Wall Street campe sur les sommets après la Fed
Avant les publications trimestrielles de Meta, Microsoft et Tesla...
Wall Street s'est affiché sur ses sommets mercredi en clôture, le S&P 500 terminant stable à 6.978 pts après une incursion en séance au-dessus de la zone symbolique des 7.000 pts, contre un gain de 0,17% sur le Nasdaq à 23.857 pts. Le Dow Jones a grappillé 0,02% à 49.015 pts... Le compartiment des 'puces' a profité des bons chiffres de Texas Instruments et d'ASML, mais c'est surtout le discours de Jerome Powell qui était attendu dans la foulée de l'annonce du statu quo monétaire décidé par la Fed. Son président a fait "court" face à la presse, la banque centrale ayant donc laissé comme prévu inchangé l'objectif de ses taux des "fed funds" dans une fourchette de 3,50% à 3,75%, ce dernier évoquant "une inflation toujours élevée et une croissance économique solide"..."L'activité économique a connu une expansion soutenue", ont expliqué les responsables de la banque centrale dans leur communiqué, ajoutant que l'inflation "reste quelque peu élevée", et que le marché de l'emploi "a montré certains signes de stabilisation". Cette décision intervient après trois baisses consécutives des coûts d'emprunt depuis la reprise du cycle d'assouplissement monétaire en septembre dernier...
La décision sur les taux n'a pas été prise à l'unanimité, deux membres du FOMC, le comité de politique monétaire, s'étant prononcés contre, montre le communiqué de la banque centrale américaine publié à l'issue d'une réunion de deux jours. Les gouverneurs Christopher Waller, candidat à la succession de l'actuel président de la Fed, Jerome Powell, lorsque son mandat à la tête de la banque centrale prendra fin en mai prochain, et Stephen Miran, se sont opposés sans surprise à cette décision et se sont prononcés en faveur d'une baisse des taux d'intérêt d'un quart de point de pourcentage. La Fed n'a donné aucune indication sur la date à laquelle une nouvelle réduction des coûts d'emprunt pourrait intervenir, précisant que "l'ampleur et le calendrier des ajustements supplémentaires" dépendraient des données à venir et des perspectives économiques...
La banque centrale, qui souligne que la création d'emplois reste faible, a supprimé de son communiqué la référence à l'augmentation des risques de ralentissement de l'emploi, ce qui indique que les responsables de l'institution sont moins préoccupés par un éventuel refroidissement rapide du marché du travail. Les contrats à terme sur taux d'intérêt tablent désormais sur une probabilité de 28% d'une baisse des taux d'ici avril, soit légèrement moins qu'avant l'annonce de la Fed et sur une probabilité de 64% d'ici juin, soit légèrement plus qu'auparavant, avec une deuxième baisse des taux probable avant la fin de l'année.
Les rendements des bons du Trésor américain ont amplifié (légèrement) leur progression, avec celui des Treasuries à dix ans gagnant 4 points de base à 4,2631% et celui de l'obligation à deux ans 2 points de base à 3,5895%. Cette première réunion de la banque centrale américaine en 2026 est restée marquée par les risques pesant sur l'indépendance de l'institution. Jerome Powell, dont le mandat prendra fin en mai, est menacé d'une enquête pénale par l'administration Trump, qui tente également de limoger la gouverneure Lisa Cook.
Elément clé du moment, le dollar a nettement reculé sous les 1,20 face à l'euro. Lors d'un meeting en Iowa mardi, Donald Trump a déclaré aux journalistes que le dollar "se portait très bien" et qu'il s'attendait à des fluctuations de sa valeur. "Non, je pense que c'est très bien", a simplement répondu le président américain aux journalistes qui lui demandaient s'il s'inquiétait d'une éventuelle dépréciation du dollar.
En attendant les comptes de Microsoft, Meta Platforms et Tesla, qui seront publiés après la clôture, l'autre événement du jour a été l'envolée de l'or à plus de 5.570$ l'once, nouveau record absolu, dans un contexte de haute tension entre les Etats-Unis et l'Iran. Les cours pétroliers en ont aussi profité après l'annonce d'une baisse des réserves de brut aux Etats-Unis la semaine passée. D'après le Département américain à l'Energie, les stocks domestiques de brut, hors réserve stratégique, ont reculé de 2,3 millions de barils sur la semaine close le 23 janvier, à 423,8 millions de barils. Les stocks d'essence ont augmenté de 0,2 million de barils et ceux de produits distillés ont crû de 0,3 million de barils. Le baril WTI a grimpé à 64,45$, le brent retrouvant la barre des 70$.
