Wall Street : en hausse avec la tech, le pétrole et l'armement
L'Iran en ligne de mire
Wall Street s'est affiché en hausse mercredi, emmené par le Nasdaq qui a grimpé de 0,78% à 22.753 pts, contre un gain de 0,56% pour le S&P 500 à 6.881 pts et une progression de 0,26% sur le DJIA à 49.662 pts. Après un début d'année difficile, certaines grandes valeurs de la tech donnent des signes de sursaut, tandis que les anticipations de baisse des taux à l'horizon du second semestre outre-Atlantique se précisent au gré des indicateurs économiques US moins fermes que prévu. Les menaces d'intervention américaine en Iran soutiennent aussi le compartiment militaire...
D'après l'outil CME FedWatch, il y a désormais 27% de probabilité que les taux des 'fed funds' terminent l'année entre 2,75 et 3%, contre 3,50 à 3,75% actuellement. Il s'agit maintenant d'une hypothèse quasiment aussi probable que celle d'un ajustement de 50 points de base (32,7% de 'proba'). En ce qui concerne la prochaine réunion monétaire, celle des 17 et 18 mars, la probabilité d'un statu quo monétaire domine néanmoins toujours à plus de 94%. Mary Daly, patronne de la Fed de San Francisco, a souligné que l'inflation restait au-dessus de l'objectif. Elle a ajouté que l'investissement dans l'IA pourrait doper la demande mais aussi relancer les pressions inflationnistes, même si la productivité reste déflationniste. Elle juge qu'il est encore trop tôt pour lier la croissance de la productivité à l'IA. Le gouverneur Michael Barr de la Fed a lui évoqué hier une stabilisation du marché de l'emploi, mais veut voir des preuves du recul de l'inflation des biens avant de prôner de nouvelles baisses de taux. Barr note également que l'IA pourrait profondément perturber l'emploi à court terme. Enfin, il estime qu'il y a de nombreuses raisons pour lesquelles l'inflation pourrait rester élevée. Il juge probablement approprié de maintenir les taux quelques temps...
Les chiffres des commandes américaines de biens durables du mois de décembre 2025 sont ressortis contrastés : Les commandes nouvelles ont décliné de 1,4% d'un mois sur l'autre selon le rapport du jour, contre -2,3% de consensus Bloomberg et +5,4% pour la lecture révisée du mois antérieur. Hors transport, ces commandes ont progressé de 0,9% par rapport au mois précédent, contre +0,3% de consensus et +0,4% un mois plus tôt.
Les mises en chantier de logements et permis de construire de décembre se sont établis respectivement aux rythmes de 1,404 million et 1,448 million, deux mesures supérieures au consensus. Les mises en chantier et permis de novembre ont été annoncés à respectivement 1,322 million et 1,388 million.
La production industrielle américaine du mois de janvier 2026 s'est affichée en hausse de 0,7% d'un mois sur l'autre, contre un consensus de +0,4% mesuré par FactSet et une progression révisée à +0,2% pour le mois de décembre 2025. Le taux d'utilisation des capacités s'est établi quant à lui à 76,2% contre 76,7% de consensus de marché et 75,7% un mois auparavant. La production manufacturière a augmenté de 0,6% en janvier contre 0,2% de consensus.
L'indice des anticipations d'inflation de la Fed d'Atlanta pour le mois de février 2026, qui mesure les anticipations concernant les prix pour l'année à venir du point de vue des firmes, s'est établi à +1,9% contre +2% précédemment selon le rapport du jour.
A l'agenda, la balance du commerce international des biens et services, les inscriptions hebdomadaires au chômage, l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie, ainsi que les promesses de ventes de logements ou que l'indice des indicateurs avancés, sont programmés jeudi. Enfin, le PIB du 4e trimestre, les revenus et dépenses des ménages, l'indice flash PMI composite, les ventes de logements neufs et l'indice du sentiment des consommateurs de l'Université du Michigan, seront surveillés vendredi.
En ce qui concerne les publications financières trimestrielles, Walmart (pré-séance) dominera les débats jeudi. Alibaba, Deere, Newmont, Southern Company, Copart et Live Nation, publieront le même jour.
Sur le Nymex, le baril de brut WTI reprend 3% à 65$ à cause de la situation en Iran. L'once d'or fin avance de 2,6% à 5.010$. L'indice dollar grappille 0,3% face à un panier de devises. Le bitcoin reste sous pression dans la zone des 67.000$.
