Wall Street : regain de volatilité après l'emploi américain
Consolidation légitime ?
Wall Street hésite et repasse désormais légèrement dans le rouge ce mercredi, suite aux chiffres de l'emploi supérieurs aux attentes - qui repoussent aussi un peu plus l'échéance d'un assouplissement monétaire. Le S&P 500 perd désormais 0,07% à 6.936 pts, tandis que le Dow Jones fléchit de 0,46% à 49.956 pts. Le Nasdaq cède 0,23% à 23.049 pts, alors que les publications trimestrielles d'entreprises se poursuivent par ailleurs avec notamment Ford, Robinhood ou Gilead. Cisco et McDonald's annonceront après bourse ce soir. Sur le Nymex, le baril de brut WTI prend 1,5% à 64,9$. L'once d'or fin gagne 0,6% à 5.053$. L'indice dollar prend 0,2% face à un panier de devises. Le bitcoin fléchit sous les 67.000$, toujours très incertain après la récente purge.
Le dernier rapport gouvernemental sur l'emploi américain pour le mois de janvier 2026 a fait ressortir des créations de postes bien plus élevées que prévu, à 130.000 contre 75.000 de consensus FactSet. Le taux de chômage est par ailleurs moins important que prévu à 4,3% contre 4,4% de consensus. La variation de l'emploi total non agricole pour novembre a été révisée à la baisse, passant de +56.000 à +41.000. La variation pour décembre a été révisée à la baisse de +50.000 à +48.000. Après ces révisions, l'emploi cumulé pour novembre et décembre est inférieur de 17.000 aux chiffres précédemment publiés. En janvier 2026, les créations de postes dans le privé se sont établies à 172.000 d'après le rapport du jour, ce qui ressort deux fois plus élevé que le consensus. Le taux de participation à la force de travail est ressorti à 62,5%. Le salaire horaire moyen a enfin augmenté un peu plus que prévu, de 0,4% d'un mois sur l'autre et 3,7% sur un an.
Jeffrey Schmid, Michelle Bowman et Beth Hammack de la Fed, prendront la parole dans la journée. Le président de la Fed de Kansas City, Schmid, a déclaré ce mercredi que la Fed devait maintenir une politique monétaire restrictive pour l'instant. Il s'inquiète en effet toujours de l'inflation, tandis que la croissance économique demeure quant à elle forte. Il serait selon lui trop tôt pour miser sur une hausse de la productivité comme remède à l'inflation. "L'inflation restant forte, il semble que la demande dépasse l'offre dans une grande partie de l'économie", a lancé Schmid dans un discours préparé pour une intervention à Albuquerque, au Nouveau-Mexique. Il admet qu'il est possible qu'une hausse de productivité et que la diffusion de l'IA puissent permettre un cycle de croissance non inflationniste, mais ajoute que nous n'en serions pas encore là.
Donald Trump a affirmé sur Fox Business que les États-Unis devraient avoir "les taux d'intérêt les plus bas du monde". Le président a affirmé à Larry Kudlow que l'actuel patron de la Fed Jerome Powell était "tellement mauvais" et que les taux devraient être réduits de deux points de pourcentage ! Rappelons que Trump a officialisé la désignation de l'ancien gouverneur Kevin Warsh, qui prendra la succession de Powell. Trump a lié les taux d'intérêt aux dépenses d'intérêts du gouvernement, affirmant que des variations de quelques points pouvaient avoir un impact considérable sur les finances fédérales. "Chaque point représente 600 milliards de dollars", a déclaré Trump. "Il suffirait d'une baisse de deux points pour que le déficit disparaisse", a-t-il affirmé...
