Bilan hebdo : le CAC 40 dans le vert sur la semaine
+2% !
Le bilan hebdomadaire est positif pour le CAC 40, qui a repris 2,05% sur les cinq dernières séances et termine au-dessus des 8.100 points (8.115 points vendredi soir), malgré de fortes tensions en début de semaine sur les marchés obligataires. Poussés par les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et la persistance de l'inflation, les taux souverains à long terme ont atteint des sommets inédits depuis 2007, avant de redescendre un peu. L'actualité est donc toujours dominée par la guerre en Iran, dont les effets se font sentir sur l'économie : en France, l'activité se serait contractée en mai au rythme le plus rapide depuis 2020, selon l'enquête PMI publiée jeudi matin.
Les marchés, eux, se raccrochent à l'hypothèse d'une avancée dans les pourparlers entre Washington et Téhéran. Le ministre iranien des Affaires étrangères a rencontré vendredi son homologue pakistanais pour discuter de propositions visant à mettre fin au conflit. Une source iranienne de haut rang a déclaré jeudi à Reuters que les divergences s'étaient atténuées et le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio a également fait état de signes de progrès dans les discussions.
De quoi rassurer (un peu) les investisseurs, même si Téhéran et Washington restent en désaccord sur les réserves d'uranium de la République islamique, tout comme sur le contrôle du détroit d'Ormuz, artère vitale pour l'approvisionnement énergétique mondial. Le pétrole a perdu du terrain cette semaine (-4%) et le Brent évolue vendredi dans la zone des 104 dollars le baril. Pourtant, la situation reste très tendue : "Nous pourrions entrer dans la zone rouge en juillet ou en août si nous ne constatons pas d'amélioration de la situation", a déclaré Fatih Birol, le directeur de l'Agence internationale de l'énergie (AIE) à Londres jeudi. Le début de la saison estivale, caractérisée par une forte demande en carburant, conjugué à l'absence de nouvelles exportations de pétrole en provenance du Moyen-Orient et à l'épuisement des réserves, font craindre de fortes pressions.
A Wall Street, la fin de semaine a été rythmée par la prise de présidence de la Fed par Kevin Warsh, qui devait prêter serment à 15h00 GMT (17h00 heure de Paris), en remplacement de Jerome Powell. Les premières déclarations du 11e président de la Réserve fédérale seront épiées afin de déceler sa position concernant les taux d'intérêt qui font l'objet de vives inquiétudes chez les opérateurs depuis le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient par les frappes israélo-américaines fin février. Le géant Nvidia a une fois de plus dévoilé des résultats trimestriels impressionnants, mais l'action a perdu du terrain après cette publication, les investisseurs se montrant prudents face à un environnement de plus en plus concurrentiel pour le géant américain des puces d'IA.
Les valeurs
* Eutelsat s'envole de 35% sur la semaine, bénéficiant à plein de l'effet SpaceX. L'introduction en bourse à venir de la firme d'Elon Musk attire de nouveaux investisseurs dans le secteur spatial, et les actions des petites entreprises et des secteurs connexes voient leur cours s'envoler depuis l'annonce de l'opération. Si les groupes américains sont les premiers bénéficiaires, l'engouement autour du spatial est de plus en plus perceptible en Europe. Outre Eutelsat, SES s'offre également un beau gain hebdomadaire (+%). L'introduction en bourse de SpaceX "contribue à confirmer le potentiel du secteur spatial en tant qu'industrie à forte croissance, adaptée aux investisseurs institutionnels", a expliqué à 'Bloomberg' Greg Pendy, analyste chez Clear Street. "Plus important encore, elle établit un point de référence pour l'évaluation des autres sociétés spatiales cotées en bourse".
* Soitec flambe de 20%, toujours porté par l'engouement autour de l'IA et de ses perspectives de développement jugées par certains analystes "exponentielles". Morgan Stanley a porté son objectif de cours de 70 à 200 euros tout en réitérant son avis 'surpondérer' sur le groupe isérois, affirmant que les changements à venir dans l'infrastructure rack de Nvidia devraient stimuler la demande en plaquettes photoniques utilisées dans les centres de données dédiés à l'IA. La banque estime que les architectures Nvidia NVL576 et ultérieures pourraient générer un effet de levier important sur plusieurs années. Elle considère que Soitec bénéficiera directement de ces avancées grâce à ses plaquettes photoniques SOI et anticipe une forte hausse de la demande de moteurs optiques par GPU.
* Exail Technologies avance de 16%. Le groupe a annoncé vendredi dernier la cession de son activité Automation dans l'objectif de simplifier son portefeuille d'activités et d'améliorer sa rentabilité. Cette activité est cédée à son dirigeant actuel, avec une réalisation effective dès le mois de mai 2026. Elle compte 16 collaborateurs et avait généré 13 ME de chiffre d'affaires en 2025. TP ICAP Midcap note que cette opération focalise un peu plus le groupe sur les drones. Le broker revalorise le dossier de 128 à 145 euros et réitère son avis 'achat'. Il estime que le titre présente une valorisation (allin ICG, ICG prime, ODIRNANE) similaire à celles de Saab, Hensoldt ou Exosens, alors qu'Exail est focalisé sur le segment des drones, le plus porteur...
