Cinéma: la Berlinale ouvre pour examiner la complexité du monde
La 76e édition du festival de cinéma de Berlin s'ouvre jeudi soir avec une sélection de films éclectique qui reflète les tourments du monde et un jury présidé par la figure du cinéma allemand Wim Wenders.
Dans un monde de plus en plus polarisé, "il est plus crucial que jamais de défendre notre liberté artistique", revendique la directrice du festival Tricia Tuttle dans un entretien à l'AFP.
Le réalisateur Wim Wenders, âgé de 80 ans, a souligné jeudi matin que "les films peuvent changer le monde (...), l’idée que les gens se font de la façon dont ils devraient vivre". Ils s'inscrivent dans un "grand décalage sur cette planète entre les gens qui veulent vivre leur vie et les gouvernements qui ont d’autres idéaux", a-t-il ajouté.
Interrogé en conférence de presse sur le soutien allemand à Israël malgré l'offensive à Gaza, qualifiée de génocide par une commission de l'ONU en 2025, le cinéaste, Palme d'or à Cannes en 1984 avec "Paris, Texas", a estimé que son art devait "rester en dehors de la politique" dont il est "le contrepoids".
Premier grand rendez-vous de l'année de l'industrie du cinéma, le festival, perçu comme progressiste, s'ouvre dans un contexte international très tendu, avec notamment la répression sanglante en Iran.
Plusieurs thématiques émergent de la sélection, dont "la famille et l'intimité sous pression, les questions de soin, d'appartenance et l'expérience de vivre entre plusieurs mondes", estime Tricia Tuttle.
Film d'ouverture afghan
La cérémonie d'ouverture, qui débute à 19H00 locales (18H00 GMT), mettra à l'honneur l'actrice malaisienne Michelle Yeoh, oscarisée en 2023 pour "Everything, Everywhere, All at Once" et figure des films d'action asiatiques.
La composition majoritairement asiatique du jury - 4 membres sur 7 - reflète d'ailleurs l'attrait historique du festival pour ce continent.
Près de 200 films seront projetés jusqu'au 21 février, dont 22 en compétition officielle pour succéder à "Rêves" du Norvégien Dag Johan Haugerud, couronné de l'Ours d'or en 2025.
Comme l'année dernière, la Berlinale met à l'honneur une majorité de réalisatrices. Le film d'ouverture est l'œuvre d'une cinéaste afghane, Shahrbanoo Sadat, dont c'est le troisième long-métrage.
"No Good Men" évoque la maltraitance des femmes afghanes, avec humour et presque détachement, à travers l'histoire de Naru, journaliste vidéo à Kaboul, juste avant le retour des talibans au pouvoir.
Shahrbanoo Sadat a elle-même fui son pays en 2021 et réside désormais à Hambourg.
"Cela parle de l'expérience des femmes afghanes, que nous ne verrions pas sans le travail de Shahrbanoo", insiste Tricia Tuttle.
Hors compétition, "Roya", de l'Iranienne Mahnaz Mohammadi, raconte le dilemme d'une enseignante entre faire des aveux forcés et rester enfermée à la prison d'Evin, à Téhéran.
Hüller au masculin
Contrairement à Venise et Cannes, Berlin accueille peu de grosses productions au casting clinquant. A noter tout de même, "The Weight" avec Ethan Hawke et Russell Crowe, sur un homme forcé de faire passer de l'or en contrebande à travers la nature hostile de l'Oregon, dans l'Ouest américain, en pleine Grande Dépression dans les années 1930.
Le film a été tourné en Allemagne, alors que de plus en plus de productions américaines font le choix de tourner à l'étranger pour des raisons de coût.
En compétition, l'un des films les plus attendus est "Rosebush Pruning" d'un grand habitué de la Berlinale, le Brésilien Karim Aïnouz. Son long-métrage est présenté comme "une satire de la famille patriarcale traditionnelle".
Le casting, qui réunit Elle Fanning, Callum Turner, Jamie Bell ou encore Pamela Anderson, devrait électriser le tapis rouge samedi.
L'actrice allemande Sandra Hüller, à l'aura internationale depuis ses rôles dans "Anatomie d'une chute" et "La Zone d'intérêt", est elle aussi très attendue dans la peau d'un homme trompant un village allemand au 17e siècle. "Rose" est en lice pour l'Ours d'or.
Enfin, deux stars françaises viendront défendre un film: Juliette Binoche pour "Queen at Sea" (compétition officielle) de l'Américain Lance Hammer sur une fille confrontée à la démence sénile de sa mère, et Isabelle Huppert en comtesse vampire en quête d'un élixir de vie dans "The Blood Countess", d'Ulrike Ottinger.
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