Wall Street reste dans le vert avant la Fed
Les indices poursuivent leur rebond...
Wall Street est resté dans le vert mardi dans une ambiance un peu moins volatile malgré le niveau toujours élevé des cours de l'énergie et l'attente du verdict monétaire de la Fed mercredi soir. Le Dow Jones a regagné 0,10% à 46.993 pts, le S&P 500 a pris 0,25% à 6.716 pts et le Nasdaq a progressé de +0,47% à 22.479 pts. Les cours du brut persistent donc pourtant en hausse, le baril de brut WTI s'adjugeant encore 1% à 93,55$ et le baril de Brent de la mer du Nord s'accordant 1,5% à 101,5$, alors que l'Iran poursuit ses attaques contre les infrastructures énergétiques du Golfe persique. Les opérations ont été suspendues sur le champ gazier de Shah aux Émirats arabes unis, et un champ pétrolier irakien a également été la cible de drones et de missiles... Les chargements de pétrole brut au port de Fujairah, aux Émirats arabes unis, ont de nouveau été interrompus, selon une note d'Inchcape Shipping Services relayée par Bloomberg. Les frappes affectent durement les perspectives d'approvisionnement énergétique mondial alors que le conflit entre dans sa troisième semaine, ajoute l'agence. L'arrêt quasi total du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz commence à impacter les consommateurs. Le prix du pétrole a augmenté de plus de 40% depuis le début des hostilités, mais il a baissé hier, les États-Unis s'apprêtant à débloquer la première tranche de leurs réserves d'urgence de brut.
Donald Trump agite toujours de son côté l'espoir d'une solution au conflit en Iran, se concentrant sur cette question du détroit d'Ormuz et affirmant par ailleurs que la guerre devrait bientôt prendre fin... Il a malgré tout demandé que d'autres pays contribuent à la défense du détroit d'Ormuz, qui demeure de facto fermé aux pétroliers. Ce à quoi les principaux intéressés ont répondu non...
Pendant ce temps, l'Agence internationale de l'énergie a indiqué que le pétrole provenant de ses réserves allait bientôt être distribué sur les marchés mondiaux, suite à l'engagement des pays membres de mettre à disposition 411,9 millions de barils. L'AIE a indiqué que les gouvernements s'étaient engagés à libérer 271,7 millions de barils issus de leurs stocks publics, ainsi que 116,6 millions de barils provenant des réserves obligatoires de l'industrie et 23,6 millions de barils provenant d'autres sources. 72% des volumes libérés seront du pétrole brut et 28% des produits pétroliers raffinés.
Sur le front économique mardi, l'indice des promesses de ventes de logements aux États-Unis de la National Association of Realtors pour le mois de février 2026 s'est établi en progression de 1,8% d'un mois sur l'autre, bien plus élevé que prévu, puisqu'il était attendu à -1,4% selon le consensus FactSet. La lecture révisée du mois de janvier 2026 ressort en recul de 1% environ.
Mercredi, on suivra l'indice des prix à la production de février (13h30, consensus +0,3% d'un mois sur l'autre et +2,9% sur un an, ou +0,2% et +3,5% hors alimentaire et énergie), les commandes industrielles de janvier (15h, consensus -0,2%), ainsi que le verdict monétaire de la Fed (19h, plus de 99% de probabilité de statu quo selon FedWatch). Jerome Powell, patron de la Fed, tiendra sa conférence de presse à 19h30. Un juge vient d'ailleurs de bloquer les poursuites de l'administration Trump contre Powell, qui "n'aurait commis d'autre crime que d'avoir déplu" au président américain... Pour en revenir à la question monétaire, l'outil FedWatch fait ressortir une hypothèse probable à 40,8% d'une baisse de taux d'un quart de point d'ici la fin de l'année, ce qui ramènerait les taux entre 3,25 et 3,50%. La probabilité d'un statu quo sur le reste de l'année se situe à 31,2%, alors que l'inflation des prix de l'énergie complique considérablement la tâche de la banque centrale américaine.
Jeudi, les opérateurs observeront les inscriptions hebdomadaires au chômage, l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie ou les ventes de logements neufs.
Dans l'actualité des entreprises à Wall Street, Micron sera en vedette mercredi soir. General Mills, Williams-Sonoma et Jabil, annoncent également mercredi. Darden Restaurants, FedEx, Accenture et PDD seront de la partie jeudi. Carnival publiera enfin vendredi... Hier soir, la keynote du patron de Nvidia Jensen Huang à l'occasion de la GTC 2026 n'a pas suscité d'enthousiasme excessif, le titre terminant dans le vert sur des prévisions tout de même solides concernant la demande en puces d'IA...
Sur les devises, l'euro campe sur les 1,1540/$, tandis que le bitcoin pointe plus fermement à 74.000$.
