Démission de la présidente du Louvre, sur la sellette depuis le cambriolage du musée
La présidente du Louvre jette l'éponge: sur la sellette depuis le cambriolage du 19 octobre, Laurence des Cars a démissionné mardi de la tête du musée le plus visité au monde qui a besoin, selon Emmanuel Macron, d'une "nouvelle impulsion".
Sous le feu des critiques depuis le vol de joyaux de la Couronne, Mme des Cars, 59 ans, a remis sa démission au chef de l'État qui l'avait nommée fin 2021. Le président a accepté son départ en saluant un "acte de responsabilité", a indiqué l'Élysée dans un communiqué, sans préciser le nom de son ou sa successeur.
"Le plus grand musée du monde a besoin d'apaisement et d'une nouvelle impulsion forte pour mener à bien des grands chantiers de sécurisation, de modernisation et le projet +Louvre – Nouvelle Renaissance+", vaste projet annoncé par Emmanuel Macron début 2025, poursuit le communiqué.
Ancienne présidente du musée d'Orsay, Mme des Cars était plombée par le cambriolage du Louvre qui a soulevé une onde de choc mondiale et a mis au jour d'importantes failles de sécurité du musée, qui accueille chaque année quelque 9 millions de visiteurs.
Le butin, dont s'est emparé le commando de cambrioleurs en plein jour, a été estimé à 88 millions d'euros et reste introuvable.
Laurence des Cars avait d'abord défendu son action mais avait été rapidement déstabilisée par la révélation d'audits de sécurité alarmants sur la sécurisation du Louvre, dont elle n'avait appris l'existence qu'après le cambriolage.
"Avec le recul, on mesure que des fragilités structurelles subsistaient. Je comprends que cela interroge", avait-elle concédé le 1er décembre dans une interview au Parisien.
Failles
Au lendemain du braquage, elle avait remis sa démission à la ministre de la Culture Rachida Dati qui l'avait refusée mais avait ordonné une enquête administrative aux conclusions alarmantes. Selon Mme Dati, ce rapport avait notamment mis en lumière une "sous-estimation chronique, structurelle, du risque intrusion et vol" et "un sous-équipement des dispositifs de sécurité".
Dans un autre rapport accablant publié début novembre, la Cour des comptes avait assuré que le Louvre avait "privilégié des opérations visibles et attractives" et négligé les investissements dans la sécurité.
L'institution avait également pointé l'existence d'un audit officiel datant de 2017 qui alertait sur les risques d'une "atteinte" sécuritaire contre le musée aux conséquences potentiellement "dramatiques". Plusieurs parlementaires avaient pris le relais en s'inquiétant de la vétusté du PC de sécurité du musée.
Sous la pression, Mme des Cars s'était montrée combative mais avait reconnu des failles. "Il ne s'agit nullement pour moi de me dérober ou d'adopter une position de déni. Malgré nos efforts, malgré notre travail acharné au quotidien, nous avons été mis en échec", a-t-elle déclaré au Sénat fin octobre.
Plusieurs mesures d'urgence avaient été prises, dont le remplacement de la grille empruntée par les cambrioleurs, et Mme des Cars tentait de se projeter sur le projet colossal "Louvre - Nouvelle Renaissance", qui prévoit une rénovation du bâtiment et la construction d'une nouvelle entrée et d'une nouvelle salle pour la Joconde.
Son message a toutefois été affaibli par une avalanche de revers qui ont frappé Le Louvre depuis le cambriolage, contraint de fermer une galerie en raison de la vétusté des locaux et victime d'une vaste fraude à la billetterie portant sur une dizaine de millions d'euros.
En interne, son action était également vivement contestée par les personnels engagés depuis mi-décembre dans le plus long conflit social de l'histoire du musée pour dénoncer leurs conditions de travail.
Cette mobilisation, toujours en cours, a conduit le musée à fermer ses portes à plusieurs reprises et a mis au jour des problèmes de dialogue social dont certains syndicats tiennent Mme des Cars pour principale responsable.
Le mandat de Mme des Cars courait jusqu'à la fin 2026. Selon le communiqué de l'Élysée mardi, Emmanuel Macron lui confié a une mission sur la coopération entre les grands musées des pays du G7.
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