Clôture Paris : porté par les publications trimestrielles, le CAC 40 résiste
Sanofi et CapGemini se sont démarqués aujourd'hui.
LA TENDANCE
Le CAC 40 s'est rapproché des 8.000 points en séance ce vendredi, mais sans parvenir à rejoindre ce seuil symbolique avec une clôture quasi stable à 7.969 points. Les publications du troisième trimestre se poursuivent et continuent de soutenir la tendance, en particulier Sanofi aujourd'hui après le relèvement de ses objectifs 2026.
Comme attendu, la Banque centrale européenne a laissé hier ses taux directeurs inchangés, une décision prise à l'unanimité après le relèvement précédent pour juguler l'inflation, sans exclure une nouvelle hausse des coûts d'emprunt en décembre. La surprise a davantage eu lieu quelques heures plus tôt, avec la démission de la présidente de la BCE, Christine Lagarde, qui quittera ses fonctions le 7 février prochain, alors que son mandat de présidente devait se terminer en octobre 2027. Tout comme la BCE et la Réserve fédérale américaine avant elle, la Banque du Japon (BoJ) a maintenu aujourd'hui ses taux d'intérêt inchangés.
Sur la semaine, l'indice vedette national bondit de 2,4%, la vague de publications d'entreprises en majorité robustes permettant de reléguer au second plan la nouvelle poussée des cours pétroliers et les inquiétudes renouvelées autour de l'écosystème IA, à la suite des publications de plusieurs mastodontes américains, dont Alphabet (Google), Amazon, Microsoft et Intel. Le Nasdaq américain plongeait d'ailleurs de plus de 2,5% à l'heure de la clôture parisienne. Le baril de Brent se rapproche des 118 dollars en cette fin de semaine et le rendement de l'OAT 10 ans remonte sur les 5%.
VALEURS EN HAUSSE
Sanofi pointe en tête du CAC40 en cette fin de semaine à la faveur d'un gain de presque 5% à 79,7 euros. Le laboratoire pharmaceutique a relevé ses objectifs de croissance pour 2026 pour la deuxième fois cette année. Il table désormais sur une croissance du chiffre d'affaires et du bénéfice par action respectivement à un pourcentage à deux chiffres dans le bas et le milieu de la fourchette, grâce aux ventes soutenues de Dupixent et à la maîtrise des coûts. Sur le troisième trimestre, le groupe a vu ses ventes grimper de 14,3% à taux de change constant à 14,44 milliards d'euros (contre 13,25 MdsE de consensus) tandis que le bénéfice par action des activités a atteint 3,55 euros (+19,6% à TCC). Les ventes de Dupixent ont bondi de 34,8% à 5,7 milliards d'euros, dépassant pour la deuxième fois la barre des 5 milliards d'euros sur un trimestre. Sanofi est prêt à conclure des transactions de plus grande envergure afin de reconstituer son portefeuille de médicaments expérimentaux sous la direction de sa nouvelle directrice générale, Belen Garijo. Cette dernière, qui a pris la tête de l'entreprise en mai, est chargée de tracer la trajectoire de croissance de Sanofi au-delà du début des années 2030, lorsque son médicament phare contre l'asthme, le Dupixent, perdra son exclusivité de brevet. Lors de la conférence de présentation des résultats, le directeur financier, François Roger, a déclaré que la société s'intéressait de plus en plus aux opérations lui permettant d'accéder à des médicaments en phase avancée de développement ou à des produits déjà commercialisés, et qu'elle envisagerait des acquisitions d'une valeur supérieure à sa fourchette habituelle de 2 à 5 milliards de dollars.
Capgemini progresse de 3,7% à 127,7 euros, logiquement recherché après l'annonce d'une activité meilleure que prévu au troisième trimestre et le relèvement de sa guidance annuelle. L'entreprise de services informatiques a réalisé sur les trois mois clos fin septembre un chiffre d'affaires de 6,073 milliards d'euros, en hausse de 12,6% à taux de change courants et de 11,7% à taux de change constants. Les prises de commande ont atteint 5,401 milliards d'euros, en hausse de 3,4% à taux de change constants. La direction anticipe désormais une croissance à taux de change constants comprise entre 9% et 9,5%, contre 8,5% à 9% précédemment, une marge opérationnelle comprise entre 13,6 et 13,8% (inchangée) et une génération de free cash-flow organique d'environ 1,8 à 1,9 milliard d'euros (inchangée).
