Wall Street retombe après les mauvais chiffres des prix à la production
En attendant la Fed et Micron
Wall Street corrige désormais avant bourse ce mercredi, le Dow Jones cédant 0,4%, le S&P 500 0,4% également et le Nasdaq 0,3%. Les opérateurs sanctionnent la publication il y a quelques instants de chiffres particulièrement inquiétants de l'inflation des prix à la production. Plus tôt ce jour, les indices étaient attendus dans le vert, les investisseurs semblant avoir intégré les risques d'un conflit durable au Moyen-Orient. La journée va encore connaître des rebondissements à Wall Street, avec en particulier le verdict monétaire de la Fed et les résultats de l'une des stars de l'IA, Micron... Les cours du pétrole restent volatils, le baril de brut WTI gagnant 1% à 96,4$ et le baril de Brent de la mer du Nord 3,4% à 107$, alors que la fin des hostilités ne semble toujours pas en vue au Moyen-Orient et que les interruptions de production augmentent.
La bonne nouvelle des dernières heures est venue d'Irak puisque le pays a conclu un accord avec le Kurdistan pour la reprise de ses exportations de pétrole via un oléoduc traversant cette région semi-autonome et rejoignant le port turc de Ceyhan, sur la Méditerranée. Le détournement du pétrole irakien via la Turquie ne résoudra néanmoins que partiellement les problèmes d'approvisionnement. La production de ce membre de l'OPEP a chuté à environ 1,4 million de barils par jour, soit environ un tiers de son niveau d'avant la fermeture du détroit d'Ormuz.
Les États-Unis ont de leur côté indiqué avoir frappé des sites de missiles de croisière antinavires iraniens près du détroit d'Ormuz, voie de passage stratégique que le président Donald Trump s'efforce de rouvrir. Le conflit a connu une nouvelle escalade après la confirmation par l'Iran de la mort d'Ali Larijani, devenu l'homme fort de l'appareil d'État, ce qui a provoqué des promesses de vengeance de la part de l'armée iranienne. "La mort de Larijani est un événement majeur et pourrait inciter l'Iran à redoubler d'efforts pour perturber les flux pétroliers", explique à Bloomberg Aaron Stein, président du Foreign Policy Research Institute. "Il est clair que Trump subit des pressions pour escorter les pétroliers ; nous risquons donc d'assister à des opérations américaines très tendues, que la Marine souhaiterait certainement éviter".
Donald Trump agite toujours l'espoir d'une solution au conflit en Iran, se concentrant sur cette question du détroit d'Ormuz et affirmant par ailleurs que la guerre devrait bientôt prendre fin. Il a demandé que d'autres pays contribuent à la défense du détroit d'Ormuz, qui demeure de facto fermé aux pétroliers. Sur le front commercial, Trump a déclaré avoir demandé à la Chine de reporter d'environ un mois son sommet avec Xi Jinping, affirmant qu'il était important pour lui de rester à Washington pour superviser le conflit.
Le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, a indiqué à CNBC que Washington autorisait l'Iran à poursuivre ses exportations de pétrole brut via le détroit. Bloomberg note qu'au Moyen-Orient, les Émirats arabes unis et le Koweït ont réduit davantage leur production pétrolière. L'Arabie saoudite s'efforce pour sa part d'accroître ses exportations par une voie alternative contournant le détroit. Le transit par le détroit devrait devenir "de plus en plus conditionnel", l'Iran autorisant le passage de certains navires en fonction de leurs affiliations, ont indiqué les analystes de JP Morgan dans une note relayée par Bloomberg.
Sur le front économique ce jour, l'indice américain des prix à la production du mois de février 2026 a donc très désagréablement surpris, en croissance de 0,7% d'un mois sur l'autre et de 3,4% sur un an, contre un consensus logé à respectivement 0,3% et 2,9%. Hors alimentaire et énergie, le 'PPI' américain progresse également bien plus qu'attendu, en hausse de 0,5% d'un mois sur l'autre contre 0,2% de consensus FactSet. Cela représente une progression de 3,9% en comparaison de l'an dernier contre 3,5% de consensus !
Les commandes industrielles de janvier (15h, consensus -0,2%), ainsi que le verdict monétaire de la Fed (19h, 99% de probabilité de statu quo selon FedWatch), seront encore au programme. Jerome Powell, patron de la Fed, tiendra sa conférence de presse à 19h30. Un juge vient d'ailleurs de bloquer les poursuites de l'administration Trump contre Powell, qui "n'aurait commis d'autre crime que d'avoir déplu" au président américain... Pour en revenir à la question monétaire, l'outil FedWatch fait ressortir une hypothèse probable à 41,5% d'une baisse de taux d'un quart de point d'ici la fin de l'année, ce qui ramènerait les taux entre 3,25 et 3,50%. La probabilité d'un statu quo sur le reste de l'année se situe à 35,5%, alors que l'inflation des prix de l'énergie complique considérablement la tâche de la banque centrale américaine.
