Pétrole : le baril rechute fortement
Espoirs d'accords en Iran...
Rechute des cours de l'or noir ! Le baril de Brent de la mer du Nord perd plus de 5% à 65,9 dollars à Londres (contrat avril) sur fond de désescalade en Iran. Ce week-end, Donald Trump a en effet minimisé les menaces de guerre régionale proférées par le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, réaffirmant son espoir de parvenir à un accord. "Ce repli ressemble davantage à un réajustement des positions qu'à un changement fondamental", explique à 'Bloomberg' Haris Khurshid, directeur des investissements chez Karobaar Capital LP. "En l'absence de nouveau choc d'offre, le pétrole cède une partie de sa prime de risque, le marché se réajustant après avoir anticipé des perturbations à court terme qui ne se sont finalement pas concrétisées".
Le pétrole a vigoureusement rebondit ces dernières semaines après de vives tensions qui ont poussé l'Iran et les États-Unis au bord du conflit, à la suite des menaces d'attaques proférées par Trump en janvier en réaction à la répression sanglante des manifestations à Téhéran. Cette situation a accru le risque de perturbations de l'approvisionnement dans la région, qui fournit environ un tiers du pétrole brut mondial, et a détourné l'attention de la surabondance croissante de l'offre mondiale.
L'Opep+ a par ailleurs décidé de maintenir dimanche sa production de pétrole inchangée pour le mois de mars malgré la hausse des prix du brut. Une décision conforme aux attentes du marché. Les huit membres de l'Opep+ présents à la réunion - Arabie saoudite, Russie, Émirats arabes unis, Kazakhstan, Koweït, Irak, Algérie et Oman - ont augmenté leurs quotas de production d'environ 2,9 millions de barils entre avril et décembre 2025, soit environ 3% de la demande mondiale, avant de décréter une pause pour janvier à mars 2026 en raison d'une consommation saisonnière plus faible qu'initialement estimé. Les délégués ont précisé qu'ils reportaient la question de la marche à suivre après la levée de cette pause au premier trimestre à leur prochaine réunion, prévue le 1er mars.
"Compte tenu de l'incertitude croissante autour de l'Iran et des tensions avec les États-Unis, le groupe garde toutes les options ouvertes", a déclaré Jorge Leon, ancien responsable de l'Opep désormais analyste géopolitique chez Rystad Energy. "Les chiffres de l'Opep pointent vers une baisse de la demande de pétrole brut de l'Opep+ au deuxième trimestre, ce qui pourrait limiter la marge de manoeuvre pour augmenter la production".
L'Organisation des pays exportateurs de pétrole et ses partenaires réagissent généralement avec prudence face à l'escalade des risques géopolitiques, attendant généralement l'évolution de l'offre effective avant d'agir, rappelle 'Bloomberg'. En théorie, les principaux membres de l'alliance doivent encore remettre en service environ 1,2 million de barils par jour de production, à l'arrêt depuis 2023. Mais l'Agence internationale de l'énergie prévoit une surabondance record sur les marchés pétroliers mondiaux, la croissance de la demande ralentissant tandis qu'elle continue de progresser chez les concurrents de l'OPEP, tels que les États-Unis, le Brésil, le Canada et le Guyana. De quoi freiner les ardeurs du cartel.
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