Wall Street : SpaceX paré au décollage
La plus grande introduction en bourse de l'histoire, c'est aujourd'hui !
La cote américaine est attendue en légère hausse avant bourse ce vendredi, au lendemain d'un puissant rallye alimenté par... les espoirs d'accord en Iran. Le Dow Jones regagne encore 0,5%, le S&P 500 0,3% et le Nasdaq 0,1% en pré-séance. Hier soir, le Nasdaq s'était enflammé de 2,54% et le Dow Jones de 1,86%, Trump ayant "annulé" les frappes sur l'Iran et signalé pour la énième fois (la dernière ?) qu'un accord de paix serait imminent et pourrait être signé dès ce week-end... Les algorithmes ont manifesté ainsi leur allégresse hier sur cette nouvelle annonce du locataire de la Maison Blanche.
Les cours du brut reculent donc ce jour dans l'attente de l'accord supposé, le baril WTI cédant 2,7% à 85,3$. Trump a indiqué que le deal présumé concernant l'Iran impliquerait une réouverture immédiate du détroit d'Ormuz. Les marchés ont déjà entendu cette phrase à de multiples reprises, mais il semblerait que l'effet n'en soit pas moindre. Trump a déclaré hier soir à la Maison Blanche que les États-Unis venaient de conclure un excellent accord dans le conflit avec l'Iran, ajoutant qu'une signature pourrait avoir lieu dès ce week-end en Europe, en présence du vice-président JD Vance. Interrogé sur l'approbation de l'accord par le guide suprême iranien, l'ayatollah Mojtaba Khamenei, Donald Trump a répondu : "D'après ce que je comprends, la réponse est oui".
Du côté iranien, le ton est toutefois resté plus prudent. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baghaei, a expliqué que de larges parties de l'accord avaient été finalisées, tout en précisant qu'aucune décision définitive n'avait encore été prise. "Nous ne sommes pas parvenus à une conclusion finale sur cette question", a-t-il dit, ajoutant que le dossier faisait toujours l'objet d'un examen par les instances décisionnelles compétentes. Téhéran insiste notamment sur le respect de ses "lignes rouges".
Le locataire de la Maison Blanche a répété que tout accord devait garantir que l'Iran ne puisse jamais se doter de l'arme nucléaire. "L'essentiel est qu'il n'y aura pas d'armes nucléaires en Iran. Cela signifie ni développées ni achetées", a-t-il souligné lors d'un événement de campagne. Téhéran continue de nier toute volonté de développer une arme atomique. En échange, l'Iran réclame notamment la levée des sanctions internationales, le déblocage de plusieurs milliards de dollars d'avoirs gelés et la reconnaissance de son contrôle sur le détroit d'Ormuz.
Ces déclarations intervenaient seulement quelques heures après que Trump eut annoncé sur les réseaux sociaux que les États-Unis renonceraient aux frappes militaires dont ils avaient menacé l'Iran, revenant ainsi sur les menaces antérieures de s'emparer du terminal pétrolier de l'île de Kharg, vital pour les exportations iraniennes.
"Les États-Unis vont frapper l'Iran (dont la marine, l'armée de l'air, les radars, la défense antiaérienne et toutes les autres formes de défense, ainsi que la majeure partie de ses capacités offensives, ont disparu !) TRÈS FORT ce soir. Dans un avenir proche, nous nous emparerons de l'île de Kharg et d'autres infrastructures pétrolières stratégiques, et nous prendrons le contrôle total de leurs marchés pétroliers et gaziers, comme nous l'avons fait avec le Venezuela, ce qui s'avère extrêmement profitable tant pour le Venezuela que pour les États-Unis", avait ainsi lancé hier Trump sur Truth Social.
Un haut responsable iranien a indiqué qu'un accord était probable, a déclaré selon Bloomberg un responsable du G7. Un autre responsable du G7 a précisé qu'il prendrait vraisemblablement la forme d'un mémorandum d'entente plutôt que d'un accord définitif. Le sommet de cette année se tient à Évian, dans les Alpes françaises, du 15 au 17 juin. Genève, en Suisse, située à proximité, est envisagée comme lieu potentiel pour la signature dès dimanche, selon des sources de Bloomberg. Le responsable a toutefois souligné que l'Iran n'avait pas encore confirmé être prêt pour une cérémonie de signature et que les communications entre son gouvernement et les États-Unis étaient lentes depuis le début du conflit. Un autre responsable du G7 a confirmé que des signes indiquaient que les États-Unis et l'Iran étaient proches d'une signature, mais a également averti que les progrès diplomatiques antérieurs ne s'étaient pas concrétisés.
L'accalmie géopolitique relative tombe bien pour SpaceX, qui entre en bourse ce jour sur le Nasdaq. Il s'agit de la plus grande introduction en bourse de tous les temps, la levée de fonds et la capitalisation initiale étant attendues record.
La pause géopolitique semble aussi dissiper momentanément les craintes concernant les taux de la Fed et l'inflation. L'indice américain des prix à la consommation du mois de mai 2026 publié cette semaine s'est affiché en croissance de 0,5% d'un mois sur l'autre et de 4,2% sur un an, comme attendu. Hors alimentaire et énergie, l'IPC a progressé de 0,2% par rapport au mois d'avril et de 2,9% sur un an, niveau également en ligne avec les anticipations des économistes de la place. Notons tout de même que l'inflation globale dépasse les 4% pour la première fois en trois ans.
