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Bilan hebdo : le CAC40 perd encore du terrain, Eiffage et Pernod Ricard chahutés

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Dans une actualité marquée par le retour du risque politique

Bilan hebdo : le CAC40 perd encore du terrain, Eiffage et Pernod Ricard chahutés
Credits Arnaud Bivès avec IA

Nouvelle semaine compliquée pour le CAC40. Malgré un beau sursaut vendredi, l'indice parisien perd 0,98% sur 5 jours, à 8.401 points ce vendredi soir. Les investisseurs commencent à prendre en considération l'échéance politique présidentielle de 2027 et ses enjeux d'endettement public dans un contexte de hausse des taux d'intérêt. La deuxième économie de la zone euro affiche l'un des déficits les plus élevés du bloc et l'absence de majorité à l'Assemblée nationale laisse présager un débat budgétaire à haut risque politique à la rentrée. L'agence de notation Fitch doit d'ailleurs revoir ce jour la note de crédit de la France, un événement très suivi par les opérateurs à un moment où les coûts de financement à long terme se tendent et où le rendement exigé par les investisseurs sur les obligations françaises par rapport aux obligations allemandes s'amplifie. Le rendement de l'OAT 10 ans est au plus haut depuis 2008, autour de 4,10%.

Très attendu, le président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, a adopté un ton ferme ce vendredi lors de son intervention dans le cadre du symposium de Jackson Hole, affirmant que la priorité de la Fed devait demeurer la stabilité des prix. Le dirigeant a indiqué que les données sur l'inflation estivale s'étaient améliorées, mais que les tendances sous-jacentes n'avaient pas sensiblement évolué. La Fed doit être convaincue que l'inflation revient vers son objectif des 2%, faute de quoi "il nous reste du travail à faire", a lancé le timonier de la Fed. Il a réaffirmé que l'objectif d'inflation PCE de 2% était "ferme et immuable". Parallèlement, l'économie reste résiliente : la consommation des ménages est dynamique, le marché du travail est stable et l'investissement des entreprises progresse rapidement, a détaillé le responsable.

Le marché parisien n'a donc pas profité des résultats et des perspectives spectaculaires du géant technologique américain Nvidia, qui ont pourtant quelque peu dissipé les doutes liés à l'IA.

Sur le marché pétrolier, le baril de Brent (contrat octobre) est retombé d'un cran sur de nouveaux espoirs de résolution du conflit entre l'Iran et les Etats-Unis. Il affiche un repli hebdomadaire de plus de 5%, sous les 90$ ce soir à Londres. Alors que les frappes se poursuivent, le trafic des pétroliers dans le détroit d'Ormuz reste fortement perturbé malgré les efforts d'Oman pour trouver un compromis. Le 'Wall Street Journal' a par ailleurs rapporté jeudi que l'administration Trump avait répété à plusieurs reprises aux médiateurs qu'elle n'avait aucune intention de relancer le protocole d'accord de juin.

Sur le front des devises, l'euro se stabilise face au billet vert, à 1,16$ entre banques. L'or affiche un léger repli de 1% sur la semaine, proche des 4.555 dollars. Enfin, le Bitcoin gagne encore du terrain et se rapproche de la barre des 80$. Malgré son regain de forme, le Bitcoin reste bien en deçà du sommet de 94.820$ atteint à la mi-janvier et de son record historique de 126.198$, enregistré le 6 octobre de l'année dernière.

Les valeurs

* Interparfums bondit de près de 8%. Le parfumeur a été soutenu par une note d'Oddo BHF qui a rehaussé à 'surperformer' sa recommandation sur la valeur tout en remontant sa cible de 27 à 32 euros. Après 24 mois boursiers difficiles, l'analyste pense qu'il est temps de se réintéresser à Interparfums : le pic de stress lié aux droits de douanes, à la fébrilité de la consommation de parfums et au conflit iranien semble avoir été intégré ; se profilent désormais des effets de base nettement plus favorables ($, volumes) et une séquence très dense de lancements dont le potentiel permet de pointer vers le milliard de CA. En factorisant ces nouveautés, la valorisation offre un potentiel de 15%. Sur les niveaux actuels (VE/EBITDA 27e : environ 12,5x), ITP se traite sur une décote de plus de 40% sur ses multiples historiques 10 ans (et 17% sur 20 ans), souligne le broker.

* Sodexo prend 3,7%. Le groupe a émis un emprunt obligataire libellé en euros d'un montant nominal total de 1,1 milliard d'euros en deux tranches, l'une de 600 ME venant à échéance le 2 septembre 2032, assortie d'un coupon à taux fixe de 4,00% par an, et l'autre de 500 ME venant à échéance le 2 septembre 2036, assortie d'un coupon à taux fixe de 4,50% par an. Le produit net sera affecté aux besoins généraux, notamment au remboursement à venir de l'emprunt obligataire en circulation d'un montant de 800 ME portant intérêt au taux de 0,750% et venant à échéance en avril 2027. Par ailleurs, Sodexo prévoit de supprimer 1.097 postes en France dans le cadre d'un plan de transformation visant à faire face à une concurrence accrue et à l'évolution des attentes des consommateurs. Citant l'entreprise, l''AFP' précise que 134 emplois seront supprimés au siège du groupe. 4% des effectifs seraient ainsi concernés "dans le cadre d'un plan de sauvegarde de l'emploi précédé d'une phase de départs volontaires".

