Wall Street : Kevin Warsh durcit le ton face à l'inflation
Tendance incertaine après le rebond de la veille propulsé par Nvidia
La cote américaine s'affiche incertaine ce vendredi, au lendemain d'un vif rebond du Nasdaq mené par Nvidia. Les investisseurs temporisent suite à l'intervention prudente de Kevin Warsh, nouveau patron de la Fed, dans le cadre du sommet de Jackson Hole. Le Nasdaq avance de 0,41% à 26.649 pts, le S&P 500 de 0,37% à 7.760 pts et le Dow Jones de 0,24% à 53.697 pts. Hier soir, stimulée surtout par d'excellents résultats de Nvidia, mais aussi dans une moindre mesure par des comptes également robustes de Salesforce ou CrowdStrike, la place américaine s'était offert un sursaut. Le Nasdaq avait pris 1,57% et le DJIA 0,20%... Les rendements des obligations d'État restent surveillés ce vendredi, à 4,67% sur le T-Bond à 10 ans et 5,16% sur le '30 ans'.
Le président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, successeur de Jerome Powell, a adopté un ton ferme ce vendredi pour son intervention dans le cadre du symposium de Jackson Hole, affirmant que la priorité de la Fed devait demeurer la stabilité des prix. Warsh a indiqué que les données sur l'inflation estivale s'étaient améliorées, mais que les tendances sous-jacentes n'avaient pas sensiblement évolué. La Fed doit être convaincue que l'inflation revient vers son objectif des 2%, faute de quoi "il nous reste du travail à faire", lance le timonier de la Fed.
Il a réaffirmé que l'objectif d'inflation PCE de 2% était "ferme et immuable". Parallèlement, l'économie reste résiliente : la consommation des ménages est dynamique, le marché du travail est stable et l'investissement des entreprises progresse rapidement, détaille le responsable. Warsh a également déclaré qu'il était difficile de qualifier les conditions financières de restrictives, les marchés du crédit ne montrant que peu de signes de retenue.
Pour faire court, le leader de la Fed laisse entendre que des hausses de taux sont envisagées si l'inflation ne fléchit pas. Il note que pour l'heure, l'inflation ne ralentit pas de manière significative. Une hausse des taux reste l'anticipation des marchés, qui tablent sur une ou deux augmentations d'un quart de point d'ici la fin de l'année.
Lors de la réunion de juillet, une large majorité des membres votants de la Fed s'était prononcée en faveur d'une politique monétaire attentiste, décidant d'un statu quo monétaire, mais trois voix dissidentes (Beth Hammack, Neel Kashkari et Lorie Logan) s'étaient élevées, prônant une hausse des taux. La banque centrale américaine avait finalement laissé les taux inchangés sur les 'fed funds' entre 3,50 et 3,75%.
Warsh a aussi livré des commentaires au sujet de l'IA, notant que les ventes annualisées de 'tokens' des deux principaux laboratoires d'IA (OpenAI et Anthropic - respectivement ChatGPT et Claude) dépassent désormais 100 milliards de dollars, en hausse de plus de 500% d'une année sur l'autre. "Il n'est pas évident de savoir où atterriront les rendements du capital ni sur quelle échelle de temps", a nuancé le dirigeant.
L'indice PMI de Chicago du mois d'août 2026 s'est établi à 47,1, contre 57 de consensus FactSet et 57,6 pour la lecture de juillet. L'indice passe donc brutalement sous la barre des 50, ce qui signale une contraction de l'activité.
L'indice final du sentiment des consommateurs américains de l'Université du Michigan pour le mois d'août 2026 s'est établi à 51,7, contre 50,8 de consensus FactSet et 51 en lecture préliminaire.
Les cours du brut évoluent autour des 83$ sur le baril WTI (-0,6%). L'Iran et Oman peaufinent un accord concernant le détroit d'Ormuz, tandis que le ministre qatari des Affaires étrangères rencontrait hier le haut négociateur iranien Mohammad Ghalibaf à Téhéran et soulignait la nécessité de relancer la voie diplomatique... Washington avait précédemment fourni des précisions cette semaine sur les sanctions économiques visant à étouffer l'Iran pour contraindre le pays à négocier. Donald Trump s'est aussi amusé hier à poster une carte des territoires américains sur laquelle figurait le détroit d'Ormuz...
Les valeurs
Marvell Technology, le spécialiste de la conception de circuits intégrés de stockage et de transmission destinés aux fabricants d'équipements de réseaux haut débit, de disques durs et de produits électroniques grand public, dévisse de 7% à Wall Street, les opérateurs sanctionnant les prévisions financières, alors que les attentes étaient très hautes. Pour son 2e trimestre fiscal 2027, le groupe a pourtant réalisé des revenus de 2,74 milliards de dollars, en croissance de 37% et en ligne avec les anticipations, pour un bpa ajusté en hausse de 40% à 94 cents, supérieur au consensus. Les revenus 'Data Center' ont progressé de 46% à 2,2 milliards. Pour son 3e trimestre, Marvell envisage des revenus de 3,15 milliards, plus ou moins 5%, pour un bpa ajusté de 1,10$, plus ou moins 5 cents.
