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Entretien avec Olivier Raingeard, Directeur des investissements chez Neuflize OBC

| Boursier | 336 | Aucun vote sur cette news

Historiquement, les baisses consécutives à des événements géopolitiques liés au pétrole, sont effacées au bout de six mois

Entretien avec Olivier Raingeard, Directeur des investissements chez Neuflize OBC

Boursier.com : Le conflit au Moyen Orient ravive les craintes inflationnistes. Est-ce un scénario similaire à celui de 2022 lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie?

O.R. : Ce conflit au Moyen-Orient est avant tout la poursuite des dynamiques enregistrées depuis 2020. L'économie mondiale est entrée en régime d'inflation plus soutenue en tendance que sur la période 2000-2020. Une différence majeure avec 2022 réside dans des politiques monétaires différentes, en particulier celle de la Fed. Si en 2022, elle avait entamé un cycle de hausses de taux pour tenter de juguler l'inflation, cette fois-ci, il n'en est rien. Nous tablons toujours sur une trajectoire d'assouplissement. La BCE devrait, selon nous, passer deux hausses de taux en 2026, pour atteindre un taux directeur de 2,50%, mais devrait les baisser en 2027 pour les ramener au niveau actuel de 2%.

Boursier.com : Concernant les conséquences du conflit, qu'anticipez-vous pour la suite ?

O.R. : Le conflit actuel entraine un certain nombre de questions à commencer par celle de la durée. Trois principaux scénarios en découlent et notre scénario central était jusqu'à présent celui d'un conflit de courte durée avec un prix du baril de pétrole supérieur à 100$. Les investisseurs ont oscillé ces dernières semaines entre ce scénario et celui d'un conflit de "moyenne durée" avec des tensions qui s'accroissent davantage et un prix du baril pouvant atteindre les 150$. Les bascules d'un scénario à l'autre ont entraîné une forte volatilité sur les marchés lors de certaines séance animées. Mais à ce stade, le prix du baril est revenu sous les 100$ et les investisseurs anticipent un prix du WTI à 80$ fin 2026.

Boursier.com : Le détroit d'Ormuz est-il la clef du problème pour les marchés?

O.R. : Le détroit d'Ormuz est clé pour l'acheminement des matières premières telles que le pétrole et le gaz mais aussi pour l'hélium et le soufre. Son blocage génère des tensions sur les prix qui vont se répercuter temporairement sur l'inflation et la croissance. A ce titre, nous révisons à la baisse notre prévision de croissance pour la zone Euro en 2026 à 0,80% contre 1,2% précédemment et augmentons notre prévision d'inflation à 2.8%.

Boursier.com : Dans ce contexte, avez-vous fait évoluer votre allocation?

O.R. : Notre politique d'investissement a peu évolué depuis le début d'année. Nous restons surpondérés sur les actions, qui représentent 59% de notre allocation équilibre. En son sein, nous sous-pondérons toujours l'Europe, au bénéfice des émergents. Nous demeurons "neutres" sur les Etats-Unis et le Japon. Pour ce qui est des secteurs, nous surpondérons l'industriel et sous-pondérons la consommation de base et sommes "neutres" sur les autres, dont notamment la technologie américaine.

Boursier.com : Les marchés ont déjà repris une large partie de la baisse initiale liée au début du conflit...

O.R. : Si on prend un peu de recul et qu'on analyse les événements géopolitiques liés à des pays producteurs de pétrole et leurs conséquences sur les marchés on constate qu'en moyenne, le S&P 500 a accusé une baisse de 7% au moment du déclenchement de la crise. Cette fois-ci la baisse a été supérieure. Mais on constate qu'historiquement, la baisse est effacée au bout de six mois dans le cas d'une baisse moyenne et au bout de 12 mois en cas de baisse plus prononcée.

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