Wall Street salue le cessez-le-feu en Iran en attendant l'ouverture des négociations
Le pétrole de retour sous les 100$ le brent
Wall Street s'est offert un net rebond mercredi, freiné cependant par les premières violations du cessez-le-feu décidé par Donald Trump au Moyen-Orient. Le S&P 500 s'est redressé de 2,51% à 6.782 pts, le Dow Jones a gagné 2,85% à 47.909 pts et le Nasdaq a pris 2,80% à 22.635 pts. Donald Trump a accepté de suspendre les hostilités en Iran pendant deux semaines, à condition que le détroit d'Ormuz soit rouvert "immédiatement" en toute sécurité, ce qui est loin d'être le cas actuellement, Téhéran ayant même haussé le ton en soirée en menaçant de ne pas le rouvrir si Israël continuait à frapper le Liban.
Le vice-président américain JD Vance a lui-même évoqué une "trêve fragile", ajoutant toutefois que si l'Iran acceptait de négocier de bonne foi, "un cessez-le-feu plus durable pourrait être conclu". En attendant le début des négociations au Pakistan vendredi, les Émirats arabes unis ont accusé l'Iran d'avoir lancé plusieurs attaques via des missiles et des drones après l'annonce du cessez-le-feu...
Le Conseil suprême iranien de sécurité nationale a indiqué selon les médias locaux avoir transmis aux États-Unis, via le Pakistan, une proposition en dix points qui serait négociée à Islamabad à compter de vendredi. Parmi ces propositions, selon Reuters, qui cite la presse officielle, figurent le contrôle coordonné de la circulation dans le détroit, la fin de la guerre contre l'Iran et ses groupes alliés, le retrait des troupes américaines de combat de toutes les bases régionales, la levée des sanctions contre l'Iran et l'acceptation que Téhéran peut enrichir de l'uranium. Donald Trump a souligné que ces 10 points ne correspondaient pas aux bases de l'accord de cessez-le-feu qui reste donc plus que jamais précaire... Cette désescalade relative a malgré tout fait se dégonfler les cours du pétrole : Le baril de brut WTI a perdu 13% à 97$ et le Brent de la mer du Nord a reculé de 10% à 96,95$. L'once d'or fin avance de 1% à 4.721$. L'indice dollar fléchit de 0,9% face à un panier de devises de référence.
Sur le front économique aux États-Unis, les Minutes du FOMC (dernière réunion monétaire de la Fed) sont désormais connues : Davantage de responsables de la Réserve fédérale américaine ont estimé lors de leur réunion du mois dernier que des hausses des taux d'intérêt pourraient s'avérer nécessaires pour lutter contre l'inflation, qui continuait de dépasser l'objectif de 2% fixé par la banque centrale. "Certains participants ont jugé qu'il y avait de bonnes raisons de présenter une analyse à double sens des futures décisions du comité en matière de taux d'intérêt", est-il écrit dans le compte-rendu de cette réunion des 17 et 18 mars publié mercredi. Selon eux, cette analyse permettrait de "de refléter la possibilité que des ajustements à la hausse de la fourchette cible du taux des fonds fédéraux puissent s'avérer appropriés si l'inflation devait se maintenir à des niveaux supérieurs à l'objectif"...Malgré les risques d'inflation, "de nombreux participants" continuent toutefois de considérer les baisses de taux comme faisant partie de leurs prévisions de base. "La plupart des participants ont exprimé leur inquiétude quant au fait qu'un conflit prolongé au Moyen-Orient pourrait entraîner un nouvel affaiblissement des conditions du marché du travail, ce qui pourrait justifier des baisses de taux supplémentaires, car une hausse substantielle des prix du pétrole pourrait réduire le pouvoir d'achat des ménages, resserrer les conditions financières et freiner la croissance à l'étranger", indique encore le compte rendu.
Le vice-président de la Fed, Philip Jefferson, a déclaré de son côté que la flambée des prix de l'énergie compliquait ses prévisions d'inflation et que, selon la durée du conflit au Moyen-Orient, la hausse des prix du pétrole pourrait peser sur les dépenses des ménages et des entreprises. "Je suis très attentif au fait que l'inflation se maintienne au-dessus de l'objectif de 2% de la Fed depuis cinq ans", a ajouté Jefferson dans un discours à Detroit. "C'est pourquoi je m'engage à ramener l'inflation à notre cible". Il a souligné que les progrès réalisés pour faire baisser l'inflation avaient déjà stagné au cours de l'année écoulée, principalement en raison des droits de douane...