Au programme, on suivra jeudi la balance du commerce international des biens et services, les inscriptions hebdomadaires au chômage, les chiffres de la productivité trimestrielle non-agricole, mais aussi les commandes industrielles. Enfin, vendredi, l'indice des prix à la production et l'indice PMI de Chicago seront au programme.
Du côté des entreprises et des publications de résultats, Apple sera en vedette jeudi soir, après bourse, avec Visa et KLA Corporation. Mastercard, Caterpillar, Thermo Fisher Scientific, Honeywell, Lockheed Martin, Parker-Hannifin, Blackstone, Comcast, Altria, Marsh, Sherwin-Williams, Trane Technologies, Western Digital, Royal Caribbean, Sandisk, Nasdaq Inc, Valero ou Norfolk Southern, seront aussi de la partie jeudi. Enfin, vendredi, les investisseurs suivront surtout les publications des groupes ExxonMobil, Chevron, American Express, Verizon, Regeneron, Colgate-Palmolive, Air Products & Chemicals, SoFi Technologies et Charter Communications.
Les valeurs
Texas Instruments (+9,9%) était orienté en forte progression ce mercredi à Wall Street non loin de ses pics historiques, suite à sa dernière publication financière marquée par un 4e trimestre fiscal et des prévisions solides. Pour le T4 2025 d'abord, le groupe a réalisé des revenus de 4,42 milliards de dollars en croissance de 10%, un bénéfice opérationnel de 1,47 milliard en hausse de 7% et un bénéfice net en repli de 3% à 1,16 milliard, 1,27$ par action. Le cash flow des opérations a augmenté de 13% à 2,25 milliards de dollars, tandis que le free cash flow a quasiment doublé à 1,33 milliard de dollars. Pour le premier trimestre fiscal juste entamé, le groupe envisage des revenus allant de 4,32 à 4,68 milliards de dollars, ainsi qu'un bénéfice par action de 1,22 à 1,48$. Les perspectives positives indiquent selon Bloomberg que les clients ont écoulé leurs stocks et recommencent à passer des achats. Le DG Haviv Ilan, à la tête du plus grand fabricant de puces analogiques, a déclaré que les commandes s'étaient améliorées au cours du quatrième trimestre, note encore l'agence.
Seagate (+19,1%), le géant californien des disques durs flambe à Wall Street, sur un nouveau sommet historique, alors que le titre a déjà pratiquement quadruplé en un an. Pour son deuxième trimestre fiscal 2026 juste clos, le groupe a réalisé des revenus de 2,83 milliards de dollars, une marge brute ajustée de 42,2%, un bénéfice ajusté par action de 3,11$, un cash flow des opérations de 723 millions de dollars et un free cash flow de 607 millions de dollars. Un an avant, les revenus étaient de 2,32 milliards pour un bpa ajusté de 2,03$. Le bénéfice net a quasiment doublé à 593 millions en GAAP et grimpe à 702 millions sur une base ajustée, contre 433 millions un an plus tôt. En termes de perspectives, le groupe envisage pour le 3e trimestre fiscal des revenus de 2,9 milliards, plus ou moins 100 millions, pour un bpa ajusté de 3,40$, plus ou moins 20 cents.
GE Vernova (+2,7%), le géant américain de l'énergie, actif dans le nucléaire et le renouvelable, a publié pour son 4e trimestre fiscal un bénéfice net de 3,7 milliards de dollars et un bénéfice par action de 13,39$. Le groupe, dont les activités constituent une scission de General Electric, a réalisé des revenus trimestriels de près de 11 milliards de dollars. Le consensus était logé à 3,2$ de bénéfice trimestriel ajusté par action pour 10,2 milliards de dollars de revenus. Sur l'exercice, le groupe a affiché un bénéfice net de 4,9 milliards de dollars pour des revenus de 38,1 milliards. GE Vernova envisage désormais des revenus annuels de 44 à 45 milliards de dollars sur l'exercice 2026.
