Frappes israéliennes meurtrières à Gaza, le poste frontalier de Rafah entrouvert
Des bombardements israéliens ont fait mercredi 17 morts selon la Défense civile de Gaza, dans une nouvelle violation du fragile cessez-le-feu, pendant que le poste frontalier de Rafah avec l'Egypte reste entrouvert sous de très strictes conditions.
La Défense civile de Gaza, organisme de premiers secours placé sous l'autorité du Hamas, a annoncé que 17 Palestiniens, parmi lesquels des femmes et des enfants, avaient été tués tôt mercredi par des frappes aériennes ou tirs d'artillerie israéliens sur le nord et le sud du territoire.
L'armée israélienne a affirmé avoir mené des "frappes précises" avec l'aviation et des blindés, après que des "terroristes ont ouvert le feu" sur les soldats et blessé grièvement un officier.
Selon l'armée, l'incident s'est produit dans le nord de la bande de Gaza, près de la Ligne jaune, qui marque le retrait israélien d'environ la moitié du territoire aux termes de la première phase du plan de Donald Trump visant à mettre fin définitivement à la guerre.
En dépit d'un cessez-le-feu en place depuis le 10 octobre entre Israël et le Hamas, les violences meurtrières se poursuivent quotidiennement.
Dans le nord, 14 morts et des dizaines de blessés ont été transportés à l'hôpital al-Chifa de Gaza-ville, a déclaré son directeur, Mohammed Abu Salmiya, qui a dénoncé "une situation extrêmement difficile dans les hôpitaux du territoire, en raison des graves pénuries de médicaments et d'équipements".
Trois autres corps ont été transportés à l'hôpital Nasser de Khan Younès après des frappes qui ont touché des tentes et des maisons dans ce secteur du sud de Gaza, selon la Défense civile.
Le 31 janvier, des frappes israéliennes avaient fait 32 morts, selon la Défense civile, lors de l'une des journées les plus meurtrières depuis le début de la trêve. L'armée israélienne avait affirmé avoir riposté à des violations du cessez-le-feu.
"Retrouver mon pays"
Dans ce contexte de trêve très précaire et sous forte pression américaine, Israël avait accepté de rouvrir très partiellement lundi le passage de Rafah, seul accès au monde extérieur pour le territoire assiégé par Israël depuis le début de la guerre le 7 octobre 2023.
Cette réouverture a permis jusqu'à présent le passage de quelques dizaines de Palestiniens de Gaza dans les deux sens, essentiellement des malades ou blessés évacués vers l'Egypte, accompagnés de leurs proches, ou des habitants de retour après avoir reçu des soins.
Pendant la nuit de mardi à mercredi, un autocar transportant des Palestiniens de retour d'Egypte via Rafah est arrivé à Khan Younès, selon des images de l'AFP. Des femmes et des enfants en sont descendus, accueillis par leurs proches impatients de les serrer dans leurs bras.
"Je ne peux décrire ce que je ressens", a confié une Palestinienne, Fariza Barabakh. "Je suis si heureuse de retrouver mon mari, mes enfants, ma famille, mes bien-aimés, et bien sûr, retrouver mon pays".
"Le sentiment d'appartenir à une terre est plus important que tout autre", a-t-elle ajouté.
Le passage de Rafah, fermé depuis que l'armée israélienne en avait pris le contrôle du côté palestinien en mai 2024, devait rouvrir, aux termes du plan Trump, une fois les derniers otages retenus à Gaza libérés.
Les autorités israéliennes n'ont accepté pour l'heure qu'un passage très limité, sous des conditions très strictes, pour les habitants du territoire souhaitant rentrer d'Egypte, mais pas l'ouverture totale réclamée par les organisations humanitaires pour permettre une entrée massive de l'aide internationale.
Selon le ministère de la Santé de Gaza, placé sous l'autorité du Hamas, au moins 523 personnes ont été tuées par des frappes israéliennes depuis le 10 octobre, tandis que l'armée israélienne a annoncé avoir perdu quatre soldats.
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