* Legrand gagne 3,7%. Morgan Stanley parle d'un point d'entrée attractif sur le titre après une baisse relative de sa valorisation boursière par rapport à ses concurrents du secteur de l'électrification. Morgan Stanley, qui classe l'entreprise parmi ses valeurs favorites pour la fin de l'année, rehausse sa cible de 155 à 160 euros et confirme son avis 'surpondérer'. La banque anticipe un relèvement de l'objectif de croissance organique (TCAC) pour la période 2026-2031, d'une fourchette de 3%-5% à 4%-6%, tout en prévoyant le maintien de l'objectif de marge au-delà de 20%. Elle voit "davantage d'opportunités de croissance" chez Legrand, la demande en centres de données "white space" s'annonçant solide jusqu'en 2027 et les marges offrant un potentiel significatif. Le broker souligne donc également la dépréciation d'environ 20% enregistrée depuis le début de l'année par le titre par rapport à ses concurrents tels qu'ABB et Schneider.

* Air France KLM (+3,5%) continue à profiter de la nette détente des cours pétroliers. L'action a également bénéficié d'un coup de pouce de Kepler Cheuvreux. Le broker a rehaussé son avis sur la compagnie aérienne à 'conserver' avec un objectif de cours maintenu à 11,5 euros.

A l'inverse, * Emeis chute de 9% avec la hausse des taux obligataires. Malgré la restructuration du bilan et les cessions d'actifs, l'effet de levier de la société demeure très lourd. A la fin du premier semestre, la dette nette représentait 3,9 MdsE, soit 8,7 fois l'Ebitda.

* Pernod Ricard perd 7,6%. Le groupe de spiritueux a dévoilé des comptes annuels en retrait, sans surprise, et a revu à la baisse ses perspectives de croissance en raison de la faiblesse du marché américain. Le fabricant de la vodka Absolut et du whiskey Jameson a vu ses revenus reculer pour la troisième année consécutive, baissant de 3,9% sur les douze mois clos en juin. Le groupe avait dit plus tôt cette année tabler sur une baisse organique de ses ventes entre 3 et 4%. "Dans un environnement contrasté, l'exercice 2025/26 a été marqué par la faiblesse persistante des États-Unis, amplifiée par des ajustements de stocks, ainsi que par une faible demande en Chine", a souligné l'entreprise. Les turbulences liées au conflit au Moyen-Orient ont également pesé sur les ventes au cours du trimestre clos en juin et devraient également affecter l'activité du trimestre en cours. Concernant le nouvel exercice, 2026/2027, le Groupe anticipe un chiffre d'affaires organique "globalement stable" avec un recul aux États-Unis et en Chine, affectés par des ajustements de stocks dès le premier trimestre, tandis qu'une amélioration des tendances sous-jacentes est attendue en Chine. Mentionnant à nouveau la "faiblesse" du marché américain, Pernod Ricard a également indiqué viser une croissance organique du chiffre d'affaires à un niveau proche du bas de la fourchette de son objectif précédemment annoncé de +3 à +6% sur la période 2027-2029.

* Eiffage trébuche de 7%, au plus bas depuis la fin 2025. Le groupe de BTP et de concessions a fait état d'un résultat net part du groupe semestriel en hausse de 12,1% sur un an, à 342 millions d'euros, pour un chiffre d'affaires en progression de 2,3%, à 12,20 milliards d'euros. Le groupe dispose par ailleurs d'un carnet de commandes en hausse de 7% sur un an, à 31,5 milliards d'euros, avec une progression dans l'ensemble de ses branches. Ce carnet historiquement élevé et les résultats solides du 1er semestre permettent au Groupe de confirmer ses perspectives globales de "croissance d'activité d'une ampleur moindre qu'en 2025 et de nouvelle amélioration du résultat opérationnel courant et du résultat net part du Groupe". RBC Capital Markets ('surperformance') note que l'amélioration des perspectives pour l'activité Travaux est tempérée par la révision à la baisse des prévisions pour les Concessions, pénalisées par un trafic autoroutier en recul dû au prix élevé du carburant. Les risques politiques ont également pesé sur la valeur.

* BNP Paribas, Société Générale et Crédit Agricole rendent entre 3,3% et 5% avec le retour au premier plan de l'incertitude politique. La France traverse une période de turbulences politiques depuis qu'Emmanuel Macron a décidé de convoquer des élections anticipées il y a un peu plus de deux ans ; les banques du pays sont souvent celles qui en pâtissent le plus. C'est l'une des principales raisons pour lesquelles le secteur bancaire français a largement sous-performé en Bourse par rapport à ses concurrents européens. Sur le marché obligataire, le rendement de l'OAT à 10 ans est au plus haut depuis 2008. Contrairement aux banques italiennes ou espagnoles, qui s'étaient retrouvées au coeur de la crise de la dette souveraine en Europe, les banques françaises détiennent une part bien moindre de la dette de leur pays, les investisseurs internationaux en possédant plus de la moitié, rappelle 'Bloomberg'. Selon les analystes, le véritable risque ne réside pas dans leur exposition aux obligations d'État, mais dans les effets indirects, tels que la hausse des coûts de refinancement et le ralentissement économique.

* Vinci se replie de 4,2%, également pénalisé par le retour du risque politique.

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