Wall Street limite son retard
Les cours de l'énergie restent au coeur des préoccupations...
Wall Street est restée dans le rouge jeudi en clôture, alors que le conflit se poursuit au Moyen-Orient avec en toile de fond une grande volatilité des prix de l'énergie qui sont débord remontés proches de leurs niveaux du début de la guerre en Iran en direction des 120$ le brent, avant un retour en fin de journée à 107$ sur des espoirs de déblocage du détroit d'Ormuz. Le Dow Jones a perdu 0,44% à 46.021 pts, tandis que le S&P 500 a reculé de 0,27% à 6.606 pts. Le Nasdaq s'est replié de 0,28% à 22.090 pts.
Le baril de Brent a donc de nouveau flirté avec la barre des 120 dollars en matinée, alors que l'Iran a attaqué plusieurs installations énergétiques à travers la région du Golfe, en représailles à l'attaque israélienne sur son champ gazier de South Pars. Les cours de l'or noir ont ensuite reperdu une grande partie de leur avance initiale en séance : Dans un message publié sur les réseaux sociaux, Donald Trump a en effet affirmé que les États-Unis n'étaient pas impliqués dans l'attaque de South Pars, ajoutant qu'Israël s'abstiendrait de toute nouvelle frappe sur le site... Il a déclaré que toute nouvelle riposte iranienne contre les installations de GNL du Qatar inciterait les États-Unis à "détruire massivement l'intégralité" du champ de South Pars.
Emmanuel Macron a de son côté déclaré que la France était prête à prendre la responsabilité d'un système d'escorte des navires dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite en temps normal 20% du pétrole mondial, "une fois que la situation serait redevenue plus calme"..."En revanche, nous ne participerons à aucune ouverture de force du détroit dans le contexte des opérations de guerre et des bombardements en cours", a dit le chef de l'Etat. Emmanuel Macron a également appelé à la cessation immédiate des hostilités au Liban, rappelant le soutien de la France au peuple libanais et à la souveraineté et à l'intégrité territoriale du pays.
Concernant la politique monétaire américaine, la Fed a laissé comme prévu ses taux inchangés mercredi soir, et son président, Jerome Powell, a réaffirmé que la guerre au Moyen-Orient accentuait l'incertitude sur les perspectives économiques, faisant écho au communiqué publié à l'issue de deux jours de réunion. "A court terme, la hausse des prix de l'énergie entraînera une augmentation de l'inflation globale, mais il est trop tôt pour connaître l'ampleur et la durée des éventuelles répercussions sur l'économie", a-t-il déclaré... Les responsables de la Fed ont évoqué la possibilité de relever les taux, mais "la grande majorité des participants ne considèrent pas cela comme leur scénario de base", a-t-il poursuivi, ajoutant cependant : "nous n'excluons aucune option".
Côté analystes, Morgan Stanley a rejoint Goldman Sachs et Barclays en repoussant sa prévision d'une baisse des taux d'intérêt de juin à septembre : "Le principal enseignement de la décision de la Fed est que celle-ci ne viendra pas à la rescousse de l'économie, même si les prix de l'essence et du diesel continuent d'augmenter", a déclaré Bill Adams, économiste en chef de la Comerica Bank. "La politique monétaire peut ralentir la croissance et l'inflation, ou accélérer la croissance et l'inflation. Mais elle ne peut pas compenser un choc d'approvisionnement en énergie, qui affaiblit la croissance en même temps qu'il augmente l'inflation".
Sur le front économique, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont reculé un peu plus que prévu, alors que l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie a positivement surpris. Les ventes de logements neufs ont en revanche déçu... Le Vix, l'indice de la peur à Wall Street, est revenu en clôture sous la barre des 25. Le rendement des bons du Trésor américain à dix ans s'est stabilisé à 4,26%. Sur le marché des devises, l'euro a repris 1% face au dollar, à 1,1565$ entre banques après la réunion de la BCE. L'once d'or corrige encore de plus de 3% à 4.680$ et le bitcoin est retombé de près de 3%, sur les 70.000$.
