Wall Street se redresse après les chiffres de l'emploi
Alors que les anticipations de durcissement monétaire retombent
La place américaine s'affirme dans le vert désormais suite à des chiffres mitigés de l'emploi, qui font reculer les anticipations de durcissement monétaire. Le Dow Jones gagne 0,4%, tandis que le S&P 500 prend 0,3% désormais et que le Nasdaq avance de 0,3%. Wall Street avait cédé un peu de terrain hier avec le compartiment des 'puces' et les acteurs 'neocloud', dans le sillage d'une rumeur relative aux projets supposés de revente de puissance de calcul de Meta. De tels projets, qui concernent désormais plusieurs géants de la 'tech', ont donc été interprétés comme un signal adverse pour les vendeurs de pioches que sont Micron, SanDisk, AMD, Intel ou Nvidia, tous en forte baisse hier, tandis que Meta enregistrait une séance éclatante.
Le baril de brut WTI régresse aujourd'hui de 1,4% sur le Nymex à 67,6$, sur des signes de progrès dans les discussions indirectes entre États-Unis et Iran. L'approvisionnement en pétrole transitant par le détroit d'Ormuz a dépassé les 10 millions de barils par jour selon Bloomberg, soulignant la capacité désormais limitée de Téhéran à bloquer la navigation dans cette voie commerciale essentielle. L'agence cite un responsable américain... Les cours du pétrole poursuivent donc leur repli après avoir enregistré leur pire trimestre depuis 2020, alors que les flux via le détroit se sont maintenus malgré les tensions du week-end, marquées par des échanges de frappes entre les parties. Bloomberg ajoute que bien que l'offre globale soit encore restreinte, les exportations des Émirats arabes unis ont retrouvé leurs niveaux d'avant-guerre, le pays ayant réussi à faire passer discrètement des pétroliers par cette voie stratégique et à recourir aux oléoducs...
Donald Trump a pour sa part salué les progrès réalisés dans les négociations. Le Qatar a annoncé que la prochaine réunion serait programmée dans les meilleurs délais après les cérémonies funéraires de l'ancien Guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué lors d'une frappe aérienne au début du conflit. Ces cérémonies devraient débuter le 4 juillet et se prolonger sur plusieurs jours, selon les médias d'État iraniens.
L'once d'or reprend 2,2% à 4.118$. L'indice dollar trébuche de 0,7% face à un panier de devises... Du côté des banques centrales, le nouveau président de la Fed, Kevin Warsh, s'exprimait hier depuis le forum de Sintra. Ce dernier a déclaré que les risques inflationnistes s'étaient récemment atténués tout en exprimant sa préoccupation relative à la hausse des prix. Il a répété qu'il n'allait pas offrir de 'forward guidance' en ce qui concerne la politique des taux à venir, marquant un changement de mode de communication de la Réserve fédérale.
Le nouveau timonier de la Fed s'est évidemment refusé à préciser quelle pourrait être la décision monétaire de la banque centrale américaine lors de sa prochaine réunion, alors que les marchés misent sur un statu quo.
Kevin Warsh a aussi souligné que l'institution monétaire allait rester indépendante. A propos de la question de l'impact de l'IA sur le marché du travail, il a estimé que les emplois allaient être plus nombreux et que la prospérité serait plus forte. Il ne doute pas que les États-Unis seront l'un des grands gagnants dans l'IA et ajoute que nous ne nous trouvons que dans la première ou la deuxième phase de cette révolution. Warsh souhaite par ailleurs toujours constituer des 'task forces' de politique monétaire, dont les leaders pourraient être connus prochainement. Il demandera "les meilleures intelligences" dans et hors des États-Unis.
Selon l'outil CME FedWatch, la probabilité d'une hausse de taux d'un quart de point le 29 juillet, à l'issue de la prochaine réunion monétaire, ressort à 17,6% désormais, contre 82,4% de 'proba' de statu quo. La probabilité de statu quo vient de fortement remonter suite au rapport sur l'emploi du jour. Le même outil montre une hypothèse dominante à 3,75-4% pour les fed funds en fin d'année, soit une hausse d'un quart de point (probabilité de près de 43%). La probabilité d'une hausse d'un demi-point d'ici la fin de l'année ressort à 26% environ selon le même baromètre.
Le rapport gouvernemental sur la situation de l'emploi aux États-Unis pour le mois de juin 2026 a fait ressortir 57.000 créations de postes non-agricoles, contre 100.000 de consensus FactSet et 114.000 de consensus Bloomberg. Le taux de chômage a reculé à 4,2% contre 4,3% de consensus. Les créations de postes dans le privé ont été de 49.000, deux fois moins nombreuses que prévu. Le taux de participation à la force de travail a été de 61,5% contre 61,8% de consensus. Le salaire horaire moyen a augmenté comme attendu de 0,3% d'un mois sur l'autre et 3,5% sur un an.
L'emploi a poursuivi sa progression dans les secteurs des services professionnels et aux entreprises, de l'aide sociale et de la santé. Le secteur des loisirs et de l'hôtellerie-restauration a enregistré des pertes d'emplois. La variation de l'emploi salarié non agricole total pour le mois d'avril a été révisée à la baisse de 31.000 (passant de +179.000 à +148.000), et celle pour le mois de mai a été révisée à la baisse de 43.000 (passant de +172.000 à +129.000). Compte tenu de ces révisions, le niveau de l'emploi cumulé pour les mois d'avril et de mai est inférieur de 74.000 à ce qui avait été annoncé précédemment.
