Plateforme internationale d'images intimes volées à 17.000 femmes : deux frères incarcérés à Paris
Deux frères français ont été mis en examen et incarcérés vendredi à Paris, soupçonnés d'avoir administré une plateforme en ligne qui proposait la vente de contenus intimes volés à plus de 17.000 femmes, dont des mineures, dans le monde.
Le FBI et la justice française avaient annoncé mercredi le démantèlement de cette plateforme, baptisée NudeLeaksTeens.
Les deux hommes originaires du nord de la France sont, entre autres, mis en examen pour détention, diffusion, offre et mise en vente d'images pédopornographiques, a-t-on appris lors de leur passage devant le juge des libertés et de la détention.
Âgés de 21 et 25 ans, les frères, qui vivent chez leur mère, ont reconnu les faits en garde à vue.
Le site leur rapportait 30.000 à 60.000 euros par mois, a souligné le procureur. Chez les deux frères interpellés, les enquêteurs français ont saisi pour quelque 700.000 euros de monnaie virtuelle.
"On est sur une dimension industrielle d'utilisation de photos et vidéos non seulement volées, mais aussi pour une part non négligeable, pédocriminelles", a souligné le procureur, évoquant "une machine de destruction massive" pour les jeunes femmes visées.
"17.000 jeunes filles voient leur vie dévoilée. Pire que ça ! Le site fonctionnait sur une prime à ceux qui révèleraient des détails sur l'identité de ces femmes", a-t-il ajouté.
L'aîné des deux frères, nés à Villeneuve-d'Ascq (Nord), est soupçonné par les enquêteurs d'avoir fondé le site, avant de partager sa gestion avec son cadet, puis de lui passer le flambeau.
"Si j'avais su l'ampleur que ça prendrait, je ne me serais pas lancé là-dedans", a déclaré ce dernier à l'audience, essuyant quelques larmes. "Je ne savais pas que ça allait faire autant de dégâts sur des gens. Je suis désolé pour les victimes."
En couple depuis huit mois, le jeune homme n'a pas de travail déclaré, mais aimerait ouvrir "un site internet consacré au bien-être et aux conseils santé", lorsqu'il sortira de prison.
"Mon client a reconnu son implication dans les faits qui lui sont reprochés. Il s'est expliqué sur ceux-là, et continuera à coopérer pleinement au cours de l'information judiciaire en cours", a déclaré à l'AFP son avocat, Me Baptiste Bellet.
A l'audience, l'avocat a tenté de plaider que tous les fichiers partagés du site n'étaient pas des images volées par des moyens frauduleux, mais qu'il y avait aussi "une quantité de fichiers accessibles", sur des sites pornographiques par exemple.
"Mon client s’est expliqué sur les faits qui lui sont reprochés et entend coopérer dans le cadre de l’information judiciaire en cours", a commenté de son côté l'avocate de l'autre frère, Me Émilie Quinton.
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