Wall Street dans le rouge, en attendant Alphabet, Amazon et l'emploi
Une semaine animée en perspective
Wall Street s'affiche en déclin avant bourse ce lundi, le Dow Jones cédant 0,4%, le S&P 500 0,4% également et le Nasdaq 0,9%, alors que les opérateurs redoublent de prudence suite à la nomination de Kevin Warsh à la tête de la Fed, et qu'est attendue cette semaine une nouvelle série de publications financières trimestrielles comprenant notamment AMD, Alphabet ou Amazon. La correction se poursuit pour l'once d'or fin, en forte baisse sur les 4.700$. Le bitcoin, qui craint l'austérité potentielle de Warsh, fléchit sous les 78.000$. Le baril de brut WTI retombe de plus de 5% à 61,9$ dans l'espoir d'une reprise des négociations des autorités iraniennes avec les États-Unis. L'indice dollar reprend 0,4% face à un panier de devises.
Dans un autre registre, le président Trump s'apprête à lancer un stock stratégique de minéraux critiques doté d'un capital initial de 12 milliards de dollars. Ce stock devrait comprendre des terres rares et des minéraux critiques, ainsi que d'autres éléments stratégiques dont les prix sont sujets à la volatilité, selon Bloomberg...
Notons que les USA sont entrés samedi dans un 'shutdown' - fermeture partielle des opérations gouvernementales - après que le Congrès n'est pas parvenu à un accord de maintien du financement des opérations. Le Sénat américain avait adopté vendredi soir le plan de dépenses par un vote bipartite mais la Chambre des représentants était en vacances parlementaires, indique Reuters, qui ne prévoit qu'un shutdown de courte durée, les parlementaires démocrates et républicains ayant travaillé pour s'assurer qu'un débat sur l'application des lois en matière d'immigration ne perturbe pas les autres activités du gouvernement. Toutes les agences seraient possiblement financées d'ici demain.
Les investisseurs ne semblent pas convaincus par le choix de Trump, qui a officialisé vendredi la nomination de l'ancien gouverneur de la banque centrale, Kevin Warsh, à la tête de la Fed. Ce dernier prendra ses fonctions à l'expiration du mandat de Jerome Powell... "Je connais Kevin depuis longtemps et je suis convaincu qu'il restera dans les annales comme l'un des plus grands présidents de la Fed, peut-être même le meilleur. Par-dessus tout, il a toutes les qualités requises et il ne vous décevra jamais", a lancé Trump sur son réseau Truth Social. Warsh, en tant qu'ancien gouverneur, maîtrise les rouages de la Fed. Il avait été nommé gouverneur de la banque centrale par George W. Bush et avait exercé ses fonctions de 2006 à 2011. Durant la crise financière de 2008, il était l'interlocuteur privilégié de Ben Bernanke, alors patron de la Fed, auprès de Wall Street. Avant de rejoindre la Fed, Warsh était conseiller spécial de Bush pour la politique économique et secrétaire exécutif au Conseil économique national. Il a également travaillé dans le domaine des fusions-acquisitions chez Morgan Stanley.
Warsh avait déjà rencontré Trump pour le poste de président de la Fed il y a huit ans, mais l'actuel locataire de la Maison Blanche avait finalement opté pour Jerome Powell - choix qu'il semble avoir depuis regretté si l'on considère les attaques récurrentes visant "Too Late" Powell et sa politique monétaire jugée trop dure et inadaptée. Sur la liste des quatre candidats qui avaient été présélectionnés cette fois, il est probable que le gouverneur Christopher Waller, le responsable des investissements fixed income de BlackRock, Rick Rieder, ou bien encore le directeur du Conseil économique national Kevin Hassett, auraient proposé des politiques monétaires plus... généreuses. Le choix très conventionnel de Trump surprend donc quelque peu, alors qu'il n'a pas caché sa volonté de voir les taux baisser très significativement.
