Entretien avec Ahmed Talhaoui, Responsable de la plateforme de gestion systématique pour l'Europe et l'Asie chez BlackRock
L'intelligence artificielle est une thématique qui s'élargit et se diffuse à de nombreux secteurs
Boursier.com : L'intelligence artificielle demeure-t-elle une thématique forte pour 2026 ?
A.T. : L'intelligence artificielle est une thématique qui s'élargit et se diffuse à de nombreux secteurs. C'est d'ailleurs une évolution très saine qui répond aux critiques de ceux qui ne voyaient qu'une mode. La tendance demeure donc forte mais se diffuse au-delà des Mega Caps. Les investisseurs recherchent désormais plus de granularité et les décisions d'allocations de capital sont désormais justifiées par des critères plus précis. Notre approche systématique mise avant tout sur la valeur relative et ne parie pas sur des choix directionnels forts. Un certain nombre de thèmes sont influencés par la géopolitique et les problématiques actuelles et dans ce cadre, l'intelligence artificielle demeure une opportunité stratégique forte, mais qui s'élargit.
Boursier.com : Est-ce déjà palpable ?
A.T. : L'élargissement du potentiel du marché actions américain est effectivement palpable. Depuis le début d'année, notre exposition aux actions américaines a bénéficié d'un positionnement plus diversifié, au-delà des seules "Mag 7". Si l'IA a été un facteur très important d'explication des performances des large caps et des marchés américains, lors des dernières années, cette technologie se diffuse et commence à générer de la performance dans d'autres secteurs, lesquels suscitent logiquement plus d'intérêt chez les investisseurs car ayant été négligés pendant de nombreuses années.
Boursier.com : Le mouvement de diffusion de l'IA semble se réaliser en parallèle de phénomènes de rotation tout aussi forts...
A.T. : Il existe des mouvements factoriels forts, lorsque des rotations selon les styles de gestions se produisent. Ces rotations créent beaucoup de dispersion et cela peut-être une opportunité pour un style de gestion actif. Il existe un lien clair entre la génération de performance et la capacité à jongler entre ces rotations sectorielles... Les mouvements volatils de marché justifient d'aller plus loin dans l'exposition granulaire ou bien d'être plus flexible sur la rotation et la gestion active.
Boursier.com : Quid des opportunités géographiques?
A.T. : L'Europe a de nouveau attiré des flux à partir de l'an dernier, tandis que l'intérêt pour la défense et certaines valeurs bancaires est resté présent. Le Royaume-Uni propose aussi une décote importante sur les grandes valeurs par rapport aux Etats-Unis. Concernant les marchés émergents, les valorisations sont attractives au Brésil où les perspectives de baisse des taux d'intérêt apportent aussi du potentiel. De son côté, le Japon est soutenu par une politique pro croissance et pro marchés avec un désir du gouvernement de dynamiser les entreprises et d'améliorer la rentabilité des entreprises.
Boursier.com : Quelle est l'approche de la gestion systématique par rapport à la guerre en Iran ?
A.T. : Dans un contexte géopolitique marqué par de fortes tensions, chercher à identifier précisément des points d'entrée n'est généralement pas adapté. L'idée est de ne pas chambouler ses allocations d'actifs ou de chercher à être trop tactiques. Il y a énormément de volatilité intra journalière avec des annonces de Donald Trump et de la partie iranienne qui provoquent des mouvements de yo-yo sur les marchés. Il faut être prudent sur les paris court terme. En gestion systématique, nous obtenons de très bons résultats depuis le début d'année et aucune problématique actuelle ne nous contraint à une approche différente malgré ce contexte géopolitique préoccupant. Nous aimons la dispersion et l'environnement est donc très bon pour une gestion systématique.
Boursier.com : La thématique de l'énergie va-t-elle demeurer porteuse ?
A.T. : Il est probable que les prix des matières premières demeurent élevés un certain temps, y compris en cas de fin de conflit en Iran, dans la mesure où l'outil de production a été sévèrement atteint et qu'une remise en ordre de marche nécessitera du temps. Il ne faut pas tomber dans le piège de penser qu'un bon indicateur économique pourrait faire rentrer dans l'ordre des choses le niveau des prix du pétrole par exemple. Cela renforce la nécessité d'une approche diversifié à la fois thématique et géographique.
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