Bilan hebdo : le CAC40 gagne encore du terrain sous une avalanche de résultats
Au sommet !
Le marché parisien ne s'arrête plus ! En hausse de 0,77% sur cinq séances, le CAC40 signe une quatrième semaine de progression avec, logiquement, de nouveaux records à la clef. Les très nombreuses publications d'entreprises ont globalement été bien accueillies malgré quelques déceptions. A Wall Street, la star de la semaine était Nvidia. La première capitalisation boursière mondiale et baromètre du secteur de l'IA a encore une fois présenté des chiffres impressionnants mais les investisseurs ont fait la fine bouche, continuant de s'interroger sur la rentabilité des dépenses colossales du secteur technologique.
Dans un autre registre, les opérateurs guettent de près les potentielles répercussions de la faillite de Market Financial Solutions, la société britannique de prêts hypothécaires. Une nouvelle brèche dans un marché du crédit privé qui inquiète de plus en plus. La prudence reste par ailleurs de mise concernant la géopolitique, alors que les négociations entre Iraniens et Américains visant à résoudre leur différend de longue date sur le programme nucléaire de Téhéran se poursuivent.
Dans ce contexte géopolitique toujours tendu, le baril de pétrole termine la semaine sur un nouveau gain d'environ 1,5% à 72,6$ pour le Brent. Les prix du pétrole affichent un gain de près de 20% en 2026, et évoluent au plus haut niveau depuis juillet dernier. Sur le marché des devises, l'euro se maintient au-dessus des 1,18$ face au billet vert. L'once d'or progresse de près de 2,5% sur la semaine, proche des 5.250$. Enfin, le bitcoin reste scotché autour des 66.000$.
LES VALEURS
* Eramet rebondit vivement de près de 21% après avoir plongé la semaine passée dans le sillage de sa publication annuelle. Le groupe minier a notamment bénéficié d'une actualité sectorielle porteuse puisque le Zimbabwe a suspendu ses exportations de concentrés de lithium et de minerais bruts afin d'inciter les entreprises minières à implanter leurs unités de traitement sur son territoire. L'interdiction d'exportation est effective immédiatement et jusqu'à nouvel ordre, a déclaré le ministre des Mines, Polite Kambamura, cité par 'Bloomberg'. Le Zimbabwe possède certaines des plus importantes réserves de lithium d'Afrique et figure parmi les principaux producteurs mondiaux, avec des ressources estimées à 126 millions de tonnes, selon les données officielles.
* Worldline s'envole de 13,4% après son point annuel. Le spécialiste des moyens de paiement a dégagé un excédent brut d'exploitation ajusté de 841 millions d'euros en 2025, conforme à l'objectif du groupe. En octobre, le management avait resserré son objectif d'EBE, visant entre 830 et 855 millions d'euros, contre une fourchette initiale de 825-875 ME. Le chiffre d'affaires est ressorti à 4,5 milliards d'euros, en déclin organique de 2,4% mais conforme à l'objectif d'une baisse entre 1% et 4%. La perte nette s'établit à -5,157 MdsE, incluant -4,647 MdsE de dépréciations de goodwill. D'ici la fin du premier semestre 2026, Worldline prévoit d'avoir considérablement renforcé son bilan et son profil de trésorerie, grâce au produit des cessions d'actifs, environ 540 à 590 ME, et à l'augmentation de capital prévue de 500 ME. Conjuguées à une gestion rigoureuse du capital, ces mesures sous-tendent une trajectoire de désendettement claire, avec pour objectif un ratio dette nette inférieur à 2,0 fois l'EBE ajusté d'ici 2026.
