Wall Street : une fin de semaine encore agitée avec la guerre et la journée des 3 sorcières ?
Déjà forte avec l'incertitude ambiante, la volatilité devrait encore monter d'un cran ce vendredi...
Les contrats à terme sur les trois grands indices américains évoluent dans le rouge en matinée, le S&P 500 s'apprêtant à enregistrer sa plus longue série de pertes hebdomadaires depuis mars 2025. Les opérateurs surveillent comme le lait sur le feu chaque information en provenance du Moyen-Orient alors que la guerre en Iran a entraîné une flambée des prix de l'énergie et est en train de bouleverser les chaînes d'approvisionnement. Les Banques centrales du monde entier ont mis en garde contre le risque inflationniste, incitant les investisseurs à parier davantage sur un resserrement de la politique monétaire des plus grandes institutions.
L'Iran a poursuivi ses attaques contre ses voisins malgré les assurances données par Israël de ne pas cibler les infrastructures énergétiques de la République islamique. Israël a néanmoins frappé des infrastructures à travers l'Iran, notamment dans la capitale, Téhéran, tandis que la République islamique a lancé une nouvelle vague de frappes de missiles en représailles. "Les États-Unis, Israël et d'autres pays tentent de gérer les risques face à l'impact croissant du conflit sur l'énergie", indique à 'Bloomberg' Anna Wu, stratégiste multi-actifs chez Van Eck Associates à Sydney. "Le discours américain semble légèrement plus encourageant, mais le consensus évolue quotidiennement".
"Le sentiment des investisseurs s'est clairement orienté vers une position plus baissière", explique à l'agence David Kruk, responsable des opérations de trading à La Financière de l'Échiquier. "Cela dit, le marché se trouve actuellement à un niveau où il pourrait rebondir fortement si une solution au conflit était trouvée".
Déjà forte avec l'incertitude ambiante, la volatilité devrait encore monter d'un cran ce vendredi, journée des 3 sorcières. Près de 5.700 milliards de dollars d'options sur actions, indices et ETF américains arrivent en effet à échéance. Selon les données de Citigroup reprises par 'Bloomberg', il s'agit de la plus importante échéance pour un mois de mars depuis 1996.
Sur les marchés de l'énergie, le Brent tente de se stabiliser autour des 110$ après avoir clôturé jeudi au plus haut depuis la mi-2022. Sur le gaz, le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, évolue proche des 62 euros le mégawattheure après avoir flirté avec les 74 euros hier.
Signe de la nervosité actuelle, le Vix, l'indice de la peur à Wall Street, se tend encore de 3,8% à 25. Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans avance de 4,7 points de base, à 4,297%, tandis que celui à deux ans grimpe de 6,5 points, à 3,860%. Sur le marché des devises, l'euro recule de 0,35% face au dollar, à 1,155$ entre banques au lendemain de la réunion de la BCE. L'once d'or remonte timidement de 0,5% à 4.670$ mais reste en bonne voie pour essuyer sa plus forte baisse hebdomadaire depuis le début de la pandémie. Enfin, le bitcoin évolue peu, autour des 70.500$.
Le Moyen-Orient continuera à monopoliser l'attention des investisseurs ces prochaines heures puisque le programme macro comme micro est quasi vierge et n'influencera donc pas les indices.
Les valeurs
* FedEx s'envolait en post-séance hier à Wall Street, recherché après une publication meilleure qu'attendu et le relèvement de ses objectifs annuels. Le géant américain de la livraison prévoit maintenant un bpa ajusté entre 19,3$ et 20,1$ sur l'exercice clos fin mai, contre une projection précédente allant de 17,8$ à 19$, pour un chiffre d'affaires en hausse de 6% à 6,5%, contre une prévision précédente de 5% à 6%. Le consensus tablait jusqu'ici sur un bpa de 18,7$. Ces perspectives plus optimistes indiquent que FedEx s'attend à résister aux turbulences économiques croissantes liées à la guerre en Iran et à la flambée des prix de l'énergie. Bien avant ces derniers bouleversements, la société basée à Memphis avait entrepris une restructuration en profondeur en fusionnant ses réseaux de fret aérien express et de livraison terrestre, en réduisant ses coûts de plusieurs milliards de dollars, ou encore en automatisant certaines opérations.
FedEx n'anticipe pas d'impact direct et significatif de la guerre au Moyen-Orient sur son activité. Cependant, les conséquences plus larges de ces conflits, notamment la hausse des prix de l'énergie et la volatilité des transports, " affectent négativement l'économie mondiale ", a indiqué l'entreprise. Le transporteur est souvent considéré comme un indicateur économique avancé, car son activité couvre un large éventail de secteurs et de consommateurs à travers le monde. L'entreprise a également confirmé la scission prévue de sa division fret pour juin. Sur son troisième trimestre fiscal, la firme a dégagé un bpa ajusté de 5,25$ contre un consensus de 4,17$, pour des revenus de 24 Mds$ (+8,1%), également supérieurs aux attentes. Le résultat opérationnel ajusté a grimpé de 7% à 1,62 Md$. L'immobilisation au sol des avions cargo MD-11 après le crash mortel d'un appareil UPS en novembre continue néanmoins de peser sur FedEx. Au troisième trimestre, l'arrêt des vols a entraîné une perte de 120 millions de dollars pour l'entreprise, a déclaré le directeur financier John Dietrich lors de la conférence de présentation des comptes. L'impact sur le quatrième trimestre pourrait atteindre 55 M$. Ce type d'avion représente environ 4% de la flotte de la compagnie.
* Unilever a confirmé être en pourparlers avec McCormick & Company au sujet de la vente de son activité alimentaire, dans le cadre d'une transaction potentielle qui regrouperait ses marques Hellmann's et Knorr avec la sauce piquante emblématique Cholula de McCormick. Unilever a déclaré avoir reçu une offre pour cette activité, qui représentait environ un quart de ses ventes totales en 2025, soit plus de 12,9 milliards d'euros (14,91 milliards de dollars). Il n'y a aucune certitude qu'un accord sera conclu, ont précisé les deux groupes, sans dévoiler aucun détail financier.
Le 'Wall Street Journal' a rapporté jeudi qu'Unilever était en pourparlers pour séparer son activité alimentaire, qui comprend également des marques telles que Colman et Marmite, et la combiner avec le fabricant d'épices McCormick dans le cadre d'une opération entièrement en actions qui pourrait être conclue dans les semaines à venir. Une vente marquerait la fin d'une présence de près d'un siècle d'Unilever face aux géants de l'agroalimentaire tels que Kraft Heinz, Nestlé et PepsiCo, et transformerait la multinationale en un acteur majeur des produits ménagers et d'hygiène personnelle, au même titre que L'Oréal, Beiersdorf et Estée Lauder. Fernando Fernandez, à la tête du géant anglo-néerlandais depuis un an, a clairement indiqué que la beauté, les soins personnels et le bien-être étaient pour lui les clés de la croissance future.
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