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Wall Street retombe lourdement avec les craintes géopolitiques

| Boursier | 76 | Aucun vote sur cette news

Les indices décrochent de plus de 2% !

Wall Street retombe lourdement avec les craintes géopolitiques
Credits Reuters

Wall Street retombe ce mardi, le Dow Jones décrochant de 2,40% à 47.731 pts, le S&P 500 de 2,26% à 6.726 pts et le Nasdaq de 2,49% à 22.183 pts ! La cote américaine avait pourtant très bien résisté hier soir, terminant plus ou moins à l'équilibre malgré la lourde incertitude géopolitique consécutive aux attaques des États-Unis et d'Israël en Iran qui ont emporté le guide suprême iranien Ali Khamenei et des hauts responsables du régime. "Leur défense aérienne, leur armée de l'air, leur marine et leurs dirigeants sont partis. Ils veulent parler. J'ai dit 'trop tard' !", a lancé Trump sur son réseau Truth Social il y a quelques instants.

Sur le Nymex, le baril de brut WTI prend 8,3% à 77,1$. Le Brent de la mer du Nord affiche un gain comparable à 83,7$. L'once d'or fin cède 4,9% à 5.064$. L'indice dollar prend 1% face à un panier de devises. Le bitcoin hésite autour des 67.000$.

Les forces américaines et israéliennes ont lancé des frappes dès samedi matin contre les systèmes de missiles balistiques et de défenses aériennes de l'Iran, anéantissant les avions iraniens encore au sol. Les Gardiens de la révolution islamique ont répondu par de nombreux tirs de missiles et de drones en direction d'Israël et des principaux pays du Golfe dont l'Arabie saoudite, Dubaï, Oman, Bahreïn, mais aussi le Qatar et le Koweït, principalement contre les bases américaines située dans la région.

Les frappes aériennes menées ce mardi contre l'Iran et le Liban intensifient un conflit qui pourrait donc peser durablement sur les marchés mondiaux. L'attention se porte désormais sur la riposte de Téhéran après que l'Iran a ciblé des infrastructures pétrolières et d'autres cibles dans une vaste zone de la région, au moins neuf pays ayant signalé des impacts.

Le conflit entre donc dans son quatrième jour, et Donald Trump a indiqué qu'il pourrait durer quatre à cinq semaines, voire même se prolonger, avec un risque important de répercussions économiques aux États-Unis et dans le monde. Les cours du brut poursuivent leur rallye avec les craintes de perturbation des principales voies d'approvisionnement et de résurgence des pressions inflationnistes. Le détroit d'Ormuz a été fermé. Ebrahim Jabbari, conseiller du commandant du Corps des gardiens de la révolution islamique iranienne, a déclaré à la télévision d'État que les forces iraniennes "incendieront tout navire tentant de traverser"... Signe que la guerre est loin d'être terminée, le département d'État américain a exhorté tous les citoyens américains à quitter le Moyen-Orient en raison des "graves risques pour leur sécurité".

Trump a déclaré à Politico que les capacités balistiques de l'Iran étaient "décimées" et que le pays était à court de lanceurs. Il s'est dit prêt à collaborer avec les membres survivants du régime iranien. Il a affirmé que les munitions américaines étaient "illimitées" et produites rapidement...

Le choc géopolitique du week-end accentue la fragilité des marchés actions, alors que la place américaine souffrait déjà ces derniers jours des craintes liées à la soutenabilité des dépenses des 'hyperscalers' dans l'IA et à l'impact de cette même IA sur le segment software, ou encore des appréhensions concernant le crédit privé. Les marchés avaient par ailleurs pris connaissance en fin de semaine dernière de chiffres peu reluisants de l'inflation des prix à la production. La flambée des cours du brut, si elle devait durer, raviverait d'autant plus ces craintes de résurgence de l'inflation, laissant peu de marge de manoeuvre à la Fed.

L'événement économique phare de la semaine est la publication, vendredi, du rapport sur l'emploi de février. Wall Street anticipe la création de 60.000 emplois non-agricoles aux États-Unis, en baisse par rapport aux 130.000 créations enregistrées en janvier. Le taux de chômage est attendu à 4,4%.

Hier sur le front économique, l'indice PMI manufacturier américain final de février 2026 s'est établi à 51,6 contre un consensus de place de 51,2. La lecture flash se situait également à 51,2. L'indice signale une légère expansion de l'activité manufacturière nationale en février... L'indice ISM manufacturier américain du mois de février 2026 s'est établi à 52,4, contre 51,8 de consensus FactSet. L'indice des commandes nouvelles en février reste à haut niveau, à 55,8 contre 57,1 en janvier.