* Ipsos gagne 10,9%. Le groupe a enregistré l'an passé un résultat net ajusté part du Groupe de 240 millions d'euros, en repli de 1,5%, mais supérieur aux 219,3 ME attendus par le consensus 'Bloomberg'. La marge opérationnelle s'établit à 12,3% et 12,8% hors effet transitoirement dilutif lié aux acquisitions de The BVA Family et d'infas, alors que la marge brute ressort à 67,8%, contre 68,7% en 2024. Le groupe cite le contexte politique incertain, combiné à des marges de manoeuvre budgétaires plus limitées pour les États, qui ont pesé sur l'activité Affaires Publiques et, par conséquent, sur sa performance consolidée. Le management vise une croissance organique de 2% à 3% en 2026, avec une marge opérationnelle équivalente à 2025. Les priorités d'allocation du capital demeurent inchangées, avec la poursuite d'une stratégie d'acquisitions ciblées et le renforcement des investissements dans la technologie.
* Engie bondit de 10%, dopé par l'annonce de l'acquisition de UK Power Networks, en même temps que la publication de résultats annuels globalement conformes aux attentes du marché. Le groupe a dégagé en 2025 un Ebit hors nucléaire de 8,8 milliards d'euros (-1,5% en variation brute, +2,2% en organique), un Ebitda de 13,4 milliards (+0,2% en variation brute, +2,8% en organique) pour un chiffre d'affaires de 71,9 milliards (-2,5% en variation brute, -0,7% en organique). Engie prévoit d'atteindre un résultat net récurrent part du Groupe compris entre 4,6 et 5,2 MdsE en 2026 contre une fourchette de 4,2 à 4,8 MdsE annoncée précédemment. Cet objectif est lié à l'intégration de UKPN à partir du 1er juillet et à l'ajustement du portefeuille d'actifs. L'Ebit hors nucléaire est désormais attendu dans une fourchette indicative de 8,7 à 9,7 MdsE, contre 8,2 à 9,2 MdsE précédemment. L'énergéticien a donc également annoncé la signature d'un accord en vue d'acquérir 100% de UKPN, le distributeur d'électricité de référence au Royaume-Uni, pour une valeur en fonds propres de 10,5 milliards de livres sterling (12 MdsE environ). Les analystes considèrent cette opération comme un catalyseur positif, améliorant le portefeuille d'activités du producteur d'électricité et devant probablement se traduire par une hausse des bénéfices à l'avenir.
* Euronext avance de 9,9%, soutenu par des avis d'analystes. Oddo BHF a revalorisé le dossier de 152 à 155 euros tout en réitérant son avis 'surperformer'. Le courtier explique que le titre se négocie sur un multiple de bénéfices prévisionnels attractif de 16,8, reflétant une décote de 20% par rapport à ses concurrents, malgré le repli du secteur dans son ensemble dû aux craintes de disruption par l'IA (non pertinentes pour ENX). Kepler Cheuvreux a de son côté relevé à l''achat' sa recommandation sur la valeur.
* Technip Energies grimpe de 8,5%, dopé par ses résultats annuels et le grain de plusieurs contrats dont un "majeur". Sur l'exercice clos, l'entreprise de technologies et d'ingénierie dans les infrastructures énergétiques et de décarbonation a enregistré un EBITDA récurrent ajusté en augmentation de 5% à 637,9 millions d'euros, un EBIT récurrent ajusté en progression de 4% à 514,6 millions d'euros, pour un chiffre d'affaires record de 7,2 milliards d'euros (+5%), grâce à la croissance des activités liées aux projets de GNL, de décarbonation et de contrats offshore. Le consensus 'Bloomberg' tablait sur un EBIT récurrent ajusté de 502,8 ME pour des revenus de 7,29 MdsE. Le groupe, leader d'une joint-venture avec Consolidated Contractors Company (CCC) et Gulf Asia Contracting (GAC), a donc également remporté auprès de QatarEnergy un contrat pour l'ingénierie, la fourniture des équipements, la construction et la mise en service (EPCC) des installations de gaz naturel liquéfié (GNL) à terre du projet North Field West (NFW). Un contrat " majeur " pour Technip Energies est un contrat représentant plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires.
