Bilan hebdo : le CAC 40 poursuit sa descente, plombé par les taux et le pétrole
Avec les tensions obligataires et la vigueur du pétrole...
Malgré une dernière séance de meilleure facture, le CAC 40 perd encore du terrain sur la semaine : l'indice parisien cède 1,2% sur 5 jours, à 8.180 points ce vendredi soir. Sans surprise, la Banque centrale européenne a relevé ses taux directeurs pour la deuxième fois cette année, alors que le conflit au Moyen-Orient menace de maintenir l'inflation à un haut niveau, pendant une période prolongée. "Le choc énergétique pourrait encore s'aggraver, et son impact sur les autres prix et les salaires pourrait être plus important que prévu actuellement", a averti Christine Lagarde, présidente de l'Institution.
Aux États-Unis, les très attendus chiffres de l'inflation du mois d'août ont confirmé une accélération des prix à la consommation, renforçant ainsi les anticipations d'une hausse des taux de la Réserve fédérale la semaine prochaine, qui s'établissent ce soir à plus de 85%. L'indice des prix à la consommation a progressé de 0,4% le mois dernier, après une légère hausse de 0,1% en juillet, a indiqué le Bureau des statistiques du ministère du Travail. La mesure dite "core" est pour sa part ressortie à 0,3%, contre un consensus logé à +0,2%, comme en juillet.
"Les données d'inflation publiées aujourd'hui ne changent en rien notre opinion selon laquelle la Fed est en retard sur la courbe", déclare David Rees, responsable de l'économie mondiale chez Schroders. "Si l'inflation globale est influencée par la hausse des prix de l'énergie, la tendance générale est que l'économie tourne à plein régime et que l'inflation d'origine intérieure ne cesse de grimper". Jeff Schulze, responsable de la stratégie économique et de marché chez ClearBridge Investments (filiale de Franklin Templeton), ajoute : "la publication de l'IPC d'août constituait la dernière pièce du puzzle avant la décision du FOMC sur les taux d'intérêt la semaine prochaine, et les chiffres plus élevés qu'attendu publiés aujourd'hui confortent le scénario central d'une hausse des taux. Les premières estimations de l'indice PCE sous-jacent, mesure privilégiée par la Fed, suggèrent pour août un rythme annualisé supérieur à l'objectif, compris entre 2% et 2,5%".
La semaine a également été marquée par la nouvelle envolée des cours de l'or noir avec un baril de Brent qui a atteint ce vendredi matin son plus haut niveau depuis quatre mois, à près de 110$, sur fond de craintes d'une perturbation prolongée de l'approvisionnement alors que la guerre continue à faire rage dans le Golfe. Le brut est néanmoins quelque peu retombé ce vendredi après que le 'Financial Times' eut rapporté que les ministres des Affaires étrangères du Moyen-Orient tentaient de conclure un accord temporaire avec l'Iran afin de réguler le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz. Ainsi, le Brent s'assagit un peu ce soir à 104,5$ (-2,8%).
La hausse des cours pétroliers s'est accompagnée de nouvelles tensions sur le marché obligataire. Le rendement de l'OAT à 10 ans, la référence pour la dette nationale, évolue proche des 4,5%, du jamais vu depuis le printemps 2008. Les finances publiques domestiques font l'objet d'une attention particulière de la part des marchés, qui craignent que la dette publique déjà élevée - elle représentait 117,5% du PIB au premier trimestre 2026 - ne s'envole encore davantage, l'élection présidentielle de 2027 compliquant les réformes budgétaires. D'autant que les prévisions de croissance pour 2026 ont encore été revues à la baisse, à 0,5% contre 0,7% en juillet et 1% initialement. Le 'spread', ou l'écart entre les rendements des obligations françaises et allemandes à 10 ans, évolue quant à lui à son plus haut niveau depuis 2012, à plus de 94 points de base.
Sur le front des devises, l'euro se stabilise face au billet vert, à 1,16$ entre banques. L'or affiche un repli d'environ 1,5% sur la semaine, proche des 4.370 dollars. Enfin, le Bitcoin reste proche des 79.000$.
Les valeurs
* Vetoquinol s'envole de 13,4% sur la semaine, recherché après sa belle publication intermédiaire. Le laboratoire a dégagé au premier semestre 2026 un EBITDA de 53,9 ME, soit 20,8% du chiffre d'affaires (20,4% au 30 juin 2025). Le résultat opérationnel courant s'établit à 39,2 ME (15,1% du CA), en hausse de +12,5% sur un an. Le résultat net s'élève à 30,5 ME, soit 11,8% du chiffre d'affaires, en progression de +22% par rapport à la même période de l'exercice précédent. Vetoquinol avait renoué avec la croissance au premier semestre 2026, avec un chiffre d'affaires en progression de +3,4% à changes constants et de +0,7% à données publiées. Le groupe a précisé préparer activement ses prochains relais de croissance avec plusieurs lancements de nouveaux produits à venir.
* Soitec gagne 10,2% sur cinq jours de bourse, toujours porté par ses solides prévisions publiées la semaine dernière. Les revenus du deuxième trimestre 2026-2027 sont maintenant attendus en croissance d'environ 50% sur un an, à périmètre et taux de change constants. La firme anticipe désormais un chiffre d'affaires Photonics-SOI environ 3 fois supérieur à celui du deuxième trimestre 2025-2026, qui s'établissait à environ 25 M$. Le chiffre d'affaires semestriel Photonics-SOI est attendu environ 2,3 fois supérieur à celui de la même période l'an dernier (environ 50 M$) et le groupe envisage un chiffre d'affaires Photonics-SOI pour l'exercice 2026-2027 compris entre 2,5 et 3 fois celui de l'exercice 2025-2026, qui s'établissait à un peu plus de 100 M$... Jefferies, à 'sous-performance' sur Soitec, relève tout de même de 85 à 98 euros son objectif. Berenberg, à 'conserver' sur la valeur, ajuste la mire de 129 à 135 euros.