Les attaques sur l'Iran et le conflit au Moyen-Orient n'ont pas fait évoluer significativement les anticipations de baisse des taux. Selon l'outil CME FedWatch, la probabilité de statu quo monétaire reste logée à plus de 97% pour la prochaine réunion des 17 et 18 mars. Alors que les taux des fed funds sont actuellement logés entre 3,50 et 3,75%, l'outil FedWatch montre une probabilité de 32,7% d'une baisse de 50 points de base d'ici la fin de l'année et une 'proba' de 31,6% d'un assouplissement de seulement un quart de point au 9 décembre 2026, à l'issue de la dernière réunion FOMC de l'année. La seule évolution concerne donc la remontée de l'hypothèse d'une baisse de 25 points de base seulement d'ici la fin de l'année, sur fond de craintes d'inflation.

John Williams, patron de la Fed de New York, n'a pas commenté ce jour l'impact économique du conflit en Iran. Il juge la posture monétaire actuelle bien positionnée, d'éventuelles réductions de taux devant servir à éviter que la politique ne devienne trop restrictive. Il prévoit une baisse du taux de chômage cette année et l'an prochain, ainsi qu'une croissance de 2,6% en 2026. L'inflation devrait selon lui revenir à 2,5% cette année puis sur l'objectif des 2% en 2027. La pression des tarifs douaniers sur l'inflation devrait se modérer durant l'année. Williams ne pense pas, pour finir, que l'IA crée un chômage structure, même si cette transition pose des problèmes pour les jeunes diplômés... Jeffrey Schmid, le dirigeant de la Fed de Kansas City, s'exprimant également ce jour, a jugé qu'il n'y avait pas de place pour la complaisance concernant l'inflation, qui reste au-dessus de l'objectif depuis cinq ans. Il juge élevé le risque de perdre en crédibilité à propos de l'inflation.

Demain, les investisseurs suivront le rapport sur l'emploi privé d'ADP, l'indice PMI composite final, l'ISM des services, le rapport hebdomadaire sur les stocks pétroliers domestiques américains, ainsi que le Livre Beige économique de la Fed. Jeudi, les opérateurs surveilleront l'étude Challenger, Gray & Christmas sur les annonces de licenciements, les inscriptions hebdomadaires au chômage, les chiffres de la productivité non-agricole du 4e trimestre, ainsi que les prix à l'import et à l'export. Enfin, vendredi, outre le rapport gouvernemental sur l'emploi, les marchés suivront les chiffres des ventes de détail de janvier.

Du côté des entreprises, la saison des résultats se poursuit. AST SpaceMobile et MongoDB ont publié hier soir. CrowdStrike, Ross Stores, AutoZone, Target, Viking Holdings, Best Buy ou Smith & Nephew, annoncent ce mardi. Broadcom publiera ses résultats mercredi soir. Veeva, Brown Forman et Okta annoncent également mercredi, tandis que Costco Wholesale, Marvell Technology, Ciena, Kroger, JD.com ou Burlington Stores, seront de la partie jeudi.

Les valeurs

MongoDB, leader des plateformes de bases de données "modernes et polyvalentes", perd 22,5% à Wall Street. Le groupe a publié pourtant au titre de son 4e trimestre un bénéfice ajusté par action de 1,65$, supérieur au consensus, contre 1,28$ un an plus tôt. Ses revenus ont totalisé 695 millions de dollars, également meilleurs que prévu, contre 548 millions sur la période correspondante de l'an dernier. Sur l'exercice, le groupe a essuyé une perte de 71 millions de dollars pour des revenus de 2,46 milliards. Pour le trimestre entamé, la guidance est prudente, le groupe tablant sur un bpa ajusté de 1,15-1,19$ et des revenus allant de 659 à 664 millions. Sur l'exercice en cours, le bpa ajusté est anticipé entre 5,75 et 5,93$, pour des revenus de 2,86 à 2,9 milliards.

AST SpaceMobile (+1,9%), concepteur américain de satellites, a publié au titre de son 4e trimestre 2025 des revenus de 54,3 millions de dollars, supérieurs aux attentes, mais aussi une perte plus importante que prévu à 74 millions de dollars. Sur l'exercice 2025, les revenus ont été de 70,9 millions pour une perte nette attribuable aux actionnaires de 342 millions de dollars. Le groupe souligne l'obtention de plus de 1,2 milliard de dollars d'engagements de revenus contractuels cumulés de la part de ses partenaires, ainsi que le déploiement réussi de BlueBird 6, "plus grand réseau de communications commerciales jamais déployé en orbite terrestre basse, dont les débits de données de pointe devraient largement dépasser 120 Mbit/s". Les revenus 2026 sont attendus entre 150 et 200 millions de dollars.

