Bilan hebdo : le CAC40 à l'équilibre, Vusion et STMicro chutent
Alors que la saison des trimestriels débute...
Fort d'une belle remontée dans les derniers échanges de la semaine, le CAC40 parvient à finir cette séquence hebdomadaire à l'équilibre, à 8.339 points ce vendredi soir. La poursuite des hostilités dans le Golfe a ravivé les risques d'inflation à l'échelle mondiale, tandis que le secteur des semi-conducteurs, star des marchés ces derniers mois, a subi un sérieux contre-coup.
Après la solide performance du fabricant néerlandais d'équipements pour puces ASML mercredi, les opérateurs ont accueilli avec bien peu d'enthousiasme les chiffres tout aussi robustes de TSMC jeudi. Les inquiétudes concernant l'ampleur des dépenses liées à l'IA sont revenues au premier plan, notamment après que le géant taiwanais eut revu à la hausse son budget d'investissement pour l'année en cours.
La question centrale est en effet de savoir si les centaines de milliards de dollars investis par les géants du cloud (hyperscalers) dans l'IA généreront à terme des rendements solides, soutiendront une demande élevée en puces et justifient les valorisations très élevées de certains acteurs. Dans ce contexte, les opérateurs poursuivent la rotation de leurs portefeuilles : ils délaissent les valeurs technologiques aux valorisations élevées au profit d'actions plus sensibles à la conjoncture économique. Ce vendredi, Netflix a ajouté aux tourments des marchés technologiques, le géant du streaming décrochant sur une guidance faiblarde et des comptes à peine en ligne.
"La question est désormais de savoir si cela deviendra une nouvelle occasion d'acheter lors du repli ("buy the dip") ou si les ventes vont s'accélérer alors que tout le monde se précipite vers la sortie en même temps", selon David Morrison, de Trade Nation. "Le marché a commencé à espérer un élargissement de la tendance, attendu depuis longtemps", a souligné Beata Manthey, de Citigroup sur 'Bloomberg Television'. "Pour que cela se produise, il faut des rotations, et celles-ci ont parfois tendance à s'opérer de manière assez brutale ; c'est précisément ce que nous observons actuellement".
Dans un tout autre registre guère favorable aux marchés, les cours pétroliers ont à nouveau bondi cette semaine sur fond d'escalade des tensions dans le Golfe. Ces dernières heures, les États-Unis ont frappé des ponts et un aéroport en Iran, et Téhéran a riposté en frappant une centrale électrique et une usine de dessalement au Koweït. Le trafic dans le détroit d'Ormuz est de nouveau très perturbé, compromettant les espoirs de reprise des flux qu'avait fait naître le fragile accord de cessez-le-feu. Résultat, le baril de Brent affiche une hausse de plus de 15% sur la semaine, à près de 87$ ce soir.
Cette vive remontée du brut ravive les craintes inflationnistes alors que la Banque centrale européenne se réunit la semaine prochaine. Après un relèvement des coûts d'emprunt en juin, le premier en près de trois ans, les marchés s'attendent à ce que Francfort maintienne ses taux inchangés ce mois-ci, dans l'attente de voir comment les prix évolueront avant de resserrer à nouveau sa politique monétaire.
En France, le taux d'emprunt à 30 ans de l'Etat a par ailleurs atteint jeudi un niveau plus observé depuis octobre 2008, dans un contexte d'inquiétude quant à la situation des finances publiques du pays. Le rendement de l'OAT à 30 ans a progressé de plus de 5 points de base à 4,7416%, un niveau jamais vu depuis la mi-octobre 2008, lors de la crise financière qui a suivi la faillite de Lehman Brothers. Un rapport commandé par Bercy a alerté cette semaine du risque d'une détérioration considérable des finances publiques françaises d'ici la fin de la décennie, avec une dette publique qui dépasserait 130% à l'horizon 2030.
La saison des trimestriels est lancée aux Etats-Unis. En attendant Alphabet et Tesla la semaine prochaine, les grandes banques américaines, de Goldman Sachs à Citi en passant par JP Morgan, qui ouvrent traditionnellement la saison avant leurs homologues européennes, ont toutes affiché une forte croissance au deuxième trimestre, grâce à la hausse des commissions liées aux services de conseil en fusions-acquisitions et à une forte augmentation des revenus liés au trading.
Sur le front des devises, l'euro reste globalement stable sur la semaine face au dollar et s'échange proche des 1,14$ entre banques. Le bitcoin tombe autour des 63.000$. Enfin, l'or perd encore 3% avec une once sous les 4.000 dollars.
Les valeurs
* Edenred bondit de 12,6%. Le spécialiste des services et paiements qui accompagne au quotidien les acteurs du monde du travail a bénéficié du soutien de Morgan Stanley qui a entamé le suivi de la valeur avec une recommandation 'surpondérer' et un objectif de 34 euros.
* Stellantis avance de 5%. La Deutsche Bank ('conserver') a ramené son objectif sur le constructeur de 7 à 5,5 euros en amont de la publication semestrielle de la société, le 30 juillet avant l'ouverture des marchés. Porté par la croissance des volumes et des mesures de maîtrise des coûts, et ce, malgré une détérioration du mix produit et une pression sur les prix en Europe, la DB anticipe un deuxième trimestre conforme aux prévisions du groupe. Toutefois, compte tenu des données récentes faisant état de stocks élevés aux États-Unis (qui reflètent en partie les préparatifs des arrêts de production estivaux mais avoisinent de nouveau des niveaux records), elle entrevoit un risque d'impacts négatifs liés au déstockage au second semestre. Cela étant, elle ne table pas sur une révision des objectifs lors de cette publication.
* Klepierre avance de 4,5% et s'offre une semaine toute verte. Oddo BHF a relevé à 'surperformer' sa recommandation sur le dossier tout en remontant sa cible de 36 à 40 euros. La foncière semble bien positionnée pour publier des indicateurs avancés en surperformance par rapport à ses comparables et relever sa guidance, affirme le broker. Elle pourrait communiquer par ailleurs des avancées sur un ou plusieurs projets d'acquisitions d'actifs (hors centres commerciaux Balkany). En cas d'opportunité significative à court/moyen terme, elle dispose par ailleurs de la capacité à réaliser une augmentation de capital de croissance étant donné qu'elle se traite à un niveau proche de l'ANR. En cas de maintien d'un climat d'instabilité, elle constitue pour l'analyste, une des valeurs les plus défensives.
* JCDecaux s'octroie 3,1%. JP Morgan a réitéré son avis 'surpondérer' sur le spécialiste de la communication extérieure tout en ajustant le curseur de 29 à 30 euros. Mais surtout, la banque a placé le titre dans sa 'positive catalyst watch list', qui regroupe les valeurs offrant le meilleur rapport rendement/risque à court terme. Elle s'attend en effet à ce que le groupe publie de bons résultats semestriels à la fin du mois.
* Publicis grignote 0,6%, après une solide publication et le relèvement de son objectif de croissance organique pour 2026. Le management vise désormais une croissance organique entre +4,5% et +5% pour l'ensemble de l'année, contre une fourchette précédente de +4% à +5%. "Cet objectif représente une accélération séquentielle au S2 2026, en tenant compte d'une base de comparaison de 40 points de base plus élevée au S2 2025 par rapport au S1 2025", a précisé Publicis. La direction a également réaffirmé son objectif de taux de marge opérationnelle pour 2026 en légère amélioration par rapport au niveau de 18,2 % de 2025, tout en maintenant un niveau d'investissement élevé. Publicis a par ailleurs relevé sa prévision de "free-cash-flow" à environ 2,2 milliards d'euros, contre 2,1 MdsE précédemment.
