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Bilan hebdo : sixième semaine de baisse pour le CAC 40 !

| Boursier | 26 | Aucun vote sur cette news

Avec de nouvelles tensions obligataires...

Bilan hebdo : sixième semaine de baisse pour le CAC 40 !
Credits Arnaud Bivès avec IA

Et de six ! Le marché parisien boucle une sixième semaine consécutive de repli avec un CAC 40 qui perd 1,4% sur cinq séances, à 8.065 points ce vendredi soir. La nouvelle poussée des rendements obligataires a pesé sur les marchés actions, les craintes inflationnistes restant élevées malgré un semblant de stabilisation du côté des cours pétroliers.

La politique monétaire des grandes Banques centrales a rythmé l'actualité des derniers jours. Après la BCE la semaine passée, la Réserve fédérale américaine a, sans surprise, relevé ses taux d'intérêts pour la première fois depuis 2023 et prévoit un relèvement supplémentaire cette année. Wall Street a plutôt bien réagi à cette annonce (contrairement à Donald Trump, qui n'a pas caché son agacement), les opérateurs se montrant rassurés quant à l'indépendance de la Fed vis-à-vis de la Maison blanche...

La Banque du Japon a également serré la vis vendredi, comme attendu, alors que la Banque d'Angleterre a une nouvelle fois laissé son taux directeur inchangé, jeudi, tout en révisant à la hausse ses prévisions d'inflation et laissant la porte ouverte à un relèvement si le conflit au Moyen-Orient venait à se prolonger.

Mais la semaine a donc également été marquée par une nouvelle hausse des taux obligataires mondiaux. En France, la pression sur le marché de la dette souveraine est encore plus forte sur fonds d'inquiétudes grandissantes quant aux défis budgétaires nationaux. Le gouvernement peine en effet à maîtriser des finances publiques qui dérapent, alors que la croissance économique ralentit fortement et qu'un parlement fragmenté s'oppose aux mesures d'austérité.

Bercy a annoncé jeudi soir qu'en raison d'une croissance plus faible et de charges d'intérêt plus élevées, le déficit budgétaire allait se creuser pour atteindre 5,4% du PIB cette année, alors que la loi de finances visait une légère réduction à 5%. Résultat, le taux de l'OAT à 10 ans évolue à plus de 4,56% ce vendredi, un niveau inédit depuis 18 ans, et le spread, soit l'écart de rendement entre les obligations françaises à 10 ans et leurs homologues allemandes atteint désormais 103 points de base ! Une première depuis 2012, à un moment où le marché subissait encore les conséquences de la crise financière mondiale de 2008-2011.

Sur le marché pétrolier, malgré une tension qui reste vive dans le Golfe, les prix de l'or noir se sont stabilisés cette semaine avec un baril de Brent (contrat novembre) qui est quasi à l'équilibre, à 104,5$ à Londres. L'administration Trump s'est voulue rassurante quant à la reprise d'exploitation de l'oléoduc Est-Ouest endommagé en Arabie saoudite, et qui était utilisé comme alternative au transport de brut via le détroit d'Ormuz. Le secrétaire américain à l'Énergie, Chris Wright, a déclaré mardi à 'CNBC' que l'arrêt du pipeline était une "interruption brève et temporaire" qui "se mesurera en jours"...

Sur le front des devises, l'euro recule un peu face au billet vert, à 1,146$ entre banques. L'or affiche une performance hebdomadaire quasi nulle, proche des 4.350 dollars. Enfin, le Bitcoin rebondit au-dessus des 80.700$.

Les valeurs

* Exosens bondit de 10,7% sur la semaine. La société spécialisée dans la fourniture de technologies critiques d'amplification, détection et imagerie a relevé ses objectifs 2026, évoquant la forte performance du premier semestre qui reflète une dynamique commerciale soutenue et la "poursuite d'une exécution rigoureuse", qui confortent le profil de rentabilité de référence du groupe dans le secteur. Le groupe anticipe désormais un chiffre d'affaires compris entre 558 et 570 millions d'euros (vs 520-540 ME précédemment) et un EBITDA ajusté compris entre 186 et 192 ME (vs 168-178 ME d'euros auparavant). Les dépenses d'investissement sont attendues à environ 9% du chiffre d'affaires (hors dépenses R&D capitalisées, représentant environ 3% du chiffre d'affaires) en raison de l'extension des capacités de production en Europe et aux États-Unis (objectif inchangé). La publication confirme le dynamisme de la demande finale et le fait que la rentabilité reste élevée malgré l'accélération des investissements, explique TP ICAP Midcap ('achat').

* Thalès prend 5% avec Dassault Aviation (+3%). Les valeurs du secteur de la défense européennes ont été recherchées, portées par des pénuries de stocks aux États-Unis et par la nouvelle selon laquelle le Japon pourrait augmenter ses dépenses militaires. Le Pentagone a reconnu que les tirs de munitions américains contre des cibles iraniennes avaient entraîné des pénuries dans les stocks stratégiques. En outre, le Japon envisagerait de porter ses dépenses de défense à 3,5% de son PIB, contre près de 2% actuellement, sous la pression des États-Unis.