Jeudi, les opérateurs suivront les inscriptions au chômage pour la semaine close le 4 avril, ainsi que les chiffres finaux du PIB du 4e trimestre (consensus au rythme de +1,4% selon FactSet contre +0,7% auparavant). Enfin, vendredi, les investisseurs surveilleront l'indice des prix à la consommation du mois de mars, les commandes industrielles de février, l'indice préliminaire du sentiment des consommateurs de l'Université du Michigan d'avril et la balance budgétaire de mars...
Les valeurs
Levi Strauss (+10,6%) a publié des résultats trimestriels solides et une guidance relevée, démontrant les effets des mesures de redressement. Pour son premier trimestre fiscal 2026, le groupe a affiché des revenus en croissance de 14% à 1,7 milliard et une progression organique de 9% de l'activité. Le bénéfice ajusté par action a été de 42 cents. Le bénéfice net ajusté a été de 167 millions contre 150 millions un an avant. Le groupe dope ses prévisions 2026. Les prévisions 2026 sont établies sur la base des activités poursuivies, l'activité Dockers étant comptabilisée dans les activités abandonnées. Le groupe envisage, pour l'exercice clos le 29 novembre 2026, une croissance du chiffre d'affaires de 5,5 à 6,5%, une croissance organique allant de 4,5 à 5,5%, une marge brute stable ou légèrement supérieure à celle de l'exercice précédent, une marge d'Ebit ajusté d'environ 12%, ainsi qu'un bénéfice ajusté par action de 1,42 à 1,48$.
Delta Air Lines (+3,7%) redécolle à Wall Street, avec le cessez-le-feu en Iran mais aussi après la publication de solides résultats financiers. Pour le trimestre de mars, le transporteur aérien a dévoilé des chiffres "conformes aux prévisions initiales, grâce à une demande soutenue qui a permis d'obtenir un chiffre d'affaires supérieur aux attentes". Le groupe envisage une croissance à 'deux chiffres bas' du chiffre d'affaires pour le trimestre de juin, avec une croissance des capacités stable, reflétant une forte dynamique de la demande, des réductions de capacités significatives et des mesures rapides prises pour compenser la hausse des prix du carburant. Sur une base GAAP, les revenus du trimestre de mars ont atteint 15,9 milliards de dollars, pour un bénéfice opérationnel de 501 millions représentant 3,2% de marge. Le cash flow opérationnel a été de 2,4 milliards. Sur une base ajustée, les revenus ont été de 14,2 milliards de dollars, pour un bénéfice opérationnel de 652 millions de dollars et une marge de 4,6%. Le bénéfice ajusté par action a été de 64 cents. Pour le deuxième trimestre fiscal clos en juin, la marge opérationnelle est anticipée entre 6 et 8%, alors que le bpa ajusté est attendu entre 1$ et 1,50$.
RPM International (+12,4%), spécialiste américain des revêtements spéciaux, des produits d'étanchéité et des matériaux de construction, a publié pour son 3e trimestre fiscal 2026 des ventes et des profits ajustés historiques. Les revenus se sont ainsi appréciés de 9% à 1,61 milliard, pour un bpa ajusté en vive hausse de 63% à 57 cents et un Ebit ajusté en croissance de 49% à 116 millions. Le cash flow d'exploitation s'établit à 657 millions de dollars. Pour le 4e trimestre fiscal 2026, RPM envisage des ventes en croissance à un chiffre moyen et un Ebit ajusté en hausse à un chiffre bas ou élevé.
ExxonMobil (-4,6%) a annoncé que 6% de sa production mondiale du premier trimestre avait été affectée par la guerre en Iran. La moitié des interruptions de production se sont concentrées sur un complexe GNL au Qatar, dont Exxon est partenaire. Deux lignes de production de GNL ont été endommagées. Les réparations prendront du temps, a ajouté le colosse pétrolier, qui n'est pas en mesure de se prononcer sur le délai nécessaire à la remise en service normale des deux lignes. Le groupe publiera ses résultats trimestriels complets le 1er mai.
Les 'Magnificent 7' étaient globalement bien orientées : Nvidia s'accorde 3,8%, Apple 2,1%, Microsoft 0,5%, Alphabet 3,8% et Amazon 3,5%. Tesla a cependant perdu -1%, tandis que Meta a repris de 6,5%.
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