Wall Street dans quel état ?
Tendance stable, avant le discours de Trump et les comptes de Nvidia
Wall Street s'affiche très marginalement dans le vert avant bourse ce mardi. Le Dow Jones grappille 0,1%, tandis que le S&P 500 et le Nasdaq prennent 0,2%. La tendance demeure donc très prudente, en attendant le discours sur l'état de l'Union de Donald Trump prévu ce soir, et les comptes de Nvidia programmés demain après bourse. Les craintes concernant le rôle disruptif de l'IA pèsent toujours, comme en témoigne la chute historique d'IBM hier soir à Wall Street...
Trump reste sous les projecteurs. Le président américain prononcera ce soir devant le Congrès son discours sur l'état de l'Union - son deuxième depuis son retour en janvier 2025 -, en pleine confusion commerciale et sur fond d'inquiétude géopolitique et de préoccupations des Américains concernant le coût de la vie. A l'approche des élections de mi-mandat de novembre et de la remise en jeu des sièges de la Chambre des représentants et d'une partie de ceux du Sénat, le président américain tentera de convaincre les électeurs de maintenir au pouvoir les républicains - qui contrôlent de peu les deux chambres du Congrès. Parmi les dossiers brûlants du moment, on retrouve en vrac le conflit en Ukraine, l'Iran, la guerre commerciale, la stratégie anti-immigration, et plus généralement les grands sujets économiques (pouvoir d'achat, inflation, emploi...).
Un assouplissement du discours sur le front commercial serait bien perçu ce soir, alors que Trump multiplie les menaces contre ses partenaires depuis plusieurs jours et le revers subi devant la Cour suprême. Le président américain veut renforcer sa nouvelle surtaxe mondiale de 10 à 15% en réaction à l'annulation par la Cour suprême des droits de douane réciproques du 'Jour de la Libération'. "En tant que président des États-Unis, je vais, avec effet immédiat, augmenter de 10% les droits de douane mondiaux imposés à certains pays, dont beaucoup ont escroqué les États-Unis pendant des décennies sans subir de représailles (jusqu'à mon arrivée !), pour les porter au niveau maximal autorisé et légalement testé de 15%", a donc asséné Trump sur son réseau Truth Social. Il avait précédemment ordonné, immédiatement après la décision de la plus haute juridiction américaine de bloquer ses tarifs douaniers, une surtaxe mondiale de 10% sur tous les produits importés. La loi autorise Trump à décider de tarifs douaniers allant jusqu'à 15% sur une période de 150 jours.
Les réactions internationales sont diverses. Pékin dit procéder à une évaluation approfondie de la décision de la Cour suprême américaine et demande à Washington de lever "les mesures tarifaires unilatérales concernées". La Chine entend ainsi "protéger fermement ses intérêts", selon des commentaires du ministère local au Commerce. La Commission européenne a exigé pour sa part que les États-Unis respectent les termes de l'accord commercial UE-États-Unis conclu l'an dernier. La situation actuelle ne permet pas d'instaurer des échanges commerciaux et des investissements transatlantiques équitables et équilibrés, selon la Commission. "Un accord est un accord", a-t-elle ajouté, demandant ainsi le respect du deal antérieur. La Commission avait initialement réagi en précisant juste qu'elle étudierait les conséquences de la décision de la Cour suprême...
Trump en a remis une couche hier, menaçant d'imposer de nouveaux tarifs douaniers sans trop de précisions. Le président américain a indiqué sur Truth Social que la décision de la Cour suprême lui conférait "beaucoup plus de pouvoirs et de force que je n'en avais avant leur décision ridicule"... "La Cour a également approuvé tous les autres droits de douane, qui sont nombreux, et ils peuvent tous être utilisés de manière beaucoup plus puissante et désagréable, avec une certitude juridique, que les tarifs douaniers initialement utilisés", a encore lancé Trump... Le président américain a affirmé qu'il n'avait pas besoin du Congrès pour approuver les droits de douane, soulignant que cette autorité lui avait été accordée depuis longtemps et avait été réaffirmée par la décision "mal rédigée" de la Cour suprême. Trump a aussi averti que tout pays qui "jouerait avec" la récente décision de la Cour suprême concernant les droits de douane - en particulier ceux qui, selon lui, "exploitent" les États-Unis depuis longtemps - se verrait imposer des droits de douane "bien plus élevés" que ceux initialement convenus. Il a exhorté les nations à la plus grande prudence.
Rappelons que la Cour suprême américaine a donc invalidé la pièce maîtresse du programme tarifaire du second mandat de Trump. Par un vote de 6 contre 3, elle a jugé illégales les taxes douanières généralisées imposées. Cette décision intervient un peu plus d'un an après le début du second mandat du président américain et suite aux questions sceptiques posées par des juges clés lors des plaidoiries en novembre. Elle devrait bloquer immédiatement une part importante des taxes douanières annoncées l'année passée, lors du 'Jour de la Libération'. "La loi IEEPA n'autorise pas le président à imposer des droits de douane", stipule la décision rédigée par le juge en chef John Roberts.