Mieux encore, Trump soutient qu'avec Warsh, l'économie américaine pourrait progresser au rythme de 15% ! "Si Warsh fait le travail dont il est capable, alors nous pouvons atteindre une croissance de 15%, voire plus", a donc lancé Trump à Larry Kudlow, ancien conseiller principal de sa première administration, sur Fox Business. "Je pense qu'il sera excellent, c'est une personne de grande qualité". Bloomberg rappelle quant même que l'économie américaine, dont la croissance est estimée à 2,4% cette année, a progressé à un taux annuel moyen de 2,8% au cours des cinquante dernières années. La croissance du PIB n'a dépassé les 15% qu'à de rares occasions depuis les années 1950, notamment au troisième trimestre 2020, lors de la réouverture post-pandémique, note l'agence. Bloomberg rappelle que lors de la recherche d'un nouveau président de la Fed, Trump avait indiqué souhaiter un candidat favorable à une baisse des taux. Le président américain parie donc sur la capacité de Warsh, si sa nomination est confirmée, à dynamiser l'économie avant les élections de mi-mandat. La confirmation de Warsh par le Sénat pourrait cependant être retardée. Bloomberg indique que le sénateur Thom Tillis s'est engagé à bloquer toute nomination à la tête de la Fed tant que l'administration Trump poursuivra l'enquête visant Powell et la rénovation du bâtiment de la Fed.
Demain, les investisseurs suivront les inscriptions hebdomadaires au chômage et les reventes de logements existants. Enfin, vendredi, ils prendront connaissance de l'indice des prix à la consommation de janvier (consensus +0,3% d'un mois sur l'autre et +2,5% sur un an, +0,3% et +2,5% également hors alimentation et énergie).
Dans l'actualité des entreprises à Wall Street cette semaine, les publications trimestrielles se poursuivent. Gilead Sciences, Robinhood, Cloudflare et Ford Motor publiaient hier soir. Cisco, McDonald's, T-Mobile US, Shopify, Southern Copper, Applovin, Williams Companies, Equinix, Hilton Worldwide, Kraft Heinz, Humana, GlobalFoundries et Motorola Solutions, dévoilent leurs chiffres ce mercredi. Applied Materials, Arista Networks, Anheuser-Busch Inbev, Vertex, Airbnb, Zoetis, Coinbase, Ingersoll Rand, Expedia ou PG&E, publient jeudi. Moderna annonce vendredi.
Les valeurs
Gilead Sciences (+4,8%), géant américain des biotechnologies, a publié hier soir pour son 4e trimestre fiscal un bénéfice de 2,18 milliards de dollars et un bénéfice ajusté par action de 1,86$, supérieur au consensus, pour des revenus de 7,93 milliards de dollars (+5%) également au-dessus des attentes. Sur le 4e trimestre, le groupe a généré 3,3 milliards de dollars de cash flow opérationnel. Sur l'exercice, les revenus ont augmenté de 2% à 29,4 milliards de dollars, pour un bpa ajusté de 8,15$. Le concepteur de traitements HIV et de l'hépatite C table, pour l'exercice entamé, sur un bénéfice ajusté par action allant de 8,45 à 8,85$, des ventes produits allant de 29,6 à 30 milliards de dollars et des ventes de 600 millions de dollars liées au traitement du covid-19 Veklury.
Ford Motor (+1,6%) n'a pas vraiment enthousiasmé hier soir, à Wall Street. Le constructeur automobile du Michigan a annoncé un bénéfice ajusté par action de 13 cents, inférieur au consensus de marché, pour des revenus automobiles de 42,4 milliards de dollars, en ligne mais sans plus avec les estimations des brokers. Les revenus totaux du trimestre ont atteint 45,9 milliards de dollars, portant le chiffre d'affaires annuel à 187,3 milliards de dollars - un niveau record. Il s'agit pour Ford de la cinquième année consécutive de croissance des ventes. Du côté de la rentabilité, les choses sont plus compliquées. Le groupe déplore une perte nette de 11,1 milliards de dollars sur le 4e trimestre et de 8,2 milliards de dollars sur l'exercice, avec de lourds éléments exceptionnels. L'Ebit ajusté ressort à 1 milliard de dollars sur le trimestre et 6,8 milliards de dollars pour l'exercice.
Le cash flow opérationnel annuel a tout de même été de 21,3 milliards de dollars, tandis que le free cash flow ajusté a représenté 3,5 milliards. Les prévisions 2026 font ressortir un Ebit ajusté attendu entre 8 et 10 milliards de dollars, un FCF ajusté prévu entre 5 et 6 milliards, ainsi que des dépenses de capitaux allant de 9,5 à 10,5 milliards de dollars. "Ford a réalisé une excellente année 2025 dans un contexte dynamique et souvent volatil", a relativisé Jim Farley, directeur général du groupe. "À l'avenir, nous continuerons de bâtir sur ces solides fondations pour atteindre notre objectif de marge d'Ebit ajustée de 8% d'ici 2029".
Robinhood (-11,8%), la plateforme américaine de courtage, a publié pour son 4e trimestre un bénéfice ajusté par action de 66 cents et des revenus inférieurs aux attentes, à 1,28 milliard de dollars (+27%). Les revenus de transactions ont augmenté de 15% à 776 millions de dollars, mais les revenus sur le segment cryptomonnaies ont chuté de 38% à 221 millions de dollars. Le revenu net d'intérêt a progressé de 39% à 411 millions. Le bénéfice net a atteint 605 millions de dollars, contre 916 millions sur la période correspondante de l'an dernier. L'Ebitda ajusté a progressé de 24% à 761 millions de dollars. Les dépôts nets ont été de 15,9 milliards de dollars. Le nombre des abonnés "Gold" a grimpé de 58% à 4,2 millions. Sur l'ensemble de l'exercice, les revenus se sont appréciés de 52% à 4,5 milliards, pour un bénéfice net de 1,9 milliard. L'Ebitda ajusté annuel s'est amélioré de 76% à 2,5 milliards. Vlad Tenev, PDG de Robinhood, explique que la vision du groupe n'a pas changé, avec l'intention de bâtir "la SuperApp financière".
Welltower (+2,7%), le groupe américain de placement immobilier qui investit dans les infrastructures de soins de santé et logements pour personnes âgées, a annoncé pour son 4e trimestre des revenus en vive augmentation de 41% à 3,18 milliards de dollars, au-dessus des anticipations de marché, pour un niveau de FFO (fonds provenant des opérations) de 1,03 milliard de dollars ou 1,45$ par action, également supérieur aux attentes. Le bénéfice net a représenté 96 millions de dollars ou 14 cents par action. Sur l'exercice, les revenus ont atteint 10,84 milliards de dollars pour un FFO de 3,6 milliards de dollars. Le FFO annuel par action est attendu entre 6,09 et 6,25$. Le groupe envisage également 3,5 milliards de dollars de cessions cette année.
Cloudflare (+11,7%), leader dans le domaine du cloud de connectivité, bondit à Wall Street. Le groupe a affiché un 4e trimestre solide, réalisant sur la période des revenus de 614,5 millions de dollars, en croissance de 34%. Le bénéfice ajusté par action est ressorti à 28 cents, au-dessus des anticipations d'analystes. La perte nette s'est réduite à 12 millions de dollars. Le groupe a annoncé des revenus annuels de 2,17 milliards de dollars (+30%) pour une perte nette de 102 millions. Sur le 1er trimestre fiscal juste entamé, les revenus sont attendus entre 620 et 621 millions de dollars, pour un bpa ajusté de 23 cents. Sur l'exercice 2026, les revenus sont anticipés entre 2,79 et 2,80 milliards de dollars, pour un bpa ajusté allant de 1,11 à 1,12$. Les services cloud du groupe profitent en effet de la forte demande provenant de l'intelligence artificielle.
