Wall Street dans le rouge avec Walmart
Prudence confirmée
Wall Street s'affiche en territoire négatif en pré-séance ce jeudi, le Dow Jones reculant de 0,3%, le S&P 500 de 0,4% et le Nasdaq de 0,5%, alors que la prudence persiste concernant le niveau des valorisations, technologiques en particulier, et que les Minutes de la Fed publiées hier soir ont montré des dissensions. Notons également des perspectives prudentes du géant de la distribution Walmart, qui ajoutent à la déprime des opérateurs.
Les responsables de la Fed se sont montrés réticents à baisser les taux d'intérêt lors de leur réunion du mois dernier, plusieurs d'entre eux suggérant même que la banque centrale pourrait devoir les relever si l'inflation restait obstinément élevée. Le compte rendu de la réunion de politique monétaire des 27 et 28 janvier publié hier laisse plutôt entendre que la banque centrale s'éloignerait d'un accord sur une nouvelle baisse de taux. Une situation qui selon Bloomberg pourrait mettre la Fed en conflit direct avec le président Trump et compliquer la tâche de Kevin Warsh, nommé à la présidence de l'institution monétaire américaine. Trump a répété à maintes reprises qu'il souhaitait que le prochain président de la Fed abaisse les taux d'intérêt et, le 30 janvier, deux jours après cette réunion, il a annoncé qu'il nommerait Warsh, ancien gouverneur de la Fed, pour succéder à Jerome Powell à la fin de son mandat en mai.
Les 'Minutes' ont révélé que la plupart des membres du Comité FOMC estimaient que la faiblesse du marché du travail de l'année précédente, qui avait incité la banque centrale à abaisser ses taux, s'atténuait fin janvier. "La grande majorité des participants ont jugé que les risques pesant sur l'emploi s'étaient modérés ces derniers mois, tandis que le risque d'une inflation plus persistante demeurait", selon le compte rendu. La réunion intervenait avant la publication d'un rapport sur l'emploi relativement solide en janvier. Par ailleurs, "plusieurs participants ont averti qu'un assouplissement supplémentaire de la politique monétaire dans un contexte d'inflation élevée pourrait être interprété à tort comme un relâchement de l'engagement des décideurs politiques envers l'objectif d'inflation de 2%". Cependant, un autre groupe restait ouvert à de nouvelles baisses de taux si l'inflation diminuait comme prévu, même si la plupart estimaient que la progression de l'inflation pourrait être plus lente que prévu. Lors de sa réunion de janvier, le FOMC a voté par 10 voix contre 2 le maintien des taux entre 3,50 à 3,75%. Les gouverneurs Christopher Waller et Stephen Miran ont voté contre, se prononçant en faveur d'une baisse d'un quart de point. Les responsables ont retiré les mentions d'un risque accru de détérioration de l'emploi qui figuraient dans les trois déclarations précédentes.
D'après l'outil CME FedWatch, il y a pourtant désormais près de 27% de probabilité que les taux des 'fed funds' terminent l'année entre 2,75 et 3%, contre 3,50 à 3,75% actuellement. Il s'agit maintenant d'une hypothèse quasiment aussi probable que celle d'un ajustement de 50 points de base (32,7% de 'proba'). En ce qui concerne la prochaine réunion monétaire, celle des 17 et 18 mars, la probabilité d'un statu quo monétaire domine néanmoins toujours à plus de 94%.
La balance du commerce international des biens et services de décembre 2025 annoncée ce jour s'est affichée déficitaire de 70,3 milliards de dollars (consensus FactSet -56 milliards), soit un creusement du déficit... Les inscriptions hebdomadaires au chômage pour la semaine close le 14 février ont nettement reculé à 206.000, en baisse de 23.000 par rapport au niveau de la semaine antérieure, alors que le consensus FactSet était de 225.000... L'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie pour février s'est redressé à 16,3 contre un consensus de 4,8, ce qui indique une nette expansion de l'activité manufacturière dans la région... Les promesses de ventes de logements et l'indice des indicateurs avancés sont également programmés ce jeudi aux USA sur le front économique.
Enfin, le PIB du 4e trimestre, les revenus et dépenses des ménages, l'indice flash PMI composite, les ventes de logements neufs et l'indice du sentiment des consommateurs de l'Université du Michigan, seront surveillés demain.
En ce qui concerne les publications financières trimestrielles, Booking Holdings, Carvana et Occidental Petroleum annonçaient hier soir. Walmart domine les débats ce jour. Alibaba, Deere, Newmont, Southern Company, Copart et Live Nation, publient également dans la journée.