Les inscriptions au chômage ont légèrement diminué la semaine passée aux Etats-Unis. Le Département américain au Travail vient en effet d'annoncer, pour la semaine close 27 au juin, que les inscriptions au chômage se sont élevées à 215.000, en recul de 1.000 par rapport au niveau de la semaine antérieure. Le consensus était positionné à 219.000. La moyenne à quatre semaines ressort à 222.000, en repli de 2.500. Enfin, le nombre de chômeurs indemnisés sur la semaine close le 20 juin atteint 1,814 million, en hausse de 2.000 sur sept jours, contre 1,801 million de consensus.
Parmi les autres statistiques marquantes, les commandes industrielles du mois de mai (16 heures, consensus +1%) seront encore publiées ce jeudi. Wall Street sera fermé demain pour 'l'Independence Day'.
Les valeurs
Alphabet. L'UE a confirmé une amende record de plus de 4 milliards d'euros qui avait été infligée en 2018 à Google pour l'utilisation de son système d'exploitation mobile Android et d'accords contraignant les fabricants de smartphones à préinstaller Google Search, Chrome et Google Play sur les appareils dotés de ce système. Suite à l'amende initiale de 4,34 milliards d'euros, le groupe avait saisi un tribunal de première instance qui avait ramené l'amende à 4,1 milliards d'euros en 2022. Google avait ensuite formé un pourvoi devant la Cour de justice de l'UE - qui a donné raison au régulateur antitrust de l'UE. La Cour de justice rejette donc le pourvoi contre cet arrêt du Tribunal, confirmant la sanction infligée à Google et Alphabet pour leurs pratiques anticoncurrentielles liées à Android.
Super Micro Computer, le géant des serveurs d'IA, a annoncé selon Reuters que deux employés de sa filiale taïwanaise avaient été placés en détention dans l'attente d'une audience judiciaire, tandis que deux autres ont été libérés sous caution après avoir été interrogés par les procureurs taïwanais. Ces derniers enquêtent sur une exportation illégale présumée de serveurs d'IA de pointe équipés de puces Nvidia. Ces serveurs fabriqués par Super Micro intègrent des puces Nvidia soumises aux contrôles américains à l'exportation, lesquels interdisent toute expédition vers la Chine. Ces quatre employés figuraient parmi les six personnes interrogées plus tôt dans la semaine, alors que le parquet du district de Keelung annonçait le lancement d'une nouvelle série de perquisitions dans le cadre de l'enquête.
Apple est en pourparlers pour s'approvisionner en puces auprès de deux fabricants chinois de semi-conducteurs figurant sur une liste noire du Pentagone, afin d'atténuer les effets d'une pénurie mondiale de mémoire qui a contraint l'entreprise à la pomme à augmenter les prix de l'ensemble de sa gamme de produits. C'est ce qu'affirme Bloomberg ce jeudi, précisant que le fabricant de l'iPhone chercherait à acquérir des composants mémoire auprès de ChangXin Memory Technologies Inc. et de Yangtze Memory Technologies Co. pour les intégrer dans des appareils vendus en Chine. L'agence cite des personnes proches du dossier.
Les négociations entre Apple et ces entreprises seraient en cours et rien ne serait encore définitif, ont précisé ces sources à Bloomberg. Dans le cadre de cette démarche, le DG sortant d'Apple, Tim Cook, aurait notamment sollicité des responsables de l'administration Trump - dont le secrétaire au Trésor, Scott Bessent - afin d'aider à désamorcer les retombées politiques d'un éventuel accord avec ces fabricants de puces chinois.
SpaceX. Le titre reste extrêmement volatil depuis son introduction en bourse du 12 juin sur le Nasdaq. La capitalisation boursière reste logée sur les 2.000 milliards de dollars, à plus de cent fois le chiffre d'affaires de l'année passée, alors que le groupe était par ailleurs en pertes sur la période.
Les investisseurs auront beaucoup plus de matière pour évaluer la valorisation du dossier dès la semaine prochaine, avec la fin de la période de silence imposée aux analystes des banques ayant piloté l'IPO record de 86 milliards de dollars. L'opération a été menée, rappelle Bloomberg, par Goldman Sachs, Morgan Stanley, Bank of America, Citigroup et JP Morgan Chase, avec la participation de 18 autres établissements. Dès mardi, les investisseurs peuvent donc s'attendre à une avalanche de nouvelles notes d'analyse, d'objectifs de cours et d'estimations de croissance concernant SpaceX.
OpenAI, la startup d'IA à l'origine de ChatGPT, aurait proposé au gouvernement américain une prise de participation de 5% à son capital ! C'est du moins ce que croit savoir le Financial Times, citant des sources proches du dossier. Sur la base de la récente valorisation de la startup à plus de 850 milliards de dollars, la participation potentielle atteindrait près de 43 milliards de dollars. Sam Altman, le patron d'OpenAI, aurait soutenu que l'initiative constituait la meilleure manière d'associer le public au potentiel de l'intelligence artificielle.
La startup chercherait aussi, selon CNBC, à apaiser les tensions politiques croissantes à Washington. Altman aurait évoqué une telle participation lors de premières discussions avec l'administration Trump, dans le cadre d'un dispositif plus large prévoyant que Washington détienne 5% du capital de chacun des principaux développeurs américains d'IA par l'intermédiaire d'une structure publique, selon le FT. Le dispositif envisagé prévoit que d'autres entreprises américaines d'IA, telles qu'Anthropic, Google et Meta, cèdent des parts similaires au gouvernement via un fonds souverain. Il n'est pas évident cependant que l'un de ces groupes accepte la proposition d'OpenAI.
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