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Wall Street dans le vert avec les résultats bancaires et les bons chiffres de l'inflation

| Boursier | 33 | Aucun vote sur cette news

Et suite à un premier discours monétaire 'semi-annuel' du nouveau patron de la Fed, Kevin Warsh

Wall Street dans le vert avec les résultats bancaires et les bons chiffres de l'inflation
Credits Reuters

La cote américaine tente un rebond mené par le Nasdaq ce mardi, suite aux bons chiffres de l'inflation et à une première série de comptes trimestriels bancaires. Le S&P 500 gagne 0,32% à 7.540 pts, non loin des sommets. Le Nasdaq reprend 0,73% à 26.061 pts. Le DJIA grappille enfin 0,22% à 52.612 pts... Les cours du brut restent orientés à la hausse, le baril WTI prenant 1,3% à 79,1$... Wall Street avait lourdement corrigé hier avec l'incertitude géopolitique et les craintes de durcissement monétaire, le Nasdaq abandonnant finalement 1,55%.

L'indice américain des prix à la consommation du mois de juin 2026 s'est affiché ce mardi en recul de 0,4% par rapport au mois antérieur, contre -0,1% de consensus FactSet. Hors alimentation et énergie, l'IPC est stable d'un mois sur l'autre, contre +0,3% de consensus. Sur un an, l'indice des prix à la consommation progresse de 3,5% (consensus 3,9%) et de 2,6% hors alimentaire et énergie (consensus 2,9%). Ce rapport apaise donc en partie les craintes d'inflation durable et de durcissement monétaire à court terme.

Sur le front géopolitique, les tensions demeurent. Donald Trump a indiqué que les États-Unis frappaient de nouveau l'Iran afin de détruire ses capacités offensives et de protéger le détroit d'Ormuz. Le président américain avait annoncé plus tôt rétablir le blocus des ports iraniens, tandis que Téhéran avait fait état d'une fermeture du détroit "jusqu'à nouvel ordre". Le locataire de la Maison Blanche n'a toutefois pas exclu qu'un deal soit envisageable malgré les récentes tensions, semant la confusion.

L'armée américaine a mené lundi une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran. Trump a affirmé qu'il rétablissait un blocus du transport maritime iranien et a proposé d'imposer une taxe d'un improbable niveau de 20% pour assurer la sécurité du détroit d'Ormuz.

"Le détroit d'Ormuz est OUVERT et le restera, avec ou sans l'Iran. Nous rétablissons le blocus iranien, ainsi nommé car il empêche uniquement les navires et les clients iraniens d'entrer ou de sortir. Tous les autres pays pourront utiliser le détroit librement et équitablement. Les États-Unis seront désormais connus comme les 'GARDIENS DU DÉTROIT D'ORMUZ', mais à ce titre, et par souci d'ÉQUITÉ, ils seront remboursés, à hauteur de 20% sur toutes les cargaisons expédiées, pour tous les frais nécessaires à la sécurité de cette région du monde particulièrement instable. La mise en place de ce dispositif débutera immédiatement", a asséné Trump sur son réseau Truth Social.

Dans l'actualité des entreprises, les banques qui publiaient aujourd'hui leurs résultats, à savoir JP Morgan, Bank of America, Wells Fargo, Goldman Sachs et Citigroup, ont toutes dépassé les attentes. IBM a refroidi en revanche plus encore les opérateurs en livrant de piètres prévisions financières.

Morgan Stanley, PNC Financial, M&T Bank, Bank of New York Mellon ou le géant des services financiers BlackRock, publient demain. ASML et le leader pharmaceutique Johnson & Johnson, ainsi que le géant industriel Kinder Morgan et la compagnie aérienne United Airlines, seront également de la partie mercredi, avec Cintas, Progressive Corp, J.B. Hunt et ConAgra. Taiwan Semiconductor, UnitedHealth, GE Aerospace, ainsi que le géant de la tech Netflix, seront au rapport jeudi, avec également State Street, US Bancorp, Prologis et Abbott. Regions Financial, Fifth Third Bancorp, Truist Financial et The Travelers Cos, publieront vendredi.

Sur le plan économique, les données relatives à l'indice des prix à la consommation ont donc positivement surpris ce jour, en attendant l'indice des prix à la production qui sera annoncé demain (consensus -0,1% d'un mois sur l'autre en juin ou +6,2% sur un an, ou bien +0,4% et +5,2% hors alimentaire et énergie). L'enquête bimensuelle de l'Université du Michigan sur le sentiment des consommateurs sera publiée vendredi...