Kevin Warsh s'est montré critique l'an dernier vis-à-vis de la Fed et de ses craintes de stagflation, jugeant que la banque centrale sous-estimait le rôle de l'intelligence artificielle dans la stimulation de la productivité et la réduction de l'inflation. Ainsi, le futur nouveau patron de la banque centrale entend bien baisser les taux d'intérêt comme attendu, mais peut-être pas autant que les marchés ou Trump ne l'espèrent. De plus, il a prôné par le passé une certaine rigueur concernant la gestion du bilan de la Fed, ce qui ne milite pas pour des mesures monétaires "de style QE" (assouplissements monétaires quantitatifs). Warsh avait aussi directement critiqué Powell pour ses choix malavisés et notamment son incapacité à anticiper la persistance de l'inflation post-pandémique - la fameuse "inflation transitoire"... Warsh réfute néanmoins l'idée que l'inflation soit causée par une croissance économique trop rapide et des salaires trop élevés. Il soutient plutôt qu'elle découle de dépenses publiques excessives et d'une création monétaire trop importante. Le futur dirigeant de la Fed apparaît donc mesuré dans ses positions, et rien n'indique qu'il pourrait plaider pour une baisse agressive des taux comme Trump le juge nécessaire.
Warsh a également déclaré que la Fed devrait considérer les droits de douane comme des variations de prix ponctuelles, un avis partagé par l'administration Trump et certains membres de la Fed. Il juge que la politique de la Fed pourrait freiner l'économie et qu'une récession immobilière est actuellement en cours. Il considère que les taux d'intérêt devraient être plus bas, mais aussi que le bilan de la Fed devrait être réduit.
Selon l'outil CME FedWatch, la probabilité d'un nouveau statu quo monétaire le 18 mars à l'issue de la prochaine réunion FOMC de la Fed se situe à 87,2%. Le même outil montre toujours l'anticipation d'environ deux baisses de taux d'un quart de point cette année.
Sur le front économique, les opérateurs suivront ce lundi l'indice PMI manufacturier final américain de janvier (15h45, consensus FactSet de 49,5), ainsi que l'ISM manufacturier de janvier (16h, consensus 48,9).
Le rapport JOLTS sur les ouvertures de postes aux États-Unis pour le mois de décembre sera communiqué à 16 heures demain (consensus 7,2 millions). Mercredi, les investisseurs suivront le rapport d'ADP sur l'emploi privé de janvier (consensus 45.000 créations de postes), l'indice PMI composite final (consensus Bloomberg 52,8 avec un indice des services attendu à 52,5), ainsi que l'ISM des services de janvier (consensus FactSet 53,8). La semaine se terminera en beauté, vendredi, avec le rapport gouvernemental mensuel sur la situation de l'emploi de janvier (consensus FactSet 80.000 créations de postes non-agricoles, 4,4% de chômage, 75.000 créations dans le privé), ainsi que l'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains de l'Université du Michigan pour février (consensus 54,2).
Les interventions de responsables de la Fed seront relativement nombreuses cette semaine, avec dès aujourd'hui Raphael Bostic, puis demain Thomas Barkin. Lisa Cook prendra la parole mercredi, Raphael Bostic jeudi et Philip Jefferson vendredi.
Dans l'actualité des entreprises à Wall Street, Disney, Tyson Foods et Idexx publient leurs comptes avant bourse ce lundi, tandis que Palantir, Teradyne et NXP Semiconductors annoncent après la clôture. Archer-Daniels, PayPal, PepsiCo, WW. Grainger, Marathon Petroleum, Illinois Tool Works, Transdigm, Eaton, Pfizer ou Merck, dévoilent leurs derniers chiffres avant bourse demain, tandis que Prudential Financial, Take-Two Interactive, Electronic Arts, Chipotle Mexican Grill, Suncor, Mondelez, Emerson Electric, Chubb, Amgen ou AMD, publient après bourse.
