Wall Street : les indices retombent à la veille des données sur l'inflation
Cisco chute...
Au lendemain d'une séance indécise, et après une ouverture haussière, Wall Street retombe en début de journée à New York. Le S&P 500 perd 0,23% à 6.926 pts, tandis que le Dow Jones grignote 0,15% à 50.195 pts. Le Nasdaq cède 0,76% à 22.890 pts. Les opérateurs attendent la publication vendredi des prix à la consommation aux Etats-Unis pour le mois de janvier, qui pourraient permettre d'affiner les anticipations sur l'évolution des taux directeurs de la Fed après un robuste rapport sur l'emploi qui a éloigné la perspective d'une baisse des coûts d'emprunt en mars. Les créations de postes sont en effet ressorties nettement plus élevées que prévu, à 130.000 contre 75.000 de consensus FactSet. Le taux de chômage est également tombé à 4,3%, contre 4,4% de consensus. Les attentes du marché pour une réduction des taux de la Fed d'au moins 25 points de base en mars avaient augmenté à environ 20% avant les données sur le marché du travail, mais sont désormais retombées à environ 6%, selon l'outil 'FedWatch' du CME.
Ce jeudi, les inscriptions hebdomadaires au chômage ont moins reculé qu'attendu et les reventes de logements existants ont déçu, tombant au plus bas depuis décembre 2023. Sur le front des entreprises, Coinbase, Applied Materials et Rivian seront notamment sur le pont ce soir après la clôture. Hier, Cisco a déçu et chute alors que McDonalds a plutôt assuré. Les secteurs qui souffrent des craintes de disruption liées à l'IA sont encore surveillés, des logiciels en passant par les gestionnaires d'actifs et les assureurs.
"Les marchés sont confiants quant aux perspectives d'inflation aux États-Unis, ce qui rend les opérations génératrices de gains en cas de hausse des pressions inflationnistes attrayantes", a déclaré à 'Bloomberg' Benjamin Wiltshire de Citigroup. Les investisseurs pourraient sous-estimer la résilience du consommateur américain et les anticipations d'inflation devraient être légèrement revues à la hausse, selon lui. "Les marchés semblent convaincus que l'inflation va baisser... Nous restons toutefois dans un contexte d'inflation structurellement élevée".
Sur le Nymex, le baril de brut WTI perd 1% à 64$. L'once d'or fin cède 0,2% à 5.072$. L'indice dollar est stable face à un panier de devises. Le bitcoin remonte de 1,7% à 67.550$, mais peine à franchement rebondir.
Les valeurs
* Micron bondit encore de 3%. S'exprimant lors de la conférence 'Wolfe Research' sur l'automobile, les technologies automobiles et les semi-conducteurs, Mark Murphy a assuré aux investisseurs que l'entreprise produit ses nouvelles puces mémoire HBM4, très attendues, en grande quantité. "Nous avons commencé les livraisons de HBM4 à nos clients et nous constatons une augmentation progressive et positive des volumes de livraison dès ce premier trimestre", a déclaré le directeur financier du fabricant américain de puces mémoire. "Soit un trimestre plus tôt que ce que nous avions annoncé lors de notre présentation des résultats de décembre". Lors de l'événement, le dirigeant a affirmé vouloir rectifier "certaines informations inexactes récemment publiées concernant notre position sur la HBM4". "Micron réalise d'excellentes performances en matière de technologie, de produits et de fabrication", a-t-il affirmé. " Notre capacité de production de mémoire HBM augmente bien et nous avons écoulé l'intégralité de notre stock pour l'année civile 2026, comme nous l'avions indiqué il y a quelques mois".
* McDonald's (+1,4%) rassure sur son marché domestique. Le géant américain a dépassé les attentes des analystes au quatrième trimestre, grâce au succès continu de ses menus économiques auprès des consommateurs soucieux de leur budget. Les ventes dans les restaurants américains ont bondi de 6,8% par rapport à l'année précédente, où la fréquentation avait été affectée par une épidémie d'E. coli. Les analystes tablaient sur une hausse de 4,9%. Globalement, les ventes mondiales à périmètre comparable ont progressé de 5,7% sur le trimestre, contre un consensus logé à +3,7%. La demande est notamment restée soutenue en Australie et au Royaume-Uni. Le bpa ajusté s'est établi à 3,12$ contre 2,83$ il y a un an et 3,04$ de consensus pour des revenus de 7,01 Mds$ (+9,7%) contre 6,83 Mds$ attendus.
Ces derniers trimestres, la priorité de McDonald's a été de reconquérir son statut de restaurant abordable après la flambée des prix consécutive à la pandémie. Les résultats du quatrième trimestre suggèrent que ces efforts, notamment l'élargissement de la carte avec des plats moins chers et des menus à partir de 5 dollars, portent leurs fruits et permettent à la chaîne de restauration rapide de surpasser ses concurrents. Lors de la conférence de présentation des résultats, Chris Kempczinski a déclaré que de plus en plus d'éléments indiquaient que la stratégie prix de l'entreprise basée à Chicago était judicieuse, avec une augmentation de la fréquentation des clients à faibles revenus. "McDonald's est imbattable en matière de rapport qualité-prix et d'accessibilité", a affirmé le DG. Il a ajouté que McDonald's avait gagné des parts de marché auprès des consommateurs à faibles revenus en décembre.
* Cisco chute de 10%. Les investisseurs s'inquiètent de la rentabilité du géant américain des équipements de réseaux malgré l'essor des ventes liées à l'intelligence artificielle. À l'instar de l'ensemble du secteur technologique, le groupe est confronté à une pénurie de puces mémoire et à la hausse de prix de ces dernières. L'entreprise est le premier fabricant d'équipements réseau et utilise ces composants dans une large gamme de produits. Cisco a également dû investir pour adapter ses équipements afin de mieux répondre aux exigences de l'IA. La marge brute ajustée, qui mesure le pourcentage du chiffre d'affaires restant après déduction des coûts de production, devrait se situer entre 65,5% et 66,5% sur le trimestre clos fin avril, alors que les analystes tablaient jusqu'ici sur 68,2%. Lors de la conférence de présentation, Chuck Robbins a déclaré que Cisco gérait la pénurie de mémoire. L'entreprise a augmenté ses prix et revoit ses contrats avec ses clients, a-t-il précisé. Elle négocie également des conditions plus avantageuses avec ses fournisseurs. "Globalement, nous sommes confiants dans notre capacité à mieux gérer cette dynamique sectorielle que nos concurrents", a affirmé le DG.
Le chiffre d'affaires devrait se situer entre 15,4 et 15,6 milliards de dollars sur le trimestre, contre 15,2 Mds$ attendus. Hors éléments exceptionnels, le bénéfice par action devrait s'établir à environ 1,03 dollar, contre 1,02$ de consensus. "Cisco est idéalement positionnée pour fournir l'infrastructure fiable indispensable à une transition sécurisée et sereine vers l'ère de l'IA", a déclaré C.Robbins. Il prévoit 5 milliards de dollars de commandes d'IA pour l'exercice 2026 de la part des hyperscalers, les plus grands opérateurs de centres de données au monde. Sur son deuxième trimestre fiscal, clos le 24 janvier, la firme californienne a dégagé un bpa ajusté de 1,04$ pour un chiffre d'affaires en hausse de 10% à 15,3 milliards de dollars. Les analystes tablaient sur un bpa de 1,02$ pour des recettes de 15,1 Mds$. Les commandes d'infrastructures IA des hyperscalers ont totalisé 2,1 milliards de dollars sur la période. La marge brute ajustée a atteint 67,5%, inférieure aux attentes du marché (68,1%).
"La forte demande et l'accélération du chiffre d'affaires ont été des points positifs pour Cisco ce trimestre, mais la compression des marges a indéniablement terni les résultats", affirme à 'Reuters' Jake Behan, responsable des marchés de capitaux chez Direxion. "La capacité de Cisco à monétiser son carnet de commandes et à le transformer en chiffre d'affaires sera un enjeu majeur pour le second semestre". Signe de la confiance de la direction, l'entreprise a revu à la hausse ses prévisions pour l'ensemble de son exercice 2026, anticipant un chiffre d'affaires pouvant atteindre 61,7 Mds$ et un bpa allant jusqu'à 4,17$.
* Restaurant Brands décroche de 6% malgré l'annonce de résultats supérieurs aux attentes des analystes grâce à la bonne tenue de ses chaînes Burger King et Tim Hortons. Les menus à bas prix continuent d'attirer les clients soucieux de leur budget. Sur le quatrième trimestre 2025, la firme enregistre un profit de 113 millions de dollars ou 34 cents par titre pour des revenus de 2,47 Mds$. Le bpa ajusté s'est établi à 96 cents contre 93 cents de consensus. Les ventes des magasins Burger King aux États-Unis ont augmenté de 2,6% au cours du trimestre, alors que les analystes s'attendaient à une hausse de 1,5%.
* Applied Materials perd 1,6%.Le Département américain du Commerce a annoncé avoir conclu un accord à hauteur de 252 millions de dollars avec le groupe pour avoir exporté illégalement du matériel de fabrication de puces électroniques vers le fabricant chinois de puces électroniques Semiconductor Manufacturing International.
* Palo Alto Networks (-1,1%) sera également bientôt présent à la Bourse de Tel-Aviv. Après la finalisation de l'acquisition de l'entreprise israélienne CyberArk Software pour 25 milliards de dollars, la firme californienne deviendra la plus importante entreprise cotée à Tel-Aviv avec une capitalisation d'environ 115 milliards de dollars. Cet accord, le plus important jamais conclu par l'entreprise, renforce le centre de R&D israélien de Palo Alto - déjà le plus grand en dehors de la Silicon Valley - alors que son DG, Nikesh Arora, cherche à créer un fournisseur de cybersécurité complet pour tirer parti de la demande croissante liée à l'IA.
"La cotation à la Bourse de Tel-Aviv (TASE) témoigne de l'attachement de CyberArk à ses racines israéliennes et de notre engagement envers l'écosystème technologique local ", a déclaré Palo Alto. "Elle facilite l'accès aux actions Palo Alto pour les investisseurs institutionnels et particuliers israéliens et renforce notre intégration au sein de l'économie israélienne". La société a précisé qu'elle prévoyait d'être cotée sous le symbole " CYBR " à Tel-Aviv. Aucune date n'a été communiquée.
* Birkenstock (-0,3%) a fait état d'un chiffre d'affaires du premier trimestre inférieur aux attentes de Wall Street, la prudence des consommateurs et la demande inégale dans certaines régions ayant pesé sur les ventes globales.
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