Entretien avec William Gouesbet, PDG de Kerlink
Kerlink anticipe une amélioration de sa rentabilité sur le premier semestre
Boursier.com : Les perturbations sur certains composants ont impacté le T1 2026 et restent présentes au T2. Quels composants spécifiques sont concernés, et avez-vous engagé des stratégies de diversification fournisseurs ou de double sourcing pour sécuriser le second semestre ?
W.G. : Les principales tensions d'approvisionnement que nous rencontrons concernent actuellement le marché des mémoires, qui fait face à une demande particulièrement soutenue, notamment portée par le développement rapide des applications liées à l'intelligence artificielle. Cette situation crée des contraintes de capacité chez certains fabricants et allonge les délais d'approvisionnement. Au-delà des mémoires, nous observons également des tensions ponctuelles sur d'autres catégories de composants électroniques, même si leur impact est plus limité à ce stade. Afin de sécuriser notre chaîne d'approvisionnement, nous avons notamment renforcé notre stratégie de double sourcing, en particulier sur les mémoires, en qualifiant des fournisseurs alternatifs pour réduire notre dépendance à une seule source d'approvisionnement. Plus largement, nous poursuivons nos efforts de diversification de nos fournisseurs afin de limiter l'impact de ces contraintes sur notre activité.
Boursier.com : Dans quelle mesure l'inflation sur ces composants pèse t-elle sur votre marge brute actuelle, et à quel horizon anticipez-vous un retour à la normale sur votre chaîne d'approvisionnement ?
W.G. : Nous avons revu nos grilles tarifaires au deuxième trimestre afin d'intégrer les hausses de prix constatées sur certains composants. L'ensemble des acteurs du marché s'inscrit dans une démarche de ce type. Pour rappel l'impact sur notre marge brute doit être analysé à la lumière de notre mix d'activité, les services affichant des niveaux de marge plus élevés. La croissance de nos revenus de services au premier semestre constitue ainsi un facteur favorable pour notre marge brute. En revanche, il est encore trop tôt pour anticiper avec précision un retour à la normale de la chaîne d'approvisionnement, compte tenu des incertitudes qui persistent sur le marché des composants, notamment des mémoires.
Boursier.com : Vous annoncez une amélioration attendue de la rentabilité dès le premier semestre, portée notamment par la montée en puissance des services (16,5 % du CA). Pouvez-vous préciser à quel niveau de marge opérationnelle ou d'EBITDA vous anticipez d'atterrir sur ce premier semestre ?
W.G. : Nous n'avons pas communiqué de guidance chiffrée de rentabilité au marché et nous ne pouvons donc pas donner d'indication supplémentaire à ce stade. Ce que nous pouvons confirmer, c'est que nous anticipons une amélioration de notre rentabilité sur le premier semestre par rapport à la période comparable précédente. Cette évolution est notamment soutenue par la progression de nos revenus de services, qui représentent une part croissante de notre chiffre d'affaires et contribuent favorablement à notre profil de marge. Nous continuerons à communiquer de manière transparente sur nos résultats lors de nos prochaines publications financières.
Boursier.com : Vous misez sur le déploiement de Track Value et le lancement de nouvelles solutions au S2. Quel est le potentiel de CA additionnel attendu de ces initiatives sur l'exercice 2026, et dans quelle mesure sont-elles déjà reflétées dans votre carnet de commandes actuel ?
W.G. : Track Value est actuellement en phase d'évaluation sur plusieurs projets à fort potentiel de déploiement. Nous envisageons une première commande qui pourrait permettre un premier déploiement dès la fin de l'année. À ce stade, aucun objectif chiffré de contribution au chiffre d'affaires n'a été communiqué au marché. Par ailleurs, notre carnet de commandes ferme à fin juin, en progression sur un an, ne tient pas encore compte d'éventuelles commandes liées à ce premier déploiement de la solution Track Value.
Boursier.com : Les Amériques affichent +29 % au T2 mais restent en repli de -16 % sur le S1. Cette reprise trimestrielle est-elle le signe d'un rebond structurel sur cette zone, ou reflète-t-elle simplement un rattrapage de livraisons décalées du T1 ?
W.G. : Le recul observé sur le premier semestre doit être analysé à la lumière d'un effet de base défavorable, le premier semestre 2025 ayant bénéficié d'un projet significatif dans la zone Amériques. Nous constatons aujourd'hui une amélioration de la dynamique commerciale sur cette zone, avec un nombre d'opportunités et de projets plus important qu'auparavant. Cela nous rend plus confiants sur les perspectives de développement de l'activité sur la zone Amériques.
Boursier.com : Le segment Smart Agriculture & Environment subit une chute brutale (- 30 % sur le semestre). Cette baisse est-elle due à des reports de projets spécifiques, ou ressentez-vous un ralentissement structurel de la demande sur ce secteur ?
W.G. : Nous ne constatons pas de ralentissement structurel de la demande sur le segment Smart Agriculture & Environment. L'évolution observée au premier semestre s'explique davantage par le calendrier de déploiement de certains projets. Ce segment continue d'être porté par plusieurs partenaires stratégiques avec lesquels nous entretenons des relations de long terme, en particulier sur le déploiement de solutions de traçabilité dans le domaine de l'élevage. Ces partenaires sont positionnés sur des projets présentant un potentiel de déploiement pérenne dans le temps. Même si la visibilité à court terme peut varier en fonction du rythme de déploiement des projets, nous ne voyons aujourd'hui aucun élément remettant en cause les perspectives de développement de ce marché sur le moyen et le long terme.
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