L'indice manufacturier Empire State de la Fed de New York et le Livre Beige de la Fed seront dévoilés demain. Les inscriptions hebdomadaires au chômage, les ventes de détail, l'indice manufacturier de la Fed de Philadelphie, mais aussi l'indice du marché immobilier américain ou celui des promesses de ventes de logements, seront annoncés jeudi. Les mises en chantier de logements et permis de construire, les prix à l'import et les chiffres de la production industrielle sont enfin attendus vendredi.

Les interventions de responsables de la Fed seront multiples tout au long de la semaine. Kevin Warsh, Michael Barr, Austan Goolsbee et Lisa Cook, interviennent ce mardi. Warsh, Williams, Cook et Alberto Musalem, prennent encore la parole demain, alors que Lorie Logan et Philip Jefferson seront de la fête jeudi. Bowman, vice-présidente de la Supervision, n'a pas donné hier d'indications de politique monétaire. Le gouverneur de la Réserve fédérale, Christopher Waller, a déclaré pour sa part que les décideurs monétaires pourraient devoir augmenter les taux à court terme si l'inflation sous-jacente continuait de signaler des pressions générales sur les prix.

Kevin Warsh, successeur de Jerome Powell à la tête de la Fed, affirme aux parlementaires américains ce jour qu'avec la politique monétaire adéquate, la banque centrale américaine sera en mesure de reléguer au rang de souvenir l'inflation des dernières années. Les deux auditions de Warsh, aujourd'hui et demain au Congrès, correspondent à sa première intervention 'semi-annuelle' de politique monétaire - d'abord devant le Comité des services financiers de la Chambre ce jour puis devant le Comité du Sénat pour la Banque, l'Immobilier et les Affaires Urbaines mercredi. Warsh affirme que les membres de la Federal Reserve n'ont pas de tolérance pour une inflation durable.

Selon le texte de son intervention, l'objectif primordial de la Réserve fédérale est de mener une politique monétaire adéquate, ou de s'en rapprocher autant que possible. "C'est notre but clair et constant, l'étoile qui guide notre action. Et si nous parvenons à mener une politique juste - ce que nous ferons -, la poussée inflationniste de ces cinq dernières années appartiendra au passé. Il y a un mois, j'ai présidé ma première réunion FOMC. Mes collègues et moi reconnaissons que l'inflation élevée a fait peser un fardeau excessif sur les ménages et les entreprises américains. Si les fluctuations mensuelles des prix sont inévitables - surtout dans un monde instable -, l'inflation sous-jacente, sur des horizons temporels plus longs, dépend en grande partie de la politique monétaire. Les membres de notre Comité ne tolèrent pas une inflation durablement élevée".

"Nous partageons une volonté résolue de rétablir la stabilité des prix. C'était au coeur de notre réunion de juin, lors de laquelle nous avons décidé de maintenir la fourchette cible du taux des fonds fédéraux entre 3,5 et 3,75%", indique Warsh.

"Naturellement, notre travail à la Fed exige une évaluation juste de la conjoncture économique. Comme l'indique notre rapport sur la politique monétaire, l'activité économique progresse à un rythme solide, faisant preuve de résilience face aux évolutions récentes. La croissance de la consommation des ménages est modérée. La production manufacturière a augmenté de manière constante cette année. Le secteur du logement, en revanche, présente un tableau différent et continue de marquer le pas", détaille le dirigeant.

"L'aspect le plus marquant de l'économie actuelle est l'investissement des entreprises. Ce rythme rapide - qui semble s'accélérer - reflète en grande partie la construction de centres de données et l'immense demande pour les équipements et logiciels liés à l'IA qui les garnissent. L'investissement global en équipements a augmenté d'environ 8% sur l'année s'achevant au premier trimestre. Au sein de cette catégorie, les dépenses technologiques ont enregistré une croissance particulièrement impressionnante de près de 25% sur quatre trimestres. Nous ignorons dans quelle mesure l'économie bénéficiera du déploiement de l'IA. Toutefois, il semble inévitable que ce que l'on appelle aujourd'hui 'investissement dans l'IA' soit bientôt qualifié simplement d''investissement'. Pour autant, ces nouvelles opportunités économiques s'accompagnent de nouveaux défis pour les décideurs. À la Fed, nous surveillons attentivement les implications pour l'inflation et le marché du travail", déclare Warsh.

"Cela m'amène à l'offre, où la croissance de la productivité est soutenue, une tendance qui précédait déjà les gains liés à l'adoption de l'IA. Le marché du travail américain semble, dans l'ensemble, stable. La création d'emplois a suivi le rythme de l'évolution de la population active. Le taux de chômage est faible et a peu varié au cours de l'année écoulée. On observe relativement peu de licenciements, une variation minime du taux de postes vacants et une croissance solide des salaires nominaux", analyse le nouveau timonier de la Fed.

