Taux: les perspectives monétaires rebattent les cartes sur les T-Bonds
(Zonebourse.com) - Les marchés obligataires entament le mois de février sur une note de lourdeur qui résulte de la combinaison d'au moins trois facteurs: le sentiment que l'espoir d'une politique monétaire accommodante en 2026 était remis en cause (d'où le raffermissement du dollar pour le 3ème séance consécutive), des chiffres d'activité aux Etats Unis qui restent robustes (PMI en hausse) et un retour du "risk-on" sur les actions et les cryptos... puisque les actifs refuges sont laminés.
La nomination de Kevin Warsh à la présidence de la Fed (qui sera définitive après l'audition du "candidat" par le Congrès et un vote du Sénat) est perçue comme moins propice à des largesses monétaires, même si les récentes prises de position de Kevin Warsh semblent en phase avec celles du président (sans quoi, il n'aurait jamais "obtenu le job").
Les investisseurs n'oublient pas les prises de positions critiques de Kevin Warsh concernant les "quantitative easing" à répétition après le sauvetage du système -qui était nécessaire- après la faillite de Lehman puis d'AIG.
Il a également fustigé l'absence de réaction de la Fed face à la résurgence inflationniste de 2021, que Powell et Lagarde avaient imprudemment qualifiée de "temporaire".
Selon les analystes de Goldman Sachs, Warsh compte baisser les taux d'intérêt (pour soutenir l'économie réelle) tout en réduisant agressivement la taille du bilan de la banque centrale américaine afin de limiter l'inflation et l'impact sur les marchés d'actifs: cela risque de pousser les taux longs à la hausse, alors que la Fed a choisi de privilégier le refinancement de la dette US via des émissions de "papier court".
Kevin Warsh se veut plus orthodoxe que Jerome Powell, mais pas trop tout de même: le futur dirigeant de la Fed rejette l'alignement strict sur les règles internationales (Bâle), affirmant que les standards mondiaux ne doivent pas dicter la politique bancaire américaine.
Côté chiffres, l'indice PMI manufacturier de l'Institute for Supply Management remonte fortement en janvier, de 47,9 vers 52,6, là où le consensus anticipait seulement 48,5, et renoue avec un niveau inédit depuis le mois d'août 2022.
Enfin, le krach des métaux précieux, actifs "refuges", réoriente les flux vers des actifs "risk-on," comme les valeurs liées à l'IA cotées sur le Nasdaq (qui reprend 0,9% vers 25.800) ou les cryptos, victimes des liquidations massives de positions à terme pour faire face aux appels de marge sur l'or et l'argent.
L'or a décroché de plus de 9% vendredi, sa plus forte baisse journalière depuis 1983, il affiche une baisse supplémentaire de -2% vers 4 600$/Oz et l'argent qui a dévissé jusqu'à -37% vendredi (jusque vers 75$), est venu inscrire un nouveau plus bas vers 71,5$/Oz ce matin (-7% à 76,5$ cet après-midi).
Le mois de février s'annonce "compliqué" pour le T-Bonds qui se tendent de 3,6Pts sur le "10 ans" vers 4,28%, le "30 ans" rajoute 3Pts à 4,902%, le "deux ans" est également attaqué avec 4,3Pts vers 3,5700%.
La contagion gagne les émissions libellées en Euro avec 2,3Pts sur le Bund 2036 à 2,867%, nos OAT avec 2,5Pts à 3,453%, les BTP italiens avec 2,4Pts à 3,491%.
La surprise provient des "Gilts" britanniques avec une détente de -1Pt vers 4,514% et des taux longs japonais avec -2,4Pts vers 2,2300% (mais le "40 ans" se dégrade nettement avec 5,3Pts à 3,945%... et à terminé au plus bas, les 4% sont de nouveau en vue).
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source : AOF
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