Danaher (-4,7%), le conglomérat américain actif dans les équipements de diagnostic, des sciences de la vie ou de biotechnologie, perd du terrain à Wall Street suite à sa publication trimestrielle. Pour son 4e trimestre fiscal, le groupe a affiché un bénéfice net de 1,2 milliard de dollars et un bénéfice ajusté par action de 2,23$ (+4%), pour des revenus de 6,84 milliards de dollars (+4,5%). Sur l'exercice, il a réalisé un bénéfice de 3,6 milliards de dollars et des revenus de 24,6 milliards de dollars. Le groupe anticipe désormais un bénéfice ajusté par action allant de 8,35 à 8,50$ sur l'exercice entamé. Les revenus ajustés devraient augmenter de 3 à 6%, alors que le management envisage une poursuite de l'amélioration graduelle des marchés finaux et mise sur son portefeuille différencié.
AT&T (+4,6%), l'opérateur américain de télécommunications a gagné du terrain à Wall Street. Le groupe vient de publier pour son 4e trimestre fiscal un bénéfice net de 4,2 milliards de dollars et un bénéfice ajusté par action de 52 cents, supérieur au consensus, pour des revenus de 33,5 milliards de dollars également meilleurs que prévu et un Ebitda ajusté de 11,2 milliards de dollars. Sur l'exercice, le bénéfice net a atteint 23,4 milliards de dollars pour des revenus de 125,6 milliards et un bénéfice opérationnel ajusté de 25,5 milliards de dollars. L'Ebitda ajusté de l'exercice s'est élevé à 46,4 milliards. Le free cash flow a augmenté à 16,6 milliards. AT&T envisage désormais un bénéfice ajusté par action allant de 2,25 à 2,35$ sur l'exercice entamé.
Starbucks (-0,5%%), la chaîne américaine de cafés, vient de publier au titre de son 1er trimestre fiscal un bénéfice net de 293 millions de dollars et un bénéfice ajusté par action de 56 cents, assez proche des attentes des analystes, pour des revenus de 9,92 milliards de dollars (+6%) à comparer à un consensus de 9,6 milliards. La croissance mondiale à comparable a accéléré à 4% sur le trimestre et aux USA, avec l'amélioration des transactions. Sur l'exercice, le bénéfice ajusté par action est attendu entre 2,15 et 2,40$, avec une légère amélioration de la marge opérationnelle ajustée. La croissance à comparable est attendue à 3% ou plus dans le monde et aux États-Unis.
Amphenol (-12,2%), le fournisseur américain de connecteurs, câbles, solutions d'interconnexion, capteurs et antennes de haute technologie, dévisse à Wall Street. Le titre venait tout de même de s'envoler de plus de 140% sur un an et avait quasiment triplé depuis ses récents planchers d'avril 2025. Les comptes publiés aujourd'hui ressortent quoi qu'il en soit en très forte croissance. Sur le 4e trimestre d'abord, Amphenol a affiché des revenus de 6,4 milliards de dollars en progression de 49% en dollars et 37% en organique, pour un bpa ajusté de 97 cents en hausse de 76%. Amphenol prévoit pour le premier trimestre 2026 un chiffre d'affaires compris entre 6,90 et 7 milliards de dollars, soit une hausse de 43 à 45%. Le bpa dilué ajusté devrait se situer entre 91 et 93 cents, soit une progression de 44 à 48%.
Corning (-4,9%) a annoncé des prévisions de ventes supérieures aux estimations pour le premier trimestre, portées par la demande soutenue pour ses produits de fibre optique. Le fabricant de Gorilla Glass, fournisseur clé d'Apple, a intensifié ses investissements dans son activité de communications optiques, alors que les géants de la 'Tech' investissent massivement dans leurs infrastructures de centres de données avec la vague de l'IA. Corning, qui vient de conclure un accord de 6 milliards de dollars avec Meta, envisage pour son premier trimestre des revenus ajustés allant de 4,2 à 4,3 milliards de dollars, contre 4,4 milliards pour la période close. Le bpa ajusté du trimestre clos a été de 72 cents contre 70 cents de consensus. Il est attendu entre 66 et 70 cents sur le trimestre entamé.
Amazon (-0,6%) va supprimer encore 16.000 emplois de bureau dans le monde dans le cadre de sa seconde vague majeure de licenciements en trois mois. Après avoir embauché très activement durant la pandémie de Covid-19, le géant américain du commerce en ligne ajuste donc ses effectifs de manière brutale, ces coupes s'accompagnant par ailleurs d'une adoption croissante de l'intelligence artificielle. En octobre, le groupe dirigé par Andy Jassy avait déjà supprime 14.000 postes de travailleurs de bureau, luttant contre une bureaucratie jugée excessive, alors qu'en 2023, 27.000 emplois étaient concernés.
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