Wall Street en timide hausse, SK Hynix euphorique
En attendant la Fed et les 'hyperscalers'
Wall Street pointe en hausse timide avant bourse ce mercredi, au beau milieu d'un déluge de publications financières. SK Hynix rassure tout particulièrement dans le compartiment de l'IA. Le DJIA prend 0,1% en pré-séance, tandis que le S&P 500 gagne 0,2%. Le Nasdaq 100 s'adjuge 0,3%. Le secteur de l'IA au sens large, notamment les infrastructures et l'énergie de l'IA, constitue le point fort du jour avec également GE Vernova et Vertiv.
Le frein du jour vient des cours du pétrole, qui repartent en hausse avec un baril de brut WTI en progression de 2,1% à 102$ suite à un rapport indiquant que la Maison Blanche aurait demandé à ses alliés du Golfe de se préparer à une possible campagne militaire courte mais intense contre l'Iran après les élections de mi-mandat.
La réunion du FOMC cet après-midi est de plus en plus perçue comme un événement sans impact majeur sur les actions, le marché étant bien plus intéressé par les résultats des hyperscalers Microsoft, Alphabet et Amazon. La croissance du chiffre d'affaires et du carnet de commandes du cloud est au coeur des préoccupations...
L'actualité reste donc particulièrement chargée outre-Atlantique, avec la réunion de la Fed mais aussi une nouvelle salve de résultats comprenant en particulier les 'hyperscalers'. Tout cela à moins d'une semaine désormais des 'midterms' - élections américaines de mi-mandat... Notons que Wall Street ouvre à 14h30 et clôture à 21 heures, heure française, cette semaine, les États-Unis n'étant pas encore passés à l'heure d'hiver.
Il est largement attendu que la politique monétaire reste inchangée ce soir, l'essentiel de l'attention se portant sur la conférence de presse de Kevin Warsh, le successeur de Jerome Powell. Ainsi, l'outil CME FedWatch montre une probabilité de 90,6% de statu quo monétaire le 28 octobre. Le même outil fait toutefois aussi ressortir une probabilité de plus de 80% que la Fed relève encore ses taux d'ici la fin de l'année face à une inflation pressante.
Le secteur de l'IA se raffermit à nouveau après sa bonne performance de début de semaine. Cette hausse s'explique par la levée de certaines incertitudes liées au financement (Anthropic regorgeant apparemment déjà de cash avant même son IPO) et le regain d'intérêt pour la forte demande en puissance de calcul et en investissements.
La semaine sera la plus intense pour les résultats du troisième trimestre. Des entreprises représentant environ 40% de la capitalisation boursière du S&P 500 doivent publier leurs comptes. Visa et Seagate publiaient hier soir. Ce mercredi, ADP, Boston Scientific, Phillips 66, Amphenol et GE Vernova annoncent avant bourse, tandis qu'Alphabet, Microsoft, KLA, ServiceNow et T-Mobile US publient après la clôture.
Amazon, Eli Lilly, Mastercard, Intel, Merck, Caterpillar, Gilead Sciences, Sandisk, Anheuser-Busch, Bristol-Myers Squibb, Altria, Stryker, Starbucks, Intercontinental Exchange, Mondelez ou encore Strategy, dévoilent leurs chiffres jeudi. ExxonMobil, Chevron, General Dynamics, Regeneron, Colgate-Palmolive et AbbVie, seront de la partie vendredi.
Sur le segment de l'IA, Anthropic a donc déposé publiquement avant-hier son dossier en vue d'une introduction en bourse sur le Nasdaq sous le symbole 'ANT'. Le concepteur de modèles d'IA se prépare ainsi à des débuts sur les marchés financiers qui pourraient battre des records, avec une valorisation potentielle de 2.000 milliards de dollars, le Wall Street Journal estimant que l'opération pourrait avoir lieu la semaine du 16 novembre. La startup à l'origine de Claude devrait entamer officiellement la phase de promotion de son introduction en bourse dès la semaine du 9 novembre, rapporte pur sa part Bloomberg News. Selon des personnes bien informées, la société espère atteindre, voire dépasser, le montant de l'introduction en bourse de SpaceX.
Dans l'actualité économique à Wall Street, les opérateurs suivent la balance commerciale des biens (déficit rapporté de 134,9 milliards de dollars en septembre, plus lourd que prévu) et les stocks des grossistes (+0,6% en septembre contre +0,3% de consensus et +0,5% un mois avant), tandis que la décision du FOMC sera annoncée dans la soirée (19 heures), avant la conférence de presse du président de la Fed Kevin Warsh (19h30).