Sur le front économique ce mardi, les opérateurs surveilleront à 15 heures les indices des prix des maisons FHFA et S&P Case-Shiller, puis à 16 heures l'indice de confiance des consommateurs du Conference Board ou l'indice manufacturier de la Fed de Richmond. Austan Goolsbee, Raphael Bostic, Susan Collins, Christopher Waller, Lisa Cook et Thomas Barkin de la Fed, prennent tous la parole aujourd'hui.
Les ventes de logements neufs et le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers domestiques américains sont attendus demain. Les commandes de biens durables, les inscriptions hebdomadaires au chômage et l'indice manufacturier de la Fed de Kansas City seront au programme jeudi. Enfin, la balance du commerce international des biens, l'indice des prix à la production, l'indice PMI de Chicago et les dépenses de construction, seront annoncés vendredi.
Dans l'actualité des entreprises, Keysight publiait hier soir ses derniers résultats trimestriels. Home Depot, Constellation Energy, NRG Energy et American Tower annoncent ce jour. Nvidia tiendra la vedette demain soir après bourse. TJX, Salesforce, Lowe's, Synopsys et Snowflake, seront aussi de la partie mercredi. Intuit, Monster Beverage, Dell Technologies, Warner Bros. Discovery, Sempra, Autodesk, Baidu, Block, EchoStar, Zscaler ou CoreWeave, annonceront jeudi.
Les valeurs
IBM a décroché hier soir de plus de 13% à Wall Street, du jamais vu depuis octobre 2000 selon les données de Bloomberg ! Ainsi, le géant des services informatiques a connu selon l'agence sa pire journée en plus de 25 ans, suite à l'annonce par la startup d'intelligence artificielle Anthropic PBC que son outil Claude Code pouvait moderniser Cobol, un langage de programmation utilisé sur les ordinateurs IBM.
IBM a perdu déjà 27% en février sur la place américaine, se dirigeant vers sa plus forte baisse mensuelle depuis au moins 1968 selon les données compilées par Bloomberg ! "Bien que nous comprenions pourquoi la migration depuis les mainframes puisse être perçue comme un point négatif pour IBM, nous tenons à souligner qu'IBM a déjà proposé à ses clients plusieurs options de modernisation", a indiqué un analyste d'Evercore ISI cité par Bloomberg. "Nous avons l'impression que les clients avaient déjà la possibilité de migrer depuis les mainframes, et pourtant, ils restent fidèles à cette plateforme".
"La modernisation d'un système Cobol nécessitait autrefois des armées de consultants passant des années à cartographier les flux de travail", a écrit pour sa part Anthropic dans un article de blog. "Des outils comme Claude Code peuvent automatiser les phases d'exploration et d'analyse qui absorbent la majeure partie des efforts lors de la modernisation d'un système Cobol". IBM a défendu ses perspectives en affirmant que son activité principale d'ordinateurs centraux offrait une plateforme garantissant le même niveau de performance et de sécurité pour divers langages de programmation, et pas seulement pour Cobol. "La valeur ajoutée des ordinateurs centraux IBM n'a rien à voir avec Cobol", a écrit Rob Thomas, vice-président senior d'IBM, dans un article de blog publié lundi et repris par Bloomberg. "Que l'application soit écrite en Cobol, en Java ou dans tout autre langage, la plateforme offre les mêmes garanties. Ce n'est pas le langage qui est source de valeur, mais la plateforme", ajoute le dirigeant.
FedEx poursuit l'administration Trump pour obtenir le remboursement des droits de douane, indiquent le Financial Times et le Wall Street Journal. Le géant des livraisons a ainsi intenté une action en justice contre le gouvernement américain pour obtenir le remboursement des droits de douane d'urgence imposés par Donald Trump, une première pour une grande entreprise américaine. L'entreprise de logistique réclame le remboursement intégral, majoré des intérêts, des droits de douane qu'elle a payés en raison des tarifs douaniers décrétés l'an dernier par le président Trump.
Keysight Technologies s'envole avant bourse à Wall Street. Le fournisseur américain d'équipements et logiciels de test et mesure électronique a publié pour son 1er trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 2,17$, contre environ 2$ de consensus et 1,82$ un an plus tôt. Les revenus ont été de 1,6 milliard de dollars, également bien au-dessus des attentes, à comparer à un niveau de 1,3 milliard un an plus tôt. Le bénéfice net GAAP a atteint 281 millions de dollars, alors que le bénéfice net ajusté a été de 376 millions de dollars. Le cash flow des opérations a représenté 441 millions et le free cash flow 407 millions de dollars. Pour son 2e trimestre fiscal, le groupe envisage des revenus allant de 1,69 à 1,71 milliard de dollars, soit une croissance de 30% en milieu de fourchette, pour un bpa ajusté allant de 2,27 à 2,33$.
Uber Technologies fait l'acquisition de l'application de réservation de stationnement SpotHero. L'entreprise intégrera les fonctionnalités de SpotHero à son application Uber, permettant ainsi aux utilisateurs de trouver une place dans plus de 13.000 parkings, garages et services de voiturier répartis dans plus de 400 villes aux États-Unis et au Canada. Les détails financiers de l'opération n'ont pas été divulgués. La fonctionnalité de réservation de stationnement ciblera les utilisateurs réguliers, tels que les navetteurs, ainsi que les participants à des événements, les visiteurs de salles de spectacles et les voyageurs dans les aéroports, a précisé Uber.
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