A l'inverse, * Forvia chute de 12,7%. L'équipementier automobile a organisé une journée investisseurs au cours de laquelle il a présenté 'Ignite', sa nouvelle feuille de route stratégique. Ce plan vise à renforcer le positionnement du Groupe, à réduire la complexité et à permettre une flexibilité financière grâce à un désendettement rigoureux, créant ainsi les conditions d'une croissance accélérée et d'une génération durable de cash-flow net à moyen terme. Le groupe, qui prévoit de supprimer 10.000 emplois en Europe, vise une marge opérationnelle d'au moins 7% à l'issue de la première phase de son plan stratégique en 2028, ainsi qu'un chiffre d'affaires de 21-22 milliards d'euros à taux de changes constants et en incluant des désinvestissements potentiels. Le cash-flow net devrait représenter environ 3,5% des revenus.
* Pernod Ricard et Remy Cointreau reculent de respectivement 9,9% et 9,1%. Les deux firmes françaises ont perdu du terrain dans le sillage de Diageo à Londres. Le premier groupe mondial de spiritueux a revu une nouvelle fois à la baisse son objectif de ventes annuelles en raison de la faiblesse du marché américain, et annoncé une réduction de moitié de son dividende.
* Viridien trébuche de 8,8%. Le groupe figurant parmi les 1ers fournisseurs mondiaux de services et de produits géophysiques destinés aux compagnies pétrolières et gazières prévoit de générer environ 100 millions de dollars de cash-flow net en 2026, après 107 M$ en 2025, contre un objectif de 100 M$. "Cette trésorerie sera dédiée une nouvelle fois au désendettement, renforçant encore la structure financière du groupe", a déclaré Sophie Zurquiyah, présidente-directrice générale de Viridien, au sujet du cash-flow net de 2026. Le groupe a enregistré l'an passé un résultat net IFRS de 71 M$, en hausse de 40%, pour un chiffre d'affaires des activités de 1,17 milliards de dollars, en amélioration de 4%, conformément aux attentes du marché.
* Bic abandonne 5,7% après l'annonce de résultats globalement proches des attentes et d'une guidance jugée décevante pour 2026. Sur l'année 2025, le chiffre d'affaires du groupe s'est établi à 2,09 milliards d'euros, en baisse de 0,9% à taux de change constants, dans un environnement particulièrement difficile aux Etats-Unis. La marge brute a atteint 48,8% (50,2% en 2024), soit 1,019 MdE, en raison de l'augmentation des coûts des matières premières et de l'électricité, ainsi que de l'impact négatif des droits de douane et de la fluctuation des devises. La marge d'exploitation ajustée est ressortie à 13,6% (15,6% en 2024), principalement suite à la baisse de la marge brute. CIC Market Solutions ('neutre') affirme que les résultats sont " globalement conformes aux prévisions ", mais la société a émis des perspectives " très prudentes " pour 2026. La direction entrevoit une amélioration des tendances cette année, mais la croissance devrait rester négative, alors que le consensus prévoyait une croissance.
* Valeo cède 5,6% après sa publication annuelle, marquée par un cash-flow libre ajusté record, fruit de son positionnement stratégique et des gains de productivité réalisés dans la R&D. L'équipementier automobile a dégagé l'an passé une marge opérationnelle de 977 millions d'euros, représentant 4,7% du chiffre d'affaires, en ligne avec la fourchette cible, et en progression de 0,4 point. Le résultat net est ressorti à 200 millions d'euros, en progression de 23%, et le free cash-flow à 756 millions d'euros, contre 551 ME en 2024. La dynamique commerciale est bonne avec des prises de commandes de 24,6 milliards d'euros, en hausse de 38% sur l'année, dont +47% au second semestre. En 2026, conformément à la trajectoire du Plan Elevate 2028, Valeo vise une poursuite de l'amélioration de sa rentabilité et de sa génération de cash dans un environnement qui demeure exigeant.
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