Marchés / bilan hebdo : le CAC 40 grimpe sur les 8.500 pts au milieu d'un déluge de publications
Kering, Capgemini, Saint-Gobain ou Schneider Electric portent l'indice parisien cette semaine
La semaine s'est finalement révélée propice sur la place parisienne, au beau milieu d'une avalanche de publications semestrielles des leaders de la cote. Des annonces de résultats majoritairement meilleures que prévu, accompagnées bien souvent de révisions en hausse de perspectives. De quoi reléguer enfin au second plan les préoccupations géopolitiques, même si l'enlisement se confirme semaine après semaine en Iran. La place américaine a connu des performances plus irrégulières, mais les indices S&P 500, Dow Jones et Nasdaq pourraient encore finir la semaine dans le vert à la faveur d'un rebond des valeurs technologiques, observé depuis hier dans le sillage de Microsoft et d'Amazon. Les trois indices de référence US sont pour l'heure proches de l'équilibre sur cinq jours.
L'indice phare parisien s'accorde environ 1,6% sur la semaine, de retour à 8.509 pts, tout proche désormais de ses pics historiques inscrits fin février à 8.621 pts.
Le Brent de la mer du Nord s'affiche à 88,5$ en cette fin de semaine contre 85,8$ sur le WTI. L'once d'or fin pointe à 4.042$. L'euro se traite à 1,15$.
La semaine aura donc été marquée surtout par les publications d'entreprises, avec notamment une grande partie des entreprises du CAC 40 - dont les deux plus importantes capitalisations, LVMH et l'Oréal -, ainsi que quatre des 'Magnificent 7' américaines (Meta, Microsoft, Amazon et Apple).
Wall Street a connu une semaine erratique, marquée par un plongeon mercredi sur des annonces mal perçues de la Fed, puis un rebond tout aussi brutal mené par le Nasdaq. Mercredi, la place américaine avait tenté de résister tout au long de la séance, mais les indices s'étaient finalement effondrés après les annonces de la Fed, qui a laissé comme attendu les taux inchangés sur les fed funds entre 3,50 et 3,75% - pour la 5e réunion FOMC consécutive cette année -, mais dont le discours n'avait pas convaincu. Trois voix dissidentes se sont élevées au sein de la banque centrale américaine, qui auraient plutôt opté pour un durcissement monétaire. On comprend que le travail de la Fed de Kevin Warsh va donc être compliqué dans les mois à venir, ce qui confirme le risque qu'une politique monétaire restrictive perdure. Donald Trump a tout de même apprécié le statu quo monétaire, qualifiant Warsh de "brillant".
Alors que la Fed a décidé de maintenir ses taux inchangés, trois présidents d'antennes régionales, en l'occurrence, la patronne de la Fed de Cleveland, Beth Hammack, le président de la Fed de Minneapolis, Neel Kashkari et la présidente de la Fed de Dallas, Lorie Logan, ont donc voté contre cette décision, privilégiant un relèvement des taux de 25 points de base. Un désaccord qui met en évidence la division des responsables quant à la manière de combattre la résurgence de l'inflation, alimentée en partie par le conflit en Iran.
"L'activité économique est solide, les dépenses d'investissement et la productivité sont vigoureuses, et le marché du travail est robuste et stable", a déclaré Kevin Warsh, nouveau patron de la Fed. Il a toutefois reconnu que l'inflation restait élevée. "Cinq années d'inflation élevée ont laissé une impression erronée, difficile à dissiper, selon laquelle l'objectif d'inflation implicite de la Fed serait supérieur à 2%. Je tiens à le répéter : il n'existe pas d'objectif d'inflation 'souple' ni d'objectif implicite 'souple', du moins pas sous la direction de ce comité. Il n'y a qu'un seul objectif, et il est de 2%", a asséné Warsh, adoptant donc un ton assez dur, alors même que les chiffres américains de l'inflation pour le mois de juin avaient pourtant montré un certain ralentissement de la hausse des prix hors alimentation et énergie. Un nouvel indicateur d'inflation favorable a toutefois rassuré hier. De plus, les solides plans d'investissement de Microsoft (175 milliards de dollars de capex) et d'Amazon (220 milliards de dollars) ont relancé brutalement le compartiment des 'semis' sur la cote américaine depuis hier, provoquant un net sursaut du Nasdaq... et accessoirement de l'indice sud-coréen Kospi qui s'enflammait de près de 18% ce matin avec SK Hynix (+30% ce matin !) et Samsung (+27% !). Une telle volatilité n'est toutefois pas forcément rassurante...
