7 885.42 PTS
+0.66 %
7 880.5
+0.54 %
SBF 120 PTS
5 979.23
+0.64 %
DAX PTS
25 400.84
+0.58 %
Dow Jones PTS
51 267.90
+0.18 %
31 076.44
+0.87 %
1.124
+0.2 %

L'Europe peut-elle vraiment protéger ses citoyens des dérives de l'IA?

| AFP | 75 | Aucun vote sur cette news
l'Union européenne peut-elle protéger efficacement ses citoyens contre les dangers de l'intelligence artificielle?
l'Union européenne peut-elle protéger efficacement ses citoyens contre les dangers de l'intelligence artificielle? ( ANDREJ IVANOV / AFP/Archives )

Face à la multiplication des incidents de sécurité et aux mises en garde apocalyptiques des lanceurs d'alerte, l'Union européenne peut-elle protéger efficacement ses citoyens contre les dangers de l'intelligence artificielle?

Bruxelles assure que oui, grâce à la loi européenne sur l'intelligence artificielle (AI Act), adoptée en 2024, qui oblige les fournisseurs à évaluer et réduire les risques de leurs modèles, sous peine de fortes amendes, voire même d'interdiction de les commercialiser dans l'UE.

Certaines dispositions ont été reportées et un des principaux volets, donnant à la Commission européenne de larges pouvoirs d'investigation, n'est entré en vigueur que cet été.

Cependant, les règles européennes "sont bien adaptées à la situation", assure Thomas Regnier, porte-parole de l'exécutif européen pour le Numérique.

"Vous pouvez vous sentir en sécurité en Europe, justement parce que nous avons mis en place des garde-fous", promet-il.

Grâce à ses nouveaux pouvoirs, Bruxelles a déjà envoyé plus de 30 demandes d'information à des entreprises, dont Anthropic et OpenAI
Grâce à ses nouveaux pouvoirs, Bruxelles a déjà envoyé plus de 30 demandes d'information à des entreprises, dont Anthropic et OpenAI ( SEBASTIEN BOZON / AFP/Archives )

Grâce à ses nouveaux pouvoirs, Bruxelles a déjà envoyé plus de 30 demandes d'information à des entreprises, dont Anthropic et OpenAI, sur des sujets allant du droit d'auteur à la cybersécurité.

La Commission affirme que la loi sur l'IA fonctionne comme prévu, plusieurs fournisseurs s'étant déjà pliés à ses demandes, sans préciser lesquels.

Mais il a fallu des mois de négociations pour que l'agence européenne de cybersécurité, l'Enisa, soit autorisée à tester Mythos, un modèle d'Anthropic dont la diffusion en dehors des États-Unis a été fortement restreinte par le gouvernement américain.

Une situation susceptible de se reproduire, selon un responsable européen ayant requis l'anonymat.

"Expérimentations dangereuses"

La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, a par ailleurs annoncé en septembre vouloir réunir les laboratoires travaillant sur les modèles d'IA les plus avancés, pour contribuer aux efforts du secteur visant à ralentir leur développement afin de mieux maîtriser les risques. Et avec la loi sur l'IA, "l'Europe est à même de façonner les efforts à mener à l'échelle mondiale", a-t-elle estimé.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors d'une session plénière du Parlement européen à Strasbourg,  le 16 septembre 2026 dans l’est de la France
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, lors d'une session plénière du Parlement européen à Strasbourg, le 16 septembre 2026 dans l’est de la France ( Jean-Christophe VERHAEGEN / AFP/Archives )

Mais il est difficile pour les Européens de donner le ton en matière de gouvernance mondiale de l'IA, quand les États-Unis de Donald Trump s'opposent à toute régulation du secteur et veulent laisser le secteur s'auto-réguler.

Quatre eurodéputés, dont le social-démocrate Brando Benifei, l'un des principaux architectes de la loi sur l'IA, appellent de leur côté à combler des "failles législatives".

Ils regrettent que l'UE ait renoncé à imposer des "obligations de responsabilité" aux fournisseurs de services d'IA pour les dommages qu'ils pourraient causer, se privant ainsi d'un levier juridique important.

La loi actuelle "ne s'applique pas à la phase de recherche et développement, ni aux essais. Cela laisse les gens et les entreprises en Europe à la merci de ces expérimentations dangereuses", ont-ils dénoncé le mois dernier.

Une affirmation contestée par la Commission. La loi sur l'IA peut être "appliquée à tout fournisseur, dès la phase de tests, si une perte de contrôle ayant des conséquences sur le marché intérieur européen se produit", telles que des cyberattaques, explique Thomas Regnier.