Demain, les opérateurs observeront les inscriptions hebdomadaires au chômage, l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie ou les ventes de logements neufs.
Dans l'actualité des entreprises à Wall Street, Lululemon et DocuSign publiaient leurs comptes hier soir. Micron sera en vedette après la clôture aujourd'hui. General Mills, Williams-Sonoma et Jabil, annoncent également ce mercredi. Darden Restaurants, FedEx, Accenture et PDD seront de la partie demain. Carnival publiera enfin vendredi.
Les valeurs
Lululemon fléchit avant bourse à Wall Street, alors que le spécialiste canadien de la création et de la commercialisation de vêtements de sport techniques pour hommes et femmes, en particulier pour le yoga, a publié pour son 4e trimestre fiscal des revenus de 3,64 milliards dépassant les attentes, mais un déclin notable de son bénéfice ajusté par action à 5,01$, contre 6,14$ un an avant. Un ancien DG de Levi's rejoint le conseil d'administration du groupe, tandis que Lululemon poursuit sa recherche d'un nouveau directeur général.
DocuSign progresse avant bourse à Wall Street. Le géant californien de la signature électronique a battu le consensus au 4e trimestre, affichant un bénéfice ajusté par action de 1,01$ contre 86 cents un an plus tôt, pour des revenus de 837 millions de dollars à comparer aux 776 millions de l'année antérieure. Le groupe de San Francisco réalise ainsi sur l'exercice un bénéfice de 309 millions et des revenus de 3,2 milliards. Les revenus sont attendus entre 3,484 et 3,496 milliards de dollars sur l'exercice entamé, soit une croissance de 8% en milieu de fourchette, pour une marge opérationnelle ajustée de 30 à 30,5%.
Macy's, la chaîne américaine de magasins, a battu le consensus de bénéfice sur le trimestre clos et livré une guidance assez robuste en termes de ventes. Sur le 4e trimestre, Macy's a réalisé des ventes de 7,64 milliards de dollars, une croissance à comparable de 1,8% et un bénéfice ajusté par action de 1,67$. Sur l'exercice, la croissance à comparable est repassée positive à 1,5%, pour un bpa ajusté de 2,32$. Sur l'exercice, le groupe prévoit des revenus allant de 21,4 à 21,65 milliards, une évolution des revenus à comparable allant de -0,5% à +0,5%, et un bpa dilué ajusté de 1,90 à 2,10$.
General Mills, le groupe alimentaire américain aux marques Géant Vert, Häagen-Dazs, Nature Valley, Yoplait, Cheerios ou Old El Paso, a annoncé au titre de son 3e trimestre fiscal des bénéfices et revenus en recul et inférieurs aux attentes, sur fond de tentative de redressement. Le groupe confirme ses perspectives pour l'exercice 2026. Comme prévu, les résultats du troisième trimestre et des neuf premiers mois de l'année ont été fortement impactés par les investissements visant à améliorer la notoriété de la marque, les cessions d'activités liées aux yaourts en Amérique du Nord et un effet de calendrier défavorable des dépenses commerciales.
Le chiffre d'affaires de 4,4 milliards de dollars a reculé de 8%, dont 6 points de pourcentage imputables à l'impact net des cessions et acquisitions. En organique, l'activité du 3e trimestre a diminué de 3%. Le bénéfice opérationnel a régressé de 41% à 525 millions de dollars. Le bénéfice net part du groupe a été de 303 millions de dollars, en forte baisse de 52%, pour un bpa dilué de 56 cents. Le bénéfice dilué ajusté par action a décliné de 37% à 64 cents, ratant le consensus.
Jabil, le sous-traitant américain de production électronique, a publié pour son 2e trimestre fiscal un bénéfice net part du groupe de 223 millions de dollars, pour un bénéfice ajusté par action de 2,69$ assez nettement supérieur au consensus de place. Les revenus ont totalisé quant à eux 8,3 milliards de dollars, dépassant ici encore le consensus, contre 6,7 milliards pour la période correspondante de l'an dernier. Sur le trimestre entamé et clos en mai, le groupe envisage des revenus de 8,1 à 8,9 milliards de dollars, pour un bpa ajusté de 2,83 à 3,23$. Pour l'exercice, le bénéfice ajusté par action est anticipé à 12,25$, pour des revenus de 34 milliards.
Micron, le géant des puces mémoire, publie après bourse ce soir à Wall Street et grimpe encore avant bourse ce jour vers un nouveau sommet historique. Le titre prend près de 50% depuis le début de l'année et plus de 350% sur un an, avec la pénurie de puces mémoire qui ne semble pas ralentir pour l'instant. Le fournisseur de Nvidia avait publié en décembre pour son premier trimestre fiscal des revenus de 13,6 milliards de dollars en croissance de 57%, pour un bénéfice ajusté par action de 4,78$.
