SpaceX : un accord de dette de 40 milliards de dollars pour acquérir des puces
Musk critique au passage les 'néoclouds'
Elon Musk a déclaré que [US:US84615Q1031:0]SpaceX[:US] avait finalisé un accord de dette de 40 milliards de dollars destiné à financer l'achat de puces nécessaires à ses ambitions dans le domaine de l'IA. SpaceX a bouclé cette levée de fonds par emprunt pour acquérir des unités de traitement graphique auprès de [CH:US67066G1040:0]Nvidia[:CH]. L'opération a été rendue possible grâce à la notation de crédit de catégorie 'investissement' du groupe d'astronautique et vol spatial, ainsi qu'aux revenus générés par son service satellitaire Starlink et ses activités de lancement de fusées, a expliqué Musk sur son réseau social X, en évoquant ce montage financier hors bilan.
En soulignant la diversification des activités de SpaceX, Musk a selon Bloomberg cherché à distinguer son entreprise des 'néoclouds', ces nouveaux acteurs (CoreWeave, Nebius ou IREN par exemple) qui vendent de la puissance de calcul haut de gamme à des entreprises technologiques, mais qui font l'objet depuis peu d'une surveillance accrue en raison de leur fort endettement et des incertitudes pesant sur leurs perspectives.
"Ces dernières semaines, les marchés de la dette ont pratiquement fermé l'accès aux capitaux pour toute entreprise ne générant pas des revenus substantiels, indépendants des centres de données dédiés à l'IA", a écrit ainsi Musk. "Les plus de 200 'néoclouds' existants vont connaître une vague de disparitions et de consolidations. Certains survivront, mais ils seront peu nombreux", prédit le multimilliardaire. Il a ajouté que SpaceX n'avait aucune intention de racheter de tels groupes, qualifiant une telle démarche d'inutile.
La publication de Musk hier ne permettait pas de déterminer précisément, selon Bloomberg, ce qu'il entendait par "accord conclu", ni si les investisseurs s'étaient mis d'accord sur les conditions tarifaires de cette dette de 40 milliards de dollars. SpaceX n'a pas été totalement épargnée par les inquiétudes croissantes liées à l'essor des infrastructures dédiées à l'IA. Selon des informations rapportées vendredi par Bloomberg, les négociations sur les conditions finales de ce montage hors bilan visant à financer pour 40 milliards de dollars de puces auraient été affectées par les turbulences sur le marché des néoclouds.
Selon des sources de Bloomberg proches du dossier, des banquiers emmenés par Goldman Sachs auraient discuté de cette structure avec des investisseurs menés par Apollo Global Management. Atlas SP, entité soutenue par Apollo, était pressentie pour gérer la structure en question. Pacific Investment Management Co. (PIMCO) aurait également envisagé d'y investir. La dette devait être émise sous forme de placements privés, selon la réglementation '144A'.
Grâce à ce nouveau montage, SpaceX éviterait de reproduire une situation survenue l'an dernier lors d'une tentative de financement de la startup d'IA xAI fondée par Musk. Dans le cadre de cette opération, une entité avait cherché à obtenir jusqu'à 20 milliards de dette hors bilan via un accord de cession-bail avec Valor Equity Partners, mais SpaceX avait finalement dû inscrire environ 13 milliards de dollars de cette dette à son bilan. Cette levée de dette de SpaceX intervient après des résultats solides au troisième trimestre, marqués par les premiers bénéfices de la division IA. L'entreprise génère une part croissante de ses revenus en vendant de la puissance de calcul, issue de ses centres de données situés à Memphis, à des laboratoires d'IA externes ainsi qu'à des hyperscalers, rappelle encore Bloomberg.
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