Harshvardhan Pandit, chercheur au Trinity College de Dublin, regrette lui aussi l'absence d'une obligation de responsabilité et appelle l'Europe à s'en doter.

Mais la loi européenne impose bien aux fournisseurs de mettre sur le marché des modèles considérés comme sûrs, relève-t-il, ajoutant que l'UE dispose d'autres outils pour réguler le secteur, notamment ses règles sur la cybersécurité et la protection des données.

Influence américaine

Brando Benifei fait valoir que l'AI Act avait anticipé les incidents de type perte de contrôle d'agents d'IA observés ces derniers mois, mais il s'inquiète de la capacité du Bureau de l'IA, le service dédié de la Commission, à appliquer ce texte.

Des robots humanoïdes et quadrupèdes lors d’ une manifestation réclamant la réglementation du développement de l'intelligence artificielle, le 7 septembre 2026 à Varsovie, en Pologne
Des robots humanoïdes et quadrupèdes lors d’ une manifestation réclamant la réglementation du développement de l'intelligence artificielle, le 7 septembre 2026 à Varsovie, en Pologne ( Sergei GAPON / AFP/Archives )

"La Commission européenne doit garantir que le bureau disposera du soutien politique, de l'autonomie opérationnelle, des moyens et des équipes techniques pour agir rapidement et efficacement", a déclaré l'eurodéputé à l'AFP.

Mais même si elle s'en donne les moyens, l'Europe osera-t-elle s'attaquer aux champions américains du secteur, alors qu'elle subit des assauts répétés des États-Unis contre sa réglementation numérique?

Un défi que ne minimise pas le responsable européen interrogé par l'AFP, compte tenu de la forte dépendance de l'UE aux technologies américaines.

Il estime toutefois que l'Europe pourrait mieux se défendre en développant ses propres technologies.

"L'Europe doit se doter de ses propres capacités, de la fabrication de processeurs aux services cloud", abonde Brando Benifei, qui propose aussi de créer un institut public européen dédié à l'IA et de renforcer la coopération avec des pays partageant les mêmes vues, comme le Canada, comme a dit vouloir le faire la présidente de la Commission.

 ■

Copyright © 2026 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés.

Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, transmise, rediffusée, traduite, vendue, exploitée commercialement ou utilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP. l'AFP ne pourra être tenue pour responsable des délais, erreurs, omissions, qui ne peuvent être exclus ni des conséquences des actions ou transactions effectuées sur la base de ces informations.

Votez pour cet article
0 avis
Note moyenne : 0
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
  • 0 vote
Actions les plus vues

Classement des actions les plus vues, pour la période du mardi 29 septembre 2026 au lundi 05 octobre 2026, des marchés Euronext Paris, Bruxelles, Amsterdam, Growth Paris, NASDAQ et NYSE sur le site et l'application Bourse Direct.

SUR LE MÊME SUJET
Publié le 30/09/2026

Le président américain Donald Trump s'adresse à la presse entouré par les grands patrons de l'IA, le 29 septembre 2026 à la Maison Blanche, à Washington ( Kent NISHIMURA / AFP )Confrontés…

Publié le 29/09/2026

L'UE a imposé à Google des mesures visant à favoriser la concurrence dans les services de recherche, et à ouvrir Android aux IA développées par ses rivaux, malgré les vives protestations du…

À LIRE AUSSI SUR BOURSE DIRECT
Publié le 06/10/2026

Sur le plan statistique : Allemagne : 8h00 Commandes d'usines d'août (-1% attendu après +2,5) France : 8h45 Production industrielle d'août (+0,2% attendu après…

Publié le 06/10/2026

(Zonebourse.com) - Le Slip Français surperforme la Bourse de Paris mardi matin dans le sillage de la publication de chiffres d'activité à neuf mois jugés rassurants, surtout au vu de…

Publié le 06/10/2026

Les marchés boursiers européens bénéficient d'une accalmie générale sur les taux des dettes souveraines.

Publié le 06/10/2026

(Zonebourse.com) - Le déficit du budget de l'Etat français s'est creusé fin août notamment du fait de l'augmentation de la charge de la dette liée à la hausse des taux d'intérêt, selon les…

L'ouverture de votre compte Bourse Direct est gratuite et s'effectue en ligne en quelques minutes.

Dans le cas d'un transfert de compte, Bourse Direct prend en charge 100% de vos frais, à hauteur de 200 € par compte.

WEBINAIRE

Diversifiez votre portefeuille avec les ETF

Mercredi 7 octobre 2026
à 14h