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Wall Street : le Nasdaq retombe avec Broadcom et l'IA

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Doutes justifiés ?

Wall Street : le Nasdaq retombe avec Broadcom et l'IA
Credits Reuters

Wall Street est attendu sous pression avant bourse ce jeudi, le S&P 500 reculant de 0,4% et le Nasdaq de 1,1%, avec Broadcom et CrowdStrike. Le Dow Jones surnage, en hausse de 0,3%. Quelques doutes érodent désormais le narratif de la croissance inexorable de l'Intelligence Artificielle, le patron d'OpenAI, Sam Altman, ayant noté depuis peu une soudaine préoccupation des entreprises pour les budgets d'IA. La situation géopolitique demeure par ailleurs tendue. La Chambre des représentants a voté hier soir la fin des hostilités entre USA et Iran, infligeant ainsi un désaveu au président américain. Plus tôt dans la journée hier, les marchés boursiers avaient déjà reculé par rapport à leurs records et les cours du pétrole avaient progressé, les espoirs d'un accord rapide avec l'Iran s'amenuisant... Le baril de brut WTI reperd ce jour 1,5% à 94,5$.

Dans une interview à large spectre avec le podcast 'Pod Force One' du New York Post, le président américain a évoqué l'état du conflit au Moyen-Orient. Donald Trump a déclaré que le blocus d'Ormuz pourrait être levé pour la fête du Travail (7 septembre !), alors que les États-Unis travaillent à un accord avec l'Iran. Il a également affirmé que Téhéran avait accepté de ne pas posséder d'armes nucléaires et que le Guide suprême de l'Iran était impliqué dans les discussions avec les États-Unis. Trump a ajouté qu'il rencontrera probablement le Guide suprême à un moment donné.

Selon Tasnim, des sources iraniennes démentent cependant qu'il y ait eu des communications récentes, rejettent les rapports indiquant que la haute direction iranienne a approuvé un quelconque cadre, et soutiennent qu'aucune réponse n'a été fournie à la dernière proposition américaine.

Le Commandement central américain (Centcom) a déclaré avant-hier avoir repoussé une nouvelle vague de frappes aériennes iraniennes contre plusieurs pays du Moyen-Orient et avoir riposté. Il s'agirait d'attaques de missiles et drones iraniens contre le Koweït et Bahreïn, alors que la riposte se serait matérialisée par des frappes contre une station de contrôle au sol iranienne sur l'île de Qeshm. Le Centcom aurait aussi abattu des drones d'attaque iraniens lancés contre des navires dans les eaux territoriales américaines. Le Corps des gardiens de la révolution islamique a indiqué avoir frappé le quartier général de la 5e flotte américaine à Bahreïn et une base aérienne dans la région en représailles à une agression américaine antérieure.

Suite à l'annonce d'une suspension des négociations concernant l'Iran, Trump était auparavant intervenu pour indiquer qu'Israël et le Hezbollah auraient accepté de cesser leurs attaques. Peu après, il avait ajouté que les pourparlers avec l'Iran se poursuivaient à un rythme soutenu...

Les investisseurs se concentreront par ailleurs cette semaine sur le rapport sur l'emploi non agricole, qui sera publié demain. Ces données sur l'emploi pourraient apporter de nouveaux éclairages sur la vigueur du marché du travail et contribuer à façonner les anticipations concernant la politique de taux d'intérêt de la Fed dans les mois à venir. La banque centrale demeure divisée sur la question. Son nouveau président Kevin Warsh entend visiblement recouvrir de fard les chiffres de l'inflation pour pouvoir procéder ultérieurement à des assouplissements monétaires pas forcément justifiés, tandis que plusieurs responsables de la Fed militent plutôt pour le maintien d'une politique restrictive ou bien même une hausse supplémentaire des taux.

Neel Kashkari, patron de la Fed de Minneapolis, a indiqué cette semaine qu'il était trop tôt pour conclure que la banque centrale devait relever les taux. Il estime qu'il faut attendre plus de données, alors que les marchés anticipent un maintien des taux... Beth Hammack, qui dirige la Fed de Cleveland, a jugé que la politique monétaire n'était peut-être pas encore assez restrictive pour ramener l'inflation sur l'objectif des 2%. Elle estime raisonnable pour l'heure de maintenir les taux entre 3,50 et 3,75%. La présidente de la Réserve fédérale de Dallas, Lorie Logan, a déclaré hier que les responsables pourraient devoir relever les taux d'intérêt plus tard cette année pour ramener l'inflation à l'objectif de 2% de la banque centrale américaine...