* Worldline progresse de 14% après avoir décidé d'acquérir les 20% de parts restantes d'Eurobank, une banque grecque de premier plan, dans leur coentreprise Worldline Greece, pour un montant de 72 millions d'euros. Cette transaction est pleinement en ligne avec l'accord signé par les deux parties en 2022. L'opération a été financée par la trésorerie disponible. De ce fait, le Groupe détient désormais 100% de sa filiale grecque. Cet accord soutient les initiatives de simplification décrites dans le plan de transformation North Star 2030 et est conforme à la stratégie de Worldline visant à concentrer ses ressources sur ses principaux marchés de paiement européens.
* Publicis gagne 8%. Le géant de la publicité a été recherché après l'annonce du rachat de LiveRamp, une plateforme mondiale de collaboration de données. Publicis s'est en effet offert la firme américaine dans le cadre d'une transaction entièrement en numéraire, sur la base d'un prix de 38,50 dollars par action, soit une prime de 30% par rapport au cours de clôture du 15 mai, dernier jour de bourse précédant l'annonce de l'accord. Avec cette acquisition, valorisée 2,2 milliards de dollars en valeur d'entreprise, le Groupe élargit son marché adressable, lui permettant de relever ses objectifs 2027-2028 en termes de croissance du revenu net et du BPA courant, à taux de change constants, avec une progression désormais attendue entre 7 et 8% pour le revenu net et entre 8% à 10% pour le BPA courant, contre +6% à +7% et +7% à +9% précédemment. La transaction a été signée et devrait être finalisée d'ici la fin de l'année, sous réserve des approbations réglementaires, de l'approbation des actionnaires de LiveRamp et des autres conditions habituelles de réalisation.
* Euronext prend 7,8%, recherché après l'annonce de résultats jugés solides au premier trimestre. L'opérateur boursier, qui a bénéficié d'activités de trading soutenues et de l'acquisition de la Bourse d'Athènes, a enregistré un Ebitda ajusté en hausse de 16,7% à 343,2 millions d'euros au premier trimestre, contre un consensus logé à 324,5 ME. La Deutsche Bank souligne la croissance "bonne et généralisée" du chiffre d'affaires et une maîtrise "solide" des coûts. Le broker ajoute que la bonne situation d'Euronext en matière d'endettement laisse entrevoir des rachats d'actions ou d'autres opérations de fusion-acquisition au second semestre.
A l'inverse, * Elior chute de 34%, sanctionné après des comptes semestriels dégradés. La firme a affiché au premier semestre 2025-26 un chiffre d'affaires de 3,179 MdsE, en croissance organique de 1,3%. La marge d'EBITA ajusté atteint 3% et 3,9% hors impact exceptionnel lié au contrat Italien, contre 4,1% il y a un an. Cette évolution reflète une contribution moins élevée de la Restauration Collective, partiellement compensée par la dynamique positive des Multiservices. Compte tenu de la situation et du déploiement décalé des nouveaux contrats, la direction a revu sa guidance annuelle à la baisse : elle table désormais sur une croissance organique entre 1 et 2% contre 3% à 4% précédemment avec une marge d'EBITA ajusté à environ 3%, contre entre 3,5% et 3,7% auparavant.
* Nanobiotix plonge de 17% après la réalisation d'une augmentation de capital d'environ 85 millions d'euros. Cet appel au marché permet de prolonger l'horizon de trésorerie du groupe jusqu'en 2029. La Société envisage d'utiliser le produit net de l'Offre Globale comme suit : moins de 10% pour soutenir le développement et l'avancement du JNJ-1900 (NBTXR3) ; entre 50 à 60% pour faire avancer le Nanoprimer et nos autres plateformes ; et entre 30 à 40% pour financer les besoins généraux de la société.
* Vallourec chute de 10%, logiquement sous pression après un gros placement d'actions de la part d'ArcelorMittal. Le géant de l'acier a en effet cédé environ 23,9 millions d'actions Vallourec, représentant environ 10% du capital social du fabricant de tubes sans soudure, à 24 euros pièce, contre un cours de clôture de 26,07 euros lundi soir. ArcelorMittal a précisé maintenir son soutien à la stratégie et à l'équipe dirigeante de Vallourec et continue de croire au potentiel de l'entreprise. À l'issue de la transaction, ArcelorMittal conservera environ 17,3% du capital de Vallourec et un siège au Conseil d'administration. Reste que cette opération devrait réduire, à court terme du moins, l'aspect spéculatif sur le dossier.
* Derichebourg recule de 7% dans le sillage d'Elior. Derichebourg détient en effet plus de 48% du capital du spécialiste de la restauration sous contrat.
Les informations et conseils rédigés par la rédaction de Boursier.com sont réalisés à partir des meilleures sources, même si la société Boursier.com ne peut en garantir l'exhaustivité ni la fiabilité. Ces contenus n'ont aucune valeur contractuelle et ne constituent en aucun cas une offre de vente ou une sollicitation d'achat de valeurs mobilières ou d'instruments financiers. La responsabilité de la société Boursier.com et/ou de ses dirigeants et salariés ne saurait être engagée en cas d'erreur, d'omission ou d'investissement inopportun.
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote