Bilan hebdo : le CAC 40 rebondit sous une pluie de publications
Des trimestriels bien acceuillis...
Gros rebond du CAC 40 et pertes de la semaine précédente effacées ! Sur cinq séances, l'indice vedette national bondit de 2,4%, terminant à 7.969 points ce vendredi soir. Dans une actualité très riche, le marché a été soutenu par une vague de publications d'entreprises pour le moins robustes, permettant de reléguer au second plan la nouvelle poussée des cours pétroliers et les inquiétudes renouvelées autour de l'écosystème IA, à la suite des publications de plusieurs mastodontes américains, dont Alphabet (Google), Amazon, Microsoft et Intel. Les investisseurs s'interrogent de plus en plus sur la potentielle rentabilité des gigantesques investissements réalisés dans l'intelligence artificielle. "Bien que la demande pour l'IA demeure solide, un risque croissant d'"indigestion" des dépenses d'investissement en milieu de cycle se fait sentir, observe Ulrike Hoffmann-Burchardi, chez UBS.
La semaine a également été rythmée par les réunions de la Fed, de la BCE et de la BoJ. Mercredi soir, la Réserve fédérale américaine a, comme attendu, laissé l'objectif de taux des 'Fed funds' à son niveau actuel, dans une fourchette de 3,75% à 4,00%, choisissant de reporter toute modification des coûts d'emprunt après les élections de mi-mandat prévues la semaine prochaine aux États-Unis. L'institution a cependant concédé que l'inflation "reste élevée" dans le pays.
Jeudi, la Banque centrale européenne a également laissé ses taux directeurs inchangés, une décision prise à l'unanimité après le relèvement précédent pour juguler l'inflation, sans exclure une nouvelle hausse des coûts d'emprunt en décembre. Quelques heures avant sa décision, la BCE a également annoncé le prochain départ (largement anticipé) de Christine Lagarde, qui quittera ses fonctions le 7 février prochain, alors que son mandat de présidente devait se terminer en octobre 2027.
Enfin, vendredi, la Banque du Japon a également opté pour le statu quo sur ses taux d'intérêt alors que la hausse des prix a atteint, pour la première fois, son objectif d'inflation sous-jacente d'environ 2%. L'atteinte de ce seuil marque l'aboutissement d'un long processus entamé en 2013, lorsque la Banque a lancé un vaste programme de relance, s'engageant alors à atteindre une inflation de 2% en deux ans environ...
Toutefois, la belle remontée du CAC40 est avant tout à mettre au crédit des multiples résultats trimestriels de bonne facture, à l'instar de ceux de Sanofi, TotalEnergies, Renault, STMicroelectronics, Airbus, Danone ou encore Air Liquide. A l'inverse, Dassault Systèmes a plutôt déçu. Hors indice, les contre-performances se nomment Lectra, Pluxee, Equasens et Exosens.
Les cours pétroliers restent haut perchés, sur fond de craintes d'une reprise des frappes américaines contre l'Iran après les élections de mi-mandat aux États-Unis la semaine prochaine. Le baril de Brent de la mer du Nord s'échange au-dessus des 117$ pour le contrat de décembre.
Du côté des devises, l'euro continue de résister tant bien que mal face au billet vert, à 1,1167$ entre banques. L'or poursuit sa glissade (-3,1% encore ce vendredi), passant sous les 3.900 dollars. Enfin, le Bitcoin a décroché vers les 77.500$. Des pirates informatiques ont dérobé 6,3 milliards de dollars à Binance, la plus grande plateforme d'échange de cryptomonnaies au monde, un vol d'une ampleur sans précédent que des analystes attribuent à la Corée du Nord. L'essentiel du vol s'est déroulé en une vingtaine de minutes jeudi soir et présentait des similitudes avec de précédentes attaques de grande envergure attribuées à la Corée du Nord, selon les sociétés américaines d'analyse de blockchains TRM Labs et Chainalysis.
Les valeurs
* Genfit s'envole de 25% sur la semaine. Kepler Cheuvreux a relevé son objectif de cours de 15 à 22 euros, estimant que la thèse d'investissement s'élargit, soutenue par des prévisions de ventes plus solides pour l'Iqirvo, le traitement de l'entreprise contre la cholangite biliaire primitive (CBP), ainsi que par les perspectives liées à son test de diagnostic de la stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique (MASH). "Genfit se rapproche d'un modèle rare de biotech autofinancée, soutenue par des flux de redevances, tandis que son portefeuille de produits en développement n'est, pour l'essentiel, pas encore pris en compte par le marché", souligne le courtier, à l''achat'.