Dans l'IA, OpenAI serait sur le point de finaliser la première phase d'une nouvelle levée de fonds qui devrait lui rapporter plus de 100 milliards de dollars, selon des sources de Bloomberg proches du dossier. Ce financement record permettrait à la startup de disposer de capitaux supplémentaires pour développer ses outils d'IA, alors que le créateur de ChatGPT s'apprête à investir des centaines de milliards de dollars dans son infrastructure. La valorisation du groupe, financement inclus, pourrait dépasser 850 milliards de dollars, d'après certaines sources de Bloomberg. Ce montant serait supérieur aux 830 milliards initialement attendus. La valorisation pré-levée de fonds resterait de 730 milliards de dollars, a indiqué une source de l'agence.
La première tranche de ce tour de table proviendrait principalement d'investisseurs stratégiques, dont Amazon, SoftBank, Nvidia et Microsoft. Dans le cadre de cette opération, Amazon devrait investir jusqu'à 50 milliards de dollars, SoftBank jusqu'à 30 milliards, et Nvidia a évoqué un investissement de 20 milliards. L'étape suivante, impliquant des sociétés de capital-risque, des fonds souverains et d'autres investisseurs financiers, devrait être finalisée ultérieurement et pourrait augmenter le montant total des fonds levés de manière significative. Les fonds provenant des investisseurs privés devraient être versés en plusieurs tranches au cours de l'année. Dans le cadre de son partenariat avec Amazon, OpenAI devrait étendre son utilisation des puces et des services de cloud computing d'Amazon...
Sur le Nymex, le baril de brut WTI reprend 2% à 66,4$. L'once d'or fin avance de 0,3% à 4.993$. L'indice dollar avance de 0,2% face à un panier de devises. Le bitcoin reste sous pression dans la zone des 68.000$.
Les valeurs
Walmart perd du terrain avant bourse à Wall Street, consolidant suite à sa publication financière trimestrielle. Le groupe a publié ce jour des comptes du 4e trimestre fiscal légèrement supérieurs au consensus, pour son premier trimestre sous la direction de John Furner. Le bénéfice ajusté trimestriel par action s'est établi à 74 cents, tandis que les revenus consolidés se sont appréciés de 5,6% à 190,7 milliards de dollars. La croissance à devises constantes a été de 4,9%. Le bénéfice opérationnel s'est apprécié de 10,8% en données publiées et 10,5% à devises constantes, à 8,71 milliards, pour un bénéfice net part du groupe de 4,24 milliards. Les ventes de e-commerce ont grimpé de 24% dans le monde.
Sur l'ensemble de l'exercice décalé 2026, Walmart a réalisé ainsi des revenus de 713,2 milliards de dollars (+4,7%) et un bénéfice ajusté par action de 2,64$ (+5,2%). Le dossier se paye donc 48 fois ses profits de l'année écoulée, ce qui n'est pas dans la normale historique, loin de là. Le bénéfice net part du groupe sur l'exercice a augmenté de 12,6% à 21,9 milliards de dollars.
Les prévisions sont par ailleurs prudentes, le groupe envisageant pour son premier trimestre fiscal 2027 juste entamé une croissance des revenus de 3,5 à 4,5% à devises constantes, pour un bénéfice ajusté par action allant de 63 à 65 cents et un bénéfice d'exploitation en hausse de 4 à 6%. Une guidance inférieure au consensus des brokers. Sur l'ensemble de cet exercice 2027, les revenus sont anticipés en hausse de 3,5 à 4,5%, pour un bénéfice ajusté par action allant de 2,75 à 2,85$. En milieu de fourchette, cela ferait donc ressortir un PER de 45... Le consensus était par ailleurs plus proche des 3$ de bpa ajusté. Le bénéfice opérationnel ajusté annuel est attendu en hausse de 6 à 8% à devises constantes.
Walmart annonce par ailleurs une nouvelle autorisation de rachat d'actions pour 30 milliards de dollars. John Furner, nouveau directeur général, estime que le rythme du changement dans le secteur de la distribution s'accélère et que les résultats du groupe montrent qu'il "prend la tête" de cette évolution.
Deere, le géant américain des engins agricoles, prend de la hauteur à Wall Street avant bourse. Le groupe vient en effet de relever ses estimations annuelles de bénéfices, avec la reprise de la demande. Cependant, les tarifs douaniers ont pesé sur les marges pour le trimestre clos. Le bénéfice net annuel est attendu désormais entre 4,5 et 5 milliards de dollars sur l'exercice en cours, contre 4 à 4,75 milliards de dollars auparavant. Une nouvelle guidance qui dépasse largement le consensus des analystes. "Alors que le secteur agricole mondial à grande échelle continue de faire face à des défis, nous sommes encouragés par la reprise continue de la demande dans les segments de la construction et de la petite agriculture", commente John May, directeur général de Deere.