* Eutelsat avance de 5,1% cette semaine. Le groupe a sélectionné Arianespace pour procéder à deux lancements dédiés à sa constellation de satellites OneWeb en orbite terrestre basse (LEO). Prévues pour 2027 et 2028, ces deux missions lanceront des satellites OneWeb à bord de lanceurs Ariane 64, déclinaison la plus puissante de la fusée Ariane 6, depuis le Port spatial de l'Europe situé en Guyane française. Les deux lancements s'inscrivent dans le cadre du programme mené par Eutelsat pour procéder au renouvellement progressif de sa constellation OneWeb et garantir la continuité de ses services LEO, avec 440 satellites déjà commandés et en cours de construction.
* Rubis prend 6,5%. Le distributeur d'énergie a dévoilé des comptes semestriels en forte hausse et a relevé sa guidance d'EBITDA pour l'exercice dans une fourchette de 775 à 825 millions d'euros, contre une fourchette de 740 à 790 ME précédemment. Portzamparc ('achat') évoque de très bons résultats, supérieurs à ses attentes, qui étaient déjà en haut de consensus. La progression des volumes est amplifiée dans le compte de résultat par la progression de la marge, notamment en Afrique et dans le bitume. Le broker relèvera ses estimations annuelles après la présentation de ce matin. Oddo BHF parle d'une solide performance. L'analyste confirme sa recommandation 'surperformance' sur la valeur (solde exécution opérationnelle, possible opération M&A significative et attrait spéculatif) qui fait toujours partie de sa liste de convictions 'Midcap en Europe'. La performance depuis le début de l'année est modeste (+6%).
* Maurel&Prom s'octroie 3,4% cette semaine avec Viridien (+4,5%) et TotalEnergies (+3,5%). Le secteur pétrolier a logiquement été recherché avec la poussée des cours de l'or noir.
* Nexans (+4,1% sur cinq jours) a annoncé le succès d'une émission obligataire pour un montant nominal total de 500 millions d'euros sur une échéance de cinq ans et un coupon annuel de 4,25%. Cet emprunt obligataire permettra de refinancer le prêt relais de 500 millions d'euros que Nexans a conclu avec BNP Paribas et Société Générale le 27 avril 2026. Ce prêt relais avait été mis en place dans le cadre de l'acquisition de Republic Wire en juin 2026. Nexans a profité d'un environnement de marché résilient, et la transaction a reçu un bon accueil des investisseurs institutionnels crédit, en France et à l'international, confirmant la confiance du marché dans la qualité de crédit du Groupe.
A l'inverse, * Worldline redonne 7,7%. Goldman Sachs a confirmé son avis vendeur sur la valeur tout en ajustant son objectif de cours de 9,6 à 10,9 euros. Le consensus des analystes reste à 'conserver' selon Bloomberg, tandis que l'objectif de cours moyen est légèrement supérieur à 12 euros. Le groupe avait publié fin juillet des comptes contrastés pour le premier semestre, précisant ses perspectives. Pour 2026, sur le périmètre post-recentrage, le groupe envisage un chiffre d'affaires stable ou en légère hausse, un EBE ajusté allant de 630 à 650 ME et un flux de trésorerie disponible de -60 à -40 ME.
* Roche Bobois perd 3,6% sur la semaine après la présentation de résultats semestriels en déclin et porte ses pertes depuis le premier janvier à plus de 35%. Pour la suite de l'exercice, dans un contexte toujours incertain, le groupe anticipe au second semestre un chiffre d'affaires et un EBITDA à des niveaux proches de ceux du premier semestre. Portzamparc évoque une publication sans surprise, mais une mauvaise nouvelle : le marasme se poursuit sur le volume d'affaires et amène le management à viser une stabilité S2 vs S1. Le broker était déjà d'ores et déjà aligné sur cette guidance. Il maintient ainsi son scénario, sa recommandation 'achat' et son objectif de 33 euros.
* LVMH recule de 3,2%, victime de notes d'analystes et de la poursuite des dégagements dans le secteur du luxe. HSBC a dégradé le titre à 'conserver' avec un objectif coupé de 600 à 490 euros. De son côté, Oddo BHF a adopté un scénario plus prudent pour le second semestre 2026 du groupe de luxe. L'objectif de cours a été abaissé de 590 à 524 euros.
* BIC cède 1,2% sur la semaine, alors que le groupe a présenté son nouveau plan stratégique 'BIC to the Future'. La trajectoire financière à horizon 2030 passe par un taux de croissance organique annuel moyen du chiffre d'affaires de 3% sur la période 2026-2030, une marge d'exploitation ajustée supérieure à 15,5% d'ici 2030, un taux de distribution des dividendes entre 40% et 50% du BPA Groupe ajusté et des flux nets de trésorerie disponible supérieurs à 250 millions d'euros en 2030.
* Ipsen trébuche de 4,6%. Barclays a abaissé sa recommandation à 'sous-pondérer' en ciblant 55 euros.
* Kering perd 2,7%. Rothschild & Co a dégradé le dossier à 'vendre' et ramené son objectif de cours de 235 à 225,76 euros.
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