D'après le dernier rapport d'ADP sur le sujet, les créations de postes dans le privé aux États-Unis pour le mois de mai 2026 se sont établies au nombre de 122.000, contre un consensus FactSet de 120.000 et une lecture révisée à 105.000 un mois plus tôt. "Les embauches ont été plus généralisées en mai que ces dernières années. Le marché du travail continue d'afficher une dynamique soutenue à l'approche de la saison des embauches estivales", a ajouté la cheffe économiste Nela Richardson.

L'indice PMI composite final américain du mois de mai 2026, publié hier, s'est établi à 51,5, contre un consensus de place de 51,7 et une lecture flash de 51,7 également. L'indicateur des services est ressorti à 50,7, contre un consensus de 50,9 et une lecture flash équivalente. Ces indicateurs demeurent supérieurs à la barre des 50, signalant une expansion de l'activité en mai. L'ISM des services du mois de mai s'est affiché à 54,5 contre 53,8 de consensus. Il était de 53,6 un mois auparavant.

Le Livre Beige économique de la Fed publié hier soir a montré quelques éléments préoccupants. Les ménages à revenu moyen ont été décrits comme "tirant le maximum de chaque dollar avant de décider de le dépenser", et les consommateurs à faible revenu ont montré une plus grande tension financière. L'activité économique a progressé sur un rythme léger à modéré pour dix des douze districts de la Fed sur la période récente, un district montrant un léger déclin et un autre une absence d'évolution.

L'étude Challenger, Gray & Christmas sur les destructions d'emplois du mois de mai a fait ressortir 97.006 licenciements annoncés, le total le plus élevé pour le mois de mai depuis 2020. Les coupes dans le secteur technologique sont ressorties au plus haut depuis 2023. Les annonces de licenciements du mois écoulé représentent une hausse de 16% par rapport aux 83.387 d'avril et une augmentation de 3% par rapport aux 93.816 annoncées en mai 2025, selon le cabinet international de reclassement et de coaching de dirigeants. Il s'agit également du troisième mois consécutif de hausse, le nombre de suppressions passant de 48.307 en février à 97.006 en mai.

Depuis le début de l'année, les employeurs ont annoncé 397.755 suppressions d'emplois, soit une baisse de 43% par rapport aux 696.309 annoncées au cours des cinq premiers mois de 2025, période durant laquelle les réductions d'effectifs au sein de la fonction publique fédérale avaient porté ces chiffres à des niveaux historiques. Si l'on élimine cet élément de distorsion, l'année 2026 se situe à peu près au même niveau que 2024, année où 385.859 suppressions de postes avaient été annoncées jusqu'en mai.

Toujours sur le front économique, ce jeudi, les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close le 30 mai seront publiées à 14h30 (consensus 211.000). Les chiffres finaux de la productivité non agricole du 1er trimestre seront connus à la même heure (consensus au rythme de +0,8%, +2,3% pour les coûts unitaires du travail). Thomas Barkin et Mary Daly de la Fed prendront la parole dans la journée...

Demain vendredi, c'est donc l'emploi américain du mois de mai qui tiendra la vedette avec le rapport gouvernemental sur la situation de l'emploi (consensus FactSet 105.000 créations de postes, 115.000 créations dans le privé et 4,3% de taux de chômage).

Dans l'actualité des entreprises cotées à Wall Street, CrowdStrike et surtout Broadcom ont donc déçu hier soir malgré leurs comptes en vive croissance. The Cooper Companies, Guidewire, DocuSign, Brown Forman, Lululemon, Rubrik, Samsara et Ciena, publieront ce jour.

Les valeurs

Broadcom, le concepteur américain de puces, décroche de 13% avant bourse à Wall Street, malgré une publication financière supérieure aux attentes. Le groupe a publié au titre de son 2e trimestre fiscal des revenus de 22,19 milliards de dollars, en croissance de 48% avec les ventes de semi-conducteurs liés à l'IA. Le bénéfice net GAAP a atteint 9,31 milliards de dollars et le bénéfice net ajusté est ressorti à 12,07 milliards. L'Ebitda ajusté a été de 15,24 milliards, représentant 69% des revenus. Le bénéfice ajusté par action a atteint 2,44$. Pour le 3e trimestre fiscal clos début août, le groupe anticipe des revenus d'environ 29,4 milliards de dollars, un bénéfice opérationnel ajusté d'environ 67% des revenus et un Ebitda ajusté d'environ 68% des revenus.

