un statu quo monétaire, une hypothèse qui paraît optimiste compte tenue de la croissance nominale étatsunienne qui flirte avec les 6%. Pour les actions américaines c'est donc le risque d'une situation perdant-perdant, si la Fed monte ses taux les conditions financières seront jugées moins favorables qu'elles ne le sont aujourd'hui. Si elle ne monte pas ses taux directeurs, ce sont les taux longs qui pourraient eux monter et peser sur les actions les plus chèrement valorisées.
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: Quelle est aujourd'hui la photographie de votre allocation d'actifs?Dans Carmignac Patrimoine, reflet de nos allocations globales sur l'ensemble des classes d'actifs, nous avons 45% d'actions principalement partagées en valeurs technologiques américaines et asiatiques, entreprises financières européennes et sudaméricaine, et sociétés du secteur de la santé. Les obligations d'entreprises représentent 25% du fonds, ces investissements sont partiellement protégés du fait du renchérissement de la classe d'actifs. En face de ces moteurs de performance nous sommes vendeurs de taux souverains en effet tant les valorisations élevées, que l'offre abondante sur les marchés actions, de crédit et des emprunts d'État sont vulnérables à une remontée des taux longs.
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