Gap (+14%) bondit à Wall Street, alors que le groupe a publié au titre de son 2e trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 52 cents, contre 48 cents de consensus et 57 cents un an plus tôt. Les revenus ont totalisé 3,65 milliards de dollars, contre 3,73 milliards un an avant. Néanmoins, le groupe relève ses estimations de profits pour l'exercice 2027, tablant sur un bénéfice ajusté par action allant de 2,35 à 2,45$ (hausse de 5 cents), pour des revenus en augmentation de 1 à 1,5% (ajustement en bas de fourchette) et une marge opérationnelle ajustée de 7,4 à 7,6% (7,3 à 7,5% auparavant). Sur le seul 3e trimestre, les revenus sont attendus en hausse de 1,5 à 2,5%, pour une marge brute en augmentation de 25 à 75 points de base.
Autodesk (-4%), qui figure parmi les leaders des logiciels de conception et de création numérique sur PC et Internet, a affiché des revenus T2 de 2,05 milliards de dollars en croissance de 16%, pour un bpa ajusté de 3,30$ à comparer aux 2,62$ de l'an dernier. Les deux mesures dépassent les attentes de marché. Le free cash flow a progressé pour sa part de 24% à 561 millions. Pour l'exercice 2027, le groupe vise des revenus de 8,295 à 8,345 milliards de dollars, au-dessus des attentes, mais un bpa ajusté de 12,52 à 12,60$ quant à lui un peu court. Le free cash flow annuel est attendu entre 2,725 et 2,75 milliards. Pour le seul T3 fiscal, le bpa ajusté est estimé entre 3,04 et 3,09$, inférieur au consensus, pour des revenus allant de 2,125 à 2,14 milliards.
Workday (+4%), spécialiste de l'édition de logiciels de gestion basés sur le cloud destinés aux entreprises, aux institutions éducatives et aux organismes gouvernementaux, a publié des comptes supérieurs aux attentes pour son 2e trimestre, affichant des revenus de 2,65 milliards de dollars en croissance de près de 13% et un bénéfice ajusté par action de 2,75$ en augmentation de 24%. Les revenus d'abonnements ont progressé de 14% à 2,47 milliards. Le carnet de commandes de revenus d'abonnement à 12 mois s'élevait à 9,034 milliards de dollars, en hausse de 14%. Les flux de trésorerie d'exploitation se sont élevés à 520 millions de dollars, contre 616 millions de dollars à la même période de l'exercice précédent. Le flux de trésorerie disponible s'est établi à 460 millions de dollars.
Workday envisage pour son 3e trimestre de l'exercice 2027, clos le 31 octobre 2026, des revenus liés aux abonnements de 2,515 milliards de dollars, soit une croissance de 12%, ainsi qu'une marge opérationnelle ajustée de 30%. Sur l'ensemble de l'exercice 2027, clos le 31 janvier 2027, le groupe prévoit des revenus liés aux abonnements compris entre 9,94 et 9,95 milliards de dollars, soit une croissance de 13%, pour une marge opérationnelle ajustée de 31%.
Uber (+2%), dont le CTO avait déclaré en avril à 'The Information' que le groupe avait déjà épuisé son budget IA prévu pour 2026, contrôle désormais très attentivement ses dépenses liées à l'intelligence artificielle, stabilisées malgré une forte augmentation de l'utilisation, selon des propos rapportés par Axios. Le nombre de requêtes hebdomadaires adressées aux agents d'IA chez Uber a été multiplié par 9,4 depuis février, mais les dépenses totales de l'entreprise en la matière sont restées stables depuis avril, a expliqué Uday Kiran Medisetty, ingénieur émérite chez Uber, dans un article de blog. Pour un même modèle d'IA, le coût par tranche de 1.000 requêtes a chuté de près de 34% par rapport au pic d'avril, tandis que le coût par session a baissé de 52% par rapport au sommet atteint en juin.
SpaceX (+1%). Elon Musk a réagi hier sur son réseau social X à une note de Morgan Stanley concernant SpaceX. Le multimilliardaire a indiqué que, selon ses meilleures estimations, son groupe d'astronautique, vol spatial et IA pourrait atteindre un chiffre d'affaires annuel d'environ 3.500 milliards de dollars "aux alentours de 2033", bien plus tôt que ne le prévoient les estimations de Wall Street. La veille, le broker Morgan Stanley avait qualifié la valorisation de SpaceX d'attractive à la suite de l'annonce, mardi, du projet Starbase de l'entreprise en Louisiane, évalué à 100 milliards de dollars. Le modèle de la banque d'affaires pour 2040 table sur un chiffre d'affaires de 3.500 milliards de dollars porté en partie par une cadence de lancement élevée pour le Starship.
PayPal décroche de 12% à Wall Street. Un consortium formé par la société de capital-investissement Advent et le spécialiste du paiement Stripe a décidé de renoncer à son projet de rachat du pionnier de la fintech, selon des sources de Bloomberg proches du dossier. Le groupe ne cherche plus à conclure un accord avec PayPal, ont indiqué ces sources, qui ont requis l'anonymat car ces informations sont confidentielles. Il avait précédemment proposé plus de 50 milliards de dollars pour acquérir l'entreprise, selon des personnes au fait de la situation. Fondé à la fin des années 1990, PayPal a été l'un des précurseurs du paiement numérique.
Les informations et conseils rédigés par la rédaction de Boursier.com sont réalisés à partir des meilleures sources, même si la société Boursier.com ne peut en garantir l'exhaustivité ni la fiabilité. Ces contenus n'ont aucune valeur contractuelle et ne constituent en aucun cas une offre de vente ou une sollicitation d'achat de valeurs mobilières ou d'instruments financiers. La responsabilité de la société Boursier.com et/ou de ses dirigeants et salariés ne saurait être engagée en cas d'erreur, d'omission ou d'investissement inopportun.
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote
- 0 vote