"J'ai pris mes nouvelles fonctions en étant attaché aux meilleures traditions de la Réserve fédérale. La performance de la banque centrale de notre pays repose sur un engagement envers l'excellence, le professionnalisme et l'intégrité. L'humilité quant à l'étendue de nos connaissances - ainsi que le courage de remettre en question nos positions antérieures - sont également des caractéristiques d'une grande institution telle que la nôtre. Toutes ces normes définissent la culture de la Fed, et il m'incombe de les faire perdurer", explique Warsh.

"Nous avons le devoir de tourner l'institution vers l'avenir et d'examiner sous un angle nouveau nos pratiques actuelles, afin de nous assurer qu'elles servent bien nos objectifs. Nous procédons de manière méthodique. J'ai constitué un groupe de travail pour chacun des cinq domaines essentiels à la conduite globale de la politique monétaire. Nous avons fait appel à certains des meilleurs esprits, issus ou non du monde de la recherche économique. Ils sont épaulés par des spécialistes parmi les experts de la Fed. Ces groupes de travail ont reçu une mission claire : repartir des principes fondamentaux, poser des questions difficiles, examiner les pratiques actuelles, envisager des alternatives et, enfin, proposer des pistes d'action aux décideurs. L'objectif est de doter la Fed des moyens de prendre de meilleures décisions en matière de politique monétaire et de laisser derrière nous cette période de forte inflation", déclare le responsable.

"Notre groupe de travail sur la productivité et l'emploi examinera le rythme, l'ampleur et l'impact des nouvelles technologies à portée générale. Nous avons connu des progrès technologiques tout au long de notre vie. Toutefois, compte tenu de l'ampleur des investissements ainsi que des changements potentiels dans les méthodes et la vitesse de l'innovation, nous pourrions assister à des mutations d'une tout autre nature. Ce groupe de travail analysera la situation et cherchera à répondre aux questions suivantes : quelles sont les conséquences de ces changements pour la capacité de production de l'Amérique et pour les travailleurs américains ? Quelles sont les implications pour la Réserve fédérale dans la poursuite de ses objectifs en matière d'emploi et d'inflation ?"

"Enfin, le groupe de travail sur les cadres de gestion de l'inflation étudiera les déterminants de l'inflation et évaluera diverses pistes pour garantir la stabilité des prix. Ce groupe se demandera : nos modèles et nos analyses offrent-ils une vision empiriquement solide de l'évolution des prix et de la production au sein de notre économie dynamique ? Pouvons-nous faire mieux ?"

Selon l'outil CME FedWatch, il y a environ 12,3% de probabilité que la Fed remonte ses taux d'un quart de point le 29 juillet, à l'issue de la prochaine réunion monétaire, et 87,7% de 'proba' que les taux restent inchangés entre 3,50 et 3,75%. La publication il y a quelques instants des prix à la consommation de juin a fait retomber les anticipations de hausse des taux, qui dépassaient les 40% avant la divulgation de cette statistique. Le même outil montre néanmoins toujours que la banque centrale américaine pourrait relever ses taux d'un quart ou d'un demi-point d'ici la fin de l'année.

Les valeurs

JP Morgan Chase (+2,8%), le colosse bancaire américain, vient de publier au titre de son 2e trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 7,70$, supérieur de plus de 30% au consensus de marché et en croissance de 47%, pour des revenus de 57,3 milliards de dollars en augmentation de 28% en glissement annuel. Le bénéfice net s'établit à 21,2 milliards de dollars, en augmentation de 41%. Il s'agit tout simplement du plus important bénéfice trimestriel de l'histoire bancaire. Le gain net sur titres Visa atteint 4,6 milliards ou 1,27$ par titre, alors que les gains sur certains investissements equity représentent 1 milliard de dollars ou 29 cents par titre. Le bpa en dehors de ces éléments aurait été de 6,14$. Les revenus de marchés ont progressé de 35% en glissement annuel, avec une performance de 86% sur les marchés equity. Les actifs sous gestion en fin de période totalisent environ 5.100 milliards de dollars, en croissance de 18% sur un an.

Bank of America (+2,2%) a publié ce mardi, pour son 2e trimestre fiscal 2026 un bénéfice ajusté par action de 1,21$ et des revenus nets de dépenses d'intérêt de 31,6 milliards de dollars, en croissance de 15% en glissement annuel. Le consensus était de 1,12$ de bénéfice ajusté par action pour 30,77 milliards de dollars de revenus. Le revenu net d'intérêt ressort proche des anticipations à 16 milliards de dollars (+9%). Le bénéfice net a été de 9,1 milliards de dollars contre 7,2 milliards un an plus tôt. La provision pour pertes de crédit a représenté 1,4 milliard contre 1,6 milliard sur la période correspondante de l'an dernier. Les revenus de trading actions ont largement battu le consensus à 3,6 milliards de dollars. Ceux de banque d'investissement ont également dépassé les attentes à 2,1 milliards.