Vivendi s'adjuge 7% à 1,63 euro. Universal Music Group, dont Vivendi détient environ 10% du capital, a agréablement surpris par ses chiffres à neuf mois. La croissance des revenus issus des abonnements s'est accélérée, les marges opérationnelles se sont améliorées et l'intégration de Downtown a permis à UMG d'élargir ses capacités en matière de services aux artistes et aux labels. UMG a fait état d'une croissance du chiffre d'affaires portée par la dynamique fondamentale et la contribution de Downtown Music - société américaine de services musicaux acquise en février. Le chiffre d'affaires s'est élevé à 3,394 milliards d'euros au 3e trimestre, en vive hausse de 12,3% (+11,7% à taux de change constants). Hors Downtown, la croissance du chiffre d'affaires s'établit à 5,3% à taux de change constants sur le trimestre. L'entreprise intègre avec succès les vastes capacités de Downtown au sein du groupe.
Imerys bondit de 14% à 25,4 euros, recherché après le relèvement de sa guidance annuelle. Le groupe spécialisé dans la production et la transformation des minéraux industriels mise désormais sur un Ebitda ajusté 2026 entre 570 et 590 millions d'euros contre 550-580 ME, citant notamment ses acquisitions, les mesures d'amélioration des coûts et des performances, ainsi que la dynamique des prix. Le groupe avertit cependant que cet objectif dépend de l'absence d'une dégradation significative de l'environnement opérationnel. Le chiffre d'affaires du troisième trimestre a augmenté de 2,9% sur un an à taux de change constants à 884 millions d'euros, en raison notamment de l'augmentation des volumes de ventes et de la bonne tenue des prix.
VALEURS EN BAISSE
Malgré des résultats globalement solides, Crédit Agricole recule de 2% à 15 euros après avoir averti d'un ralentissement potentiel de la demande de crédit en France et l'annonce d'un indicateur clé inférieur aux prévisions du marché. Olivier Gavalda a indiqué que l'instabilité budgétaire et politique dans le pays pourrait peser sur la demande de crédit à l'avenir. "Nous constatons aujourd'hui un ralentissement global des demandes d'investissement et des projets en France", a déclaré le directeur général lors de la conférence de présentation des comptes. "Il est donc fort probable que nous assistions à une baisse du nombre de demandes de prêt, accompagnée, peut-être, d'une augmentation des risques. Nous espérons évidemment qu'il n'en sera rien, mais nous restons très prudents". À l'échelle du groupe, la banque détient environ 26 milliards d'euros d'obligations souveraines françaises. Si la plupart des analystes s'accordent à dire que l'impact direct de ces titres reste gérable pour les établissements bancaires français, ils soulignent toutefois que des effets indirects, tels qu'une hausse des coûts d'emprunt ou un ralentissement économique, pourraient peser sur ces derniers.
Bouygues (-1% à 40,8 euros) comptabilisera une dépréciation de sa participation dans TF1 pour un montant de 569 millions d'euros, correspondant à la totalité de l'écart d'acquisition (goodwill) lié à cette participation. La valeur comptable de TF1 dans le bilan consolidé du groupe sera ainsi ramenée à 2 milliards d'euros au 30 septembre 2026, soit 9,67 euros par action (contre 15,36 euros avant cette dépréciation). Cette charge, non déductible fiscalement, sera comptabilisée dans le résultat non courant et réduira le résultat net part du groupe de Bouygues. Elle sera sans incidence sur le résultat opérationnel courant des activités, la dette nette, la liquidité ou encore la capacité d'investissement du groupe. Cette dépréciation fait suite à l'annonce, par TF1, d'une forte baisse de ses revenus publicitaires linéaires pour le quatrième trimestre consécutif.
Eutelsat décroche de plus de 10% à 1,8 euro après avoir publié un chiffre d'affaires trimestriel de 286 millions d'euros (vs 302,5 ME de consensus), en repli de 2,4% en données publiées et de 0,9% à comparable. L'écart avec les attentes du marché s'explique en grande partie par un recul plus marqué que prévu dans le segment Vidéo (-17,8% en données comparables, -8% par rapport au consensus) mais aussi de la connectivité fixe (faible nombre de terminaux). Le management a confirmé sa guidance annuelle : il prévoit une légère hausse du chiffre d'affaires généré par ses quatre activités opérationnelles et une marge d'EBITDA qui devrait se situer globalement au même niveau que l'exercice précédent. Les dépenses d'investissement brutes devraient s'élever à environ 1,2 milliard d'euros. Le groupe prévoit un chiffre d'affaires lié aux services commerciaux supérieur à 10 milliards d'euros entre 2032 et 2040, alors qu'il joue un rôle de premier plan dans l'alternative prévue par l'Union européenne au service Internet par satellite Starlink d'Elon Musk.
Les valeurs technologiques souffrent après une séance encore compliquée pour le Nasdaq américain hier. Schneider Electric recule de 4% à 237,5 euros et STMicroelectronics de 5% 41,9 euros. Soitec reperd près de 10% à 120 euros.
Equasens chute de 11% à 26,7 euros, sanctionné après son point trimestriel. Le spécialiste des solutions numériques en santé a fait état d'un chiffre d'affaires de 57,3 ME, en hausse de 2% en publié et stable en données organiques. Un niveau inférieur aux attentes des analystes.
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