Les valeurs
Nvidia (+1,6%) et Meta (+0,6%) ont annoncé un partenariat pluriannuel dans le cadre duquel le géant des puces fournira au leader des médias sociaux des millions de GPU Blackwell et Rubin, ainsi que ses CPU et solutions réseau. L'accord prévoit que Meta utilisera ces produits au sein de ses centres de données pour l'entraînement et l'exécution de modèles d'IA. Le montant du deal n'a pas été divulgué, mais Nvidia a indiqué que Meta déploierait les puces dans ses propres centres de données et s'appuierait sur celles disponibles via le programme Nvidia Cloud Partners. Ce programme inclut des entreprises comme CoreWeave et Crusoe, qui hébergent des puces Nvidia que d'autres peuvent louer et utiliser. Nvidia a cédé par ailleurs la totalité de sa participation dans Arm Holdings (+0,2%), groupe britannique soutenu par SoftBank et coté à Wall Street, qui concède sous licence ses conceptions de puces à de grandes entreprises de semi-conducteurs. Le groupe de Jensen Huang avait pourtant tenté d'acquérir Arm sans succès il y a cinq ans de cela. Selon un document déposé auprès des autorités américaines de régulation, Nvidia a vendu 1,1 million d'actions Arm d'une valeur d'environ 140 millions de dollars sur la base des derniers cours cotés. La cession, intervenue au cours du quatrième trimestre 2025, ramène donc la participation de Nvidia à zéro.
Sandisk (+1,6%), le concepteur de mémoires flash, a annoncé que Western Digital (+4,3%) allait céder une participation dans l'entreprise pour un montant de 3,17 milliards de dollars. Western Digital, qui fabrique pour sa part des disques durs, vendra ainsi plus de 5,8 millions d'actions Sandisk à 545$ pièce, ce qui représente une décote de 8% par rapport au dernier cours de clôture de Sandisk. Le titre Sandisk a plus que doublé depuis le début de l'année et plus que décuplé sur 12 mois.
Palo Alto Networks (-6,8%), le géant californien de la sécurité informatique, a publié au titre de son 2e trimestre fiscal des revenus en croissance de 15% à 2,6 milliards de dollars, pour un bénéfice ajusté par action de 1,03$ largement supérieur aux anticipations de brokers. Palo Alto envisage pour le 3e trimestre fiscal juste entamé des revenus d'environ 2,94 à 2,95 milliards, également meilleurs que prévu, en tenant compte des acquisitions Chronosphere et et CyberArk. Il relève sa guidance de revenus entre 11,28 et 11,31 milliards de dollars (croissance de 22-23%), mais son bénéfice ajusté annuel par action n'est plus attendu qu'entre 3,65 et 3,70$, soit une révision en baisse.
Cadence Design Systems (+7,6%), le spécialiste du développement et de la commercialisation de logiciels de conception des circuits intégrés et des systèmes électroniques a annoncé pour son 4e trimestre fiscal un bénéfice de 388 millions et un profit ajusté par action de 1,99$, au-dessus des attentes, pour des revenus de 1,44 milliard de dollars (+6%) également meilleurs que prévu. Sur l'exercice, le bénéfice net atteint plus de 1,1 milliard pour des revenus de 5,3 milliards. La forte demande actuelle en processeurs d'IA complexes stimule les ventes des solutions de conception de puces du groupe californien. Sur le trimestre entamé, clos en mars, le bénéfice ajusté par action est attendu entre 1,89 et 1,95$. Sur l'exercice en cours, le bénéfice ajusté par action est anticipé entre 8,05 et 8,15$, pour des revenus de 5,9 à 6 milliards.
Republic Services (-1,9%), le groupe de Phoenix actif dans la gestion des déchets a annoncé pour son 4e trimestre un bénéfice net de 545 millions de dollars et un bénéfice par action de 1,76$, largement supérieur au consensus de place, pour des revenus de 4,14 milliards de dollars quant à eux un peu courts. Sur l'exercice, le bénéfice net s'est élevé à 2,14 milliards de dollars pour des revenus de 16,6 milliards de dollars. Republic Services anticipe pour l'exercice entamé un bénéfice ajusté par action allant de 7,20 à 7,28$, pour des revenus de 17,05 à 17,15 milliards de dollars. L'Ebitda ajusté est attendu entre 5,475 et 5,525 milliards.
Kenvue (+2,5%), le spécialiste américain de la santé grand public, propriétaire de la marque Tylenol, a publié hier soir pour son 4e trimestre un bénéfice ajusté par action de 27 cents, supérieur au consensus (22 cents) et en légère croissance en glissement annuel, pour des revenus de 3,78 milliards de dollars également en expansion (+3%) et au-dessus des attentes. Le groupe, qui va se faire racheter pour plus de 40 milliards par le propriétaire de la marque Kleenex, Kimberly-Clark (+2,2%) a annoncé également des plans de réduction des effectifs, ou plutôt d'"optimisation du modèle opérationnel". Les effectifs seraient ainsi réduits de 3,5% environ, ce qui se traduirait par des dépenses de restructuration et autres charges de 250 millions de dollars en 2026.