Wells Fargo (-1,1%), la banque californienne de San Francisco, vient de publier au titre de son deuxième trimestre 2026 un bénéfice ajusté par action de 2$ en croissance de 25%, pour des revenus de 22,62 milliards en augmentation de 9% en glissement annuel. Le consensus était de 1,72$ de bpa ajusté trimestriel pour 21,85 milliards de revenus. Les provisions pour pertes de crédit ressortent à 914 millions contre un peu plus d'un milliard un an plus tôt. Le bénéfice net atteint 6,41 milliards de dollars, contre 5,49 milliards pour la période correspondante de l'année antérieure.

Citigroup (+2%) a publié pour son 2e trimestre fiscal un bénéfice ajusté par action de 3,15$, largement supérieur aux attentes des analystes, pour des revenus de 24,8 milliards de dollars également meilleurs que prévu. Les revenus de marchés ont dépassé les 7 milliards de dollars, meilleurs qu'attendu. Le bénéfice par action a augmenté de plus de 60% en glissement annuel, alors que les revenus se sont appréciés de 14%. Le bénéfice net consolidé a été de 5,8 milliards de dollars, en croissance de 45%. Le ROE s'est établi à 11,4% et le ROTCE à 13%.

Goldman Sachs (+8,3%), géant américain de la banque d'affaires, a annoncé aujourd'hui des revenus de 20,34 milliards de dollars (+39%) et un bénéfice net de 6,63 milliards de dollars pour le deuxième trimestre clos le 30 juin 2026. Le bénéfice dilué par action ordinaire s'est élevé à 20,98$ et le rendement des capitaux propres (ROE) a atteint 23,5% pour le deuxième trimestre 2026. Le consensus était de 14,54$ de bénéfice ajusté par action pour 16,4 milliards de dollars de revenus. Le revenu net d'intérêt a facilement dépassé les attentes à 3,95 milliards de dollars. Les revenus de conseils se sont établis conformes aux attentes à 1,38 milliard. Les actifs sous gestion ont dépassé les 4.000 milliards de dollars. Les commissions de banque d'investissement, de 3,4 milliards (+55%), sont bien plus élevées qu'attendu. Les revenus Global Banking & Markets, de 15,5 milliards, battent aisément le consensus, tout comme les revenus equities (+72% à 7,4 milliards).

Fastenal (-2,4%), groupe du Minnesota qui figure parmi les leaders américains de la distribution de matériel industriel et de construction, a annoncé pour son 2e trimestre fiscal des revenus en croissance de 14,7% à 2,39 milliards de dollars, pour un bénéfice opérationnel en augmentation de 15% à 502 millions de dollars et un bénéfice net de 383 millions de dollars en hausse de 16%. Le bpa dilué a été de 33 cents. Le consensus était de 33 cents de bpa ajusté trimestriel pour 2,34 milliards de revenus. Le titre est attendu en retrait à Wall Street sur ces profits tout juste 'en ligne'.

IBM plonge de près de 25% à Wall Street ce mardi, les prévisions préliminaires de chiffre d'affaires du géant de l'informatique pour le deuxième trimestre étant ressorties inférieures aux attentes de marché, les clients ayant privilégié les investissements dans les infrastructures d'IA au détriment des services traditionnels. Le groupe table sur des revenus de 17,2 milliards de dollars sur la période (+1%) contre 17,9 milliards de consensus. Les revenus software sont attendus en hausse de 5% et les revenus de consulting sont anticipés stables (+1% à devises constantes). Les revenus d'infrastructure sont attendus en recul de 7%. Le bénéfice ajusté par action est estimé à 2,93$ sur la période (+5%), également moins élevé que prévu.

Dans une lettre aux investisseurs, le DG d'IBM, Arvind Krishna, a déclaré qu'au cours de ce trimestre, l'entreprise avait peiné à s'adapter assez rapidement à l'évolution des conditions du marché, ce qui a empêché la conclusion de nombreux contrats d'envergure.

Nvidia (+1,5%), le géant des puces d'IA, a réduit de plus de moitié le nombre de ses clients asiatiques autorisés à acheter ses puces d'intelligence artificielle après avoir mis en place une 'liste blanche' d'entreprises ayant satisfait à des contrôles de conformité plus stricts, visant à empêcher ces produits d'atteindre la Chine, a indiqué hier le Financial Times. Le groupe de Jensen Huang aurait ainsi renforcé ces derniers mois ses procédures de vérification à Singapour, en Malaisie et au Japon, selon le FT, qui cite trois sources proches du dossier.

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