Du côté des "Magnificent Seven", Alphabet et Amazon seront en vedette respectivement mercredi et jeudi soir. Eli Lilly, AbbVie, Uber, Qualcomm, Boston Scientific, Arm Holdings, CME Group et McKesson, annoncent également mercredi, tandis que ConocoPhillips, Bristol-Myers Squibb, KKR, Intercontinental Exchange, Barrick Mining, Cummins, Cigna, Roblox, Cardinal Health, Reddit ou Thomson Reuters, publient jeudi. Philip Morris International et Biogen annonceront enfin vendredi.
Les valeurs
Oracle, géant américain des logiciels d'entreprise, prévoit selon Bloomberg de lever entre 45 et 50 milliards de dollars cette année, via une combinaison d'émissions d'obligations et d'actions, afin de développer son infrastructure cloud et d'accroître ainsi les capacités nécessaires pour soutenir la croissance de l'IA. Le groupe a indiqué hier que cette levée de fonds vise à augmenter ses capacités pour répondre à la demande contractuelle de ses principaux clients cloud, parmi lesquels AMD, Nvidia, Meta, OpenAI, ou encore TikTok et xAI.
Walt Disney a publié ce lundi, pour son premier trimestre fiscal 2026 clos fin décembre, des revenus en progression de 5% à 26 milliards de dollars, un bénéfice avant imposition de 3,7 milliards de dollars comparable à celui de l'an dernier, ainsi qu'un bénéfice opérationnel des segments de 4,6 milliards, en repli de 9%. Le bénéfice ajusté par action a régressé à 1,63$ contre 1,76$ sur la période correspondante de l'an dernier. Le consensus était logé à 1,58$ de bénéfice ajusté par action pour 25,6 milliards de dollars de revenus.
Dans le divertissement, le chiffre d'affaires a progressé de 7% par rapport au premier trimestre de l'exercice 2025. Le résultat d'exploitation a diminué de 0,6 milliard de dollars pour s'établir à 1,1 milliard de dollars, ce qui représente une marge d'exploitation de 9,5% pour le segment. Cette baisse s'explique par la hausse des coûts de programmation, de production et de marketing au cours du trimestre, qui a plus que compensé l'augmentation des redevances d'abonnement et d'affiliation ainsi que la hausse des recettes en salles. Sur le segment des sports, le résultat d'exploitation au premier trimestre ressort à 191 millions de dollars, soit une baisse de 56 millions de dollars par rapport au premier trimestre de l'exercice 2025. La croissance de 10% des recettes publicitaires a été plus que compensée par la hausse des coûts de programmation et de production, et la baisse des revenus d'abonnement et d'affiliation. Enfin, sur le segment des "expériences", comprenant les parcs, le chiffre d'affaires trimestriel atteint un record de 10 milliards de dollars et le résultat d'exploitation s'élève à 3,3 milliards de dollars.
En termes de perspectives, le groupe envisage pour le 2e trimestre fiscal, sur le segment divertissement, un bénéfice d'exploitation comparable à celui de l'an dernier et un bénéfice opérationnel SVOD d'environ 500 millions de dollars. Sur le segment sports, les revenus sont également attendus assez stables, alors que le bénéfice opérationnel devrait décliner de 100 millions avec les dépenses de droits. Concernant le segment des expériences, le groupe envisage pour le 2e trimestre une modeste croissance du bénéfice d'exploitation. Sur l'exercice, le bénéfice opérationnel est envisagé en croissance à deux chiffres dans le segment divertissement, en progression à un chiffre bas dans les sports et en augmentation à un chiffre haut dans le segment des expériences. Tout cela devrait se traduire par une croissance à deux chiffres du bénéfice ajusté par action sur l'exercice 2026. Disney prévoit par ailleurs de générer 19 milliards de dollars de cash des opérations sur l'année. Le groupe va racheter pour 7 milliards de dollars de ses propres titres.
Par ailleurs, le conseil d'administration de Disney semblerait favorable, selon Bloomberg, à la nomination de Josh D'Amaro, président de la division parcs à thème, au poste de directeur général. Un vote sur la nomination d'un nouveau dirigeant aura lieu la semaine prochaine, selon des sources de l'agence proches du dossier.