Valeurs en hausse
Kering (+17,3% sur la semaine) publiait ses chiffres mardi. Le chiffre d'affairesau deuxième trimestre 2026 s'est élevé à 3,652 MdsE, en hausse de 1% en données publiées et de 2% en données comparables. L'évolution du chiffre d'affaires en données publiées intègre un effet de change négatif d'environ un point. Au deuxième trimestre 2026, le chiffre d'affaires de Gucci est en baisse de 3% en données publiées et de 2% en données comparables. Le résultat opérationnel courant du Groupe s'est élevé à 921 ME au premier semestre 2026 vs. 920 ME. La marge opérationnelle courante a atteint 12,8%, en amélioration de 40 points de base par rapport au premier semestre 2025.
Le résultat net, part du Groupe s'est établi à 189 ME au premier semestre 2026. Le résultat net des activités poursuivies, part du Groupe s'est élevé à 355 ME au premier semestre 2026 au lieu de 404 ME sur le S1 2025. Au premier semestre 2026, le cash-flow libre opérationnel du Groupe s'établit à 2,6 milliards d'euros, incluant 497 millions d'euros liés à des opérations immobilières et 300 millions d'euros liés à l'accord relatif à Gucci Beauty. Hors ces éléments, le cash-flow libre opérationnel s'est établi à 1,8 milliard d'euros.
Capgemini (+14%). Le groupe a réalisé au 1er semestre 2026 un chiffre d'affaires de 12,082 milliards d'euros, en hausse de +8,8% sur un an en données publiées. Hors effets défavorables de la variation des taux de change de 2,5 points, la croissance à taux de change constants est de +11,3%, reflétant "de solides tendances sous-jacentes" auxquelles s'ajoutent la contribution des acquisitions (notamment WNS et Cloud4C finalisées au 4ème trimestre 2025). Capgemini a maintenu une dynamique commerciale soutenue avec des prises de commandes qui se sont élevées à 12,602 MdsE au 1er semestre, avec un ratio 'book-to-bill' de 1,04. Les prises de commandes au 2ème trimestre ont progressé de +9,2% par rapport au 2ème trimestre 2025, pour atteindre 6,547 MdsE, soit un ratio 'book-to-bill' solide de 1,07. La marge opérationnelle est en hausse de +9,3% et atteint 1,506 MdE soit 12,5% du chiffre d'affaires, en hausse de 10 points de base par rapport au 1er semestre 2025.
Pour l'exercice 2026, le groupe vise désormais une croissance à taux de variation constantes du chiffre d'affaires de l'ordre de 8,5 à 9% (contre précédemment de +6,5 à +8,5%). La contribution inorganique à la croissance du chiffre d'affaires est désormais attendue à environ 5 points (contre environ de 4,5 à 5 points précédemment). Le groupe prévoit toujours une marge opérationnelle comprise entre 13,6 et 13,8%, ainsi qu'une génération de free cash flow organique d'environ 1,8 à 1,9 milliards d'euros. L'objectif de génération de free cash flow organique tient compte d'une augmentation par rapport à 2025 des décaissements liés aux restructurations pour environ 200 millions d'euros, en lien avec les initiatives Fit-for-Growth.
Saint-Gobain (+9,6% sur la semaine). Le groupe a publié hier soir des résultats du S1 2026 marqués par une croissance dans toutes les régions et une surperformance au T2. Le groupe souligne la bonne croissance interne du chiffre d'affaires au T2 à +3,5% (qui tire l'ensemble du semestre à +0,7%), portée par toutes les Régions (Asie-Pacifique +7%, Europe +4,1% et Amériques +0,9%) et par l'accélération de la surperformance dans la chimie de la construction à +8,5% au T2 (+5,3% au S1). Saint-Gobain souligne aussi sa bonne exécution opérationnelle avec une marge d'EBITDA de 15,4% et un taux de conversion du cash flow libre de 65%, ainsi qu'un renforcement du profil de croissance rentable. Les perspectives ont été confirmées. Dans un environnement macroéconomique contrasté et géopolitique incertain, le groupe vise une marge d'EBITDA de plus de 15% en 2026.