Toll Brothers (-2,3%), le constructeur américain de logements de luxe, a annoncé pour son premier trimestre fiscal 2026 un bénéfice ajusté par action de 2,19$, supérieur au consensus de marché et en vive croissance en glissement annuel, pour des revenus de 2,15 milliards de dollars bien meilleurs que prévu, à comparer à un niveau de 1,86 milliard de dollars un an plus tôt. Le bénéfice net a été de 211 millions de dollars sur le trimestre clos, contre 178 millions un an auparavant. La valeur du backlog dépasse les 6 milliards de dollars en fin de trimestre, pour 5.051 logements. Elle était toutefois encore plus élevée un an avant, à 6,94 milliards. Les livraisons sont attendues entre 10.300 et 10.700 unités sur l'exercice, à un prix moyen allant de 970.000 à 990.000$.
Global Payments (+16,4%), le fournisseur américain de services de paiement a publié pour son 4e trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 3,18$ en croissance de 11% à devises constantes, pour des revenus ajustés de 2,32 milliards de dollars en hausse de 6% à devises constantes et hors variations de périmètre. Le groupe a finalisé l'acquisition de Worldpay et le désinvestissement d'Issuer Solutions. Le consensus était de 3,16$ de bénéfice ajusté par action pour 2,32 milliards de dollars de revenus. Global Payments a par ailleurs annoncé une autorisation de rachat d'actions de 2,5 milliards de dollars et un plan de rachat accéléré de 550 millions. Pour 2026, le groupe envisage des revenus ajustés à devises comparables en hausse d'environ 5%, pour un bpa ajusté de 13,80 à 14$, en hausse de 13 à 15%.
Moody's (+6,5%) a publié pour son 4e trimestre un bénéfice net de 610 millions de dollars et un bénéfice ajusté par action de 3,64$ (+39%), supérieur au consensus de marché, pour des revenus de 1,89 milliard de dollars (+13%) également meilleurs que prévu. Sur l'exercice clos, le bpa ajusté a grimpé de 20% à 14,94$, pour des revenus en augmentation de 9% à 7,7 milliards de dollars. Les revenus de Moody's Analytics ont atteint 3,6 milliards (+9%) sur l'année contre 4,1 milliards (+9%) pour Moody's Investors Service. Le groupe envisage pour 2026 un bénéfice ajusté par action allant de 16,40 à 17$ et un bpa dilué net de 15 à 15,6$.
Analog Devices (+2,6%), spécialiste de la conception, la fabrication et la commercialisation de circuits intégrés, a publié au titre de son premier trimestre fiscal un bénéfice net de 831 millions de dollars, pour un bpa ajusté de 2,46$, supérieur au consensus, et des revenus de 3,16 milliards de dollars. Le consensus était logé à 2,31$ de bénéfice ajusté par action pour 3,12 milliards de dollars de revenus. Sur le trimestre entamé, clos en avril, le groupe envisage un bpa ajusté allant de 2,73 à 3,03$ et des revenus de 3,4 à 3,6 milliards.
Berkshire Hathaway (-0,9%), la firme d'investissement de Warren Buffett, a pris une participation au capital du groupe New York Times valorisée environ 352 millions de dollars en fin d'année dernière, selon les dernières déclarations réglementaires qui font état de l'achat de 5,1 millions de titres. Berkshire qui a par ailleurs allégé ses positions sur d'autres dossiers phares tels qu'Apple, qu'Amazon ou que Bank of America.
Amazon (+1,8%). Durant le 4e trimestre, Berkshire a réduit de plus de 75% sa participation au capital du géant du commerce en ligne Amazon, dans lequel la firme d'investissement était rentrée en 2019. Berkshire ne possède plus désormais que 2,3 millions de titres Amazon. La participation de la firme au capital d'Apple a été ramenée quant à elle à 1,5% durant le 4e trimestre selon Bloomberg. La position sur Bank of America a été abaissée à 7,1% d'après les calculs de l'agence. Berkshire a porté en revanche ses participations à 6,5% et 8,7%, respectivement, sur les dossiers Chevron et Chubb.
Moderna (+6%) rebondit à Wall Street, alors que le laboratoire américain a annoncé ce mercredi que la Food & Drug Administration, autorité sanitaire américaine, avait accepté d'examiner son vaccin contre la grippe, revenant sur une décision antérieure de rejeter la demande, après que la société eut apporté des modifications...
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