Nvidia. Le fondateur et DG du groupe, Jensen Huang, a déclaré que l'investissement de 100 milliards de dollars proposé par son entreprise dans OpenAI n'avait 'jamais été un engagement' et que Nvidia examinerait chaque levée de fonds "au cas par cas", rapporte Bloomberg. "Il ne s'agissait en aucun cas d'un engagement", a déclaré Huang aux journalistes à Taipei hier. "Ils nous ont invités à investir jusqu'à 100 milliards de dollars et, bien sûr, nous étions très heureux et honorés de cette invitation, mais nous investirons progressivement".
Dans le cadre d'une lettre d'intention signée en septembre, Nvidia avait annoncé son intention d'investir jusqu'à 100 milliards de dollars dans la startup d'IA à l'origine de ChatGPT, afin de soutenir la construction de nouveaux centres de données et d'autres infrastructures d'IA. L'accord vise à aider OpenAI à bâtir des centres de données d'une capacité d'au moins 10 gigawatts, équipés des puces avancées de Nvidia pour l'entraînement et le déploiement de modèles d'IA. Interrogé durant le week-end au sujet d'un article laissant entendre qu'il était mécontent d'OpenAI, Huang a indiqué que cela était "absurde". "Je crois en OpenAI. Leur travail est incroyable. C'est l'une des entreprises les plus influentes de notre époque". Huang n'a pas précisé le montant de la contribution de son entreprise, mais l'a qualifiée d'énorme, ajoutant qu'il s'agirait potentiellement du plus gros investissement jamais réalisé par Nvidia. Il a bien précisé toutefois que la contribution de Nvidia dans le cadre du tour de table actuel d'OpenAI ne s'approcherait pas des 100 milliards. Rappelons par ailleurs, selon les récentes rumeurs, qu'Amazon pourrait investir pour sa part jusqu'à 50 milliards de dollars dans le cadre du round de financement actuel du groupe de Sam Altman.
Tyson Foods, le producteur américain de viandes aux marques Tyson, Jimmy Dean, Hillshire Farm, Ball Park, Wright ou Aidells, a annoncé pour son 1er trimestre fiscal des revenus de 14,3 milliards de dollars, contre 13,6 milliards un an avant. Le bénéfice opérationnel a toutefois régressé fortement à 302 millions contre 580 millions un an auparavant. Le bénéfice opérationnel ajusté s'est tassé à 572 millions contre 659 millions. Le bénéfice ajusté par action a régressé à 97 cents contre 1,14$ sur la période correspondante de l'an dernier, mais il dépasse de peu le consensus. Le groupe envisage un résultat d'exploitation ajusté total de 2,1 à 2,3 milliards de dollars pour l'exercice 2026. Le chiffre d'affaires est attendu en croissance de 2 à 4% pour l'exercice, tandis que le flux de trésorerie disponible serait compris entre 1,1 et 1,7 milliard de dollars.
Idexx Laboratories, qui figure parmi les leaders mondiaux de la conception, du développement et de la commercialisation d'instruments de tests diagnostiques destinés au contrôle de la santé animale et à l'analyse des produits laitiers et de l'eau, a publié pour son 4e trimestre des revenus en croissance de 14% à 1,09 milliard de dollars, pour un bénéfice par action de 3,08$ en augmentation de 18%. Le consensus était de 2,94$ de bénéfice ajusté trimestriel par action pour 1,07 milliard de dollars de revenus. Le groupe fournit des prévisions initiales de chiffre d'affaires pour 2026 comprises entre 4,632 et 4,72 milliards de dollars, reflétant une croissance de 7,6 à 9,6% en données publiées. Cette croissance sera principalement tirée par le chiffre d'affaires récurrent de CAG Diagnostics, qui devrait progresser de 8,6 à 10,6% en données publiées et de 8 à 10% en données organiques. Le bénéfice par action pour 2026 devrait se situer entre 14,29 et 14,80$, soit une hausse de 9 à 13% en données publiées et de 10 à 14% à périmètre comparable.
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