Les valeurs
* Micron Technology cède 3,7% malgré une publication historique et supérieure aux attentes. Le géant des puces mémoire a enregistré sur son deuxième trimestre fiscal un résultat opérationnel ajusté de 16,46 milliards de dollars pour des revenus de 23,86 Mds$. Le bpa ajusté s'est établi à 12,2$ contre 1,56$ un an plus tôt et un consensus logé à 9$. La marge brute ajustée a atteint 74,9% contre 37,9% il y a un an et 69,1% attendus. Sur le trimestre en cours, le fournisseur de Nvidia table sur un bpa ajusté de 18,75 à 19,55$ pour un chiffre d'affaires allant de 32,75 à 34,25 Mds$. La marge brute ajustée est anticipée à environ 81%. Des prévisions largement supérieures aux attentes des analystes. "Micron a établi de nouveaux records en matière de chiffre d'affaires, de marge brute, de BPA et de flux de trésorerie disponible au deuxième trimestre fiscal, grâce à une forte demande, une offre sectorielle tendue et notre solide exécution. Nous prévoyons de nouveaux records significatifs au troisième trimestre fiscal", a déclaré Sanjay Mehrotra, PDG de Micron. Mais les opérateurs ont aussi retenu que le groupe allait devoir investir massivement dans sa production pour répondre à la demande croissante. Les dépenses d'investissement dépasseront 25 milliards de dollars pour l'exercice fiscal qui s'achève en août, quand les analystes tablaient sur 22,4 Mds$. Micron a ajouté que ses dépenses pour l'exercice 2027 augmenteront de plus de 10 milliards de dollars par rapport à l'année précédente. Ces dépenses importantes reflètent le coût nécessaire pour satisfaire la demande insatiable de puces mémoire Micron, notamment les composants à large bande passante utilisés dans le calcul d'intelligence artificielle. Les prix de la mémoire ont flambé ces derniers mois en raison des pénuries alimentées par la demande croissante de puces liée à l'IA. La mémoire à large bande passante est essentielle au transfert de données nécessaire à l'entraînement et à l'exécution des modèles d'intelligence artificielle. Cette situation a incité les fabricants de mémoire à allouer une part plus importante de leur production à ces commandes à plus forte marge, ce qui a impacté l'approvisionnement des autres types de mémoire et provoqué des pics de prix.
* Tesla perd 3,1%. L'autorité américaine de régulation de la sécurité automobile a approfondi son enquête sur le système d'aide à la conduite du constructeur automobile afin d'évaluer son efficacité à identifier les conditions routières dégradées après neuf accidents liés à la technologie, dont un mortel. L'enquête porte sur environ 3,2 millions de véhicules de différents modèles, soit la quasi-totalité des véhicules vendus par l'entreprise aux États-Unis. Cette démarche marque une escalade significative qui pourrait conduire à un rappel ou à d'autres mesures coercitives si les régulateurs découvrent un défaut de sécurité. Les ambitions de Tesla de déployer des véhicules entièrement autonomes et des robotsaxis dépendent de la fiabilité et de la sécurité de son système Full Self-Driving (FSD), qui fait toujours l'objet d'un examen minutieux de la part des autorités de réglementation. L'enquête se concentre sur le système de "détection de la dégradation" de Tesla, qui est conçu pour reconnaître lorsque la visibilité est réduite et avertir les conducteurs qu'ils doivent prendre le contrôle. Les données disponibles font craindre que le système de détection de dégradation de Tesla, tant dans sa forme originale qu'après les mises à jour, ne parvienne pas à détecter une visibilité réduite ou à avertir les conducteurs de manière adéquate dans des situations telles que l'éblouissement ou d'autres obstructions, a déclaré la NHTSA.
* Apple (-0,4%) a fait état d'une hausse de 23% de ses ventes de smartphones en Chine au cours des neuf premières semaines de 2026, allant à contre-courant d'un marché globalement en recul, alors que certains fabricants de téléphones ont augmenté leurs prix pour faire face à la hausse des coûts des puces mémoire.
* Uber (-1,7%) va investir jusqu'à 1,25 milliard de dollars dans le constructeur de véhicules électriques Rivian en vue de déployer 10.000 SUV R2 entièrement autonomes comme robotaxis à partir de 2028, ont annoncé les deux entreprises.
* Accenture (+4,3%). Le fournisseur de services informatiques a dévoilé un chiffre d'affaires trimestriel inférieur aux attentes, ses clients restant prudents quant aux dépenses liées aux grands projets de transformation informatique dans un contexte économique incertain...
* Eli Lilly (stable). Le géant pharmaceutique a déclaré que son médicament de nouvelle génération contre l'obésité a montré une baisse du taux de glycémie lors d'un essai clinique de phase avancée.
* 3M (-1,6%) et Bain Capital vont racheter Madison Fire & Rescue à la société privée Madison Industries pour 1,95 milliard de dollars, a annoncé le géant industriel détenteur de la marque d'adhésifs Scotch. La transaction devrait être achevée au cours du second semestre 2026...
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