* Mersen flambe de 13% sur la semaine, plébiscité après un nouveau relèvement de sa guidance annuelle. Le groupe de fabrication de matériaux avancés et de spécialités électriques a enregistré au 3e trimestre un chiffre d'affaires consolidé de 329,2 ME, en croissance organique de +14,2%. Les augmentations de prix sur la période, de l'ordre de 4%, ont permis de compenser en grande partie l'inflation généralisée des composants et matières. Après avoir relevé une première fois ses prévisions fin juillet, le management anticipe désormais, pour l'année 2026, une croissance organique des ventes entre +6,5% et +7,5% (contre entre +4% à +6% précédemment). La marge d'EBITDA courant confirmée entre 16% et 16,5%, est désormais attendue dans le milieu de la fourchette. La marge opérationnelle courante confirmée entre 9% et 9,5%, est désormais attendue dans le haut de la fourchette.
* Stellantis s'adjuge 16,6%, recherché après l'annonce de comptes trimestriels déficitaires, sans surprise, mais supérieurs aux attentes du marché, et la confirmation de ses objectifs annuels. Le directeur général, Antonio Filosa, a affirmé que son plan visant à réaliser davantage d'économies et à mieux orchestrer le renouvellement de la gamme était sur la bonne voie : "notre programme de création de valeur est monté en puissance rapidement, avec des contributions positives déjà constatées au cours du trimestre, et nous sommes en bonne voie pour mettre en oeuvre au moins 40% des gains d'efficacité annuels, d'un montant total de 6 milliards d'euros, d'ici la fin de l'année". Le constructeur né de la fusion entre PSA et FCA a fait état sur les trois mois clos fin septembre d'une perte nette de 453 millions d'euros, en amélioration de 90% par rapport à l'année précédente, qui avait été marquée par des charges exceptionnelles, pour un chiffre d'affaires en hausse de 1% à 37,6 milliards d'euros (vs 36,43 MdsE de consensus). Le résultat opérationnel courant s'est élevé à 0,3 milliard d'euros, matérialisant une marge AOI de 0,7% (vs 0,47% de consensus), en hausse de 50 points de base.
* Eramet grimpe de 13,7% après sa publication trimestrielle. Le groupe minier a réalisé un chiffre d'affaires ajusté de 746 ME au T3 2026, en hausse de 4%. En vue de la réalisation de l'augmentation de capital prévue d'ici la fin de l'année, Eramet a fixé exceptionnellement un objectif d'EBITDA 2026 ajusté entre 540 ME et 610 ME, compte tenu des objectifs de volumes pour l'année et des hypothèses de prix pour le T4. "Dans un environnement de marché qui demeure complexe et volatil, l'amélioration de notre performance opérationnelle se confirme, et le renforcement de notre structure financière se poursuit", a déclaré la PDG, Christel Bories.
* Nanobiotix gagne 9,1% cette semaine après avoir dévoilé les résultats complets de l'étude de phase 1 évaluant JNJ-1900 (NBTXR3) en combinaison avec des inhibiteurs de points de contrôle immunitaires chez des patients atteints de mélanome cutané résistant aux anti-PD-1, en traitement de deuxième ligne ou plus. Chez 24 patients lourdement prétraités atteints de mélanome avancé, dont le cancer était en progression après plusieurs lignes de traitement, y compris des anti-PD1, les données continuent de montrer un profil de sécurité acceptable et des signaux préliminaires d'efficacité. Ces données préliminaires justifient une évaluation plus approfondie dans des essais cliniques randomisés pour les patients atteints d'un mélanome cutané naïf ou résistant aux anti-PD-1. Elles renforcent la preuve de concept de JNJ-1900 au-delà du programme prioritaire dans les cancers de la tête et du cou et confortent son potentiel de plateforme en association avec l'immunothérapie, selon Invest Securities.
* Technip Energies avance de 7,4% sur une semaine. Après un deuxième trimestre fortement pénalisé par les conséquences du conflit au Moyen-Orient, la société d'Ingénierie et de Technologies a redressé la barre au troisième trimestre, avec un EBITDA récurrent ajusté de 172,4 ME contre 159 ME un an plus tôt et 148 ME de consensus. Le groupe a confirmé ses prévisions financières conditionnelles pour 2026 par segment ajustées, soit un chiffre d'affaires entre 5,7 et 6,3 milliards d'euros et une marge d'Ebitda supérieure à 5% pour la "livraison de projet" et un chiffre d'affaires entre 1,9 et 2,2 milliards d'euros et une marge d'Ebitda d'environ 15% pour la branche "technologie, produits et services".