Humana (-3,7%), l'assureur-santé américain, a publié pour son 4e trimestre fiscal une perte nette de 796 millions de dollars et une perte ajustée par action de 3,96$, un peu moins lourde toutefois que le consensus. Les revenus trimestriels ont totalisé 32,5 milliards de dollars, ou 32,6 milliards sur une base ajustée. Sur l'exercice, le groupe a réalisé un bénéfice net de près de 1,2 milliard de dollars et des revenus de 129,8 milliards de dollars. Pour 2026, le groupe envisage un bénéfice ajusté par action d'au moins 9$, ce qui ressortirait très inférieur au consensus, qui se situait à 12$, et au bpa ajusté 2025 qui atteignait 17,14$.
Mattel (-24%) plonge à Wall Street. Le géant américain du jouet a annoncé pour son 4e trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 39 cents, très inférieur au consensus, pour des revenus de 1,77 milliard de dollars (+7%) également moins élevés qu'attendu. Le bénéfice opérationnel ajusté a peu évolué à 160 millions de dollars. Le groupe a notamment déploré de trop faibles ventes de décembre aux États-Unis. Sur l'année fiscale 2025, les revenus ont totalisé 5,35 milliards (-1%) et le bénéfice net s'est tassé à 398 millions de dollars. Pour l'exercice 2026, Mattel envisage une croissance des revenus de 3 à 6%, ainsi qu'un bénéfice ajusté par action allant de 1,18 à 1,30$ - ce qui traduirait un déclin en comparaison de 2025.
Shopify (-10%), le groupe canadien coté sur la place américaine, qui aide les petites et moyennes entreprises à créer des boutiques en ligne et à vendre, a annoncé pour son 4e trimestre un bénéfice net de 743 millions de dollars et un bénéfice ajusté par action de 46 cents, légèrement inférieur aux attentes, pour des revenus en revanche très solides à 3,67 milliards de dollars. Sur l'exercice clos, le groupe a réalisé des revenus de 11,6 milliards de dollars, un free cash flow de 2 milliards de dollars, et lancé un programme de rachat d'actions de 2 milliards. Pour son premier trimestre fiscal 2026, le groupe envisage une croissance des revenus dans le bas de la trentaine, comparable à celle du T4 2025, ainsi qu'une marge de free cash flow de 11-15%, légèrement inférieure à celle du T1 2025.
GlobalFoundries (+11%), spécialiste de la conception et de la commercialisation de semi-conducteurs destinés aux secteurs de l'automobile et de l'électronique grand public, a publié pour son 4e trimestre fiscal des revenus de 1,83 milliard de dollars, pour un bénéfice net de 200 millions et un bénéfice net ajusté de 310 millions de dollars, 55 cents par titre. L'Ebitda ajusté s'est établi à 641 millions. Sur l'exercice, les revenus ont atteint 6,79 milliards de dollars, pour un bénéfice net de 888 millions et un bénéfice net ajusté de 965 millions. La guidance de revenus du premier trimestre fiscal 2026 est supérieure aux attentes, avec la forte demande actuelle provenant des centres de données d'IA. Des revenus T1 attendus à 1,63 milliard de dollars, plus ou moins 25 millions, pour un bpa ajusté estimé à 35 cents, plus ou moins 5 cents.
T-Mobile US (+2,8%), l'opérateur télécom américain, a publié pour son 4e trimestre fiscal un bénéfice net de 2,1 milliards de dollars et un bénéfice ajusté par action de 2,14$, supérieur au consensus de marché, pour des revenus de 24,3 milliards de dollars. Le nombre de nouveaux abonnés wireless sur la période a toutefois raté le consensus. T-Mobile a enregistré 962.000 nouveaux abonnés payant un forfait mensuel au cours du trimestre, niveau le plus élevé parmi les trois principaux opérateurs de téléphonie mobile américains, mais qui reste inférieur au consensus (981.000). L'opérateur prévoit un flux de trésorerie disponible ajusté annuel compris entre 18 et 18,70 milliards de dollars.
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