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Wall Street : le Nasdaq dévisse avec Netflix, SpaceX et les 'puces'

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La purge se confirme sur les grandes valeurs technologiques

Wall Street : le Nasdaq dévisse avec Netflix, SpaceX et les 'puces'
Credits Reuters

La cote américaine, déjà particulièrement malmenée hier, poursuit son plongeon ce vendredi avec les grandes valeurs technologiques, Netflix, SpaceX, Micron ou Nvidia comptant pour l'heure parmi les plus fortes sanctions. Le Nasdaq 100 s'effondre de 1,9% en pré-séance ce jour, alors que le S&P 500 trébuche de près de 1%. Le Dow Jones corrige de 0,7%... Les cours du pétrole progressent ce jour, le baril de brut WTI s'adjugeant 2,4% à près de 81$. L'once d'or fin perd 0,2% à 3.967$. L'indice dollar grappille 0,1% face à un panier de devises. Le bitcoin déprime sur les 63.000$.

Après des performances encourageantes du fabricant néerlandais d'équipements pour puces ASML avant-hier, les opérateurs accueillaient avec bien peu d'enthousiasme hier les chiffres tout aussi solides de TSMC, saisissant le prétexte des plans d'investissements conséquents du titan taïwanais des puces. Une sanction qui traduit aussi et surtout la détérioration générale du sentiment à l'égard des valorisations de l'intelligence artificielle... Ce vendredi, Netflix ajoute aux tourments des marchés technologiques, le géant du streaming décrochant sur une guidance faiblarde et des comptes à peine en ligne.

Les tensions au Moyen-Orient se confirment par ailleurs, États-Unis et Iran se livrant à de nouvelles frappes de représailles mutuelles, ravivant les inquiétudes concernant la situation du détroit d'Ormuz. Ce vendredi, l'Iran a lancé une nouvelle salve d'attaques aériennes contre des installations américaines au Moyen-Orient, en réponse à des frappes menées par l'armée américaine contre des sites militaires iraniens. Le Commandement central des États-Unis a annoncé hier avoir achevé une sixième nuit consécutive de frappes visant l'Iran. Le 'CENTCOM' a précisé que ces attaques visaient à affaiblir davantage les capacités militaires iraniennes et à tenir l'Iran pour responsable des attaques contre le transport maritime commercial. Les médias iraniens ont également rapporté que les dernières attaques américaines avaient touché certaines infrastructures civiles, notamment cinq ponts et une gare. Le trafic dans le détroit d'Ormuz a de nouveau été perturbé, compromettant les espoirs de reprise des flux qu'avait fait naître le fragile accord de cessez-le-feu.

Notons par ailleurs que Trump a accusé hier soir Pékin d'ingérence dans l'élection présidentielle de 2020, affirmant dans une allocution télévisée sur la sécurité électorale, et à trois mois des élections de mi-mandat, il allait rendre publics des documents du renseignement américain montrant que la Chine avait acquis des dossiers concernant 220 millions d'électeurs américains et notamment des données utilisées pour enregistrer les votes et favoriser le démocrate Joe Biden. La Chine a dénoncé de "pures inventions" et "une campagne de dénigrement" du président américain.

Sur le front économique, la semaine a donc été marquée surtout, pour l'heure, par de meilleurs chiffres de l'inflation. L'indice américain des prix à la consommation du mois de juin 2026 publié mardi s'est affiché en recul de 0,4% par rapport au mois antérieur, contre -0,1% de consensus FactSet. Hors alimentation et énergie, l'IPC est stable d'un mois sur l'autre, contre +0,3% de consensus. Sur un an, l'indice des prix à la consommation progresse de 3,5% (consensus 3,9%) et de 2,6% hors alimentaire et énergie... L'indice américain des prix à la production du mois de juin 2026 a lui aussi réconforté avant-hier. Il s'affiche en effet en retrait de 0,3% d'un mois sur l'autre contre -0,1% de consensus. Sur un an, la hausse ressort à 5,5% contre 6,2% de consensus. Hors alimentaire et énergie, cet indicateur des prix à la production a progressé de 0,2% d'un mois sur l'autre (+0,4% de consensus) et de 4,7% sur un an.