L'indice américain des prix à la production du mois de mai publié hier a augmenté de 1,1% d'un mois sur l'autre et de 6,5% sur un an, contre un consensus de +0,7% par rapport à avril et +6,4% en glissement annuel. Hors alimentaire et énergie, l'indice des prix à la production s'est apprécié de 0,4% d'un mois sur l'autre et 4,9% sur un an (+0,4% de consensus par rapport au mois antérieur). Ainsi, l'inflation américaine "de gros", alimentée par les prix de l'énergie, ressort pour sa part au plus haut de quatre ans.
Enfin, l'indice préliminaire du sentiment des consommateurs américains de l'Université du Michigan pour le mois de juin sera annoncé ce vendredi à 16 heures (consensus 47,8).
Les valeurs
Adobe, le groupe software américain, corrige avant bourse à Wall Street. Le groupe a annoncé des résultats du 2e trimestre supérieurs aux attentes de marché, évoquant par ailleurs le départ de son directeur financier Dan Durn - qui rejoint Marvell Technologies. Sur le trimestre clos, les revenus ont progressé de 13% à 6,62 milliards de dollars, pour un bénéfice ajusté par action de 5,96$. Le consensus était d'environ 6,5 milliards de recettes et 5,8$ de bpa ajusté. Adobe anticipe pour l'exercice un bpa ajusté de 24,35 à 24,45$, pour des revenus de 26,5 à 26,6 milliards. Sur le 3e trimestre juste entamé, les revenus sont anticipés entre 6,67 et 6,72 milliards, pour un bpa ajusté de 6,05 à 6,10$.
Lennar, le promoteur immobilier américain, a publié pour son 2e trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 1,31$, au-dessus du consensus, contre 1,9$ sur la période correspondante de l'an dernier. Les revenus ont été de 7,94 milliards de dollars, ratant en revanche le consensus de place, alors qu'ils se situaient à 8,38 milliards de dollars un an auparavant. Les livraisons de logements ont augmenté de 2% à 20.519 unités, mais le prix moyen de vente a chuté de 5%. Stuart Miller, président exécutif et DG, a déclaré que le trimestre avait été marqué par les mêmes vents contraires tenaces qui ont mis à l'épreuve le marché du logement au cours des dernières années : des taux d'intérêt constamment élevés, une accessibilité limitée et un sentiment de consommation prudent, exacerbés par l'incertitude géopolitique et l'inflation.
Sur son 3e trimestre, le groupe anticipe les livraisons de 20.500 à 21.500 logements, sur un prix moyen de vente de 375.000 à 380.000$. Le groupe abaisse sa guidance annuelle de livraisons entre 82.000 et 83.000 logements.
Nvidia a informé ses clients chinois que ses nouveaux processeurs centraux 'Vera' pour les centres de données IA pourraient être disponibles dès août et qu'ils peuvent commencer à passer des commandes, indique Reuters, citant des sources proches du dossier. Selon certaines sources de Reuters, des clients chinois ont manifesté leur intérêt pour la puce Vera, le premier processeur (CPU) autonome de Nvidia conçu pour l'IA agentique. Lors de la présentation de Vera en mars, Huang prévoyait qu'elle deviendrait le prochain secteur d'activité à succès de l'entreprise.
SpaceX. Le prix de l'introduction en bourse historique de SpaceX sur le Nasdaq a été confirmé hier soir à 135$ pièce, ce qui ferait ressortir une capitalisation de 1.750 milliards de dollars après cette levée de fonds voisine de 75 milliards. Le groupe propose de vendre 555.555.555 titres, avec une option de surallocation éventuelle de 83.333.333 actions qui gonflerait la levée de capitaux de 11,2 milliards de dollars. Le titre cotera cet après-midi sur le Nasdaq sous le symbole 'SPCX'. L'offre a été largement sursouscrite. Elle constituera un test majeur, alors que deux autres IPO record sont attendues plus tard cette année, celles des startups d'IA OpenAI et Anthropic.
Les échanges pré-IPO de produits dérivés liés à SpaceX laissent présager selon Bloomberg une hausse... de 30 à 50% du cours pour l'entreprise d'Elon Musk spécialisée dans les fusées, les satellites et l'intelligence artificielle, alors que les investisseurs particuliers affluent.
Les produits dérivés proposés par le courtier en ligne IG International affichaient une capitalisation boursière de 2.400 milliards de dollars vendredi matin à Singapour, soit une progression de plus de 35% par rapport au prix de 135$ et à la valorisation de 1.770 milliards de dollars lors de l'introduction en bourse. Les contrats à terme perpétuels liés à SpaceX, des contrats sans date d'expiration, s'échangeaient autour de 180$ sur la plateforme de cryptomonnaies Hyperliquid, ce qui impliquait une valorisation de plus de 2.300 milliards, note encore Bloomberg. Les traders de Polymarket estiment à 70% la probabilité que SpaceX clôture au-dessus de 2.000 milliards de dollars de capitalisation boursière dès son premier jour de cotation, relève l'agence...
Les investisseurs particuliers ont passé des ordres d'achat pour un montant supérieur à 100 milliards de dollars en vue de l'introduction en bourse, a rapporté l'agence jeudi. L'entreprise devrait leur réserver au moins 20% des actions disponibles, selon des sources de Bloomberg proches du dossier.
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