Wall Street indécis sur les sommets
Après l'incroyable rallye du secteur des semi-conducteurs et de l'IA
Wall Street s'affiche en hausse marginale ce lundi sur les sommets, le Dow Jones grappillant 0,01% à 49.614 pts, le S&P 500 0,23% à 7.416 pts et le Nasdaq 0,11% à 26.277 pts, tandis que les cours du pétrole repartent à la hausse avec un baril de brut WTI en progression de 2,3% à 97,6$. Le président américain Donald Trump a déploré hier la dernière proposition de Téhéran visant à mettre un terme au conflit... La place américaine avait terminé vendredi sur des records, le Nasdaq s'adjugeant encore 1,71% à 26.247 pts avec le compartiment des 'puces' et les valeurs IA, contre un gain de 0,84% sur le S&P 500 à 7.399 pts, alimentant une fois de plus les débats autour d'une potentielle bulle financière.
Les tensions géopolitiques restent donc au programme cette semaine, après que l'Iran a présenté une proposition révisée aux négociateurs américains, appelant à la fin du conflit et à la levée des sanctions contre Téhéran. Trump a vivement réagi sur son réseau Truth Social, qualifiant la réponse iranienne de "totalement inacceptable".
La réponse de l'Iran à la proposition américaine en 14 points visant à mettre fin à la guerre a donc été transmise aux États-Unis par des médiateurs pakistanais hier. Téhéran a rejeté les demandes américaines de démantèlement de ses installations nucléaires et a refusé de suspendre l'enrichissement d'uranium pendant 20 ans, selon le Wall Street Journal, citant des sources proches de la question. Trump a donc rapidement dénoncé la réponse iranienne "inacceptable". Dans sa contre-proposition de plusieurs pages, l'Iran proposerait la fin de la guerre et la réouverture progressive du détroit d'Ormuz, ainsi que la levée du blocus américain des navires iraniens.
Le président iranien Massoud Pezeshkian ne compte pas lâcher non plus. "Nous ne nous inclinerons jamais devant l'ennemi, et si l'on parle de dialogue ou de négociation, cela ne signifie ni capitulation ni retraite", a-t-il déclaré sur le réseau X en persan... De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a été clair dimanche : la guerre n'est pas terminée. Il a insisté sur la nécessité de priver l'Iran de son stock d'uranium enrichi et de démanteler les capacités militaires des milices alliées de Téhéran.
Sur le front économique cette semaine aux États-Unis, les opérateurs suivent ce lundi les reventes de logements existants d'avril (4,02 millions contre 4,11 millions de consensus), puis demain mardi les chiffres de l'inflation des prix à la consommation du mois d'avril et la balance budgétaire du même mois. Mercredi, les investisseurs surveilleront l'indice des prix à la production et le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers domestiques. Jeudi, inscriptions hebdomadaires au chômage, ventes de détail, prix à l'import et stocks des entreprises seront au programme. Enfin, vendredi, les marchés observeront l'indice manufacturier Empire State de la Fed de New York ainsi que la production industrielle.
Les responsables de la Fed seront nombreux à s'exprimer durant la semaine, avec John Williams et Austan Goolsbee mardi, Susan Collins, Neel Kashkari ou Lorie Logan mercredi, mais aussi Beth Hammack, John Williams et Michael Barr jeudi. Notons que Goldman Sachs a repoussé ses prévisions de baisse des taux de la Fed à décembre 2026 et mars 2027, contre des baisses initialement prévues en septembre et décembre de cette année, expliquant que les prix élevés de l'énergie maintiendraient probablement l'inflation à un niveau élevé. Bank of America, pour sa part, prévoit désormais que la Fed maintiendra le statu quo jusqu'à la fin de l'année et vise ensuite deux baisses de 25 points de base en juillet et septembre 2027... Notons que les stratèges de la place sont aussi nombreux ce jour à revoir en hausse leurs objectifs sur le S&P 500 d'ici la fin de l'année. HSBC, par exemple, vise désormais 7.650 pts.