Schneider Electric (+8%). Le chiffre d'affaires au 2e trimestre 2026 s'est élevé à 11,459 MdsE, en croissance organique de +16,5% et en croissance publiée de +14,5%. Le chiffre d'affaires du Groupe atteint un niveau record de 21,2 MdsE au 1er semestre, en croissance organique de +14%. Le résultat net est de 2,5 MdsE, en croissance de +30%. Le groupe réalise un cash flow libre de 1,631 MdE au 1er semestre, en hausse de 244% par rapport au 1er semestre 2025. Schneider Electric relève son objectif financier 2026 à une croissance organique de l'Ebita ajusté 2026 comprise entre +14% et +19%. Cette performance découlerait de la croissance organique du chiffre d'affaires combinée à l'amélioration de la marge, avec une croissance organique du chiffre d'affaires comprise entre +10% et +13% et une croissance organique de la marge d'EBITA ajusté comprise entre +70 et +100 points de base.
Euronext (+6,4%) enregistre un neuvième trimestre consécutif de croissance à deux chiffres, avec des résultats records. Le chiffre d'affaires et les revenus sous-jacents du deuxième trimestre 2026 ont progressé de 16,9% pour atteindre 544,4 millions d'euros. Les revenus non liés aux volumes ont représenté 58% du chiffre d'affaires et des revenus totaux et ont couvert 170% des charges opérationnelles sous-jacentes, hors dotations aux amortissements. Le chiffre d'affaires de l'activité Services de titres a atteint 96,9 millions d'euros (+12,5%), porté par des niveaux records d'actifs en conservation, une activité de règlement-livraison soutenue et une demande croissante pour les services à valeur ajoutée ; Le chiffre d'affaires des activités Marchés de capitaux et Solutions de données a progressé à 193,8 millions d'euros (+17,2%), porté par la consolidation d'Admincontrol et d'Euronext Athens, ainsi que par une dynamique renouvelée sur les marchés primaires et dans les solutions de données avancées ; Le revenu net de trésorerie a atteint 22,5 millions d'euros (+12,5%), sous l'effet conjugué d'une hausse des garanties liées aux contrats à terme sur l'électricité, de la volatilité et des écarts de taux (spreads).
L'EBITDA ajusté s'est établi à 360 millions d'euros (+21,1%) et la marge d'EBITDA ajusté a atteint 66,1% (+2,3 points). Le résultat net ajusté s'est élevé à 245 millions d'euros (+19,9%) et le bénéfice par action ajusté à 2,42 euros (+19,8%). Le résultat net publié s'est établi à 218,8 millions d'euros (+19,1%) et le BPA publié à 2,16 euros (+19,3%). Le ratio dette nette/EBITDA s'établissait à 1,3x fin juin 2026, s'inscrivant dans la fourchette cible définie par le plan stratégique 'Innovate for Growth 2027' d'Euronext.
Publicis (+5,3%) a publié cette semaine un bénéfice courant de 3,52 euros au 30 juin 2026, en croissance de 5,7% à taux de change constants relève son objectif de croissance organique du revenu net pour 2026. Le groupe vise désormais une croissance organique entre +4,5 et +5% pour l'ensemble de l'année, contre une fourchette de +4 à +5% précédemment. "Cet objectif représente une accélération séquentielle au S2 2026, en tenant compte d'une base de comparaison de 40 points de base plus élevée au S2 2025 par rapport au S1 2025", commente Publicis.
Concernant ses ratios financiers, le groupe réaffirme son objectif de taux de marge opérationnelle pour 2026 en légère amélioration par rapport au niveau de 18,2 % de 2025, tout en maintenant un niveau d'investissement élevé. Le groupe anticipe un free cash flow pour 2026 de 2,2 milliards d'euros environ contre 2,1 milliards d'euros environ précédemment, avant variation du besoin en fonds de roulement et sur la base d'une parité de change de 1,155 dollar par euro.
