Wall Street : la Cour suprême invalide les droits de douane de Trump !
Les indices repartent dans le vert
Wall Street se retourne à la hausse ce vendredi, suite à la décision de la Cour suprême américaine sur les droits de douane internationaux imposés par Donald Trump. Le Dow Jones gagne désormais 0,24% à 49.511 pts, alors que le S&P 500 prend 0,48% à 6.895 pts et que le Nasdaq s'adjuge 0,78% à 22.859 pts. La plus haute juridiction américaine estime que le président a outrepassé ses pouvoirs en invoquant une loi fédérale, en l'occurrence la loi de 1977, l'International Emergency Economic Powers Act (IEEPA), pour imposer ses droits de douane dits réciproques à travers le monde, ainsi que des taxes à l'importation ciblées que l'administration présente comme une lutte contre le trafic de fentanyl... Une décision que Trump qualifie de "honteuse", le président américain affirmant avoir un "plan de secours" pour imposer ses droits de douane...
La Cour suprême invalide donc la pièce maîtresse du programme tarifaire du second mandat de Trump. Par un vote de 6 contre 3, elle a jugé illégales les taxes douanières généralisées imposées par ce dernier. Cette décision intervient un peu plus d'un an après le début du second mandat du président américain et suite aux questions sceptiques posées par des juges clés lors des plaidoiries en novembre. Elle devrait bloquer immédiatement une part importante des taxes douanières qui avaient été annoncées l'année dernière lors du 'Jour de la Libération'. "La loi IEEPA n'autorise pas le président à imposer des droits de douane", stipule la décision rédigée par le juge en chef John Roberts.
La décision soulève également la question des remboursements, qui pourraient atteindre 130 à 175 milliards de dollars selon les différentes estimations. Elle confirme les décisions de deux juridictions inférieures - dont la Cour du commerce international des États-Unis - qui avaient précédemment jugé que Trump n'était pas habilité à imposer des droits de douane internationaux en vertu de la loi de 1977. Cette décision aura donc des répercussions importantes sur le commerce mondial, les consommateurs, les entreprises, l'inflation et le pouvoir d'achat.
Parmi les réactions à chaud, Goldman Sachs juge, de source de marché, que ce ne sera pas la fin des droits de douane et que l'administration Trump mettra très probablement en place d'autres cadres juridiques. Le résultat sera probablement une légère baisse des droits de douane, une incertitude commerciale accrue et des inquiétudes supplémentaires concernant le déficit. En résumé, cela serait légèrement favorable aux actions et légèrement défavorable aux obligations...
L'actualité économique est par ailleurs assez chargée aux États-Unis ce jour. La croissance du PIB américain pour le 4e trimestre 2025 est ressortie au rythme de 1,4% seulement en première estimation préliminaire, bien loin des 2,8% espérés, après une expansion de 4,4% sur la période antérieure. Ce net ralentissement s'explique notamment du fait des perturbations causées par le 'shutdown' de l'automne. Les dépenses personnelles de consommation ont progressé au rythme de 2,4% au T4, comme attendu. L'indice de prix rattaché au PIB a augmenté sur un rythme de 3,6%, contre 3% de consensus FactSet.
Les revenus et les dépenses personnelles des ménages américains pour le mois de décembre viennent aussi d'être publiés. Les revenus se sont appréciés comme prévu de 0,3% d'un mois sur l'autre, alors que les dépenses ont grimpé un peu plus que prévu à +0,4%. L'indice ajusté des prix dit 'core PCE' a augmenté de 0,4% d'un mois sur l'autre et de 3% sur un an, soit deux mesures un peu plus élevées que prévu.
L'indice flash PMI composite de février n'a pas révélé de grande surprise, même s'il ressort légèrement inférieur au consensus Bloomberg, à 52,3 contre 53,1 attendu. L'indice manufacturier se situe à 51,2 contre un consensus de 52,4, tandis que l'indicateur des services ressort à 52,3 contre 53 pour le consensus.
Les ventes de logements neufs de décembre ont aussi été annoncées et s'affichent plus solides que prévu à 745.000 (consensus 714.000 selon FactSet).
Enfin, l'indice final du sentiment des consommateurs de l'Université du Michigan pour février s'établit à 56,6 contre un consensus Bloomberg de 57.
Sur le Nymex, le baril de brut WTI perd 0,6% à 66$. L'or noir reste surveillé sur fond de tensions entre USA et Iran. Le président Trump a déclaré qu'il déciderait sous dix jours s'il engageait des frappes militaires contre le pays, alors qu'il s'efforce de conclure un accord sur son programme nucléaire. L'once d'or fin avance de 0,7% à 5.032$. L'indice dollar abandonne 0,3% face à un panier de devises. Le bitcoin reste sous pression dans la zone des 67.000$, alors que Neel Kashkari de la Fed de Minneapolis a jugé les cryptomonnaies "totalement inutiles".
Les valeurs
Live Nation (+5,9%), le producteur américain de spectacles, maison-mère de Ticketmaster, a annoncé pour son 4e trimestre fiscal des revenus de 6,31 milliards de dollars en croissance de 11% et une perte opérationnelle de 143 millions de dollars. Les revenus annuels ont augmenté de 9% à 25,2 milliards, pour un bénéfice opérationnel consolidé en croissance de 52% à 1,25 milliard de dollars. "En 2025, le lien entre les artistes et leurs fans du monde entier a atteint de nouveaux sommets, alimentant une nouvelle année de croissance à deux chiffres", a déclaré Michael Rapino, directeur général du groupe, ajoutant que Live Nation est "bien positionné pour une nouvelle année de croissance à deux chiffres de son résultat d'exploitation et de son bénéfice opérationnel ajusté en 2026". La fréquentation des fans a augmenté de 5% pour atteindre 159 millions de spectateurs, les marchés internationaux dépassant pour la première fois dans l'histoire de la compagnie le nombre de fans américains.