La semaine sera aussi marquée par la visite de Trump en Chine du 13 au 15 mai, visite durant laquelle le président américain entendrait faire pression sur son homologue chinois Xi Jinping concernant l'Iran. Trump devrait interroger Xi sur sa politique à l'égard de l'Iran et finaliser les détails d'un nouveau conseil de commerce lors de leur rencontre cette semaine à Pékin, ont indiqué à Bloomberg de hauts responsables américains, quelques heures avant que la Chine ne confirme la visite d'État.
Trump et Xi doivent s'entretenir jeudi et vendredi à Pékin, alors qu'ils tentent de surmonter de profonds désaccords sur le commerce et la guerre israélo-américaine contre l'Iran, dont la Chine est le principal acheteur de pétrole et un allié diplomatique clé, résume l'agence. Dans le cadre des derniers préparatifs du premier voyage présidentiel américain en Chine depuis près de dix ans, le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, rencontrera son homologue chinois, He Lifeng, mercredi à Séoul pour des discussions de dernière minute, précise Bloomberg, citant les deux parties.
Les revenus que la Chine verse à l'Iran, ainsi que les exportations potentielles d'armes, figureront parmi les sujets abordés lors du sommet, a déclaré selon Bloomberg l'un des responsables américains, sous couvert d'anonymat pour évoquer les préparatifs sensibles du sommet.
La guerre contre l'Iran, qui dure depuis trois mois, a exacerbé les tensions entre les deux plus grandes économies mondiales, alors même qu'elles s'efforcent de stabiliser leurs relations et de maintenir une trêve commerciale fragile, analyse l'agence. Les États-Unis ont sanctionné plusieurs entreprises chinoises pour avoir acheté du pétrole iranien ou fourni des images satellites à la République islamique, tandis que l'administration Trump subit une pression croissante pour mettre fin à un conflit qui a déclenché une crise énergétique historique.
Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères cité par Bloomberg a déclaré que les deux dirigeants échangeraient leurs points de vue sur les questions majeures concernant les relations sino-américaines, ainsi que la paix et le développement dans le monde. Signe de coopération, la Chine a annoncé avoir démantelé un réseau transfrontalier de trafic de drogue lors d'une opération conjointe avec les États-Unis.
La question de Taïwan devrait également être abordée, mais aucun changement de la politique américaine à l'égard de l'île autonome n'est attendu, a déclaré un responsable américain repris par Bloomberg. Pékin a mis en garde les États-Unis contre les ventes d'armes à Taïwan, qu'elle considère comme faisant partie intégrante de son territoire, et a demandé à l'administration Trump de déclarer officiellement qu'elle s'opposait à l'indépendance de Taïwan... Les préoccupations américaines concernant l'IA et la possibilité d'ouvrir un nouveau canal de communication avec la Chine sur ce sujet seront également abordées.
En ce qui concerne les entreprises cotées à Wall Street, Fox, AST, Circle Internet, Constellation Energy et Barrick Mining publient ce lundi leurs résultats. JD.com sera de la partie demain. Cisco tiendra la vedette mercredi soir après bourse. Alibaba, Nebius et Tower Semiconductor annonceront également mercredi. Applied Materials dévoilera ses derniers chiffres après bourse jeudi.
Les valeurs
Constellation Energy (-0,3%), spécialiste américain de la production et de la distribution d'énergie propre et sans carbone, a publié au titre de son premier trimestre 2026 un bénéfice net de 4,49$ par titre en données publiées et un bpa opérationnel ajusté de 2,74$. Le consensus était de 2,61$ de bénéfice ajusté par action. Le groupe affirme ses estimations annuelles de bpa ajusté 2026 entre 11 et 12$.
Barrick Mining (+7,3%), le géant minier nord-américain, a annoncé pour son premier trimestre 2026 une production d'or à 719.000 onces, qui dépasse les prévisions (640.000 à 680.000 onces) grâce aux excellentes performances des mines NGM et Veladero, ainsi qu'à la montée en puissance de la production à Loulo-Gounkoto. La production de cuivre, à 49.000 tonnes, est conforme aux prévisions. Le coût de l'or par once est inférieur aux prévisions, grâce aux gains d'efficacité dans l'extraction et le traitement.
