Vanguard : "La sensibilité des économies aux chocs énergétiques varie"
(Zonebourse.com) - Hier, à l'occasion d'un déjeuner presse organisé dans les locaux de Vanguard à Paris, Alès Koutny, gérant de portefeuille et responsable des taux internationaux (head of international rates) a livré pour Zonebourse.com son analyse des vulnérabilités de l'économie mondiale face aux tensions sur les marchés de l'énergie.
Des chaînes d'approvisionnement sous haute tension géopolitique
Dans un contexte géopolitique très délétère (escalade des conflits au Moyen-Orient entre les Etats-Unis et l'Iran, prolongation de la guerre en Ukraine et risques de rupture des voies maritimes stratégiques comme le détroit d'Ormuz ou la mer Rouge), l'expert a évoqué l'impact que pourraient avoir les perturbations de l'approvisionnement sur l'inflation et les marchés obligataires : "La sensibilité des économies aux perturbations énergétiques varie en fonction de leurs sources d'approvisionnement, des distances de transport, de la logistique et des réserves disponibles. Ces perturbations peuvent entraîner une hausse des coûts de transport et d'assurance, ce qui a des répercussions sur les prix de l'énergie et la demande au niveau local. La question clé pour les investisseurs est de savoir comment ces effets se répercutent sur les anticipations d'inflation, la croissance économique et la politique monétaire."
Quand le climat accentue la pression obligataire
Ces réorganisations structurelles du commerce mondial maintiennent une pression haussière permanente sur les prix. A ces facteurs géopolitiques s'ajoute un aléa conjoncturel de taille : le climat. Alès Koutny nous indique que les conditions météorologiques restent une variable importante : "Un hiver plus rigoureux que prévu pourrait accroître la demande d'énergie et exercer une pression à la hausse sur les prix, ce qui pourrait influencer les perspectives d'inflation sur certains marchés."
L'impact des prix de l'énergie sur la BCE
Alors que le consensus des économistes anticipe une hausse de 25 points de base des taux directeurs lors de la réunion de la BCE demain, ces tensions énergétiques entraînent des conséquences directes sur les anticipations de politique monétaire. Pour Josefina Rodriguez, économiste et stratégiste chez Vanguard, la hausse des cours de l'énergie modifie directement l'équation de l'institution monétaire de Francfort : "Les dernières données d'inflation ont légèrement surpris à la baisse à court terme [...]. En revanche, la remontée des prix du gaz et, plus largement, de l'énergie laisse entrevoir des pressions inflationnistes plus fortes à plus long terme."
Cette résurgence du risque énergétique réduit considérablement la marge de manoeuvre de Christine Lagarde. Josefina Rodriguez prévient que le seuil déclenchant un nouveau resserrement reste relativement bas : "Si les prix de l'énergie restent élevés ou si l'inflation repart à la hausse, le Conseil des gouverneurs pourrait procéder à un nouveau relèvement des taux d'ici la fin de l'année. [...] L'équilibre des risques s'est déplacé en faveur d'un resserrement supplémentaire."
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source : AOF
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