Newmont (-4,7%), le géant de la production aurifère, a publié au titre de son 4e trimestre fiscal un bénéfice net d'environ 1,3 milliard de dollars pour un bénéfice ajusté par action de 2,52$, largement au-dessus des attentes de marché, ainsi que des revenus de 6,82 milliards de dollars également meilleurs que prévu. Sur l'exercice, le bénéfice net a dépassé les 7 milliards de dollars pour des revenus de 22,7 milliards. L'Ebitda ajusté annuel a atteint 13,5 milliards de dollars. Le groupe a généré 10,3 milliards de cash flow des activités opérationnelles et un record de free cash flow de 7,3 milliards de dollars - dont 2,8 milliards au 4e trimestre. Pour 2026, Newmont prévoit une production d'or attribuable d'environ 5,3 millions d'onces, dont plus de 3,9 millions d'onces provenant des opérations gérées.
Copart (-2,7%), l'un des principaux fournisseurs mondiaux de services de vente aux enchères et de revente de véhicules en ligne, a publié hier soir des comptes inférieurs aux attentes. Le groupe a affiché pour son 2e trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 36 cents contre 40 cents un an plus tôt, tandis que ses revenus se sont établis à 1,12 milliard de dollars contre 1,16 milliard un an auparavant. Le bénéfice net part du groupe a corrigé à 351 millions de dollars contre 387 millions pour la période correspondante, l'an dernier.
Comfort Systems USA (+3,9%), fournisseur de premier plan de services et de solutions pour les systèmes mécaniques, électriques et de plomberie des bâtiments, grimpe avant bourse à Wall Street. Le groupe a facilement battu le consensus des analystes à Wall Street, affichant au titre de son 4e trimestre un bénéfice ajusté par action de 9,37$, plus du double de l'année précédente, pour des revenus de 2,65 milliards de dollars également bien meilleurs que prévu, à comparer à un niveau de 1,87 milliard un an plus tôt. Le groupe, actif dans le chauffage, la ventilation ou la climatisation, a ainsi dégagé un bénéfice annuel de plus d'un milliard de dollars pour des revenus totalisant 9,1 milliards. Le backlog à fin décembre se situait à 11,94 milliards de dollars contre 9,38 milliards à fin septembre et 5,99 milliards un an avant.
PPL (+1,2%), le groupe américain actif dans la production et la distribution d'énergie, a publié pour son exercice 2025 juste clos un bénéfice par action de 1,59$ et un bénéfice ajusté par action de 1,81$ sur les opérations poursuivies. Le bénéfice net consolidé de l'exercice se monte à 1,18 milliard de dollars contre 888 millions de dollars un an avant. Le bénéfice ajusté net atteint 1,34 milliard contre 1,25 milliard en 2024. Pour le seul 4e trimestre, le bénéfice ajusté ressort à 305 millions de dollars ou 41 cents par titre, contre 256 millions de dollars un an auparavant. Le bpa ajusté était attendu un peu plus haut, à 42 cents selon le consensus.
Blue Owl Capital (-2,3%), le groupe américain de gestion d'actifs d'investissement alternatifs, confronté à une échéance imminente de remboursement concernant l'un de ses fonds de crédit privés, a trouvé selon Bloomberg quatre acquéreurs pour un portefeuille de prêts de 1,4 milliard de dollars afin de rembourser ses investisseurs : trois des plus importants fonds de pension d'Amérique du Nord et sa propre compagnie d'assurance. Selon des sources de Bloomberg proches du dossier, l'assureur Kuvare, basé à Chicago, ainsi que le California Public Employees' Retirement System, l'Ontario Municipal Employees Retirement System et la British Columbia Investment Management Corp., ont acquis la dette.
Tesla (-0,2%) a baissé le prix du Cyberbeast, son modèle de pick-up Cybertruck le plus onéreux, à 99.990$ aux États-Unis contre 114.990$ auparavant, selon les informations tarifaires publiées jeudi sur le site web du constructeur et relayées par l'agence Reuters. L'agence indique qu'avec cette baisse de prix, Tesla semble abandonner son 'Pack Luxe' pour ce modèle. Ce pack incluait la conduite entièrement autonome supervisée et l'accès gratuit à son réseau de superchargeurs. Le constructeur de véhicules électriques avait ajouté ce pack à sa gamme en août dernier, lors de l'augmentation du prix du pick-up, rappelle l'agence.
Nvidia (+0,4%) serait selon Reuters sur le point de finaliser un investissement de 30 milliards de dollars dans la startup d'IA OpenAI, le fabricant de puces souhaitant ainsi prendre une participation dans l'un de ses plus importants clients. Reuters cite à ce sujet une source proche du dossier. Cet investissement s'inscrit dans le cadre d'une levée de fonds visant à réunir plus de 100 milliards de dollars pour OpenAI, a précisé cette même source. Une telle opération valoriserait le créateur de ChatGPT à environ 830 milliards de dollars et constituerait l'une des plus importantes levées de fonds privées jamais réalisées. SoftBank et Amazon devraient également participer au tour de table. OpenAI envisagerait d'utiliser une grande partie des nouveaux capitaux pour acheter les puces Nvidia.
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