Valeurs en baisse
Hermès (-6,8% sur la semaine). Le groupe a publié pour son premier semestre 2026 un chiffre d'affaires de 8,2 MdsE (+6% au premier trimestre et +7% au deuxième trimestre, à taux de change constants), une rentabilité opérationnelle courante qui atteint 41% des ventes et un cash flow disponible ajusté en progression de 18%. Le résultat opérationnel courant s'élève à 3,4 MdsE contre 3,3 MdsE au premier semestre 2025. La rentabilité opérationnelle courante, malgré l'impact négatif des devises, atteint donc 41% contre 41,4% à fin juin 2025. Le résultat net part du groupe est stable à 2,2 MdsE. Il comprend, comme au premier semestre 2025, la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises en France.
Veolia (-5,8%). Le chiffre d'affaires de Veolia au 1er semestre a progressé de 1,5% à 22,193 MdsE, pour une performance opérationnelle en ligne avec son objectif annuel, portée par un EBITDA à 3,552 MdsE, en hausse de 5%, dans la fourchette cible de 5 à 6%, et une hausse du taux de marge de 70 pdb. Le groupe annonce une amélioration de sa guidance avec une croissance organique solide du chiffre d'affaires excluant les prix des énergies, une croissance de l'EBITDA entre +5 et +6%, une croissance du résultat net courant part du groupe d'au moins +8 % à change constant avec Clean Earth, une croissance du bénéfice net courant part du groupe par action en ligne avec celle du résultat net courant part du groupe (grâce au plan de rachat d'actions pour compenser l'impact du plan d'actionnariat salarié), une croissance du dividende en ligne avec celle du bénéfice net courant part du groupe par action, ainsi qu'un ratio dette nette/EBITDA égal ou légèrement supérieur à 3x avec Clean Earth.
Danone (-3,5%) publiait aussi cette semaine. Le chiffre d'affaires est ressorti à 13,936 MdsE au S1 2026, en hausse de +3,5% en données comparables, avec un volume/mix de +1,7% et un effet prix de +1,8%. La marge opérationnelle courante est en hausse de +12 pb à 13,3% au S1 2026, grâce à de forts gains de productivité dans un environnement inflationniste. Le bnpa courant a affiché une progression de +0,9% à 1,92 euro, porté par la performance opérationnelle. Enfin, le free cash flow est à 0,9 milliard d'euros. Les objectifs 2026 sont confirmés, "en ligne avec l'ambition moyen-terme", à savoir une croissance du chiffre d'affaires en données comparables comprise entre +3% et +5% et une croissance du résultat opérationnel courant "plus rapide que celle du chiffre d'affaires".
Air Liquide (-3,3%) affiche un chiffre d'affaires de 13,828 MdsE au 1er semestre 2026, en croissance de + 4,3% hors effets de change et d'énergie, en intégrant l'acquisition de DIG Airgas. Sur une base comparable, les ventes augmentent de 2,6% par rapport au 1er semestre 2025. Le résultat net part du groupe s'établit à 1,823 MdE au 1er semestre 2026, en hausse de 1,2% en données publiées et de 6,5% hors effet de change. Le résultat net récurrent s'établit à 1,923 MdE, en hausse publiée de 4,4% et de 9,9% hors effet de change. Le bénéfice net par action atteint 2,86 euros, en hausse de + 1,1% par rapport au 1er semestre 2025, en ligne avec l'évolution du résultat net (part du Groupe) publié. Le bénéfice net récurrent par action est en hausse publiée de 4,3% et de 9,7% hors effet de change.
Air Liquide anticipe au deuxième semestre une croissance équivalente, "voire légèrement supérieure, à celle du premier semestre". En 2026, Air Liquide se dit confiant dans sa capacité à augmenter sa marge opérationnelle de + 100 points de base et à réaliser une croissance du résultat net récurrent, à taux de 15 change constant.
En dehors de toutes ces variations concernant le CAC 40, on retrouve aussi quelques décalages marquants sur le SRD. SMCP prend 27,8% cette semaine, Teleperformance 22,5% et Alten 24,3% après leurs publications respectives. Ubisoft et Sopra Steria s'accordent également 18%. A la baisse, Euroapi corrige encore de 20,4% sur cinq jours, Electricité de Strasbourg de 17,8% et Wavestone de 16,7%. SES a décroché de 17,9% et Technip Energies de 13%.
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