Demain, l'attention se portera sur l'inflation PCE de septembre (issue du rapport sur les revenus et dépenses des ménages) ainsi que sur la première estimation du PIB américain du troisième trimestre. L'indice du coût de l'emploi et le PMI de Chicago clôtureront la semaine vendredi. L'offre de dette publique est aussi au centre des préoccupations : le Trésor américain a émis avant-hier 69 milliards de dollars d'obligations à 2 ans et hier 70 milliards à 5 ans. Notons que le rendement de l'obligation américaine à dix ans (T-Bond) s'affiche à 5% ce jour, sans grande évolution.
Les valeurs
SK Hynix, le géant sud-coréen des puces mémoire, bondit avant bourse à Wall Street, alors que le groupe a affiché des revenus et profits historiques, une fois de plus, pour la période close. Les revenus se sont envolés d'environ 330% en glissement annuel à près de 79 milliards de dollars pour le 3e trimestre, tandis que le bénéfice opérationnel s'est enflammé de plus de 630% à pratiquement 63 milliards de dollars, ce qui fait ressortir une marge ahurissante de 80% ! En séquentiel, par rapport au précédent trimestre, les revenus ont augmenté de 32% et le bénéfice opérationnel de 38%.
En wons, le groupe enregistre un chiffre d'affaires de 104.615 milliards, un bénéfice opérationnel de 83.334 milliards et un bénéfice net de 39.776 milliards. Le chiffre d'affaires trimestriel dépasse pour la première fois la barre des 100.000 milliards de wons. La marge nette atteint 38% !
La croissance est évidemment tirée par la demande insatiable des centres de données d'IA, la vive hausse des prix des mémoires, ainsi que les livraisons initiales des puces HBM4, qui doivent devenir la nouvelle référence du groupe. SK Hynix a indiqué que plus de 50% de sa capacité de production pour 2027-2028 faisaient déjà l'objet d'engagements dans le cadre de contrats long terme. SK a réaffirmé que la pénurie de mémoires destinées à l'IA devrait persister jusqu'en 2030, l'adoption de ces technologies s'étendant au-delà des fournisseurs de services cloud, aux entreprises et aux applications concrètes de l'IA (robotique, conduite autonome...).
Visa a publié des comptes du 4e trimestre fiscal supérieurs aux attentes, mais aussi des prévisions jugées un peu courtes. Pour le trimestre clos, le groupe a affiché un bénéfice ajusté par action de 3,48$ (+17%) contre 2,98$ un an avant. Les revenus ont totalisé quant à eux 12,14 milliards de dollars (+13%), contre 10,72 milliards pour la période correspondante de l'année antérieure. Le géant des paiements anticipe des revenus en croissance 'à deux chiffres bas' sur l'exercice 2027, alors que le bénéfice ajusté par action pour la période est attendu en hausse de 10 à 15%. Sur l'exercice 2026, le bpa ajusté avait augmenté de 16%. Cette guidance traduirait donc un ralentissement léger.
Seagate. Le fabricant de systèmes de stockage de données a publié pour son 1er trimestre fiscal 2027 des résultats largement supérieurs aux attentes, affichant sur la période des revenus de 4,23 milliards de dollars (2,63 milliards un an avant), un bénéfice net triplé à 1,76 milliard de dollars et un bénéfice ajusté par action de 7,68$, à comparer à un consensus de 7,4$ et à un niveau de 2,61$ un an plus tôt. La marge brute a été de 57,8% sur une base ajustée et la marge opérationnelle de 50,7%, contre 29% un an auparavant. Le free cash flow a atteint 1,5 milliard. Les revenus du 2e trimestre sont attendus à 4,8 milliards, plus ou moins 100 millions de dollars. Le bénéfice ajusté par action sur la période est anticipé à 9,20$, plus ou moins 20 cents.
Robinhood, le courtier en ligne américain, chute avant bourse à Wall Street. Le groupe a publié en effet hier soir un 3e trimestre décevant, marqué par un bénéfice inférieur aux attentes, sur fond de croissance des dépenses et de recul du revenu d'intérêt. Le bénéfice net a régressé de 14% à 476 millions de dollars, pour un bpa de 51 cents en retrait de 16%. Le bénéfice ajusté par action a baissé de 3% à 60 cents. Les revenus se sont tout de même appréciés de 12% à 1,42 milliard de dollars, mais le revenu net d'intérêt a décliné de 9% à 415 millions. Les revenus de transactions ont progressé de 19% à 867 millions de dollars. L'EBITDA ajusté a augmenté de 9% à 808 millions.
