Pourquoi l'IA et la défense mettent sous tension les matières premières (WisdomTree)
(Zonebourse.com) - Dans une note d'analyse sur les matières premières, Mobeen Tahir, directeur de la recherche macroéconomique et des solutions tactiques chez WisdomTree, observe que la remontée des prix de l'énergie a une fois encore provoqué un sursaut de l'inflation aux Etats-Unis comme dans la zone euro. En réponse, la Réserve fédérale et la Banque centrale européenne (BCE) ont renoncé, du moins temporairement, à engager des baisses de taux. L'IA ajoute une dimension supplémentaire.
Pour l'analyste, "à terme, cette remontée devrait permettre de modérer les prix grâce aux gains de productivité". Toutefois, la phase de déploiement mobilise pour l'instant énergie, équipements et main-d'oeuvre. Ainsi, Mobeen Tahir estime que "l'IA exerce d'abord une pression inflationniste avant de devenir un facteur de désinflation. Le niveau plancher de l'inflation, quant à lui, semble désormais plus élevé qu'au cours de la décennie précédente".
L'or : correction passagère pour une tendance qui reste haussière
Selon lui, l'or a traversé une phase comparable en 2026. Son cours a franchi un sommet historique, dépassant 5 595 dollars l'once au début de l'année, avant de subir une nette correction. "Ce repli a coïncidé avec l'arrivée d'un nouveau président à la Fed, qui a rassuré les marchés, tandis que le conflit iranien a provoqué des ventes liées aux besoins de liquidités. Nous voyons dans cette correction un réajustement salutaire, intervenant au coeur d'une tendance haussière qui demeure intacte. L'or s'aligne progressivement sur sa juste valeur, tandis que notre modèle anticipe un cours avoisinant 4 563 dollars l'once à l'horizon du deuxième trimestre 2027", explique-t-il.
Centres de données et défense : la grande pression sur les métaux
Par ailleurs, selon Mobeen Tahir, l'électrification et la défense accentuent encore la tension sur les métaux. La part de l'électricité dans la consommation d'énergie à l'échelle mondiale ne cesse de croître. Selon l'Agence internationale de l'énergie, la demande devrait même dépasser le rythme de croissance de l'économie, portée notamment par les centres de données, le développement de la climatisation et la montée en puissance des véhicules électriques. Le cuivre y joue un rôle clé : rien que les besoins des centres de données représentent chaque année plusieurs centaines de milliers de tonnes supplémentaires sur un marché qui, d'ici 2035, devrait déjà afficher un déficit de plusieurs millions de tonnes.
La défense fait quant à elle appel aux mêmes métaux, alors que les budgets militaires mondiaux devraient atteindre le niveau record de 2 900 milliards de dollars en 2025, sachant que pour un seul F-35 (avion de chasse américain), plus de 400 kilogrammes de terres rares sont nécessaires.
"Cuivre, aluminium, argent, lithium et uranium se trouvent tous au croisement des besoins induits par l'IA et la défense. Nous pensons que pour chacun, les perspectives devraient continuer d'être relevées", constate Mobeen Tahir.
Energies fossiles : pourquoi la diversification reste essentielle
En outre, l'analyste souligne que les énergies fossiles ne disparaissent pas rapidement. En 2025, le pétrole assurait toujours près d'un tiers de l'approvisionnement énergétique mondial. Bien que les énergies renouvelables et le nucléaire connaissent une montée en puissance, la demande de pétrole et de gaz devrait, pour sa part, continuer de croître modérément jusqu'en 2035. "C'est notamment pour cette raison qu'un panier diversifié de matières premières, englobant combustibles fossiles, métaux industriels et précieux, mais aussi produits agricoles, demeure le reflet de l'économie face à laquelle les investisseurs cherchent à se prémunir", remarque Mobeen Tahir.
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source : AOF
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