Pour son deuxième trimestre fiscal, le groupe de Boise, Idaho, envisageait alors des revenus de 18,7 milliards, plus ou moins 400 millions de dollars, une marge brute de 68% environ sur une base ajustée, ainsi qu'un bpa ajusté de 8,42$, plus ou moins 20 cents, qui représentait à l'époque... plus du double du consensus ! Les analystes se sont depuis fortement ajustés, tablant maintenant sur des revenus de 19,2 milliards de dollars et un bénéfice ajusté par action de 8,65$. La guidance du 3e trimestre fiscal sera toute aussi importante. Le consensus est de 22,5 milliards de dollars de revenus et environ 10,6$ de bpa ajusté. Le dossier capitalise près de 520 milliards de dollars à Wall Street.
Amazon voit très loin. Lors d'une réunion interne, Andy Jassy, DG du géant du commerce en ligne, aurait selon Reuters déclaré s'attendre à ce que l'intelligence artificielle permette à Amazon Web Services (AWS), son activité cloud, d'atteindre un chiffre d'affaires annuel de 600 milliards de dollars, soit le double de sa précédente estimation. "Depuis plusieurs années, je pense qu'AWS, d'ici une dizaine d'années, pourrait générer un chiffre d'affaires annuel d'environ 300 milliards de dollars", a déclaré Jassy, selon une analyse de ses propos par Reuters. "Avec les progrès de l'IA, je pense qu'AWS a le potentiel de doubler ce chiffre, au minimum", aurait affirmé Jassy.
Nvidia a obtenu l'autorisation de Pékin pour vendre ses puces d'IA H200, les deuxièmes plus puissantes, à la Chine, et prépare également une version de la puce Groq AI destinée à ce marché, selon des sources de l'agence Reuters proches du dossier. Plus tôt mardi, le DG de Nvidia, Jensen Huang, a déclaré que l'entreprise avait obtenu des licences pour de nombreux clients en Chine concernant la puce H200 et avait reçu des commandes de nombreuses entreprises. "Notre chaîne d'approvisionnement est en pleine activité", a aussi déclaré Huang devant les journalistes.
Nvidia. Huang a déclaré hier que les prévisions de 1.000 milliards de dollars (de revenus des puces d'IA d'ici 2027) qu'il avait annoncées la veille sur les puces d'intelligence artificielle ne prenaient pas en compte les autres produits proposés, note Bloomberg. Il a également indiqué que le chiffre d'affaires total dépasserait ce montant grâce à l'expansion de l'entreprise sur de nouveaux marchés. Nvidia prévoit de conclure, de comptabiliser et de livrer des commandes pour un montant supérieur à 1.000 milliards de dollars, a affirmé ainsi Huang à San Jose.
Nvidia a par ailleurs annoncé hier son intention d'allouer une part plus importante de son cash flow aux actionnaires, sous forme de rachats d'actions et de dividendes, au cours du second semestre. L'entreprise franchira cette étape une fois ses engagements d'investissement honorés, a précisé la directrice financière, Colette Kress, en marge de la conférence GTC 2026 du groupe. Nvidia prévoit ainsi désormais de consacrer environ 50% de son flux de trésorerie disponible à ces versements, a-t-elle ajouté.
Alibaba augmente les prix de ses produits de calcul et de stockage basés sur l'IA jusqu'à 34% selon Bloomberg, qui évoque une réponse à la demande et à la hausse des coûts d'infrastructure. L'entreprise a annoncé une augmentation de prix de 5% à 34% pour ses puces de calcul IA T-Head, telles que la Zhenwu 810E, relève l'agence. Son service de stockage, Cloud Parallel File Storage, coûtera également plus cher de 30%. Les hausses de prix interviennent après le lancement, ce mois-ci, d'une importante restructuration visant à monétiser l'IA, ajoute Bloomberg.
Microsoft envisagerait des poursuites contre Amazon et la startup d'IA OpenAI concernant leur accord de 50 milliards de dollars qui pourrait enfreindre son partenariat exclusif avec le créateur de ChatGPT sur le cloud, a rapporté le Financial Times ce mercredi. Le litige porterait sur la possibilité pour Amazon Web Services de proposer Frontier, nouveau produit commercial d'OpenAI, sans violer l'accord qui exige que tout accès aux modèles de la startup transite par la plateforme cloud Azure de Microsoft, ajoute le FT.
Apple. Le CEO du groupe, Tim Cook, a participé ce mercredi à un événement organisé par l'entreprise en Chine, après la baisse, annoncée plus tôt ce mois, des commissions prélevées auprès des développeurs d'applications dans le pays, note Bloomberg. Selon un message publié par la municipalité de Chengdu sur WeChat, Cook a assisté à un événement dans un Apple Store de cette ville du sud-ouest de la Chine, à l'occasion du 50e anniversaire de l'entreprise. La semaine dernière, le groupe avait annoncé que sa commission habituelle sur les achats passerait de 30 à 25% pour l'App Store en Chine continentale.
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