GE Vernova grimpe avant bourse à Wall Street, sur de solides résultats du 3e trimestre marqués par des revenus en croissance de 27% à 12,64 milliards de dollars (+18% en organique avec le segment Power & Electrification) et un bénéfice GAAP par action de 4,81$ largement au-dessus des attentes de marché. Le bénéfice net est ressorti voisin de 1,3 milliard de dollars, soit une marge de 10,2%. L'EBITDA ajusté a été de 1,94 milliard de dollars sur la période, également bien meilleur que prévu, pour une marge de 15,4%. Le cash flow des activités opérationnelles a atteint 6,1 milliards et le FCF 5,4 milliards. Les commandes ont flambé de 96% sur une base organique à 29 milliards de dollars, avec le segment Power et la solidité des services.
Le groupe relève ses estimations de revenus sur l'exercice à 47 milliards de dollars en milieu de fourchette contre 46 milliards précédemment. La marge d'EBITDA ajusté est désormais attendue entre 13,5 et 14,5%. Le free cash flow est anticipé entre 16 et 17 milliards de dollars, contre 11,5-12,5 milliards auparavant.
Vertiv bondit de 15% en pré-séance. Le spécialiste des infrastructures de centres de données profite des investissements massifs de Google et Microsoft. "Nous sommes au coeur du plus vaste déploiement d'infrastructures jamais entrepris, et ce processus s'accélère", a déclaré Giordano Albertazzi, DG de Vertiv. Le groupe fabrique des équipements d'alimentation électrique et de refroidissement destinés aux centres de données et réseaux d'entreprise. Avec l'IA, la demande pour ces infrastructures a entraîné un doublement de ses commandes sur un an. Vertiv a relevé ses prévisions pour l'ensemble de l'année. L'entreprise table désormais sur un chiffre d'affaires compris entre 14,45 et 14,85 milliards de dollars en 2026.
Automatic Data Processing, spécialiste du développement de solutions de gestion de l'emploi et de gestion RH, a publié au titre de son premier trimestre fiscal 2027 des revenus de 5,49 milliards de dollars (+6%), légèrement supérieurs au consensus, pour un bénéfice ajusté par action de 2,82$ (+13%) également meilleur que prévu. Le bénéfice net trimestriel a grimpé de 11% à 1,1 milliard de dollars. L'EBIT ajusté a progressé de 12% à environ 1,5 milliard, pour une marge de 26,8%. Le groupe table désormais sur une progression de son bénéfice ajusté par action allant de 10 à 12% sur l'exercice, contre 9 à 11% précédemment. Il relève également sa guidance de revenus.
Phillips 66, le raffineur américain, a publié ce mercredi pour son 3e trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 14,08$, en croissance de... 459% en glissement annuel, à comparer à un consensus de 11,7$ et à un niveau de 2,52$ un an plus tôt. Le bénéfice publié a atteint 5,62 milliards de dollars contre 3,85 milliards sur le précédent trimestre. Le bénéfice ajusté avant imposition a atteint 702 millions de dollars sur le segment midstream, 311 millions dans le segment chimie et surtout 6,1 milliards dans le raffinage. Le cash flow opérationnel est ressorti à 7,3 milliards de dollars.
Boston Scientific corrige avant bourse à Wall Street, le fabricant américain d'appareils médicaux, qui conçoit notamment des stents et pacemakers, ayant publié un 3e trimestre supérieur aux attentes, mais une guidance quant à elle décevante. Boston Scientific a réalisé un chiffre d'affaires de 5,14 milliards de dollars sur le troisième trimestre 2026, soit une croissance de 1,5% en données publiées, opérationnelles et organiques, par rapport à la même période de l'an dernier. La société a enregistré un bénéfice net attribuable aux actionnaires ordinaires de 582 millions de dollars, 40 cents par action, contre 755 millions de dollars ou 51 cents par titre un an plus tôt. Le bpa ajusté s'est établi à 73 cents contre 75 cents un an avant.
Amphenol, le fournisseur américain de connecteurs, câbles, solutions d'interconnexion, capteurs et antennes de haute technologie, a publié ce mercredi au titre de son 3e trimestre fiscal un chiffre d'affaires de 10,2 milliards de dollars, en hausse de 65% en dollars et de 37% en organique par rapport au troisième trimestre 2025. Le consensus était de 9,5 milliards. Les commandes ont été de 12,2 milliards de dollars, soit un ratio commandes sur facturations de 1,19 ! Le bpa ajusté a été de 0,80$, en hausse de 74% en glissement annuel, à comparer à un consensus de 73 cents. La marge opérationnelle ajustée a représenté 29,7%. Le flux de trésorerie opérationnel et le flux de trésorerie disponible ont été de respectivement 2,1 milliards et 1,6 milliard.
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