A l'inverse, * Vusion décroche de 14,7%. AlphaValue a débuté le suivi du titre avec une recommandation 'vendre' et un objectif de cours de 71 euros. La thèse d'investissement sur Vusion repose sur un plan de transformation à l'horizon 2027 visant un chiffre d'affaires de 2,2 milliards d'euros et une marge d'EBITDA de 22%, portés par les logiciels VAS récurrents et à forte marge. Depuis la présentation de son plan stratégique 2027 en 2022, Vusion met en effet avant la transformation de son modèle économique. Le groupe, initialement grossiste en matériel d'étiquetage électronique (ESL) pour la grande distribution, a choisi d'investir massivement dans la R&D afin de générer des revenus récurrents grâce à des modules logiciels dits "VAS" (services à valeur ajoutée) commercialisés en mode SaaS, ces services visent à accroître la marge globale du groupe. Cependant, la méthode VAS ne tient pas compte des éléments comptables au sens des normes IFRS, ne prévoit aucune répartition des coûts et implique une marge brute de 100 %, souligne le courtier. Le contrat avec Walmart, qui représente plus de 70% du chiffre d'affaires et constitue la principale source de financement du groupe, arrive à échéance en 2026 avec une rentabilité limitée, après avoir masqué l'érosion de l'activité en Europe (taux de croissance annuel composé de -23% pour la zone EMEA hors France). Compte tenu d'une consommation de trésorerie importante en 2026 et d'une baisse du chiffre d'affaires qui se profile pour 2027, le broker entame donc le suivi du titre sur une note négative.
* La Française de l'Energie (FDE) plonge de 14%, plombé par l'annonce de pertes sur certaines de ses positions de couverture d'énergie, dans un contexte de forte volatilité des marchés liée aux récentes tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Le groupe a ainsi révélé 3,8 ME de pertes réalisées et 6,7 ME de pertes latentes au 30 juin. "Ces pertes potentielles n'affectent pas, à ce jour, les activités et développement de FDE. Le Groupe dispose des ressources financières nécessaires pour respecter l'ensemble de ses engagements", a indiqué la direction. FDE a immédiatement engagé un plan d'actions visant à renforcer ses dispositifs de contrôle et de gestion des risques.
* STMicroelectronics chute de 13,2% avec Soitec (-10,9%) et X-Fab (-8,3%). Après une course effrénée qui a propulsé les principaux indices technologiques à des niveaux records, les investisseurs ont commencé à se détourner des titres des semi-conducteurs, très prisés, alors que les inquiétudes concernant l'ampleur des dépenses liées à l'IA refont surface, notamment après que TSMC eut revu à la hausse son budget d'investissement pour l'année. La question centrale est en effet de savoir si les centaines de milliards de dollars investis par les géants du cloud (hyperscalers) dans l'IA généreront à terme des rendements solides et soutiendront une demande élevée en puces. "En période de panique, personne ne veut être le dernier à vendre, ce qui accentue la pression vendeuse", déclare à 'Bloomberg' Guillermo Hernández Sampere, responsable du trading chez MPPM. "Avec le début de la saison des résultats, les soupçons de surévaluation se sont confirmés et cette tendance devrait perdurer quelque temps".
* Air France KLM recule de près de 7%. Outre les tensions sur le marché pétrolier, Kepler Cheuvreux a dégradé la compagnie franco-néerlandaise à 'réduire'. L'analyste attend un meilleur point d'entrée sur le titre, soulignant que ses estimations de bénéfices pour les deux prochaines années restent légèrement inférieures au consensus. La hausse du cours de l'action depuis le début de la crise iranienne a été "quelque peu excessive", selon lui, compte tenu du manque de perspectives de croissance des bénéfices et du potentiel de valorisation limité. Malgré tout, le broker affirme que la compagnie propose le produit en cabine premium le plus équilibré et de la plus haute qualité. L'objectif de cours est ajusté de 10,5 à 11,5 euros.
* Medincell cède 6,4% après avoir annoncé la finalisation d'opérations de financement non dilutives dans le but d'aligner l'échéancier de sa dette sur la trajectoire de croissance des revenus attendue et ses futurs flux de trésorerie. La société biopharmaceutique a ainsi obtenu 28 millions d'euros de prêts auprès de 4 grandes banques commerciales européennes, sans covenant financier, ni instrument donnant accès au capital. Ces lignes de crédit ont une durée de cinq ans, avec un remboursement en capital mensuel ou trimestriel, et sont assorties d'un taux d'intérêt annoncé comme conforme aux conditions de marché.
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