"Au deuxième trimestre, le chiffre d'affaires consolidé a progressé de 48 sur un an pour atteindre un niveau record de 22,2 milliards de dollars. L'EBITDA ajusté a augmenté de 52% sur un an pour s'établir à un niveau record de 15,2 milliards de dollars, soit 69% du chiffre d'affaires", a déclaré Kirsten Spears, directrice financière de Broadcom Inc. "Au troisième trimestre, nous prévoyons une croissance du chiffre d'affaires consolidé de 84% sur un an, à 29,4 milliards de dollars, avec une marge opérationnelle non GAAP stable à 67%, reflétant notre solide effet de levier opérationnel".

CrowdStrike, l'éditeur de logiciels de sécurité, retombe également avant bourse à Wall Street. L'acteur de la cybersécurité a affiché pourtant pour le trimestre clos un bénéfice ajusté par action de 1,10$ et des revenus de 1,39 milliard de dollars - en croissance de 26%. Le bénéfice net ajusté a été de 283 millions contre 185 millions sur la période correspondante de l'année antérieure. L'ARR net nouveau du premier trimestre fiscal 2027 a augmenté de 32% à 256 millions de dollars. Le cash flow des opérations a atteint un record de 591 millions et le free cash flow un record de 468 millions de dollars. Le groupe envisage désormais des revenus allant de 5,9147 à 5,9587 milliards de dollars sur l'exercice 2027, pour un bpa ajusté de 4,88 à 4,96$. Le groupe va par ailleurs procéder à un 'split' par quatre de son action en bourse.

SpaceX, attendu sur le Nasdaq le 12 juin, entend bien céder environ 555,6 millions de titres (plus précisément 555.555.555 titres !) à un prix de 135$ pièce, ce qui porterait son introduction en bourse record à 75 milliards de dollars. Cela représenterait 4,2% du capital, le reste demeurant entre les mains d'Elon Musk et des 'insiders'. SpaceX a par ailleurs autorisé une cession additionnelle potentielle qui pourrait porter le total levé à 85,7 milliards de dollars. Le groupe rompt ici avec le processus traditionnel d'introduction en bourse, selon lequel les entreprises annoncent généralement une fourchette indicative de prix avant de présenter leurs actions aux investisseurs et fixent le prix avant le début des cotations... Musk détiendrait environ 42% de SpaceX avant toute dilution et pourrait ainsi devenir le premier "trillionnaire" au monde - disposant d'une fortune de plus de 1.000 milliards de dollars.

L'IPO de SpaceX figure parmi les introductions en bourse les plus suivies au monde, souligne Bloomberg. "Son entrée rapide sur le marché, après un dépôt confidentiel en mars puis une annonce publique le mois dernier, intervient alors que les investisseurs surveillent de près les introductions en bourse potentielles d'autres entreprises technologiques de premier plan", insiste l'agence. OpenAI et Anthropic PBC, les deux startups leaders de l'IA, envisagent également de procéder à leur introduction plus tard cette année. L'introduction en bourse de SpaceX serait la plus importante de l'histoire, dépassant de plus du double les 29,4 milliards de dollars levés par Saudi Aramco en 2019.

La valorisation boursière initiale est attendue à 1.800 milliards de dollars environ. Goldman Sachs Group Inc., Morgan Stanley, Bank of America Corp., Citigroup Inc. et JPMorgan Chase & Co. sont les chefs de file de l'offre aux côtés de 18 autres banques. La société fondée en 2002, officiellement connue sous le nom de Space Exploration Technologies Corp., prévoit son introduction sur le Nasdaq et le Nasdaq Texas sous le symbole SPCX.

SpaceX prévoit d'utiliser les fonds levés pour divers objectifs, notamment l'expansion de son infrastructure de calcul pour l'IA, l'amélioration de son infrastructure de lancement et de ses lanceurs, l'augmentation de la taille et de la capacité de ses constellations de satellites, et le solde éventuel pour ses besoins généraux. Selon le document déposé, SpaceX doit également utiliser les fonds levés lors de son introduction en bourse et de la dette pour rembourser, dans un délai d'au moins six mois, une partie d'un prêt-relais de 20 milliards de dollars.

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