Les valeurs
Nvidia (-0,7%). Lors de l'événement annuel majeur de Nvidia, la GTC 2026 de San Jose, le fondateur et DG Jensen Huang a dévoilé comme à son habitude hier une série de nouveaux produits, s'adressant à une foule nombreuse et prédisant que ses processeurs d'IA phares contribueraient à générer 1.000 milliards de dollars de chiffre d'affaires d'ici 2027, relate Bloomberg. Au cours de son discours d'ouverture de deux heures et demie, la fameuse keynote, Huang a annoncé son intention de renforcer sa présence sur le marché des processeurs centraux (CPU), domaine d'Intel, et a présenté des semi-conducteurs fabriqués à partir d'une technologie acquise auprès de la startup Groq. L'entreprise a même affirmé développer des puces pour les centres de données spatiaux, précise Bloomberg. La demande en puissance de calcul continue donc de s'envoler selon Huang : "Je pense que la demande en puissance de calcul a été multipliée par un million ces deux dernières années". "Les prévisions de ventes à mille milliards de dollars, alimentées par les commandes des puces Blackwell et Rubin de l'entreprise, témoignent de la solidité de la demande", ajoute pour sa part Bloomberg. L'agence note cependant que ces perspectives ne représentent pas une accélération majeure de la croissance. Nvidia avait précédemment prévu que les équipements pour centres de données généreraient 500 milliards de dollars de ventes d'ici fin 2026. "Les dernières prévisions repoussent cette échéance d'un an, doublant ainsi le montant cumulé", analyse l'agence.
Semtech (-11%), le concepteur américain de semi-conducteurs a publié pour son 4e trimestre fiscal une perte nette de 30 millions et un bénéfice ajusté par action de 44 cents, légèrement au-dessus du consensus, pour des revenus de 274 millions de dollars (+3% en séquentiel et +9% en glissement annuel) également marginalement supérieurs aux attentes. Sur l'exercice, le groupe a essuyé une perte de 40 millions de dollars pour des revenus de 1,05 milliard de dollars (+15%). Semtech envisage pour le trimestre entamé un bénéfice ajusté par action de 42 à 48 cents, pour des revenus de 278 à 288 millions.
Elbit Systems (+16%), le groupe israélien actif dans l'électronique de défense, sécurité intérieure, d'application de la loi ou d'aviation commerciale, bondit avant bourse à Wall Street. Le groupe a publié au titre de son 4e trimestre fiscal un bénéfice net de 168 millions de dollars et un bénéfice ajusté par action de 3,56$ largement supérieur au consensus de marché, pour des revenus de 2,15 milliards de dollars (+11%). Sur l'exercice, Elbit a réalisé un bénéfice de 534 millions de dollars pour des revenus de 7,94 milliards de dollars (+16%). Depuis le début de la guerre et l'escalade des conflits au Moyen-Orient, Elbit a constaté "une augmentation significative et continue de la demande pour ses produits et solutions de la part du ministère israélien de la Défense (IMOD), par rapport aux niveaux de demande d'avant-guerre". Cette demande accrue pourrait se maintenir et générer d'importantes commandes supplémentaires pour l'entreprise. Le groupe fait état ce jour d'un carnet de commandes totalisant 28,1 milliards de dollars.
Boeing (-1,2%) a repoussé d'un an son objectif de rentabilité pour sa principale division commerciale, les coûts d'intégration de Spirit Aerosystems, récemment acquis, pesant sur sa rentabilité. Le constructeur aéronautique prévoit désormais de dégager des marges stables ou positives pour Boeing Commercial Aircraft (BCA) seulement en 2027, a déclaré le directeur financier, Jay Malave, lors de la conférence Bank of America Global Industrials à Londres. Boeing anticipe des marges négatives pour BCA cette année, avec des marges de -7% à -8,5% au premier trimestre, a précisé le dirigeant, cité par Bloomberg.
Qualcomm (+1,7%) annonce que son conseil d'administration a approuvé une augmentation du dividende trimestriel en numéraire de 0,89$ à 0,92$ par action ordinaire. Par ailleurs, le conseil d'administration a approuvé, avec effet immédiat, une nouvelle autorisation de rachat d'actions d'un montant de 20 milliards de dollars. Cette nouvelle autorisation s'ajoute au programme de rachat d'actions annoncé par la société en novembre 2024, qui dispose encore d'une autorisation de rachat d'environ 2,1 milliards de dollars.
Amazon (+1,6%). OpenAI a signé un nouvel accord pour vendre l'accès à ses modèles d'IA aux agences de défense et gouvernementales américaines via le cloud d'Amazon pour des applications classifiées et non classifiées. Ce contrat permettrait à OpenAI de soutenir le Pentagone dans le cadre d'un accord conclu à la fin du mois dernier, après que l'agence a rompu son contrat avec Anthropic. Anthropic, qui avait remporté l'été dernier un contrat du Pentagone d'une valeur maximale de 200 millions de dollars, était un fournisseur clé d'IA pour la défense américaine, et travaillait avec Palantir et AWS pour déployer ses modèles Claude dans des systèmes militaires et de renseignement classifiés. Cependant, sa relation avec le Pentagone s'est détériorée au point que ce dernier l'a exclue des marchés publics.
Mastercard (-0,4%) a annoncé son intention de racheter la société d'infrastructure de paiements en stablecoins BVNK pour un montant pouvant atteindre 1,8 milliard de dollars - dont 300 millions de dollars de paiements conditionnels. Cette acquisition renforce l'offre de Mastercard en matière de prise en charge complète des actifs numériques et des transferts de valeur, indépendamment des devises, des systèmes de paiement et des régions...
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