Pour son premier trimestre fiscal juste clos, le groupe a réalisé un bénéfice net de 656 millions de dollars (-25%) soit 2,42$ par action, au-dessus des attentes, pour des revenus en croissance de 13% à 9,6 milliards de dollars, également bien plus élevés que prévu. Les revenus ajustés, de 8 milliards de dollars, ont ici encore battu le consensus.
Southern Company, le groupe énergétique américain actif dans la production et la distribution d'électricité, a annoncé pour son quatrième trimestre fiscal un bénéfice net de 416 millions de dollars et un bénéfice ajusté par action de 55 cents, légèrement inférieur au consensus, pour des revenus de près de 7 milliards de dollars dépassant quant à eux les attentes. Sur l'exercice, le bénéfice net dépasse les 4,3 milliards de dollars, pour des revenus de 29,6 milliards de dollars.
Booking Holdings, le voyagiste en ligne américain, a publié pour son 4e trimestre fiscal un bénéfice net de 1,43 milliard de dollars (+34%) et un bénéfice ajusté par action de 48,80$, légèrement supérieur au consensus, pour des revenus de 6,35 milliards de dollars (+16%) également meilleurs qu'attendu. Sur l'exercice, le groupe a dégagé ainsi un bénéfice de 5,4 milliards (-8%) pour des revenus totalisant 26,9 milliards de dollars (+13%). Le free cash flow trimestriel a plus que doublé à 1,4 milliard de dollars, alors que le FCF annuel atteint 9,1 milliards de dollars, en augmentation de 15%. Pour son premier trimestre fiscal 2026, le groupe envisage une croissance des revenus de 14 à 16% et une augmentation de l'Ebitda ajusté de 10 à 14%. Sur l'exercice, le bpa ajusté est anticipé en hausse d'environ 15%, pour une croissance 'à deux chiffres bas' des revenus et une expansion de l'Ebitda ajusté plus rapide que celle des revenus.
Carvana, le détaillant en ligne américain en voitures d'occasion, décroche avant bourse à Wall Street sur des résultats mitigés et une guidance sans relief. Pour son 4e trimestre fiscal, le groupe a réalisé un bénéfice ajusté par action de 4,22$ et des revenus de 5,6 milliards de dollars (+58%), mais la forte expansion du groupe s'est accompagnée d'une hausse significative des coûts. L'Ebitda ajusté a ainsi raté le consensus, à 511 millions de dollars. Carvana a affiché une hausse de 43% de ses ventes de voitures sur la période, rythme comparable à celui du troisième trimestre. Néanmoins, le bénéfice brut unitaire au détail s'est établi à 3.076$ par voiture, en baisse de 255$, avec les coûts de reconditionnement plus élevés que prévu. Carvana prévoit une croissance significative de ses ventes de détail et de son Ebitda ajusté en 2026, avec notamment une augmentation séquentielle de ces deux indicateurs au premier trimestre, sous réserve de conditions de marché stables.
DoorDash, le spécialiste américain du développement et de l'exploitation de plateformes technologiques destinées à mettre les utilisateurs en relation avec des restaurants et des prestataires de services, a annoncé pour son 4e trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 48 cents et des revenus de 3,96 milliards de dollars. Le titre est attendu en forte hausse avant bourse à Wall Street, alors que le bpa ajusté s'affiche pourtant très inférieur au consensus. Les revenus sont également un peu courts, malgré leur expansion de 38% en glissement annuel. Hors Deliveroo, les revenus auraient progressé de 26% en comparaison de l'an dernier. Les commandes se sont appréciées de 32% à 903 millions, tandis que la valeur brute des commandes sur la place de marché a progressé de 39% à 29,7 milliards de dollars. L'Ebitda ajusté s'est amélioré de 38% à 780 millions de dollars.
Pour son premier trimestre fiscal 2026, le groupe envisage une valeur brute des commandes allant de 31 à 31,8 milliards de dollars, pour un Ebitda ajusté allant de 675 à 775 millions de dollars. Le groupe a bouclé le rachat de Deliveroo en octobre. Sur l'exercice 2026, DoorDash prévoit un Ebitda ajusté en pourcentage de la valeur brute des commandes en légère hausse, hors impact de Deliveroo.
Occidental Petroleum a publié hier soir pour son 4e trimestre fiscal un bénéfice net ajusté de 315 millions de dollars et un bénéfice ajusté par action de 31 cents, largement au-dessus des attentes, pour des revenus de 5,42 milliards de dollars quant à eux moins bons que prévu. Le groupe d'exploration pétrolière a réalisé sur l'exercice clos un bénéfice net ajusté de 2,22 milliards de dollars et des revenus de 22,1 milliards. Le groupe se recentre, réduit sa dette de 5,8 milliards de dollars depuis mi-décembre, et augmente son dividende de 8% à 26 cents par titre et trimestre, après la cession d'OxyChem pour 9,7 milliards de dollars à Berkshire Hathaway.
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