Les ventes américaines de détail du mois de juin annoncées hier se sont appréciées de 0,2% en comparaison du mois antérieur, en ligne avec les anticipations de marché. Hors automobile, cependant, elles ont régressé de 0,2% d'un mois sur l'autre contre -0,1% de consensus. Hors automobile et essence enfin, ces ventes ont grimpé de 0,4% contre +0,3% de consensus.

Les mises en chantier de logements aux États-Unis pour le mois de juin 2026 se sont affichées ce vendredi au rythme de 1,427 million, contre 1,31 million de consensus FactSet et 1,199 million pour la lecture révisée du mois antérieur. En revanche, les permis de construire ont été de 1,367 million, contre 1,406 million de consensus et 1,41 million un mois plus tôt.

Les prix à l'import aux USA pour le mois de juin viennent également d'être publiés et ressortent en hausse inattendue de 0,3% d'un mois sur l'autre, contre -0,3% de consensus Bloomberg et +1,7% pour la lecture révisée du mois de mai. Sur un an, ces prix à l'import progressent de 7,1%. Les prix à l'export ont décliné de 0,6% d'un mois sur l'autre.

Les opérateurs suivront encore ce jour les chiffres de la production industrielle de juin (15h15, consensus FactSet +0,3% d'un mois sur l'autre et 76,2% de taux d'utilisation des capacités), ainsi que l'enquête préliminaire de l'Université du Michigan sur le sentiment des consommateurs pour le mois de juillet (16h, consensus 51), feront l'actualité ce vendredi.

Sur le front de la politique monétaire, les anticipations de hausse de taux sont nettement retombées ces derniers jours. Selon l'outil CME FedWatch, il y a environ 11% de probabilité que la Fed remonte ses taux d'un quart de point le 29 juillet, à l'issue de la prochaine réunion monétaire, et 89% de 'proba' que les taux restent inchangés entre 3,50 et 3,75%. La publication des prix à la consommation et à la production de juin a fait reculer fortement les anticipations de hausse des taux, qui dépassaient les 40% avant la divulgation de l'IPC. Le même outil montre néanmoins toujours que la banque centrale américaine pourrait relever ses taux d'un quart ou d'un demi-point d'ici la fin de l'année.

Kevin Warsh, successeur de Jerome Powell à la tête de la Fed, a affirmé par ailleurs aux parlementaires américains qu'avec la politique monétaire adéquate, la banque centrale américaine serait en mesure de reléguer au rang de souvenir l'inflation des dernières années. Les deux auditions de Warsh, mardi et mercredi au Congrès, correspondaient à sa première intervention 'semi-annuelle' de politique monétaire - d'abord devant le Comité des services financiers de la Chambre puis devant le Comité du Sénat pour la Banque, l'Immobilier et les Affaires Urbaines.

Selon Warsh, l'objectif primordial de la Fed est de mener une politique monétaire adéquate, ou de s'en rapprocher autant que possible. "C'est notre but clair et constant, l'étoile qui guide notre action. Et si nous parvenons à mener une politique juste - ce que nous ferons -, la poussée inflationniste de ces cinq dernières années appartiendra au passé. Il y a un mois, j'ai présidé ma première réunion FOMC. Mes collègues et moi reconnaissons que l'inflation élevée a fait peser un fardeau excessif sur les ménages et les entreprises américains. Si les fluctuations mensuelles des prix sont inévitables - surtout dans un monde instable -, l'inflation sous-jacente, sur des horizons temporels plus longs, dépend en grande partie de la politique monétaire. Les membres de notre Comité ne tolèrent pas une inflation durablement élevée".

Les valeurs

Netflix décroche avant bourse à Wall Street ce vendredi. Le géant américain du streaming vidéo n'a pas convaincu hier soir, dévoilant des résultats trimestriels mitigés et des prévisions jugées trop courtes. Les revenus du 2e trimestre ont augmenté de 13,4% mais ratent le consensus des analystes, alors que la guidance du 3e trimestre est également jugée décevante. Pour la période close, le groupe a affiché un bénéfice ajusté par action de 80 cents à comparer à un consensus de 79 cents. Les revenus ont été de 12,56 milliards contre 12,58 milliards de consensus de place.

Pour l'exercice 2026, le groupe resserre ses estimations de revenus entre 51 et 51,4 milliards de dollars et anticipe toujours une marge opérationnelle de 31,5%, à comparer aux 33% du T2. Le management estime que l'engagement est "sain", reflétant la qualité, la quantité et la diversité des offres. Les résultats des récentes évolutions de prix sont "en ligne avec les précédents changements et avec nos anticipations", ajoute le groupe californien. La croissance du 2e trimestre est attribuée à la progression des abonnements, des prix, et à la hausse des revenus publicitaires. Le bénéfice net T2 a été de 3,4 milliards de dollars, contre 3,13 milliards sur la période correspondante de l'an dernier.

Pour son 3e trimestre fiscal, Netflix table sur une croissance des revenus d'environ 12%. En ce qui concerne la guidance annuelle de 51-51,4 milliards, elle se compare aux 50,7-51,7 milliards précédemment visés. Il s'agit donc bien d'un "resserrement" comme l'indique le groupe.

Les questions relatives à l'engagement ont été au coeur des préoccupations hier soir selon CNBC. Le groupe a souligné que les événements en direct constituaient un attrait majeur pour les abonnés, lesquels ont visionné plus de 97 milliards d'heures de programmes au cours du premier semestre. Cet indicateur d'engagement a suscité une attention particulière après la parution d'informations faisant état d'une baisse d'audience des séries Netflix après la première saison, ajoute CNBC. "Je commencerai par dire qu'il n'existe pas de relation linéaire entre les heures de visionnage, le chiffre d'affaires et les bénéfices, car toutes les heures ne se valent pas", a affirmé Greg Peters, co-DG. Ted Sarandos, également co-DG, a ajouté qu'il n'y avait aucun changement significatif concernant l'audience des deuxièmes saisons par rapport aux premières.

Toutefois, Netflix a annoncé hier qu'il réduirait la fréquence de publication de ses rapports 'What We Watched' offrant un aperçu de l'engagement des utilisateurs. Après la publication du rapport de jeudi portant sur l'audience du premier semestre, le groupe passera à un rythme annuel, avec une publication prévue au premier trimestre à partir de 2027.

SpaceX a perdu encore 3,1% hier soir à 131,1$ sur le Nasdaq, sous son cours d'introduction de 135$, et abandonne 4% de plus en pré-séance ce vendredi. A peine plus d'un mois après l'IPO historique du 12 juin, le titre reste extrêmement volatil. Il avait franchi les 200$ juste après son introduction, le 16 juin, avant de retomber sur des inquiétudes relatives au niveau de valorisation. La capitalisation boursière revient vers les 1.700 milliards de dollars, malgré une série d'avis favorables de brokers, alors que les multiples de valorisation demeurent très élevés et les ventes d'insiders menacent. Le dossier a intégré le Nasdaq 100 le 7 juillet.

SpaceX a interrompu hier sa deuxième tentative de lancement de son système de fusée Starship amélioré, quelques instants seulement après la mise à feu sur le site de l'entreprise dans le sud du Texas - certains des 33 moteurs n'ayant pas démarré. Elon Musk a indiqué dans une publication sur X que "certains moteurs ne se sont pas allumés, déclenchant un arrêt automatique du lancement" et que l'entreprise ferait une nouvelle tentative, "espérons-le", dans quelques jours, sans doute en début de semaine prochaine.

PayPal grimpait cette semaine à Wall Street suite à une offre d'acquisition du spécialiste des paiements Stripe et de la firme de private equity Advent International à 60,5$ par titre. Reuters citait à ce sujet deux sources au fait de la question. L'offre aurait été soumise plus tôt ce mois et serait soutenue par des engagements financiers d'environ 50 milliards de dollars de banques, selon une source de l'agence. Le conseil d'administration de PayPal estimerait cependant que la proposition de rachat de 53 milliards de dollars sous-évaluerait l'entreprise de paiement et se heurterait à des obstacles en matière de financement et de réglementation, a rapporté hier Reuters, citant une source proche du dossier.

Alcoa, le géant américain de l'aluminium, a publié hier soir au titre de son 2e trimestre clos en juin des revenus de 3,97 milliards de dollars, en vive croissance de plus de 31% en glissement annuel et légèrement au-dessus du consensus, pour un bénéfice ajusté par action de 2,12$ à comparer aux 39 cents de l'an dernier. Le bpa ajusté s'affiche toutefois nettement moins élevé que prévu. Le bénéfice net part du groupe a représenté 407 millions de dollars pour le trimestre clos, contre 425 millions sur le précédent trimestre et 164 millions un an auparavant. Le bénéfice ajusté part du groupe a atteint 562 millions contre 103 millions un an avant. Enfin, l'Ebitda ajusté a pratiquement triplé en glissement annuel pour atteindre 901 millions.

Truist Financial, la banque régionale américaine, a publié au titre de son 2e trimestre fiscal un bénéfice par action de 1,23$, supérieur au consensus et en croissance de 37% en glissement annuel, ainsi qu'un bénéfice net voisin de 1,52 milliard de dollars, contre 1,18 milliard sur la période correspondante de l'an dernier. Les revenus sur la période close ont totalisé 5,3 milliards de dollars, en augmentation de plus de 5%, également meilleurs que prévu, avec la progression des revenus de banque d'investissement, trading et gestion de fortune. Le ROTCE s'établit à 15,4%. Mike Lyons deviendra DG de Truist en septembre.

Fifth Third Bancorp, l'une des principales banques régionales américaines, a publié ce vendredi pour son 2e trimestre un bénéfice ajusté par action de 1,02$, en dehors de 19 cents de charges de fusion et autres éléments. Sur ces bases, le bpa ajusté dépasse le consensus. Le groupe, qui a racheté en février Comerica pour 12,7 milliards de dollars, a dégagé sur le trimestre clos un bénéfice net de 763 millions de dollars, contre 128 millions un trimestre avant et 591 millions de dollars un an auparavant. Le revenu net d'intérêt a atteint 2,21 milliards de dollars (+48%), contre 1,49 milliard un an plus tôt.

Regions Financial, l'établissement bancaire régional américain, a dépassé les attentes au 2e trimestre, affichant un bénéfice ajusté par action de 68 cents (+13%) à comparer à un consensus de 63 cents. Les revenus ajustés se sont établis à 1,95 milliard de dollars, en progression de 2% en glissement annuel et également meilleurs que prévu. Le bénéfice net attribuable aux actionnaires ordinaires a été de 549 millions de dollars, ou 583 millions sur une base ajustée.

The Travelers Companies, qui figure parmi les principaux groupes d'assurance américains, a publié un bénéfice net dilué par action de 10,26$ et un bénéfice ajusté de 10,04$ par titre pour le deuxième trimestre 2026, largement supérieur aux attentes. Les revenus ont légèrement progressé à 12,15 milliards, contre 11 milliards de consensus. L'assureur au parapluie rouge, qui compte parmi les membres de l'indice Dow Jones, a aussi fait état d'un rendement des capitaux propres de 27,1% et d'un rendement des capitaux propres de base de 24,9%. Le bénéfice net trimestriel s'établit à 2,208 milliards de dollars et le bénéfice net ajusté à 2,16 milliards. Travelers évoque par ailleurs l'amélioration du ratio combiné consolidé à 83,6% et du ratio combiné sous-jacent à 84,1%.

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