Le flux de trésorerie d'exploitation s'élève à 2,55 milliards de dollars, soit une hausse de 111% ! Le flux de trésorerie d'exploitation attribuable, à 1,97 milliard de dollars, progresse de 89% sur un an, et le flux de trésorerie disponible attribuable, à 1,21 milliard de dollars, bondit de 195% en glissement annuel. Le bénéfice net par action de 0,96$ a progressé de 256% et le bénéfice net ajusté par action, de 0,98$, a augmenté de 180% sur un an ! Le consensus était de 0,90$. La production d'or devrait augmenter de façon séquentielle tout au long de l'année, avec une production de 730.000 à 770.000 onces au deuxième trimestre.
Fox Corporation (+4,1%) a publié pour son 3e trimestre fiscal des revenus de 3,99 milliards de dollars, un bénéfice net de 175 millions de dollars et un Ebitda ajusté de 954 millions de dollars. Sur ce trimestre clos fin mars, les revenus de distribution ont progressé de 3%. Les recettes publicitaires se sont élevées à 1,56 milliard de dollars, contre 2,04 milliards au trimestre correspondant de l'exercice précédent. Les revenus liés aux contenus et autres revenus ont augmenté de 12%. Le bénéfice net ajusté trimestriel part du groupe a atteint 570 millions de dollars contre 507 millions sur la période correspondante de l'an dernier.
Circle Internet (+1,5%), la société de paiements numériques, a publié un bénéfice par action ajusté de 21 cents sur le trimestre clos, au-dessus du consensus. Cependant, les revenus s'affichent décevants à 694 millions de dollars, inférieurs au consensus malgré une croissance de 20%. La société a dégagé un bénéfice net des activités poursuivies de 55 millions de dollars, en baisse de 15%. La masse en circulation du stablecoin USDC de Circle a atteint 77 milliards de dollars à la fin du trimestre, en hausse de 28%, tandis que le volume des transactions on-chain en USDC a bondi de 263% pour s'établir à 21.500 milliards de dollars.
Alphabet (-1,7%), qui a déjà levé 17 milliards de dollars la semaine dernière via deux offres obligataires en dollars américains et canadiens, prévoit désormais d'émettre pour la première fois des obligations libellées en yen, comme l'a révélé un document déposé ce lundi, qui n'a pas échappé à l'attention de l'agence Reuters. La maison mère de Google et de YouTube n'a pas divulgué le montant de l'émission. Selon une source de Reuters proche du dossier, elle devrait atteindre plusieurs centaines de milliards de yens, et les conditions devraient être finalisées ce mois. Alphabet a mandaté Mizuho, Bank of America et Morgan Stanley pour mener à bien l'opération.
Les géants américains de la technologie se tournent vers les marchés de la dette pour financer le déploiement de leurs infrastructures d'IA, rompant ainsi avec la tradition de la Silicon Valley. Les 'Mag 7' devraient investir plus de 700 milliards de dollars dans l'infrastructure d'IA cette année, une forte hausse par rapport aux 410 milliards prévus en 2025.
Amazon (-0,4%) s'apprêterait pour sa part à émettre pour la première fois des obligations en francs suisses, selon une source de Reuters proche du dossier ayant requis l'anonymat. Le géant du e-commerce aurait mandaté des banques, dont BNP Paribas, Deutsche Bank et JP Morgan Chase pour cette émission obligataire en six tranches, avec des échéances allant de trois à vingt-cinq ans.
Les stars des 'puces', qui avaient très largement surperformé ces dernières semaines, restent recherchées ce jour, mais avec des performances plus hétérogènes. Micron s'adjuge encore 5% et Qualcomm plus de 7%, tandis qu'Intel et qu'AMD avancent de 1% environ. Nvidia, première capitalisation boursière mondiale, prend 3% vers un nouveau sommet.
Les informations et conseils rédigés par la rédaction de Boursier.com sont réalisés à partir des meilleures sources, même si la société Boursier.com ne peut en garantir l'exhaustivité ni la fiabilité. Ces contenus n'ont aucune valeur contractuelle et ne constituent en aucun cas une offre de vente ou une sollicitation d'achat de valeurs mobilières ou d'instruments financiers. La responsabilité de la société Boursier.com et/ou de ses dirigeants et salariés ne saurait être engagée en cas d'erreur, d'omission ou d'investissement inopportun.
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote