Wall Street grimpe en attendant Nvidia
Sursaut mené par le Nasdaq
Wall Street persiste dans le vert ce mercredi, au lendemain du (long) discours de Trump sur l'état de l'Union et à quelques heures désormais de la publication financière trimestrielle tant attendue de Nvidia. Le S&P 500 regagne encore 0,49% à 6.924 pts, le Dow Jones 0,25% à 49.299 pts et le Nasdaq 0,92% à 23.075 pts. Sur le Nymex, le baril de brut WTI perd 0,3% à 65,4$. L'once d'or fin gagne 0,8% à 5.184$. L'indice dollar se stabilise face à un panier de devises. Le bitcoin hésite autour des 67.000$.
Donald Trump a défendu avec vigueur hier encore les droits de douane et affirmé qu'aucun changement n'était prévu, car "tous les accords sont conclus". Il a condamné, lors de son discours sur l'état de l'Union (SOTU) devant le Congrès, "l'ingérence regrettable de la Cour suprême". Trump a déclaré qu'aucune intervention du Congrès ne serait nécessaire pour maintenir ses tarifs douaniers en vigueur et a même affirmé que ces droits finiraient par "remplacer substantiellement le système moderne d'impôt sur le revenu, allégeant ainsi considérablement le fardeau financier des personnes que j'aime". Les droits de douane n'étaient qu'un des nombreux thèmes abordés hier soir, le président américain s'efforçant de mettre en avant son bilan économique dans un contexte d'incertitude accrue. Trump a affirmé que les prix baissaient et promis de nouvelles mesures pour répondre aux préoccupations des Américains en matière de pouvoir d'achat, tout en déclarant : "Nous gagnons tellement que nous ne savons plus quoi faire".
Trump a estimé que les États-Unis entraient dans un "âge d'or". "Notre nation est de retour - meilleure, plus grande, plus riche, plus forte", a lancé le président américain. Trump a affirmé que l'inflation "s'effondrait". Dans un autre registre, celui de l'international, il a réaffirmé avoir mis fin à huit guerres, mais ne s'est pas épanché au sujet du conflit en Ukraine qui vient d'entrer dans sa quatrième année. Le locataire de la Maison blanche n'a pas non plus fourni de détails sur ses plans concernant l'Iran, alors que l'inquiétude croît à propos d'un possible conflit avec Téhéran. "Je préfère régler ce problème par le biais de la démocratie", a dit Trump. "Mais une chose est sûre, je ne permettrai jamais au premier mécène du terrorisme, ce qu'ils sont et de loin, d'avoir une arme nucléaire".
Le président américain veut rappelons-le renforcer sa nouvelle surtaxe mondiale de 10 à 15% en réaction à l'annulation par la Cour suprême des droits de douane réciproques du 'Jour de la Libération'. Les nouveaux droits de douane mondiaux de 10% de Trump sont entrés en vigueur ce mardi. Le président a signé un décret vendredi dernier autorisant cette taxe sur les importations, quelques heures seulement après la décision de justice. Il a donc ensuite menacé de porter ce taux à 15%, mais n'avait pas encore publié de directive officielle hier. Selon un responsable de l'administration cité par Bloomberg, la Maison Blanche travaille à un décret formel qui porterait le taux des droits de douane mondiaux à 15%. Le calendrier de mise en oeuvre de cette hausse n'est pas encore arrêté. Le taux tarifaire effectif moyen des États-Unis se stabiliserait autour de 10,2% exemptions comprises selon les calculs de Bloomberg, contre 13,6% avant la décision de justice. Avec un taux global de 15%, ce taux effectif serait d'environ 12% à en croire Bloomberg Economics.
Les cours pétroliers tombent dans le rouge après l'annonce d'une envolée des réserves de brut aux États-Unis la semaine passée. D'après le Département américain à l'Energie, les stocks domestiques de brut, hors réserve stratégique, ont bondi de 16 millions de barils sur la semaine close le 20 février, à 435,8 millions de barils. Les stocks d'essence ont reculé de 1 million de barils et ceux de produits distillés ont progressé de 0,3 million de barils.
Les interventions de responsables de la Fed se poursuivent à bon rythme, avec aujourd'hui Thomas Barkin, Jeffrey Schmid et Alberto Musalem... L'outil CME FedWatch montre une probabilité de statu quo monétaire de 98% pour le 18 mars et la prochaine décision FOMC. Ce même baromètre indique 33,7% de probabilité d'une baisse de taux de 50 points de base d'ici la fin de l'année, hypothèse dominante qui passerait donc par deux assouplissements d'un quart de point.
Les commandes de biens durables, les inscriptions hebdomadaires au chômage et l'indice manufacturier de la Fed de Kansas City seront au programme demain. Enfin, la balance du commerce international des biens, l'indice des prix à la production, l'indice PMI de Chicago et les dépenses de construction, seront annoncés vendredi.
Dans l'actualité des entreprises, Nvidia tiendra donc la vedette ce soir après bourse. TJX, Salesforce, Lowe's, Synopsys et Snowflake, sont aussi de la partie ce mercredi. Intuit, Monster Beverage, Dell Technologies, Warner Bros. Discovery, Sempra, Autodesk, Baidu, Block, EchoStar, Zscaler ou CoreWeave, annonceront demain.
Les valeurs
Paramount Skydance (+1%) a publié une déclaration en réponse à l'annonce de Warner Bros. Discovery (-0,9%) selon laquelle le conseil d'administration de WBD a déterminé que l'offre révisée de Paramount, d'un montant de 31 dollars par action et entièrement en numéraire, visant à acquérir WBD, pourrait raisonnablement conduire à une "proposition supérieure" aux termes de l'accord de fusion de WBD avec Netflix. La conclusion d'une transaction avec WBD nécessiterait que le conseil d'administration de WBD détermine que la proposition révisée de Paramount est une "proposition supérieure de l'entreprise" en vertu de son accord de fusion avec Netflix, l'expiration d'une période de correspondance de quatre jours ouvrables, la résiliation de l'accord de fusion avec Netflix et la signature d'un accord de fusion définitif entre Paramount et WBD.
Paramount salue ainsi la décision du conseil d'administration de WBD et se réjouit de poursuivre un dialogue constructif avec WBD "afin de faire bénéficier les actionnaires de WBD, la communauté créative et les consommateurs des avantages de sa proposition". Aux termes de son offre révisée, Paramount a donc relevé le prix d'achat à 31$ par action WBD en numéraire pour l'acquisition de 100% de la société, avancé le versement des frais de transaction quotidiens de 0,25$ par trimestre - qui débuteront après le 30 septembre 2026 et se poursuivront jusqu'à la finalisation de l'acquisition par Paramount -, porté l'indemnité de résiliation réglementaire à 7 milliards de dollars si l'opération n'aboutit pas pour des raisons réglementaires, confirmé son engagement à payer l'indemnité de résiliation de 2,8 milliards que WBD serait tenue de verser à Netflix pour mettre fin à son accord de fusion existant avec Netflix, confirmé son engagement à éliminer les coûts de financement potentiels de 1,5 milliard de dollars liés à l'offre d'échange de titres de créance de WBD, accepté de contribuer à hauteur des fonds propres supplémentaires nécessaires pour garantir le certificat de solvabilité exigé par les banques prêteuses de PSKY, et accepté une définition d'"effet négatif significatif sur la société" excluant la performance de l'activité Réseaux linéaires mondiaux de WBD.
HP Inc (-0,2%). Pour son premier trimestre fiscal, le groupe a affiché un bénéfice ajusté par action de 81 cents (+9,5%), au-dessus des attentes, pour des revenus de 14,4 milliards de dollars (+6,9%) également plus élevés que prévu. Le groupe californien a dégagé un bénéfice net trimestriel de 545 millions de dollars contre 565 millions un an plus tôt. Le concepteur de PC et d'imprimantes anticipe, pour le deuxième trimestre fiscal, un bénéfice ajusté par action allant de 70 à 76 cents. Pour l'exercice 2026, HP maintient ses prévisions annuelles, tablant sur un bpa ajusté logé entre 2,90 et 3,20$. Cependant, compte tenu de la volatilité croissante du contexte économique, HP s'attend à se situer dans la partie inférieure de la fourchette de prévisions pour l'exercice 2026, tant pour le bpa que pour le flux de trésorerie disponible. Les perspectives de HP reflètent les coûts supplémentaires engendrés par la réglementation commerciale américaine actuellement en vigueur et les mesures d'atténuation associées.
Workday (-2%), spécialiste de l'édition de logiciels de gestion basés sur le cloud destinés aux entreprises, aux institutions éducatives et aux organismes gouvernementaux, a publié hier soir des comptes supérieurs aux attentes pour son 4e trimestre, affichant un bpa ajusté de 2,47$ contre 1,92$ un an avant, pour des revenus de 2,53 milliards de dollars à comparer aux 2,21 milliards de l'année antérieure. Le groupe fournit toutefois une guidance mitigée, faisant ressortir un ralentissement potentiel de la croissance des revenus d'abonnements. Alors que les revenus d'abonnements T4 se sont établis en croissance de 15,7% à 2,36 milliards de dollars, le groupe n'envisage pour l'exercice décalé 2027 juste entamé qu'une expansion de 12 à 13% de ces mêmes revenus, entre 9,925 et 9,95 milliards de dollars, pour une marge opérationnelle ajustée voisine de 30%.
Circle Internet (+20%), le géant des stablecoins, s'envole à Wall Street. Le groupe au token USDC profite d'une adoption accrue consécutive aux régulations de type GENIUS Act établissant un cadre pour ce type de monnaie digitale. La circulation de l'USDC a progressé de 72% par rapport à l'année précédente pour atteindre 75,3 milliards de dollars au quatrième trimestre, portant le total des recettes issues des réserves à 733 millions de dollars. Circle génère des revenus en investissant les fonds perçus grâce à ses jetons émis dans des actifs à faible risque. L'Ebitda ajusté trimestriel a représenté 167 millions de dollars, cinq fois plus élevé que l'an dernier. Les revenus totaux ont augmenté de 77% à 770 millions de dollars, tandis que le bénéfice net a explosé à 133 millions.
Lowe's (-4,8%), le géant américain de la distribution de détail de produits de rénovation résidentielle, rival de Home Depot, perd du terrain à Wall Street. Pour son 4e trimestre fiscal, le groupe a réalisé tout de même un bénéfice net de près d'un milliard de dollars et un bénéfice ajusté par action de 1,98$ légèrement supérieur aux attentes de marché, pour des revenus de 20,6 milliards de dollars également plus élevés qu'attendu, à comparer aux 18,6 milliards de l'année antérieure. La croissance à comparable a été de 1,3%. Le groupe envisage désormais pour l'exercice entamé un bénéfice ajusté par action allant de 12,25 à 12,75$, pour des revenus de 92 à 94 milliards de dollars (+7% à +9%) et une croissance à comparable allant de 0 à 2%.
TJX (+1,2%), le groupe américain de distribution aux chaînes TJ Maxx ou Marshalls, a annoncé pour son 4e trimestre fiscal un bénéfice net de 1,8 milliard de dollars et un bénéfice ajusté par action de 1,43$ (+16%), au-dessus du consensus de marché, pour des revenus totalisant 17,74 milliards de dollars (+9%), également meilleurs que prévu. La croissance des ventes à comparable a été de 5%. Sur l'exercice clos, le groupe a affiché un bénéfice net de près de 5,5 milliards de dollars pour des revenus de 60,4 milliards de dollars (+7% en données publiées et +5% en organique). TJX envisage pour l'exercice juste entamé un bénéfice dilué par action allant de 4,93 à 5,02$, une croissance à comparable des ventes de 2-3% et une marge bénéficiaire avant imposition de 11,7 à 11,8%.
Medline (-2,4%), fournisseur américain de dispositifs chirurgicaux et médicaux aux établissements de santé, publie ses premiers résultats trimestriels en tant qu'entreprise cotée. Les revenus se sont établis à 7,8 milliards de dollars (+14,8%), supérieurs aux anticipations, mais le groupe déplore une perte par action logée à 1 cent et son Ebitda ajusté trimestriel s'affiche stable à 805 millions. Le consensus est situé à 7,51 milliards de dollars de revenus pour le 4e trimestre et 24 cents de bénéfice ajusté par action. Sur l'exercice, le groupe a affiché un bénéfice net de 1,16 milliard de dollars (-3,6%) pour des revenus totalisant 28,4 milliards (+11,5%). L'Ebitda ajusté annuel a progressé de 3,2% à 3,5 milliards. Sur l'exercice 2026, le groupe anticipe une croissance organique de 8-9% et un Ebitda ajusté allant de 3,5 à 3,6 milliards.
Les informations et conseils rédigés par la rédaction de Boursier.com sont réalisés à partir des meilleures sources, même si la société Boursier.com ne peut en garantir l'exhaustivité ni la fiabilité. Ces contenus n'ont aucune valeur contractuelle et ne constituent en aucun cas une offre de vente ou une sollicitation d'achat de valeurs mobilières ou d'instruments financiers. La responsabilité de la société Boursier.com et/ou de ses dirigeants et salariés ne saurait être engagée en cas d'erreur, d'omission ou d'investissement inopportun.
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote