Wall Street : la pression se confirme
Les indices américains dans le rouge avant les chiffres de l'inflation
Wall Street poursuit sa correction de la veille avant bourse ce mercredi, toujours affecté par les incertitudes géopolitiques et monétaires. Le DJIA perd 0,6% en pré-séance, tandis que le S&P 500 cède 0,3% et que le Nasdaq 100 abandonne 0,5%. La tendance demeure donc fébrile, sur fond d'échange de frappes au Moyen-Orient. Concernant les rendements des obligations d'État, qui restent évidemment sous surveillance, celui du T-Bond à 10 ans se tend à 4,81%, contre 5,26% sur le '30 ans'.
Selon l'outil CME FedWatch, la probabilité d'une hausse des taux d'un quart de point le 16 septembre, à l'issue de la prochaine réunion FOMC de la Fed, se situe à 62,4%, contre 37,6% de 'proba' d'un statu quo. Les chiffres de l'inflation américaine attendus en fin de semaine seront donc cruciaux.
Vendredi dernier, les créations de postes non-agricoles américaines du mois d'août 2026 ont surpris, au nombre de 162.000, trois fois plus élevées que le consensus Bloomberg qui se situait à 55.000, ou que celui de FactSet logé à 56.000. Le taux de chômage s'est établi conforme aux anticipations de FactSet à 4,1%, mais inférieur à celui de Bloomberg qui était de 4,2%. Les créations de postes dans le privé ont été au nombre de 127.000, contre 53.000 de consensus.
La décision de politique monétaire de la Banque centrale européenne prévue demain fait déjà figure de rendez-vous essentiel dans la zone euro. La BCE devrait réagir aux risques relatifs à l'inflation en relevant ses taux de 25 pb sur la facilité de dépôt, à 2,5%, alors que le taux de refinancement principal (refi) devrait atteindre 2,65%. Reste à savoir si le scénario d'une pause pourrait se confirmer ensuite.
Sur le front économique cette semaine, sur la place américaine, les opérateurs suivaient hier soir les chiffres du crédit à la consommation (+18,1 milliards de dollars en juillet). Ils observeront demain les inscriptions hebdomadaires au chômage, les prix à la production, les reventes de logements existants et les stocks pétroliers domestiques hebdomadaires.
Le grand rendez-vous économique US de la semaine sera celui de l'indice des prix à la consommation d'août (consensus +0,4% d'un mois sur l'autre et +0,2% hors alimentaire et énergie, soit respectivement +3,4% et +2,4% sur un an), qui sera dévoilé vendredi à 14h30. L'indice du sentiment des consommateurs américains de l'Université du Michigan sera également annoncé vendredi, tout comme la balance budgétaire.
L'indice dollar s'affiche assez stable ce jour (-0,2%) face à un panier de devises de référence. Le baril de Brent se négocie à 100,8$ (+3%) et le WTI à 95,8$ (+3%). L'armée américaine a annoncé avoir détruit cinq pétroliers iraniens, ce qui constitue, selon les autorités américaines, une riposte aux tentatives de l'Iran de frapper des porte-avions de l'US Navy dans la région. Il s'agit de la deuxième fois en deux jours que les forces américaines prennent pour cible le secteur du transport maritime iranien. Au cours des deux dernières semaines, les États-Unis et l'Iran ont clairement renoué avec une posture d'affrontement direct, multipliant les représailles réciproques après une période de négociations d'environ un mois qui semblait marquer une stabilisation. Le trafic maritime via le détroit d'Ormuz reste donc fortement entravé, les armateurs pesant le pour et le contre entre l'acheminement de leurs cargaisons et les risques encourus. De plus, les attaques menées par les rebelles houthis contre les infrastructures énergétiques saoudiennes ont ravivé les craintes concernant les millions de barils que le royaume achemine quotidiennement via la mer Rouge, voie de contournement stratégique du détroit d'Ormuz. L'once d'or fin se traite 4.399$ (+1%). Le bitcoin se redresse à environ 79.500$.
Dans l'actualité des entreprises, GameStop et Casey's General Stores ont publié leurs derniers résultats financiers hier soir. Korn Ferry, Core & Main, Chewy, The Cooper Companies et Sunbelt Rentals, annoncent ce mercredi. Macy's, Copart, et surtout Adobe (après bourse) et Oracle (après la clôture), publient jeudi. Kroger annoncera vendredi.
Les valeurs
Alphabet. La nouvelle initiative cloud portée par Alphabet et Blackstone a pris du retard concernant l'implantation de centres de données majeurs destinés à héberger les puces de Google, illustrant ainsi les obstacles qui entravent les ambitions des géants de la technologie dans le domaine de l'IA, indique Bloomberg. Le 'Project Braid' a été lancé grâce à un investissement de 5 milliards de dollars de Blackstone et vise à louer des processeurs d'IA de Google à des clients à partir de 2027. Elle rejoint le nombre croissant des "néo-clouds", entités qui louent des puces et de la capacité de calcul.
Bloomberg explique que ce projet a rencontré un premier contretemps lorsque Google (Alphabet) a abandonné le plan prévoyant la construction de sites à Cheyenne, dans le Wyoming, par le développeur émergent de centres de données Crusoe. C'est ce qu'ont indiqué des sources de l'agence proches du dossier et ayant requis l'anonymat.
Google a repris le projet en main et dépose de nouvelles demandes de permis après avoir perdu confiance dans la capacité de Crusoe à mener à bien les travaux, ont précisé ces sources de Bloomberg. Les autorités locales ont informé les résidents que l'envergure du projet serait réduite. Un autre site s'est avéré inadapté faute de disposer des transformateurs adéquats, a indiqué l'une des sources de l'agence.
Google (Alphabet) a annoncé par ailleurs son intention d'investir au moins 13 milliards d'euros dans les infrastructures numériques en Finlande au cours des deux prochaines années (2027-2028), consolidant ainsi son engagement à long terme envers le pays et l'Europe. Cet investissement englobe des projets d'infrastructure - notamment des centres de données et des installations connexes - ainsi que des partenariats à Hamina, Kajaani, Muhos et Vaala. Il s'agit du plus important investissement jamais réalisé par Google en Europe.
Amazon a lancé comme attendu sa première émission obligataire libellée en livres sterling, structurée en quatre tranches. Le géant du e-commerce propose des tranches dont les échéances s'échelonnent de trois à 19 ans, selon une source de Bloomberg proche du dossier. Les premières indications de prix se situent autour de 70 points de base au-dessus des obligations d'État britanniques (les 'gilts') pour les échéances les plus courtes, et autour de 110 points de base pour les plus longues, a précisé cette source de l'agence ayant requis l'anonymat. JP Morgan, Barclays, HSBC et Natwest pilotent l'opération, dont la tarification finale est attendue plus tard ce mercredi.
GameStop a publié ses comptes du 2e trimestre fiscal clos début août 2026, marqués par des ventes en déclin à 790 millions de dollars contre 972 millions un an avant. Cette baisse reflète principalement le lancement de la Nintendo Switch 2 l'année précédente, les fermetures de magasins prévues et la cession des activités de la société en France. Le résultat opérationnel s'est établi à 160,2 millions de dollars pour le deuxième trimestre, soit le résultat opérationnel le plus élevé pour un deuxième trimestre dans l'histoire de GameStop. Pour l'exercice clos le 30 janvier 2027, la Société prévoit désormais de générer un EBITDA ajusté supérieur à 650 millions de dollars, en hausse par rapport à sa prévision antérieure.
Casey's General Stores, la chaîne américaine de magasins de proximité, abandonne 8% avant bourse à Wall Street ce mercredi, alors que le groupe a pourtant publié au titre de son premier trimestre fiscal des comptes supérieurs aux anticipations de marché. Le titre cède toutefois aux prises de bénéfices, alors qu'il avait pris 32% depuis le début de l'année. Le bénéfice par action dilué s'est élevé à 7,37$, en hausse de 28%. Le bénéfice net a atteint 273,7 millions de dollars (+27%) et l'EBITDA s'est établi à 485,1 millions de dollars (+17%). Casey's prévoit une augmentation de 2 à 5% des ventes en magasin (hors carburant) à périmètre comparable, avec une marge sur ces ventes supérieure à 42%, une variation comprise entre -1% et +1% du volume de carburant vendu à périmètre comparable, une hausse d'environ 5 à 7% des charges d'exploitation totales, ainsi qu'une progression de 8 à 10% de l'EBITDA, ce qui correspondrait à une croissance cumulée de 35% sur deux ans au point médian de la fourchette.
Sunbelt Rentals, fournisseur mondial de premier plan d'équipements et de services de location, basé à Fort Mill, en Caroline du Sud, gagne du terrain avant bourse à Wall Street, alors que le groupe a publié au titre de son premier trimestre fiscal des comptes supérieurs aux attentes. Sunbelt a dégagé un bénéfice ajusté par action de 1,18$, en croissance de 20% en glissement annuel, pour des revenus de 3,11 milliards de dollars également meilleurs que prévu et en augmentation de 11% par rapport à la période comparable de l'exercice antérieur.
Chewy, le détaillant en ligne américain en produits animaliers, grimpe avant bourse à Wall Street. Le groupe a publié ses résultats financiers pour le deuxième trimestre de l'exercice 2026, clos le 2 août. Le chiffre d'affaires est ressorti à 3,33 milliards de dollars, en hausse de 7,3% sur un an (ou de 5,7% hors contributions de SmartPak et Modern Animal), pour une marge brute de 30,4% stable par rapport à l'année précédente et un résultat net de 80,5 millions de dollars, incluant 85,9 millions de dollars de charges liées à la rémunération en actions et aux impôts y afférents. L'EBITDA ajusté a été de 226,7 millions de dollars, en hausse de 43,4 millions de dollars. Le résultat net ajusté a été de 148,8 millions de dollars, tandis que le bpa ajusté a représenté 36 cents.
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