Target (+3,3%) grimpe à Wall Street suite à sa publication financière trimestrielle. Le groupe a publié pourtant des ventes en déclin de 1,7% sur l'exercice clos fin janvier 2026, avec une baisse de 1,5% sur le dernier trimestre. Le bénéfice ajusté par action a toutefois dépassé nettement les attentes de marché, à 2,44$ sur le 4e trimestre, pour des revenus de 30,5 milliards de dollars 'en ligne avec les anticipations du groupe'. Le détaillant discount américain a affiché un bpa ajusté de 7,57$ sur l'exercice 2025, contre 8,86$ un an avant. Les revenus annuels ont atteint quant à eux 104,8 milliards de dollars contre 106,6 milliards sur l'exercice antérieur. Les ventes annuelles à comparable ont reculé de 2,6%.

Le détaillant prévoit pour 2026 une croissance du chiffre d'affaires d'environ 2%, guidance reflétant "une légère augmentation des ventes à périmètre comparable", les ventes liées aux nouveaux magasins et aux activités hors marchandises contribuant à hauteur de plus d'un point de pourcentage à cette croissance. La société anticipe une croissance de son chiffre d'affaires chaque trimestre de l'année. La marge opérationnelle pour l'exercice 2026 est attendue supérieure d'environ 20 points de base à la marge opérationnelle ajustée de 4,6% enregistrée en 2025. Le bénéfice par action GAAP et ajusté serait compris entre 7,50 et 8,50$.

Best Buy (+5,6%), le distributeur américain de produits électroniques, a annoncé pour son 4e trimestre fiscal clos fin janvier 2026 un repli de 0,8% de ses ventes à comparable et un bénéfice ajusté dilué par action de 2,61$. Les revenus ont été de 13,81 milliards sur le trimestre clos et de 41,7 milliards de dollars sur l'exercice. Le bénéfice net a plus que quadruplé sur le trimestre clos à 541 millions de dollars, tandis que le bénéfice net annuel a progressé à 1,07 milliard de dollars.

Le groupe renforce son dividende trimestriel de 1% à 96 cents. Il anticipe, pour l'exercice décalé 2027 juste entamé, un bénéfice ajusté par action allant de 6,30 à 6,60$, pour des revenus compris entre 41,2 et 42,1 milliards de dollars. L'évolution des ventes de l'exercice à comparable est attendue entre -1% et +1%. La marge opérationnelle ajustée est anticipée entre 4,3 et 4,4%.

AutoZone (-6,5%), le géant américain des pièces automobiles, a annoncé pour son 2e trimestre fiscal un bénéfice net de 469 millions de dollars et un bénéfice par action de 27,63$, légèrement supérieur au consensus. Les revenus ont totalisé 4,27 milliards de dollars pour la période close contre 4,3 milliards de consensus. Les ventes à comparable ont augmenté de 3,3% dans le monde et de 3,4% sur le marché domestique. Le bénéfice d'exploitation s'est tassé de 1,2% à 699 millions de dollars.

Viking Holdings (-2,2%), spécialiste du transport de passagers par navire, de la croisière et d'autres formes de transport de passagers en Amérique du Nord, au Royaume-Uni et à l'échelle internationale, a annoncé pour son 4e trimestre un bénéfice net de 300 millions de dollars et un bénéfice par action de 67 cents, largement supérieur au consensus, pour des revenus de 1,72 milliard de dollars (+28%) également bien plus élevés que prévu. Sur l'exercice, le groupe a dégagé un bénéfice net de 1,15 milliard pour des revenus de 6,5 milliards (+22%). L'Ebitda ajusté annuel a augmenté de 39% à 1,87 milliard de dollars.

Pinterest (+6,1%) grimpe à Wall Street, alors que l'investisseur activiste Elliott Investment Management va se renforcer d'un milliard de dollars sur le dossier. Le réseau social va utiliser les produits de l'investissement d'Elliott pour racheter des actions dans le cadre d'un nouveau programme de 3,5 milliards de dollars. 2 milliards de dollars de rachats sont programmés à court terme, avec un plan accéléré d'un milliard de dollars.

Nvidia (-2,6%) reste sous pression malgré une succession d'avis favorables de brokers depuis sa très solide publication financière. Morgan Stanley vient de confirmer sa recommandation à 'surpondérer', fixant un cours-cible de 260$. Le broker apprécie le point d'entrée actuel et classe le dossier en 'top pick' dans les puces. De source de marché, Wedbush vient pour sa part de relever son objectif à 300$ sur Nvidia contre 230$ auparavant. Notons aussi que l'événement annuel GTC du groupe aura lieu du 16 au 19 mars.

Meta Platforms (-1,4%) testerait selon Bloomberg une fonctionnalité de recherche de produits dans son chatbot d'intelligence artificielle, concurrençant ainsi des outils similaires proposés par ChatGPT d'OpenAI et Gemini de Google. La fameuse fonctionnalité, qui permettrait de demander des suggestions de produits, serait déployée auprès d'un groupe d'utilisateurs américains du navigateur web Meta AI. Le chatbot répondrait par un carrousel d'images de produits accompagnées de légendes contenant des informations sur la marque, le site web et le prix, ajoute Bloomberg.

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