Wall Street : vers une ouverture en forte baisse avec les craintes inflationnistes
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Vers une fin de semaine agitée à New York. Au lendemain de nouveaux records pour le S&P 500 et le Nasdaq, soutenus par des résultats exceptionnels et l'optimisme quant aux gains de productivité liés à l'IA, les contrats à terme sur les actions américaines reculent nettement, rattrapés par l'accélération des pressions inflationnistes liées à la guerre en Iran. L'inflation des prix à la production aux États-Unis a grimpé en avril à son rythme le plus rapide depuis 2022, tandis que l'indice des prix à la consommation a enregistré sa plus forte hausse depuis 2023.
Dans ce contexte, les responsables de la Fed sont de plus en plus nombreux à considérer l'idée d'un durcissement monétaire. Selon l'outil CME FedWatch, la probabilité de statu quo monétaire le 17 juin à l'issue de la prochaine réunion FOMC se situe à 99,4%, mais les chances de voir la Réserve fédérale relever ses taux d'ici la fin de l'année ont été revues en forte hausse : les traders estiment à 60% la probabilité que la Fed procède à un resserrement monétaire cette année contre deux baisses de taux anticipées avant la guerre en Iran.
Ces craintes inflationnistes surviennent alors que la saison des résultats des entreprises américaines est pour le moins exceptionnelle, avec une croissance des profits au plus haut niveau depuis plus de vingt ans, hors périodes de reprise après des chocs majeurs. Le bénéfice par action des entreprises du S&P 500 a ainsi bondi de 27% au premier trimestre par rapport à l'année précédente, soit plus du double des prévisions des analystes, souligne 'Bloomberg'.
La vigueur du pétrole (+3% pour le Brent à 109$) - le détroit d'Ormuz reste quasiment bloqué - et le retour au premier plan de l'inflation provoquent de grosses secousses sur le marché obligataire en cette fin de semaine. Les rendements des bons du Trésor américain sont au plus haut niveau depuis un an, à l'instar de ceux de leurs homologues européens et japonais.
Très attendue, la visite de Donald Trump en Chine n'a pas réservé de grosses surprises. Le président américain a néanmoins affiché un certain optimisme quant au futur des relations sino-américaines tout en affirmant perdre patience avec l'Iran, les négociations visant à mettre fin à leur conflit restant dans l'impasse. "Nous avons conclu des accords commerciaux fantastiques, excellents pour les deux pays", a déclaré avant son départ le locataire de la Maison blanche. La chaine de télévision 'CCTV', citant Donald Trump, a rapporté que le président américain avait indiqué avoir conclu de multiples accords en Chine et que les relations bilatérales entre les deux pays allaient sûrement s'améliorer. Elle a ajouté que les deux dirigeants avaient échangé leurs points de vue sur les problèmes régionaux les plus sensibles et que la Chine et les États-Unis étaient convenus de coordonner leurs approches et de supprimer les interférences.
"On ne voit toujours aucun signe de réouverture d'Ormuz, alors que le prix du pétrole brut continue de grimper", explique à 'Bloomberg' Alberto Tocchio, gestionnaire de portefeuille chez Kairos Partners. "N'oublions pas non plus que ces derniers jours, les données relatives à l'IPC et à l'IPP aux États-Unis ont été plutôt alarmantes".
Sur le front macro, les marchés suivront ce jour l'indice manufacturier Empire State de la Fed de New York ainsi que la production industrielle.
Sur le marché des devises, l'euro recule de 0,4% face au billet vert, à 1,162 dollar. L'or consolide de plus de 2% à 4.550 dollars l'once. Enfin, le bitcoin reprend plus de 1% au-dessus des 80.550 dollars.
Les valeurs
* Cerebras Systems s'est envolé de plus de 68% lors de sa première journée de cotations jeudi à Wall Street après avoir levé 5,5 milliards de dollars lors de la plus importante introduction en bourse de l'année. L'action du fabricant de puces a clôturé à 311,07$, après avoir ouvert à 350$, soit près du double de son prix d'intro, et un plus haut en séance à 385$. Grâce à cette incroyable poussée, le concurrent de Nvidia et AMD pèse désormais près de 70 milliards de dollars en Bourse. En tenant compte des actions à distribution restreinte, des options et des bons de souscription, la capitalisation boursière de la société, après dilution, s'élève même à près de 83 Mds$, souligne 'Bloomberg'.
L'IPO est également la plus grosse jamais réalisée aux Etats-Unis par une entreprise de semi-conducteurs, dépassant les 5,23 milliards de dollars levés par Arm Holdings en 2023. La hausse de 68% enregistrée par l'action dès son premier jour de cotation par rapport à son prix d'introduction est par ailleurs la plus importante depuis 2000 pour une société américaine levant plus de 4 milliards de dollars, d'après les données de l'agence.
Cerebras avait initialement mis sur le marché 30 millions d'actions à un prix unitaire compris entre 150 et 160 dollars, après avoir précédemment augmenté la taille et la fourchette de prix de son offre. Mais l'intérêt des investisseurs pour l'IPO a été exceptionnellement fort, la demande dépassant de plus de 25 fois l'offre, selon 'Bloomberg'. De quoi illustrer un peu plus l'appétit croissant des opérateurs pour les centres de données d'intelligence artificielle et les puces qui les font fonctionner.
La société basée à Sunnyvale en Californie a noué des partenariats dans l'ensemble du secteur de l'IA, notamment Amazon et OpenAI. Plus tôt cette année, OpenAI a lancé son premier modèle d'IA fonctionnant sur des puces Cerebras. "Nous avons construit une puce de la taille d'une assiette. Elle est 58 fois plus grande que toutes les puces construites jusqu'à présent", a déclaré Andrew Feldman, DG de Cerebras, à 'Yahoo Finance', soulignant qu'en matière d'IA, les puces plus grandes traitent l'information plus rapidement. "Nous sommes plus de 15 fois plus rapides que nos concurrents", a-t-il ajouté. Cerebras est déterminé à poursuivre le développement de son expertise unique en matière de calcul d'IA, avec l'ambition de se hisser parmi les leaders technologiques de ce marché lucratif, selon son fondateur.
* Boeing a clôturé en baisse de près de 5% hier soir à Wall Street malgré l'annonce triomphante de Donald Trump. Lors de sa visite en Chine, le président a annoncé que Pékin avait accepté d'acheter 200 avions Boeing dans le cadre d'un contrat de plusieurs milliards de dollars, marquant ainsi le premier achat d'avions commerciaux américains par le géant asiatique depuis près de dix ans. "Il a accepté une chose aujourd'hui : il va commander 200 avions (...) Boeing en voulait 150, ils en ont obtenu 200", a déclaré Donald Trump lors de l'émission 'Hannity' sur 'Fox News'.
Reste que les investisseurs attendaient nettement plus. Une commande de 200 appareils "est décevante pour un marché qui en attendait 300, voire plus, et dont les détails concernant le type étaient encore flous", affirme George Ferguson, analyste chez 'Bloomberg Intelligence'. Tant que la commande n'est pas confirmée par une compagnie aérienne, "elle ne sera pas inscrite dans le carnet de commandes et, par le passé, des accords conclus par le gouvernement chinois pour la vente d'avions n'ont pas été finalisés". Les médias américains évoquaient depuis plusieurs semaines un potentiel accord historique portant sur plus de 500 avions...
La Chine n'a pas dévoilé de commande majeure auprès de Boeing depuis la dernière visite de Trump dans le pays en 2017, et une grande partie de cet accord avait déjà été annoncée. Pékin commande généralement des avions en gros auprès de Boeing et de son concurrent Airbus, puis les répartit entre les compagnies aériennes nationales.
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