* Spie (+6,7%) a enregistré une production de 8,04 milliards d'euros sur les neuf premiers mois de 2026, en hausse de 7% sur un an. La croissance organique s'est établie à +2,3%, accélérant progressivement pour atteindre au T3 un niveau exceptionnel de +4,7% après +3,1% au T2 et -0,9% au T1. La croissance externe a contribué à hauteur de +4,8%, principalement grâce aux acquisitions réalisées en 2026, notamment celle de ROFA en Allemagne, tout en continuant de bénéficier de la contribution des acquisitions réalisées en 2025.
* Renault progresse de 6,7% sur cinq séances, recherché après l'annonce d'un chiffre d'affaires supérieur aux attentes au troisième trimestre et la confirmation de ses perspectives 2026. Le groupe au losange table toujours sur une marge opérationnelle d'environ 5,5%. La société prévoit une légère amélioration de la marge au 2nd semestre par rapport au 1er semestre, avec un effet saisonnier positif habituel qui devrait être moins marqué que les années précédentes, en raison de la hausse du coût des matières premières et de l'inflation. Le free cash-flow de l'Automobile est attendu à environ 1 milliard d'euros.
A l'inverse, Pluxee décroche de 20% sur la semaine, sanctionné après des objectifs 2027 jugés un peu courts. L'ancienne division d'avantages aux salariés de Sodexo a dévoilé des résultats annuels supérieurs aux attentes avec un Ebitda récurrent de 488 millions d'euros, contre 474 ME de consensus, pour un chiffre d'affaires de 1,3 milliard d'euros (+0,7%), alors que les analystes attendaient 1,28 MdE. Sur le nouvel exercice, le groupe vise un EBITDA récurrent d'au moins 440 ME et un taux de conversion de trésorerie récurrente d'au moins 50%. Le marché anticipait jusqu'ici un EBITDA récurrent de 473 ME. Le management évoque une année de transition reflétant un scénario de réajustement plus étendu au Brésil en lien avec la réforme du PAT et un environnement actuel incertain. "L'exercice 2027 considéré comme une année de transition, reflétant un scénario de réajustement plus étendu au Brésil (...) suite à l'harmonisation des conditions commerciales applicables aux commerçants pour l'ensemble des programmes repas et alimentation, et un environnement actuel incertain", a souligné le management.
* GTT plonge de 9,4% sur la semaine malgré la confirmation de ses objectifs annuels. La firme a fait état d'un chiffre d'affaires en baisse de 4,9% sur les neuf premiers mois de 2026, à 570,1 millions d'euros. Le recul reflète la baisse du nombre de méthaniers en construction, liée aux faibles commandes enregistrées sur les 9 premiers mois de 2025. Le management vise toujours, sur l'ensemble de 2026, un chiffre d'affaires consolidé dans une fourchette de 740 à 780 ME ; un EBITDA consolidé entre 490 et 530 ME ; et le maintien de sa politique de distribution de dividendes. A l''achat', le broker vise 214 euros. Barclays ('surpondérer') souligne que l'entreprise a connu un trimestre plus faible, après plusieurs trimestres marqués par un volume important de prises de commandes. Toutefois, cela ne remet pas en cause une vision positive des perspectives de croissance ; les prises de commandes devraient se renforcer au cours des prochains trimestres.
* Edenred perd 7,1% sur cinq séances, plombé par la publication de Pluxee.
* Rémy Cointreau trébuche de 2,9% sur la semaine après avoir annoncé un chiffre d'affaires de 510,9 millions d'euros au premier semestre 2026-2027, en progression de +2,9% en organique. Sur le seul deuxième trimestre, l'activité a augmenté de 4,2% en organique à 280,1 millions d'euros, contre 3,2% attendus par les analystes. Le chiffre d'affaires de la division cognac a notamment bondi de 12,4% sur un an, à 189,9 millions d'euros, au-dessus des attentes du marché. Pour l'année, le groupe a confirmé anticiper un retour à une croissance organique durable du chiffre d'affaires, avec une amélioration progressive de la dynamique au cours de l'exercice.
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