* GTT (+4,3%) a annoncé deux développements majeurs au sein de GTT Energy, l'unité opérationnelle du Groupe dédiée aux systèmes de confinement et de gestion de l'énergie : le lancement du LNG Performance Centre, un nouvel écosystème de services conçu pour accompagner les armateurs et les affréteurs dans l'optimisation de la performance de leurs flottes de méthaniers et la gestion de leur cargaison, ainsi que l'introduction d'une solution GNL carburant de nouvelle génération pour les porte-conteneurs, intégrant une technologie permettant une pression d'exploitation jusqu'à 2 barg. Cette initiative marque une nouvelle étape dans le développement par GTT Energy de services couvrant l'ensemble du cycle de vie des navires, avec une intégration croissante des données et des analyses à l'échelle de la chaîne de valeur du GNL.

* Edenred s'adjuge 1,4% sur la semaine. AlphaValue a rehaussé sa recommandation sur le spécialiste des avantages aux salariés à 'accumuler', estimant que la plupart des contraintes réglementaires sont désormais levées. L'objectif de cours est fixé à 35,8 euros.

A l'inverse, * TFF Group chute de 10,2% sur la semaine après avoir fait part d'un chiffre d'affaires de 56,9 ME pour le premier trimestre de son exercice 2026-2027, en fort recul de 36,4% par rapport à la même période de l'exercice précédent. TFF Group déplore une période marquée par le déstockage massif des clients, le recalibrage des capacités de production et une plus grande sélectivité de la demande. Dans ce contexte où les incertitudes géopolitiques freinent les investissements, le groupe indique débuter l'exercice par un niveau d'activité inférieur à ses anticipations. TFF Group ajoute que les prévisions d'activité annuelle sont désormais impactées par un scénario de recul de la récolte de vin 2026 en Europe et prévient que 2026-2027 restera un exercice de repli pour les résultats du groupe, du fait d'une nouvelle baisse attendue du chiffre d'affaires.

* Renault perd 7,3%. Le constructeur au losange a encore souffert, comme l'ensemble du secteur en Europe, malgré une note teintée d'optimisme de Berenberg. Si le bureau d'analyses a dégradé Stellantis, il trouve que Renault continue de bien mener sa stratégie sur les leviers qu'il maîtrise (développement de produits, réduction des coûts, partenariats, flexibilité accrue des coûts, restructuration et amélioration du mix) et reste à l'abri de certaines préoccupations sectorielles actuelles à court terme, telles que les droits de douane, les pressions liées aux capacités de production et l'exposition au marché intérieur chinois. Il reste ainsi à 'conserver' en ciblant 34 euros.

* Stellantis recule de 10,2%. Morgan Stanley a dégradé la valeur à 'sous-pondérer' en réduisant de 5,7 à 4,5 euros son cours-cible, estimant que le portefeuille de futurs modèles accuserait un retard par rapport à la concurrence, ce qui suggèrerait une capacité limitée à réduire les investissements pour s'adapter à une génération de trésorerie plus faible. Lors d'un point sur le marché automobile européen, Berenberg a de son côté révisé son opinion en baisse, à 'conserver', tout en réduisant ses estimations de résultat opérationnel sur la période 2026-2028 et en ramenant son objectif de 7,8 à 5,1 euros.

* EssilorLuxottica trébuche de 5%. Kepler Cheuvreux a dégradé le géant de l'optique à 'alléger' tout en coupant sa cible de 244 à 135 euros. "L'enthousiasme pour les lunettes intelligentes a laissé place à des inquiétudes concernant le ralentissement de la croissance et la dilution structurelle des marges", écrit l'analyste, soulignant également des incertitudes liées à la gouvernance. Par ailleurs, faisant suite aux récentes informations parues dans la presse et déclarations publiques, le Conseil d'administration d'EssilorLuxottica a réaffirmé à l'unanimité sa pleine confiance dans le PDG Francesco Milleri, le Directeur Général Délégué Paul du Saillant, l'équipe de direction ainsi que dans la stratégie à moyen et long terme approuvée par le Conseil, laquelle continue d'être confortée par les solides résultats de l'entreprise.

* Orange cède 3,3%. Il faut dire que Morgan Stanley a dégradé le titre de l'opérateur télécoms à 'sous-pondérer' en ciblant 15 euros. La banque met en avant divers risques, notamment un ralentissement attendu de la croissance de l'EBITDAaL en France en 2027 dans un contexte de risque politique, une concurrence accrue en Espagne et un endettement plus élevé. Elle note également que plusieurs catalyseurs sont désormais derrière nous (consolidation du marché français, rachat de la participation restante de 50% dans MasOrange et journée investisseurs de février).

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