Wall Street : le Nasdaq retombe avec Samsung
Ouverture incertaine...
Les contrats à terme sur les actions américaines évoluent en ordre dispersé au lendemain d'une nouvelle journée record à Wall Street. La tech subit un nouvel accès de volatilité dans le sillage de la chute de Samsung Electronics à Séoul malgré des résultats impressionnants. Ces fluctuations dans le secteur des semi-conducteurs illustrent la surveillance accrue dont font l'objet les principaux bénéficiaires du boom mondial de l'IA : après une envolée sans précédent, les investisseurs s'interrogent désormais sur les valorisations et sur la pérennité des investissements se chiffrant en centaines de milliards de dollars. Cette volatilité incite également les opérateurs à se tourner vers des secteurs technologiques délaissés ou vers d'autres segments du marché. Ce mardi marque également l'entrée de SpaceX sur le Nasdaq 100.
"La réaction du marché face à Samsung montre que les investisseurs ont désormais adopté une mentalité exigeant systématiquement des résultats supérieurs aux attentes assortis d'un relèvement des prévisions", explique à 'Bloomberg' Joachim Klement, responsable de la stratégie chez Panmure Liberum. "Un autre facteur susceptible de peser sur les valeurs technologiques aujourd'hui est l'intégration de SpaceX dans les indices Nasdaq, car les fonds indiciels devront vendre certaines actions technologiques pour faire de la place".
Dans l'attente du début de la saison des trimestriels la semaine prochaine avec les principales banques de Wall Street, les investisseurs se contenteront de deux publications majeures : PepsiCo (jeudi) et Delta Air Lines (vendredi). Globalement, les entreprises du S&P 500 devraient voir leurs bénéfices progresser de 24,4% au deuxième trimestre en glissement annuel, selon les données compilées par LSEG.
Sur le front macro, pas grand-chose au programme ce jour si ce n'est la balance commerciale du mois de mai. Le compte-rendu ('Minutes') de la dernière réunion de la Fed sera à suivre mercredi soir.
Les cours pétroliers remontent un peu à la suite d'attaques dans le détroit d'Ormuz et ses environs, soulignant les risques persistants pour les navires empruntant cette voie navigable stratégique pour le commerce mondial. Le baril de Brent pour livraison en septembre avance de 1,2% à 72,9 dollars. L'once d'or se replie de 0,9% à 4.128$. L'indice dollar avance de 0,1% face à un panier de devises à 100,7 points.
Les valeurs
* SpaceX suscite un concert d'avis favorables de la part des analystes des banques ayant piloté l'introduction en bourse de la société d'Elon Musk. Au moins six courtiers, dont Morgan Stanley, Goldman Sachs et UBS, ont initié le suivi du titre au cours des dernières heures avec des recommandations équivalentes à 'acheter', misant sur le potentiel de croissance à long terme de Space Exploration Technologies Corp., malgré les interrogations persistantes concernant sa rentabilité, sa capacité d'exécution et sa valorisation après des débuts boursiers retentissants. "SpaceX est capable de convertir l'énergie en intelligence à grande échelle, avec la possibilité de monétiser cette capacité grâce à une gamme de solutions destinées aux particuliers et aux entreprises pour la prochaine ère de l'IA... la dernière frontière", affirme Morgan Stanley dans une note reprise par 'Bloomberg'. La banque a fixé un objectif de cours de 300 dollars par action l'un des plus élevés de Wall Street ce qui implique une hausse de 87% par rapport au prix de clôture de lundi de 160,42 dollars. Les spécialistes de Morgan Stanley estiment que la valorisation de SpaceX pourrait varier entre 75 dollars (scénario pessimiste) et 600 dollars (scénario optimiste) par titre, avec un chiffre d'affaires potentiel atteignant 319 milliards de dollars d'ici 2030 et 3.300 milliards de dollars d'ici 2040.
* Meta Platforms a déclaré lundi dans un document judiciaire que quatre États réclamaient 1.400 milliards de dollars de pénalités, l'entreprise étant accusée d'avoir conçu ses plateformes Facebook et Instagram pour rendre les jeunes utilisateurs dépendants et d'avoir induit le public en erreur quant à leur sécurité. Meta a avancé ce chiffre dans sa réponse aux conclusions des procureurs généraux concernant le mode de calcul des amendes si les États obtenaient gain de cause lors du procès. Ce chiffre, qui n'avait pas été divulgué auparavant et qui est proche de la capitalisation boursière de Meta (environ 1.500 milliards de dollars), intervient avant le procès prévu en août à Oakland, en Californie, concernant les plaintes déposées contre l'entreprise par la Californie, le Colorado, le Kentucky et le New Jersey. Meta a déclaré que ce montant n'était pas étayé par des preuves. Quatorze autres États ont intenté des actions en justice en vertu de leurs propres lois; celles-ci feront l'objet d'un procès distinct en février.
Les dossiers déposés par les États sont confidentiels, mais lors d'une audience en juin, ceux-ci ont indiqué qu'ils calculaient le montant des sanctions en multipliant le nombre d'infractions par les montants des amendes fixés par la législation de chaque État. Le nombre d'infractions est basé sur le nombre estimé d'adolescents et de jeunes utilisateurs affectés par les agissements de Meta, ont précisé les États. Meta a rejeté ces allégations, affirmant que les procureurs généraux ne disposaient d'aucune preuve indiquant qu'elle ait induit les consommateurs en erreur quant au caractère prétendument addictif de ses plateformes, car la "dépendance aux réseaux sociaux" n'est pas un trouble psychiatrique reconnu; par conséquent, les déclarations selon lesquelles ses plateformes n'étaient pas addictives ne pouvaient pas être fausses. e mois dernier, le juge Rogers a rejeté la demande de Meta visant à annuler le procès, estimant qu'il subsistait des divergences factuelles quant à savoir si ses plateformes de réseaux sociaux créaient une dépendance, si Meta avait faussement nié les avoir conçues dans ce but, et si elle avait " partiellement " orienté ces plateformes vers les enfants.
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